You are currently browsing the category archive for the 'Au fil des jours' category.

Le 15 juillet 1410, à Tannenberg, une localité de Prusse orientale (aujourd’hui Grunwald, en Pologne), l’armée de l’Ordre militaire chrétien des chevaliers Teutoniques, grands massacreurs de païens est écrasée par une coalition de païens, Polonais , Lituaniens, mercenaires bohémiens et Tartares. Le grand maître de l’Ordre , Ulrich von Jungingen, ainsi que de nombreux dignitaires  y  sont tués. Les Polonais désignent cette bataille mémorable sous le nom de victoire de Grunwald…

ERIN GO BRAGH !!!!!

Avec 53,4% de «non», les Irlandais ont largement rejeté le Traité de Lisbonne dans le référendum organisé jeudi… Une belle baffe dans la tronche de tous ces politicardos-financiers… Sarkozy, lui, le mari de la chanteuse, n’avait pas tenu compte du “non” français (dans un silence quasi général …) pour aller ratifier le traité en douce … putain, c’est ça la démocratie ? tu dis “non” et celui qui est justement sensé te représenter dit “oui”, en prétendant, qui plus est, parler pour toi ?… comment peut-on se laisser abuser par une telle mascarade ?…..

La pensée du jour :

« Être de gauche ou de droite, c’est choisir une des innombrables manières qui s’offrent à l’homme d’être un imbécile ; toutes deux, en effet, sont des formes d’hémiplégie morale. » Ortega y Gasset

… ce qui me rappelle cette autre maxime issue des milieux libertaires, que j’adore : “le fascisme et l’antifascisme ne sont que les deux fesses d’un même cul, lequel ne produira jamais que de la merde“. (jolie, non ???)

Je ne voudrais pas paraitre trop prétentieux, mais à l’orée de ces “chroniques du balcon”, qui menacent d’atteindre un summum d’inintérêt, j’avais envie de mettre en exergue ces lignes de Xavier de Maistre qui préludent à son “Voyage autour de ma Chambre”:
“J‘ai entrepris et exécuté un voyage de quarante−deux jours autour de ma chambre. Les observations intéressantes que j’ai faites, et le plaisir
continuel que j’ai éprouvé le long du chemin, me faisaient désirer de le rendre public ; la certitude d’être utile m’y a décidé.”


Orienté plein nord, mon balcon mesure 1m28 sur 2m86, . Une porte fenêtre, de la pièce principale, y donne ainsi qu’ une autre porte fenêtre, de la cuisine, et qui forment angle droit. Quand on y (rentre ? pénètre ? je ne sais pas trop quel terme employer s’agissant d’un balcon …) sur la droite, un grand fauteuil paillé que j’ai du acheter quand j’avais une vingtaine d’années. Assurément ce détail ne me rajeunit pas, mais le fauteuil, lui, est encore en bon état même s’il faudrait que je m’en occupe … la paille semble toujours impec mais le montant du côté droit, l’extrémité donc est en train de s’effriter … je l’avais déjà traité : bonne dose de cette saloperie de xylophène et tartines de pâte à bois après avoir enlevé tout ce qui voulait bien partir … mais là, depuis un ou deux ans, ça recommence … je ne sais pas s’il y a, à nouveau, une bestiole, mais ça se barre en couilles de poudre de bois dès qu’on y aventure un ongle … si j’enlève tout ce qui veut bien partir, ça va faire vraiment un gros gros trou … je me demande si le mieux ne serait pas finalement de scier le bout et de le remplacer par un autre morceau de bois parce que, que ça ne soit pas fait dans les règles, je n’en ai pas grand chose à faire après tout, je ne participe pas à un concours de restauration de fauteuil paillé (comme quoi, on peut changer, parce qu’il y a quelques années, jamais je n’aurais raisonné de cette manière…). Je ne me suis pas acheté beaucoup de meubles qui “comptent” dans ma vie … ce fauteuil et puis une petite table de ferme … c’est d’ailleurs sur elle que je suis présentement installé. Je les ai achetés à peu près en même temps quand j’avais une vingtaine d’années … besoin de m’ancrer ? avec ces meubles régionaux ? besoin de m’installer ? quoi de moins “nomade” qu’un “meuble” ? autrement dit, le meuble: symbole d’embourgeoisement ?… l’outil d’initiation qui fait passer le seuil, passer de l’ado à l’adulte ? adulte ? moi ? ça ce saurait … enfin quoi qu’il en soit, les seuls autres meubles que j’ai achetés par la suite étaient des étagères, et puis des étagères, et puis … des étagères … ah si ! il y avait aussi ce fauteuil Voltaire que j’aimais et que j’ai préféré abandonner plutôt que de discuter pour le récupérer, il y a de ça maintenant 7 ans (!!!), parce que j’abandonnais aussi tout ce qui était allé avec pendant plus de vingt ans, c’est comme ça que j’ai laissé une bonne partie de mes “beaux” livres (les Encyclopédies de Pierre Dubois notamment), pas mal de BD (dont les séries “Tintin”, “Spirou et Fantasio”, et les Corto Maltese), les Pléiade (Montherlant, Giono, Céline, Hemingway) (entre parenthèse, j’aimais bien lire dans ce Voltaire, il était beaucoup mieux adapté à ça que les autres sièges … )

Gros coup de coeur pour ce site sur lequel on est tombé par hasard en tapant “Beltaine”… gros coup de coeur pour son contenu, photos multiples et très belles de Beltane et de Samhuinn fêtés à Edimbourgh … gros coup de coeur pour cette “Beltane Fire Society” qui fait (re) vivre les mythes celtes et païens de la roue des Saisons d’une manière exemplaire … tout ça montre à l’évidence que le paganisme n’est pas mort, qu’il est présent dans nos inconscients individuels et dans l’inconscient collectif mais aussi qu’il est présent dans la rue, et s’y montre, juste et beau, pour le plus grand plaisir de tous …
… gros coups de coeur, mais cette question, agaçante : pourquoi le lien de ce site ne figure-t-il pas sur tous les sites païens qui se respectent … pourquoi ne le croiser que par hasard alors que, je me répète, il est la parfaite illustration de ce que le paganisme n’est pas mort, qu’il peut être vécu dans ses rituels par tout le monde devant tout le monde …. à Edimbourgh …. et pourquoi seulement à Edimbourgh ?…..

http://www.beltane.org/

Olivier Besancenot chez Drucker, à “Vivement Dimanche”, précisément ce dimanche 11 mai… Le jeune leader (mais politique chevronné) se défend de céder à la “starisation”. “La représentation médiatique, j’y ai toujours pas pris goût”, répond-il, assis sur les canapés rouges de “Vivement dimanche”. Ah Ah Ah … c’est vrai que la LCR a renoncé à la révolution et à la dictature du prolétariat … ahahahah ….. quand on n’entendra plus parler de ce mec là, c’est à ce moment qu’il sera dangereux pour le système … en attendant, le capitalisme et les coquins de la République n’ont pas de grands soucis à se faire … ahahahahah (décidément, j’ai bien fait de tomber sur cette nouvelle, c’est idéal pour se détendre les zygomatiques…)

