« [cette branche de gui] vient d’un antique chêne multiséculaire, comme celui que
ce mécréant de Jules césar au cours du siège de Marseille, lors de sa guerre contre Pompée, a abattu de ses propres mains quand il cherchait du bois, près d’Arles pour construire sa flotte. Explorant les lieux, il était tombé sur une des rares forêts de cette région, forêt sacrée vénérée dans toute la gaule qu’il venait de conquérir. Le légionnaire romain qui devait se charger de l’ignoble besogne tremblait de tout son corps et ne parvenait pas à ses fins. César, furieux, descendit de son cheval, lui arracha la hache des mains et abattit l’arbre en disant : « Le sacrilège, c’est moi qui l’assume. » Et dire que ce César, qui s’est comporté avec une grande cruauté avec la Gaule chevelue, qui n’a pas eu la clémence d’un Scipion l’Africain à l’égard de Vercingétorix, qui n’a cru bon de rapporter au Sénat romain que son trop fameux, Veni, Vidi, Vici pour résumer sa campagne guerrière, eh bien, ce César nous a légué son nom pour rebaptiser le Quinctilis mensis, le cinquième mois, mois de Julius que nous connaissons maintenant sous le nom de mois de Juillet !
Nous n’en finissons pas d’assumer en toute inconscience, à tout instant de multiples sacrilèges. Et c’est cela qui nous a amené là où nous en sommes, à la chosification de la vie en vertu de ce qu’on appelle le réalisme ou le pragmatisme, une vision du monde purement matérialiste qui a hissé le rendement au rang de vertu supérieure. »
Claude Perrin, Le retour des gueux, le réveil des lions. Les Éditions de la Forêt.
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2 commentaires
Flux de commentaires pour cet article
octobre 1, 2011 à 12:15
stator
Pas d’accord du tout ! Il faut voir le Monde tel qu’il est, être réaliste et pragmatique comme César, ne pas s’arrêter à des rêveries sur les vieux chênes.
L’utilisation du terme “mécréant” est énorme car on sent le coté dogmatique en arrière plan, pour un païen c’est très moyen.
octobre 3, 2011 à 9:01
lecheminsouslesbuis
Qui vous dit qu’il faut se complaire dans des rêveries ? ne savez vous pas qu’il n’existe rien dans l’avenir qui ne se nourrisse du passé ? faut-il oublier les persécutions dont nous païens avons fait les frais durant des siècles entiers ? faut-il se complaire dans l’auto-flagellation et l’auto-culpabilisation que refuse précisément l’auteur de ce texte ? Faut-il assumer les sacrilèges des autres ? Le réalisme et le pragmatisme n’empêchent en rien la mémoire, ni les haines dont je n’ai, en ce qui me concerne et comme le disait Robert Dun, aucune honte …
En ce qui concerne le terme “mécréant”, j’attire votre attention sur le fait que le texte est une citation d’un livre signé Claude Perrin, et ce n’est donc pas moi qui l’ai écrit… Mais il est aisé de vérifier dans un dictionnaire : ce mot de “mécréant” qualifie un personnage que l’on oppose à un croyant, par ses idées ou ses attitudes. Si César,abattant lui même un arbre sacré ne se conduit pas tel ce personnage, je ne sais pas ce qu’il vous faut…Bon, après, si vous ne savez pas percevoir l’aspect sacré d’un arbre et, au contraire le considérez comme “nazi” ainsi que le fait ce chancre de BHL en demandant que tous les arbres soient arrachés, c’est une autre histoire…