François Terrasson est un écolo aux antipodes de ces écolos médiatiques qu’on est habitués à voir un peu partout et qui ont pris prétexte de l’écologie pour poursuivre de tout autres buts que la préservation de l’environnement  dans l’intérêt des sociétés humaines. Hommes et femmes liges de l’économie marchande, VRP d’une espèce de cosmopolitisme à l’échelle mondiale et propagandistes zélés d’un modèle planétaire unifié de développement…

terrasson

François Terrasson, né le 3 juillet 1939 à Saint-Bonnet-Tronçais (Allier) et décédé le 2 janvier 2006 est un écrivain et naturaliste français.

Chercheur et maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle , il s’intéressait tout particulièrement au rapport qu’entretient l’homme avec la nature (la géonomie) sous l’angle philosophique, scientifique, politique et agricole.

La réflexion de Terrasson, non seulement embrasse l’ensemble des rapports entre l’environnement et l’humanité (géonomie), mais oblige ses lecteurs à interroger leur rapport individuel à la Nature. Son approche est tout à la fois naturaliste, sociale, économique, historique et psychologique, elle décrit aussi bien les mécanismes physiques, biologiques ou les aspects techniques, que les ressorts aussi bien rationnels qu’émotionnels, culturels ou idéologiques de notre compréhension et de nos décisions.

François Terrasson organisait des stages de « découverte de la Nature » : chaque stagiaire était déposé de nuit en forêt (par exemple de Fontainebleau), avec un duvet mais sans lampe de poche, pour passer isolé une nuit à la belle étoile. Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, discussion collective sur la nuit précédente : comment cela s’est-il passé, qui a eu peur, qui s’est éclaté ? Réponse dans le chapitre intitulé “Tépamazo” du deuxième livre de Terrasson, «  La civilisation anti-nature ». En deux mots, le groupe des gens qui se sont inquiétés toute la nuit était beaucoup plus nombreux que celui des personnes qui avaient vécu le bonheur de fusionner avec « Mère Nature ». Ce second groupe existe pourtant. On évoquait aussi, sans faux-semblants, des aspects pratiques: confort, soif, miction et défécation, moustiques, fourmis, bruits… et les rapports de chacun à l’environnement, en ces circonstances, étaient décortiqués. Les « mieux à l’aise », les « mieux adaptables » n’étaient pas forcément les personnes d’origine rurale.

foret-2

Les stages, montages et livres conçus par Terrasson ont pour rôle d’illustrer sa thèse principale : à la question « pourquoi l’homme occidental détruit-il la Nature ? », sa réponse était : « parce qu’il en a peur ». Et ses livres donnent de nombreux exemples de la psychologie complexe de « l’homo occidentalis » dans son rapport à la Nature. Il citait volontiers René Jeannel: l’Homme est fils de la forêt et père du désert et Jared Diamond: l’Homme occidental a eu de la chance géographiquement, et prend l’avance technique qu’il doit à cette chance pour de la supériorité, mais les civilisations premières lui survivront peut-être ou bien reviendront, s’il ne prend pas conscience de ses préjugés et s’il ne réajuste pas son rapport à la Nature.

François Terrasson faisait la part des choses entre « Hominisation » (qu’il définissait comme la capacité à échapper à la tyrannie de l’instinct et à inventer de nouveaux comportements, de nouvelles règles, et qu’il attribuait à la néoténie humaine) et « Humanisation » (qu’il définissait comme la capacité à échapper à la tyrannie de l’agressivité, de la violence, de la prédation et à inventer des comportements et des règles de respect et de coopération, à l’intérieur de notre espèce, avec les autres espèces, et avec la nature). Il pensait l’hominisation achevée il y a environ un demi-million d’années, et l’humanisation en cours d’émergence, et pensait que notre survie passée est due à l’hominisation, tandis que notre survie future est conditionnée par le succès de l’humanisation.

Travaillant dans le domaine de la mise en place d’aires naturelles protégées, parcs nationaux ou régionaux et autres réserves, il fut également un expert dans le domaine de l’aménagement de l’espace rural, participa à des études d’impact avant remembrement, et voyagea beaucoup en tant qu’expert en reconstruction écologique, voyages qui l’amenèrent aux quatre coins du monde et jusqu’aux Îles Galapagos.

Très actif, il s’est littéralement épuisé à la tâche.

Bibliographie: «  La Peur de la nature », Sang de la terre. « La Civilisation anti-nature », Éditions du Rocher. «  En finir avec la nature », Le Rocher .

Source: Wikipédia.

About these ads