J’ai appris à la radio la mort de Frédéric Fajardie …. il était né le 28 août 1947 à Paris d’un père qui possédait alors une grosse entreprise de Travaux Publics qui périclitait sérieusement, avant de devenir bouquiniste, et d’une mère qui avait travaillé en usine, avant de faire partie de l’équipe de France de Basket-ball.
Son père ayant des difficultés à marcher à la suite d’un accident, le jeune Frédéric doit quitter le lycée, en classe de seconde, pour aller travailler dans sa librairie et le seconder . Dès l’âge de seize ans, la colère et la haine de la mentalité bourgeoise deviennent les repères de sa vie. En 1968, acquis aux idées gauchistes, il milite à la Gauche prolétarienne et dès le mois de mai 1968 il veut devenir le premier militant “engagé” à écrire des romans noirs et si possible à en pervertir le style.A l’origine d’un nouveau genre littéraire, le néo-polar, il publie son premier roman noir, “Tueurs de flics”, en août 1979, il s’agit d’une adaptation très libre de l’Orestie, un mythe de la Grèce antique. Le livre remporte un succès immédiat. Les lecteurs adoptent tout de suite Padovani, ce flic qui ne mâche pas ses mots, sorte d’ Inspecteur Harry importé chez nous. On salue aussi salue l’écriture rythmée et l’art de la formule qui fait mouche.
Pour Fajardie, le polar et le roman noir sont le meilleur moyen d’explorer l’envers de la société contemporaine. Dans son œuvre, où l’esprit chevaleresque de ses personnages s’oppose à la médiocrité contemporaine, son gauchisme politique de façade se conjugue avec des valeurs plutôt aristocratique, telles : l’honneur, la fidélité et souvent la fraternisation par-delà les oppositions idéologiques ou historiques.

Ses œuvres, dans leur versions publiées aux éditions NéO (reprises ensuite par La Table ronde), sont illustrées par des couvertures dessinées par Jean-Claude Claeys. Elles restituent à merveille la sombre atmosphère urbaine, la violence et la désillusion qui se mêlent dans l’œuvre de Fajardie. Il est l’ auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, dont certains adaptés au cinéma, romans historiques, romans noirs, romans pour enfants, essais, etc . et plusieurs prix récompenseront son oeuvre, dont le Prix Charles-Péguy en 2001 pour son autobiographie, et le Prix du Roman populaire en 2003 pour son roman historique, Le Voleur de Vent.

Curieusement, Wikipédia annonce déja sa disparition qui serait survenue le 1er mai (il y a 4 jours) alors que la radio en fait l’annonce aujourd’hui sans préciser de date . Echo qui résonne entre sa mort et sa naissance puisque son père, distrait, ne le déclara que le lendemain de sa naissance à l’Etat Civil… “Ce genre d’histoire de fou n’arrive qu’à moi” aurait-il ri …

C’est amusant, tous ces discours sur Mai 68, tous ces articles, tous ces bouquins … je ne sais pas trop ce qu’en auraient pensé ces mecs et ces filles des barricades … sais pas non plus ce qu’ils auraient pensé, à l’époque, de ce qu’ils sont devenus aujourd’hui … De toutes les analyses que j’ai pu parcourir (oui, pour certaines, seulement parcourir parce qu’il faut bien dire que beaucoup d’entre elles sont particulièrement chiantes et prétentieuses), c’est encore celle ci, de “droite” (signée Alain de Benoist), que je trouve la plus pertinente même si l’auteur oublie, à mon sens, une des composantes intéressantes du mouvement de contestation, celle qui a donné le mouvement hippie et dont la démarche était de retrouver de très anciennes racines, traditions, états de conscience (la nôtre, quoi …):

La commémoration de Mai 68 revient tous les dix ans, avec la même marée de livres et d’articles. Nous en sommes au quatrième épisode, et les barricadiers du « joli mois de mai » ont aujourd’hui l’âge d’être grands-pères. Quarante après, on discute toujours pour savoir ce qui s’est exactement passé durant ces journées-là – et même s’il s’est passé quelque chose. Mai 68 a-t-il été un catalyseur, une cause ou une conséquence ? A-t-il inauguré ou simplement accéléré une évolution de la société qui se serait produite de toute façon ? Psychodrame ou « mutation » ?

La France a le secret des révolutions courtes. Mai 68 n’a pas échappé à la règle. La première « nuit des barricades » eut lieu le 10 mai. La grève générale se déclencha le 13 mai. Le 30 mai, le général de Gaulle prononçait la dissolution de l’Assemblée nationale, tandis qu’un million de ses partisans défilaient sur les Champs-Elysées. Dès le 5 juin, le travail reprenait dans les entreprises, et quelques semaines plus tard, aux élections législatives, les partis de droite remportaient une victoire en forme de soulagement.

Par rapport à ce qui se déroula à la même époque ailleurs en Europe, on note tout de suite deux différences. La première, c’est qu’en France Mai 68 ne fut pas seulement une révolte étudiante. Ce fut aussi un mouvement social, à l’occasion duquel la France fut paralysée par près de 10 millions de grévistes. Déclenchée le 13 mai par les syndicats, on assista même à la plus grande grève générale jamais enregistrée en Europe.

L’autre différence, c’est l’absence de prolongement terroriste du mouvement. La France n’a pas connu de phénomènes comparables à ce qu’ont été en Allemagne la Fraction armée rouge (RAF) ou en Italie les Brigades rouges. Les causes de cette « modération » ont fait l’objet de nombreux débats. Lucidité ou lâcheté ? Réalisme ou humanisme ? L’esprit petit-bourgeois qui dominait déjà la société est sans doute l’une des raisons pour lesquelles l’extrême gauche française n’a pas versé dans le « communisme combattant ».

Mais en fait, on ne peut rien comprendre à ce qui s’est passé en Mai 68 si l’on ne réalise pas qu’à l’occasion de ces journées deux types d’aspirations totalement différentes se sont exprimés. A l’origine mouvement de révolte contre l’autoritarisme politique, Mai 68 fut d’abord, indéniablement, une protestation contre la politique-spectacle et le règne de la marchandise, un retour à l’esprit de la Commune, une mise en accusation radicale des valeurs bourgeoises. Cet aspect n’était pas antipathique, même s’il s’y mêlait beaucoup de références obsolètes et de naïveté juvénile.

La grande erreur a été de croire que c’est en s’attaquant aux valeurs traditionnelles qu’on pourrait le mieux lutter contre la logique du capital. C’était ne pas voir que ces valeurs, de même que ce qu’il restait encore de structures sociales organiques, constituaient le dernier obstacle à l’épanouissement planétaire de cette logique. Le sociologue Jacques Julliard a fait à ce propos une observation très juste lorsqu’il a écrit que les militants de Mai 68, quand ils dénonçaient les valeurs traditionnelles, « ne se sont pas avisés que ces valeurs (honneur, solidarité, héroïsme) étaient, aux étiquettes près, les mêmes que celles du socialisme, et qu’en les supprimant, ils ouvraient la voie au triomphe des valeurs bourgeoises : individualisme, calcul rationnel, efficacité ».

Mais il y eut aussi un autre Mai 68, d’inspiration strictement hédoniste et individualiste. Loin d’exalter une discipline révolutionnaire, ses partisans voulaient avant tout « interdire d’interdire » et « jouir sans entraves ». Or, ils ont très vite réalisé que ce n’est pas en faisant la révolution ni en se mettant « au service du peuple » qu’ils allaient satisfaire ces désirs. Ils ont au contraire rapidement compris que ceux-ci seraient plus sûrement satisfaits dans une société libérale permissive. Ils se sont donc tout naturellement rallié au capitalisme libéral, ce qui n’est pas allé, pour nombre d’entre eux, sans avantages matériels et financiers.

Installés aujourd’hui dans les états-majors politiques, les grandes entreprises, les grands groupes éditoriaux et médiatiques, ils ont pratiquement tout renié, ne gardant de leur engagement de jeunesse qu’un sectarisme inaltéré. Ceux qui voulaient entamer une « longue marche à travers les institutions » ont fini par s’y installer confortablement. Ralliés à l’idéologie des droits de l’homme et à la société de marché, ce sont ces rénégats qui se déclarent aujourd’hui « antiracistes » pour mieux faire oublier qu’ils n’ont plus rien à dire contre le capitalisme. C’est aussi grâce à eux que l’esprit « bo-bo » (« bourgeois-bohême », c’est-à-dire libéral-libertaire) triomphe désormais partout, tandis que la pensée critique est plus que jamais marginalisée. En ce sens, il n’est pas exagéré de dire que c’est finalement la droite libérale qui a banalisé l’esprit « hédoniste » et « anti-autoritaire » de Mai 68. Par son style de vie, Nicolas Sarkozy apparaît d’ailleurs, le tout premier, comme un parfait soixante-huitard.

Simultanément, le monde a changé. Dans les années 1960, l’économie était florissante et le prolétariat découvrait la consommation de masse. Les étudiants ne connaissaient ni le sida ni la peur du chômage, et la question de l’immigration ne se posait pas. Tout semblait possible. Aujourd’hui, c’est l’avenir qui paraît fermé. Les jeunes ne rêvent plus de révolution. Ils veulent un travail, un logement et une famille comme tout le monde. Mais en même temps, ils vivent dans la précarité et se demandent surtout s’ils trouveront un emploi après leurs études.

En 1968, aucun étudiant ne portait de jeans et les slogans « révolutionnaires » qui fleurissaient sur les murs ne comportaient aucune faute d’orthographe ! Sur les barricades, on se réclamait de modèles vieillis (la Commune de 1871, les conseils ouvriers de 1917, la révolution espagnole de 1936) ou exotiques (la « révolution culturelle » maoïste), mais au moins militait-on pour autre chose que pour son confort personnel. Aujourd’hui, les revendications sociales ont un caractère purement sectoriel : chaque catégorie se borne à réclamer de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. « Deux, trois, plusieurs Vietnam ! », « Mettre le feu à la plaine », « Hasta la libertad, sempre ! » : cela ne fait évidemment plus battre les cœurs. Plus personne ne se bat plus pour la classe ouvrière dans son ensemble.

Le sociologue Albert O. Hirschman disait que l’histoire voit alterner les périodes où dominent les passions et celles où dominent les intérêts. L’histoire de Mai 68 fut celle d’une passion qui s’est dissoute dans le jeu des intérêts.”

j’ai un peu marre de pas mal de trucs en ce moment … il y a des périodes comme ça …
j’ai un peu marre de toutes celles et de tous ceux, avec des grands airs qui font “confiance à leur ressenti” comme si c’était parole d’évangile … qui balancent aux orties la réflexion, le sens critique, le savoir et le simple bon sens comme si c’étaient oeuvres du Diable … (il va sans dire que je n’ai rien à foutre des évangiles ni du Diable…)
j’ai marre de toutes celles et tous ceux qui se gargarisent de leur “sensibilité de gauche” … et qui se posent en seuls détenteurs de la lucidité, de l’amour et de la générosité …
j’ai marre de toutes celles et tous ceux qui ne peuvent aborder un sujet sans gloser sur la “psychologie” ou la “spiritualité” … (psychologie de bistrot et spiritualité de comptoir il va sans dire …)
Attention, toutes ces expressions “confiance en mon ressenti-sensibilité de gauche-psychologie-spiritualité” ne sont pas à déclamer, mais à susurrer entre deux tons, les lèvres avancées en cul de poule pour rendre l’effet souhaité …

_______________________________________________

Par ailleurs, j’ai vraiment l’impression que nos nouveaux dirigeants (enfin, quand je dis “nouveaux” …) ont décidé de faire chier les chomeurs comme si ça ne les faisait pas assez chier de ne pas avoir ou pas trouver de boulot … dans notre bienheureuse démocratie, c’est le député élu qui représente le citoyen, et donc aussi le chômeur …Or, Le 6 mai dernier, quand il a été élu président de la république, Nicolas Sarkozy a déclaré “Je vais mettre fin aux dépenses somptuaires et à la gabegie ! ” La gabegie ? examinons le salaire octroyé à l’un des 577 députés (payé, je le rappelle, pour représenter le citoyen et faire entendre sa voix…). Salaire : 6952,91 €, + secrétariat = 1525 €, + collaborateurs = 8949 €, + train= gratuit en 1ère classe, + avion = 40 vols gratuits, + taxi parisien= gratuit, + auto= à disposition, + hôtels haut de gamme= tarifs préférentiels, + restaurant de l’Assemblée= environ 7 € le repas, + prêt à taux réduit= 2 à 3 %. Soit une enveloppe mensuelle officielle de plus de 17400 €. On pourrait s’arrêter là mais l’histoire n’est pas finie puisque Jean Louis Debré est arrivé … et avant de repartir, il a fait voter une loi sur le “régime spécial des retraites des députés”. C’est ainsi que les députés non réélus percevront “à vie” 20 % de leur traitement , soit 1390 € par mois. Non content de ça, Debré a fait voter à l’unanimité et dans le silence complet (pas de querelle quand il s’agit de fric et d’avantages perso, pas de considération de gauche, pas de considérations de droite …), une loi pour que désormais un député non réélu touche pendant 60 mois au lieu de 6 son indemnité mensuelle nette qui est à ce jour -selon info sur site Assemblée Nationale- de 5178 € soit 6952 € brut. Chaque député non réélu coûte donc aux français 417 180 € sur 5 ans ! sans parler de ce qu’il leur coutera “à vie” … Et bien entendu, cette généreuse “indemnité chômage” est totalement inconditionnelle: l’heureux bénéficiaire de cette jolie rémunération de 5 ans n’est tenu à aucun engagement quelconque, comme par exemple justifier de la recherche d’un nouvel emploi, d’une visite mensuelle auprès d’un conseiller ANPE ou d’une activité justifiant cette “aide sociale”… bref, tout ce qui est demandé à des chômeurs ordinaires…

(on rappellera que dans la nuit du 4 aout 1789 les députés de l’Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d’unanimité, avaient proclamé l’abolition des droits féodaux et des privilèges de toutes sortes sans aucune indemnité … piquant, non ?….)

… on était hier le 24 avril, le 24 avril 1916 :
Insurrection à Dublin. Les nationalistes irlandais, conduits par Padraig Pearse et James Connoly, occupent l’Hôtel des Postes de Dublin, proclament la République et déploient le drapeau vert-blanc-orangé de l’Etat libre d’Irlande. Assiégés par les troupes anglaises, ils tiendront jusqu’au 3 mai.

… chouette, chouette, avons vu les premières hirondelles avant hier dimanche à Tourriers … mais pas encore à Poitiers …

Même si je me méfie toujours énormément des auteurs qui “marchent”, il arrive que j’ai parfois de bonnes surprises quand je me décide à lire un bouquin ou un auteur “dont tout le monde parle”. C’était bien sur le cas pour Ellroy et là, depuis quelques temps, je me suis laissé séduire par Fred Vargas : vargas.jpg je suis en train, mine de rien, de me faire toute la série (j’en suis à “sous les vents de Neptune”) et ça me plait beaucoup … j’adore son humour… J’aime bien aussi tous ses personnages, principaux comme secondaires tous dépeints avec le même soin … j’aime beaucoup leur côté “décalé” , et le fait qu’ils soient complètement atypiques. Sans parler des intrigues qui sont plutôt bien fichues… Josée Dayan a fait une adaptation pour la télé de “Sous les Vents de Neptune” justement, que je n’ai pas vue, avec Jean Hugues Anglade dans le rôle du commissaire Adamsberg et Jacques Spiesser dans celui de son adjoint Danglard … alléchant : j’espère qu’ils le repasseront …

Je viens de relire “la Nuit de saint Germain des Prés” de Léo Malet, aux éditions des Autres et j’ai eu envie de faire un petit topo sur Burma, Nestor de son p’tit nom …

Un “privé” de l’époque héroïque

Nestor Burma, celui qui “met le mystère knock out”, c’est le type même du “privé” de l’époque héroïque. Très porté sur “le lait de panthère”, il y a belle lurette qu’on ne peut plus compter sur les doigts d’une main (des deux non plus d’ailleurs) les gueules de bois qu’il endure au sortir de longues nuits d’enquêtes imbibées puisqu’on sait bien que l’alcool, comme la fréquentation assidue des bistrots, stimulent tout particulièrement l’intellect… Il ne crache pas non plus sur les belles filles avec une très nette et très suspecte préférence pour les “femmes-enfants”, étant bien entendu dès le départ qu’aucune n’arrivera pourtant jamais au niveau de la cheville (parfaite) de son Hélène de secrétaire.
En revanche, ce qu’il n’aime pas beaucoup , même s’il semble parfois les collectionner, ce sont les coups de matraque qui explosent régulièrement son vieux galure cabossé. Quoi qu’il en soit, c’est toujours en philosophe qu’il s’expose aux plaies et bosses inhérentes à son foutu gagne pain : “l’affaire prenait enfin tournure, on se décidait à me taper dessus” (p.140). Idem pour la découverte des colis humains et sanglants dont il s’est fait une spécialité : “Saint Antoine de Padoue, faites trouver à Nestor Burma les cadavres qui lui sont aussi nécessaires que l’oxygène” (p.100).
On devine sans peine qu’au cinéma, un Nestor Burma américain serait apparu sous les traits d’Humphrey Bogart (dixit son créateur et noblesse oblige), mais en bon français, il fut René Dary avant d’être Guy Marchand, et Galabru lui prêta aussi sa lippe ainsi qu’un Michel Serrault plutôt atypique.

L’ethnologue d’un Paris défunt

Mais Nestor Burma ce n’est pas que cette gravure d’Epinal, tellement conforme à l’imagerie populaire. Nestor Burma c’est aussi Léo Malet qui promène son cynisme réjouissant et sa gouaille irrésistible du haut de sa “vieille bonne vache de pipe à tête de taureau”. Léo Malet, le poète surréaliste amère et déçu (p.42: “et puis un nom. Quelque chose comme Grindel. Le vrai nom de mon défunt ami Paul Eluard”, et p.69: “je me suis établi détective comme je me serais installé poète. Sauf que j’ai une plaque à ma porte au lieu d’avoir une plaquette dans mon tiroir. Je suis un franc tireur. Je gagne mon boeuf au jour le jour, sans l’aide de personne ou presque, semblable à celui qui s’enfonce dans la jungle, un fusil aux pognes, pour chasser ses deux repas et son paquet de gris quotidiens”). Léo malet, l’amoureux d’un Paris pittoresque et provincial qu’on n’avait pas encore livré à la pioche ni confié à l’imagination délirante des promoteurs. Léo Malet l’ethnologue, l’observateur de cette jungle qu’est la grande ville, et de ses habitants, humbles ou suffisants, proies et prédateurs, petits truands canailles ou gangsters de haute volée. De la série des “Nouveaux Mystères de Paris”, Gilbert Sigaux disait “Malet y met en scène les secrets de la ville et les secrets des personnages”.

Saint Germain des Prés

Dans “la Nuit de Saint Germain des Prés”, c’est le Ve arrondissement qu’il nous fait découvrir dans une ténèbreuse affaire de bijoux volés dont il suit la trace parsemée de cadavres frais et sanglants à travers un Saint Germain peuplé de musiciens : “quelques connaisseurs applaudirent frénétiquement. Ils n’avaient pas tort. Cela représentait une belle performance. Ce mec enfonçait Armstrong” (p.39), et d’une faune hétéroclite de rats des caves, faux bohêmes inoffensifs ou jeunes gens sans volonté. On y rencontre également un raté qui met son point d’honneur , en inversion proportionnelle, à descendre d’un cran dans la déchéance à chaque échelon gravi par son ex maitresse dans la gloire du 7e Art … car il ne faut pas oublier non plus le Malet passionné de cinéma et figurant notamment dans l’inoubliable “Quai des Brumes” : “à côté de nous le couple aux allures cinématographiques jouait la scène du baiser jusqu’à essoufflement. Apparemment ni l’un ni l’autre n’était asthmatiques” (p.21). Et tandis qu’un écrivain sur le retour de l’âge cherche à doper son inspiration en organisant des réceptions largement arrosées et par des moyens vraiment très spéciaux, Burma nous promène, cynique et jovial souvent, sentimental et désabusé toujours, à travers des hôtels sordides ou luxueux, des snacks-bars et des bistrots, en passant par les cafés littéraires et l’élection d’une Miss Poubelle qui, contre toute attente, contribuera pour beaucoup à lui livrer la clé d’une énigme particulièrement embrouillée.

Parfois je me demande si je ne suis pas un tantinet infirme car, en règle générale, sauf exceptions, la poésie m’emmerde un peu… Je la trouve parfois vaine, souvent superfétatoire et donc limite inutile.
Mais comme il semble de bon ton de se fendre parfois d’une page poésie, j’ai bien voulu essayer de me plier au jeu… mais j’ai du me rendre à l’évidence, je ne suis pas capable de trousser un joli petit poème genre “chanson à texte” lisible/écoutable/acceptable par tous…
Car la poésie que j’aimerais savoir écrire serait une poésie d’amour… mais de cet amour lourd de senteurs de couches, lourd d’odeurs fortes de sueur, de sexe, de salive et de sperme, de sang aussi parfois… Comment chanter la mémoire des draps en bouchon, tachés, déchirés par des ongles crispés ?… comment chanter la moiteur, la touffeur, la langueur comment chanter la matéria primae dont est fait l’amour auquel je crois, à mille lieues de la recherche du sexe incertain des anges mais bien dans la roideur humide, dans le creux humide, dans l’opposition et la complémentarité… dans le clair et l’obscur (car je crois qu’elle est là la fonction sacrée de la sexualité…)… donc il a fallu que je me rende à l’évidence, je n’en suis pas capable… mais d’autres le sont, heureusement:

“Brune encore non eue,
Je te veux presque nue
Sur un canapé noir
Dans un jaune boudoir,
Comme en mil huit cent trente.

Presque nue et non nue
A travers une nue
De dentelles montrant
Ta chair où va courant
Ma bouche délirante.

Je te veux trop rieuse
Et très impérieuse,
Méchante et mauvaise et
Pire s’il te plaisait,
Mais si luxurieuse !

Ah, ton corps noir et rose
Et clair de lune ! Ah, pose
Ton coude sur mon coeur,
Et tout ton corps vainqueur,
Tout ton corps que j’adore !

Ah, ton corps qu’il repose
Sur mon âme morose
Et l’étouffe s’il peut,
Si ton caprice veut,
Encore, encore, encore !

Splendides, glorieuses,
Bellement furieuses
Dans leurs jeunes ébats,
Fous mon orgueil en bas
Sous tes fesses joyeuses !”

et puis…:

“Rustique beauté
Qu’on a dans les coins,
Tu sens bon les foins,
La chair et l’été.

Tes trente deux dents
De jeune animal
Ne vont point trop mal
A tes yeux ardents.

Ton corps dépravant
Sous tes habits courts,
-Retroussés et lourds,
Tes seins en avant.

Tes mollets farauds,
Ton buste tentant,
-Gai, comme impudent,
Ton cul ferme et gros.

Nous boutent au sang
Un feu bête et doux,
Qui nous rend tous fous,
Croupe, rein et flanc.

Le petit vacher
Tout fier de son cas,
Le maitre et ses gas,
Les gas du berger.

Je meurs si je mens,
Je les trouve heureux,
Tous ces cul-terreux,
D’être tes amants.”

(les deux sont signés Verlaine…)

____________________________________________________________

J’ai quand même retrouvé ces quelques rimes que j’ai écrites je ne sais plus trop dans quelles circonstances mais qui, pour une raison ou une autre, ne me déplaisent pas : Celles ci, d’abord, qui font peut être “joli” mais qui, en fait, ne veulent rien dire :

Comme une belle hulotte,
sur les traces du Père Huc,
Un jour dans ma culotte,
j’avais perdu un truc.
Qu’était-ce? je ne sais,
pressé de dégraffer
j’arrachai ma ceinture
pour tout laisser tomber.
J’avais perdu une rime
qui sur la pointe des pieds
s’en fut la bel’mutine
vers un pot de peinture
pour rattraper ce lai…
qui lui n’en pouvait mais.
**********************

Celles ci (avec une morale s’il vous plait … ) :

La ronce s’est refermée sur le pied de l’enfant
qui crie haut, maintenant, tout en se débattant.
“Tu m’as marché dessus en me volant mes mûres,
m’a plus fait mal que le cerf avec ses ramures.
Le renard, le blaireau et puis le sanglier
ne me dérangent pas plus que le pigeon ramier…
Toi, tout entier possédé par la gourmandise
ne vois dans la nature qu’une grosse friandise”.
******************************************

et celles ci, qui se veulent minimalistes, sans doute provoquées par mon agacement devant la logorrhée de certains (certaines) :
Toum toum
tambour
la nuit
les feux

Toum toum
tambour
les pieds
la danse

Toum toum
tambour
le coeur
les tripes

Toum toum
tambour
le sang
la sève

Toum toum
tambour
la sueur
le sexe

Toum toum
tambour
l’orgasme
la Vie

Le temps est tristoune et le courage pas vraiment au rendez vous, alors c’est vrai que trainasser sur Internet est une occupation qui peut prendre du temps… j’y suis aussi retombé sur ce truc peu ragoutant qu’était l’extrait de l’émission de France 3 “Ce soir (ou jamais !)” ou Houria Bouteldja porte-parole du mouvement des Indigènes de la République stigmatisait tous ceux qui ne sont pas ses amis par cette phrase exemplaire :”"Il faut rééduquer le reste de la société, la société occidentale. Nous, on les appelle les sous-chiens, puisqu’il faut bien leur donner un nom : les Blancs !” . Phrase qui, à part un article dans Marianne, n’avait pratiquement suscité aucune réaction dans le monde politique français, pourtant d’habitude prompt à condamner le “racisme” et les “provocations à la haine raciale”en tous genres … (on n’oublie pas que pour les musulmans, le chien est juste un peu au dessus du porc dans l’échelle des valeurs …)
Vraiment, déja, j’adore le “rééduquer” d’accueil … et ne parlons pas du “souschien” (présenté quelques jours après par son auteur comme un trait d’humour … hahaha, j’en meurs de rire …)… Houria truc chose justifie à elle seule toutes les exactions islamophobes…et ce qui est encore plus grave c’est qu’elle le fait certainement en toute conscience … beeeeeeeeerk
(en plus, à parler comme ça, à toute vitesse, beaucoup, sans boire une seule goutte d’eau , en proie à une véritable chiasse verbale, elle devait avoir la gorge sèche comme un flaque croupie sous le soleil et une haleine épouvantable …re-beeeeeeeerk……)
houria1a.jpeg poubelle2.jpg

pile et ……………………… face ( Houria la poubelle … juste parce que j’avais pas envie de mettre la photo d’une merde sur “Le Chemin”même si c’était plus approprié…)

Bon et bien je triche un peu en fait parce que Jordi Magraner n’est pas mort récemment … ce n’est même pas l’anniversaire de sa mort, c’est simplement que je suis retombé par hasard sur cette histoire en fouinant sur le Net et que je ne voudrais pas l’oublier jusqu’à la prochaine fois …et donc, je la consigne ici …
kalash-spring-festival-jpg.jpg Alors d’un coté , il y a les Kalash un peuple d’environ 4000 personnes implanté loin à l’intérieur du terrain montagneux et accidenté aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan dans la région de Chitral et qu’on dit descendre des soldats d’Alexandre le Grand ou des colons grecs de l’époque. Leur langue natale, d’origine distinctement indo-européenne, comporte de forts éléments grecs et sanscrits et la peau pâle, les yeux bleus et les cheveux clairs ne sont pas rares chez eux . Leur culture diffère radicalement de celles de la majorité musulmane et de l’importante minorité hindoue qui les entourent . Les Kalash sont païens et leurs croyances partagent de fortes similarités avec le polythéisme de la Grèce antique. En effet, diverses déités locales ayant une forte ressemblance avec Zeus, Dionysos, Apollon et Aphrodite sont encore vénérés dans leurs rites et coutumes aujourd’hui ressortant d’une vision du monde religieuse indo-européenne. On dit d’ailleurs que de nombreux Grecs modernes cherchant à retrouver le contact avec leur héritage préchrétien se sentent attirés par cette région et son peuple. Ils sont polythéistes et la nature joue un rôle très important dans leur vie quotidienne et leurs rites saisonniers et leurs sacrifices viennent remercier les dieux de leurs bienfaits… Les Kalash sont pourtant un peuple menacé d’ethnocide culturel, du fait même de leur fidélité à un paganisme indo-européen hérité de ses origines, ce que l’Islam fanatique ne peut évidemment pas supporter…
jordimagranerec3.jpg De l’autre côté, il y a donc, Jordi Magraner, un zoologue espagnol, qui a passé 12 ans de sa vie à rechercher le Barmanu, “l’homme poilu” en Afganistan et au Pakistan, et qui fut lâchement assassiné pendant son sommeil au Nord-Pakistan le vendredi 2 août 2002,à l’âge de 43 ans. En cherchant sur le Net, on ne trouve guère que des renseignements sur le Jordi Magraner zoologue et la technique qu’il avait mise au point pour recueillir les témoignages au sujet du fameux “homme poilu” avec une simple interrogation en regard de son assassinat … il faut un peu plus d’opiniatreté et de chance pour apprendre enfin qu’il était non seulement un scientifique de haut niveau mais aussi un homme courageux et qu’il avait choisi de vivre chez les Kalashs, en partageant leur vie quotidienne face à l’intolérance musulmane. Peu avant son assassinat il était venu en France animer une série de conférences expliquant le sens de son combat (plutôt politiquement incorrect si on en juge par le silence fait autour des causes réelles de l’assassinat) - la survie de l’identité kalash . Il avait écrit en défense de ceux qui sont appelés là bas les « kafirs » - un mot arabe signifiant « non-croyants » : « Tous les moyens sont bons pour amener l’infidèle à la vraie religion : promesse d’un meilleur statut social, menaces… ». Pour lui, les menaces auront été jusqu’à l’assassinat…

(samedi 8 mars 200 8)

Dans son livre sur Mélusine, Philippe Walter écrit que pour le monde moderne, c’est la poésie qui est devenu le refuge du mythe. Mais dans la mesure où les mythes expriment les vérités fondamentales et concrètes de la société et de l’homme, je crois qu’il serait préférable puisque le mythe, et donc son expression, ont une valeur de démonstration et d’enseignement, que n’importe quel(le) plumitif ne se sente pas autorisé à écrire le genre de merde que j’ai pu lire à maintes reprises sur certains fora en confondant logorrhée débile et talent … en mettant de l’ordre dans mes notes, j’ai d’ailleurs retrouvé quelques vers perso que m’avaient inspiré certains “mohèmes” rencontrés ça et là … (ah oui, j’allais oublier de parler de l’orthographe la plupart du temps déplorable de ces pouèts qui semblent mesurer l’étendue de leur talent à l’aune de la densité de fautes au centimètre carré …)

Tu voulais un poème
mais tu n’en auras pas
à moins que si tu aimes
tu veuilles celui là.
Moi je ne comprends pas
qu’on puisse gagner sa croute
en pondant pas à pas
tout au long de la route
des cacas mis en rimes
qui parfois me dégoutent.
Tant, que devant mes pas
bientôt s’ouvre un abîme
que je ne puis combler
que par un tas de prouts.
(noms censurés…)
tous autant de poètes
qui soulèvent leur casquette,
et leurs seins raplapla
qui se gonflent d’émoi
d’avoir osé faire ça…
_______________________

chaaaaarie, je vous vite un soir au craipuscule,
traversé l’aurée des sous bois sous la lune
et mon choeur en un hinstant shambala
car il été heureux de vous voir là.
Il sut sans que le doute fu pairmis
que vous aitiez celle qui lui été promi
et rendit grasse à tout les dieux
sachant que jamais ils ne pourraient fer mieux.

(une précision importante quand même : je ne considère pas que mes “mohèmes” valent mieux que ceux qu’ils sont sensés critiquer/imiter/parodier/relativiser… quoi que …)

(Vendredi 7 mars 200 8)

melusine.jpg J’ai craqué hier au soir, j’ai acheté “la Fée Mélusine” de Philippe Walter, aux éditions Imago. J’avais bien aimé ses travaux sur Merlin et Mélusine, c’est quand même une déesse/fée tutélaire du Poitou… Le but est de le lire assez vite pour pouvoir en faire un résumé pour “la Main Rouge” qui serait une introduction à un travail plus complet et plus important (mythe, symbolisme, Mélusine en Poitou, etc…)
En tout cas, il a l’air super intéressant, qu’on en juge par la 4ème de couverture:

“Grande figure de notre imaginaire, la fée Mélusine promet richesse et prospérité à Raymondin, son époux, à condition qu’il ne la regarde pas dans son bain le samedi.
Le mariage est heureux jusqu’au jour où, poussé par la curiosité, Raymondin perce un trou dans la paroi et découvre sa femme munie d’une énorme queue de serpent. Il ne dit rien mais, lors d’une querelle, la traite de “serpente”. L’interdit est transgressé et, dans un cri déchirant, Mélusine disparaît en s’envolant dans les airs. Tout en reprenant la célèbre histoire telle que nous l’ont contée Jean d’Arras, Coudrette et les légendes de nos terroirs, le présent ouvrage dévoile des horizons méconnus et, en interrogeant notamment la mythologie de l’anguille et du sel, renouvelle de manière décisive la compréhension du récit mélusinien.
Alors Mélusine est-elle femme poisson, femme serpent ou femme oiseau ? Philippe Walter la surprend dans ses différentes métamorphoses, en saisit l’écho dans diverses traditions, entre autres celtiques, et retrouve sa trace sur plusieurs continents, offrant ainsi une ampleur originale à l’interprétation de ce mythe clé du Moyen Âge”.

… et par les têtes de chapitres : Mélusine entre mythe et littérature. Mélusine et les Géants. L’Anguille Mélusine. Mélusine et les Monstres Marins. Mélusine et l’Esprit du Sel. Mélusine, fille des Vagues. Mélusine, la Sirène et la Canicule. Trois Soeurs. L’Envol de Mélusine. Le Sabbat de Mélusine.

Je m’en régale à l’avance …

Bruno Gollnish, vice président du FN avait déja été condamné en Première Instance à 3 mois de prison avec sursis et 5000 euro d’amende. Cette condamnation vient d’être confirmée en appel, augmentée de 39 000 euro de dommages-intérêts à verser à neuf parties civiles. M. Gollnish a été reconnu coupable de “négationnisme par insinuation“(…) pour avoir déclaré “je ne nie pas les chambres à gaz homicides mais je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu’il faut laisser les historiens en discuter et cette discussion devrait être libre”.
La charge de la preuve en droit français appartient au demandeur …elle s’en trouve, ici, singulièrement facilitée

(mardi 26 février 200 8)

La vanité, en général un tampon servant à cacher à soi-même et aux autres un sentiment d’infériorité, lui même presque toujours lié à la peur (de ne pas être reconnu, de ne pas être accepté, d’être rejeté) peut se greffer comme un aspect particulier, sur d’autres traits de caractère. Elle peut donc être un aspect de l’orgueil, mais c’est loin d’être toujours le cas.

La vanité est basée sur la non-sincérité, l’orgueil est basé, lui, sur l’utilisation d’une sincérité illusoire.
L’orgueil utilise des attitudes de supériorité. On se retire dans sa tour d’ivoire. Mais ce sentiment de supériorité cache un sentiment d’infériorité; par exemple dans les situations qu’on n’arrive pas à maîtriser.
La vanité cherche en général à se concilier les autres -on se vante pour exister aux yeux des autres- par l’abnégation apparente ou en cherchant à en imposer.
L’orgueilleux dédaigne les autres. Contrairement au vaniteux qui veut toujours en mettre plein la vue, il est silencieux, trop fier pour parler de lui. Le vaniteux veut être le meilleur, il veut être aimé, plaire, il veut avoir raison, être remarqué. L’orgueilleux, lui, préfère s’abstenir de faire quelque chose quand il sait qu’il risque de ne pas le faire parfaitement, ou bien il se trouve des justifications à l’avance. Il essaie toujours d’éviter la possibilité de l’échec et fait tout pour éviter d’être dans cette situation. Donc il ne prend pas de risque.
Les deux peuvent être mêlés quand il y a désir d’être reconnu, aimé, et peur. La vanité aimerait faire quelque chose pour être en vue et l’orgueil tire en arrière parce qu’il y a risque d’échec.
Quand il y a blessure (pour l’un comme pour l’autre la moindre remarque est une blessure), la vanité blessée fuit, l’orgueil contre-attaque et devient violent. La vanité est liée à l’image très extérieure qu’on a de soi, qui s’effrite quand elle est blessée, alors que l’orgueil, lié à l’image intérieure qu’on a de soi, ne peut courir le danger de se laisser effriter : il réagit donc avec violence.
Celui qui n’a plus d’image de soi à donner aux autres est tout simplement lui même. Ce que les autres pensent ou disent de lui n’a plus aucune importance puisqu’il fait tout le temps ce qu’il y a à faire.
______________________________________________________

Avant d’avancer sur le Chemin:

-on pense que les autres nous doivent quelque chose
alors qu’il faudrait considérer qu’on doit quelque chose aux autres;
-on imagine pouvoir changer les autres,
alors qu’il faudrait s’efforcer de donner de l’espace aux autres;
-on croit que la vie nous doit quelque chose,
alors qu’il faudrait savoir que la vie est une école;
-on pense que l’homme est conscient, qu’il a un moi unique et est capable de volonté,
alors qu’il faudrait s’efforcer de combattre le fait que l’homme est endormi, multiple et sans volonté réelle;
-on croit savoir ce qui est “bien” et ce qui est “mal”,
alors qu’il y a seulement des “trop” et des “pas assez”, et qu’il importe seulement de changer ce qui nous fait souffrir.
______________________________________________________

Le vaniteux doit apprendre à se taire. L’orgueilleux devra apprendre à ne plus se réfugier dans sa tour d’ivoire.
Par ailleurs, l’activité à cultiver est de faire des actes d’humilité. Il y a aussi l’humour qui sauve les orgueilleux et les vaniteux s’ils arrivent à ne pas l’utiliser quand celà les arrange, pour dénigrer les autres par exemple, ou pour se moquer, et à l’exercer à leur propre dépens.
______________________________________________________

L’orgueil est une fierté en déséquilibre, d’une qualité elle se transforme en défaut …
La Voie Païenne est l’Equilibre dans toutes choses.

(Dimanche 17 février 2002-200 8)

On n’est pas encore dimanche et on n’est plus samedi … en fait il est minuit et comme je ne peux pas dormir je descends fumer une cigarette dans le hall où je trouve installé … Sharad qui est là depuis une heure … il n’avait pas osé monter, craignant de nous réveiller… Il a des cadeaux pour nous, une statuette de ……. Shiva pour moi et pour France un plant de Tulsi dont le blog “l’Inde où je vis” (dont j’ai donné le lien au début de ce voyage) dit :
“Le Tulsi (basilic) est regardé comme l’épouse de Vishnu. Cette plante sacrée que les hindous cultivent en pot dans les temples et à leur domicile apporte le bonheur. Il lui font des Puja chaque matin, et y mettent une emphase particulière lors du mois de kartik, (oct-nov) consacré à Vishnu, avec le mariage du Tulsi. Une lampe à huile brûle devant elle. On considère que mettre des feuilles de Tulsi dans l’Eau la rend aussi pure que l’Eau du Gange (Ganga jal). On met une feuille de Tulsi dans la bouche d’un mort pour le purifier.”
Un joli cadeau en vérité, mais “mon” Shiva est aussi très beau, sans doute ancien …à Mc Leod Ganj, moi, je lui avais donné mon harmonica…
Jusqu’à 2 h dans la chambre, il parle sans arrêt et France et moi en arrivons vite à une complète saturation … je comprends quand même qu’à mon sujet il dit que je dois avoir trop de pensées en tête -sur les gens, sur les choses, etc.- et qu’il faudrait que je les écrive pour débarrasser mon esprit et en même temps y voir plus clair … il a bien su lire en moi le bougre et su discerner mon agitation mentale …
Quand nous voulons partir, les employés de l’hôtel qui ne sont toujours pas couchés (mais bon c’est vrai que s’ils dorment dans le hall on doit les déranger pas mal …) insistent pour qu’on paye les trois dernières nuits. Il n’a jamais été question de ça et on est persuadé qu’on a déjà payé l’Agence pour ça précisément, alors on les renvoie à Bablu. Et c’est ce qu’on fait aussi pour le chauffeur de la voiture qui vient nous chercher : pas question de le payer directement comme il le réclame, qu’il s’adresse à Bablu. D’ailleurs, on s’offre une petite peur quand il nous demande s’il doit nous emmener à l’aéroport international ou l’aéroport domestique … pas la peine de se fier à leur dénomination, il nous précise que l’un comme l’autre présentent des vols internationaux … Alors plutôt que répondre au hasard, France demande à son pendule qui penche pour le premier: bingo ! gagné ! ouffff………….
Nous y retrouvons Anne qui est allée à Haridwar (quand nous y étions aussi), Agra et Jaïpur et nous commençons à échanger ce qu’on appelle désormais nos “souvenirs” …
A l’aéroport, je suis “aux oiseaux”, je perds mon billet, je ne retrouve plus ni ceci ni celà alors que je l’ai sous le nez … y a de la fatigue dans l’air … et puis des anecdotes bizarroïdes : à la Sécurité par exemple on me confisque la boite d’allumettes que j’ai dans la poche de pantalon mais pas celle dans mon coupe-vent …
Nous arrivons à Paris vers 15 h, heure locale, où France s’aperçoit qu’elle a perdu son plant de Tulsi, récupérés par le frère de France presque une heure et demi plus tard, parvenus à Poitiers dans la nuit où j’éprouve une certaine excitation à me retrouver bientôt tout seul et (curieux, non ?) impatient de me mettre aux “Fragments d’un enseignement inconnu” d’Ouspensky dès demain …

ben voilà, c’est fini …..

Namasté.

(Samedi 16 février 2002-200 8)

Notre dernier jour ici. Après une douche de mise en forme … tiens je m’aperçois que dans les choses dont je n’ai pas parlé figure la douche indienne que j’affectionne tout particulièrement …il faut d’abord parler de la salle de bains qui est entièrement carrelée avec un trou au milieu par terre … le but du jeu est donc de se savonner si on en a envie et de se rincer ensuite avec une sorte de broc, un récipient qu’on remplit d’eau au robinet… c’est curieusement très agréable et particulièrement économique … Donc, après une douche de mise en forme, je passe une bonne partie de la matinée à me balader dans le quartier, à naviguer entre les tranchées qui, par ci par là, éventrent les rues, les animaux en nombre, les véhicules vociférants, les passants affairés … dans un état de bonheur sans taches … j’achète des couverts, je me doute bien que les fourchettes surtout ne résisteront pas à un morceau de viande même pas coriace mais ils sont plutôt jolis, et encore une ou deux statuettes de Shiva.
inde-20-2002-2008-052.jpg Avec France, nous restons un bon moment à prendre le soleil dans le petit jardin public au pied de l’hôtel, puis nous mangeons très copieusement dans un restaurant végétarien. Je n’arrête pas de m’émerveiller devant les couleurs des légumes et leur diversité, et leur goût !!! enfin une cuisine végétarienne qui donne faim … inde-22-2002-2008-055.jpg celle que j’ai pu “essayer” en France est tellement triste … et d’une fadeur …Nous retournons ensuite dans le jardin où je somnole tranquillement pendant plus d’une heure, les pieds nus sur la terre fraîche. En fait, on attend Sharad qui devait passer nous prendre en voiture pour un dernier tour dans le centre de New Delhi … je voudrais notamment y changer mon pendjabi acheté chez le Sikh qui, sans doute parce qu’il n’en avait plus en stock, m’avait soutenu qu’on ne faisait pas de pendjabi en coton pour pouvoir m’en vendre un en synthétique … Pas de Sharad, alors nous partons une nouvelle fois à pied … Je cherche une édition de Sherlock Holmes en Hindi pour Patrick, mais en vain, en revanche j’achète encore quelques objets et France des vêtements … nous sommes un peu perdus et un môme se propose pour nous piloter… l’élémentaire bon sens voudrait qu’on se méfie mais nous sommes toujours en état de grâce et on se laisse faire … bon, c’est vrai qu’il nous conduit où il veut, mais après tout comme on n’a pas de but bien précis, ce n’est pas vraiment un problème …Et finalement on l’emmène dans un petit resto pour lui offrir un repas qu’il avale goulument …et avec ce qui ressemble bien à de la reconnaissance … Avant de rentrer à l’hôtel, une question que je me pose depuis sans doute notre arrivée et que je n’ai pas pensé à poser à qui aurait pu me répondre, c’est de savoir ce que les indiens peuvent bien faire sur les toits des maisons et des immeubles … il y en a partout, à côté d’espèces de gros réservoirs … de l’eau ? pour la lessive ?…inde-21-2002-2008-049.jpg
Sur la petite place rond-point juste à côté de l’hôtel, sur les barres d’acier qui l’entourent, du linge avait été étendu pour sécher et France, au moment de partir, y avait ajouté son pantalon qu’elle venait de laver : il est encore là à notre retour, ce qui franchement m’épate beaucoup et j’imagine juste en vitesse le même truc en France : rigoureusement impossible à mon avis … dans le petit jardin, c’était pareil, France avait déjà mis son pantalon et un châle à sécher sur les petites haies ce qui avait sans doute semblé tout à fait normal aux gens qui passaient qui n’y avaient absolument pas prêté attention …
J’ai nettement l’impression que depuis notre arrivée, nous avons passé un certain nombre d’initiations avec succès et franchi quelques murs …
Il est 19 h45 et nous n’avons toujours pas de nouvelles de Sharad alors que nous devons quitter l’hôtel à 2 h du matin, mais comme France ne semble pas du tout inquiète, je décide qu’elle a raison et d’en faire autant … On tente bien de dormir un peu mais on dirait que l’Inde en a décidé autrement, qu’elle a décidé de nous dire au revoir à sa façon, en nous empêchant de dormir : beaucoup de bruit dans l’hôtel lui même et beaucoup de musique dehors, un autre mariage sans doute parce qu’il semble que ce soit la période …

(Vendredi 15 février 2002-200 8)

Je me réveille ce matin en pleine forme, je suis même assez enthousiaste à la pensée de mon projet d’un petit recueil de citations celto druidiques. J’ai passé une super bonne nuit, la première depuis longtemps et je suis d’excellente humeur dès que j’ouvre les yeux… Sur les coups de 10 h/10 h 30, je suis assis sur une des marches qui conduisent à une petite boutique où on peut téléphoner n’importe où … en train d’attendre France qui téléphone à son Gillou … je suis bien là, le cul sur la marche et les pieds sur le trottoir, au soleil, les gens passent dans la rue et devant moi sans interruption, certains me regardent, d’autres non, il y a beaucoup de monde, beaucoup de couleurs, de bruit et de poussière, d’odeurs, et le soleil me chauffe agréablement la couenne après le froid qu’on a du affronter dans le nord … je ne sais même pas si je pense à quelque chose de précis et tout d’un coup, comme ça, sans raison particulière et sans signes avant-coureurs je me sens soudain envahi d’un bien être indicible, ineffable, je me sens envahi d’amour, d’un sentiment de gratitude pour tout ce qui m’arrive en ce moment, le beau et le moche, le facile et le difficile, et je me prends à remercier, merci, merci, merci, et je me fous à pleurer, comme ça, sous le soleil, dans les couleurs, les bruits et la poussière et les odeurs, au milieu des gens dont certains me jettent un regard avant de continuer leur chemin … si ça se trouve, pour eux, je ne suis jamais qu’un occidental de plus qui vient de péter un plomb, mais en fait, non, il y a toutes les chances pour que le spectacle que j’offre ne les interpelle même pas … normal pour eux …. on dit bien qu’”en Inde, tout peut arriver, et tout arrive continuellement”…Je dois être complètement illuminé parce que France, quand elle sort de la boutique-téléphone me demande ce qui se passe, et me dit que je semble être un homme neuf tout d’un coup . Elle me tombe dans les bras, les gens font un écart pour nous éviter … j’ai lu, avant notre voyage, que les démonstrations publiques ne sont guère prisées en Inde, mais là je n’ai pas vraiment l’impression qu’on soit en train de créer un scandale. De toute manière je m’en fous parce que je ressens toujours ce sentiment de gratitude et lui seul compte. France me dit que je suis transfiguré et que je rayonne tout autour de moi… mais elle aussi rayonne: elle vient de laisser un message sur le répondeur de son chevalier blanc (qui, en fait, est loin de l’être, marié et papa, dragueur du samedi soir dans les bistrots de Chatellerault…) et on dirait une ado amoureuse …
Alors, qu’est-ce qui vient de m’arriver ? je n’en sais trop rien … l’Eveil ? mais l’Eveil, d’abord, dans son acceptation habituelle j’y crois pas trop parce que “tel qu’il est défini dans certains courants mystiques de l’hindouisme (Samadhi) ainsi que du Bouddhisme (Nirvāna) et du Christianisme (Apatheia) il représente l’aboutissement d’une évolution de l’être humain qui conduirait à une émancipation radicale.” Ce qui n’est pas mon cas, et d’ailleurs je n’en veux pas de cet Eveil, je ne tiens pas à m’émanciper, et de quoi grands dieux pourrais-je m’émanciper ? devenir un pur esprit, une ombre éthérée, bof… moi j’aime mon incarnation, charnelle, matérielle autant que spirituelle, le noir et le blanc, le yin et le yang, le trop et le pas assez, le pile et le face, le rire et les larmes … le seul but que je peux dire que je poursuis, peu ou prou, c’est d’accéder à une vie plus consciente, moins mécanique (voir Gurdjieff, la 4ème Voie, etc… tout à fait “mariable” au paganisme …)…
Je connais pas mal de gens qui sont en “recherche spirituelle”, depuis des années et des années. Des bouddhistes, des adeptes de mixtures orientales, des franc-maçons hermétistes, des chrétiens plus ou moins déviants, et certains “païens” aussi. Tous ils sont à la recherche de la Lumière, ils attendent l’Eveil. Ils y travaillent: des années et des années, parfois toute une vie de méditation, de pratiques diverses, de rituels, de lectures plus ou moins bien assimilées… et leurs vies, pour la plupart, sont affligeantes: la plupart se débattent dans des frustrations d’ordre égotique (complexes d’infériorité/supériorité), professionnel, sexuel (difficultés d’assumer ses “préférences”, ses besoins ou ses absences de besoins), ou au niveau du rapport à l’argent (j’en connais qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts mais j’en connais aussi qui passent leur temps à acheter/vendre des immeubles et boursicoter pour amasser toujours plus…)…
Il y en a aussi, beaucoup, qui se débattent dans des histoires de fesses (je parle bien d’histoires de fesses, de coucheries, et pas d’histoires d’amour…), convoitent le mari ou la femme de l’ami(e), ruminent la rancoeur de s’être fait piqué le mari ou la femme par l’ami(e); essaient, au bord du dégout, de nouvelles expériences parce qu’il ne faut pas avoir l’air coincé…(parce qu’en plus tous ces gens fonctionnent la plupart du temps en “circuit fermé”… ce qui induit aussi un état d’esprit particulier)… Il y a ceux qui ne comprennent pas pourquoi leurs enfants, “eux aussi”, ont des problèmes d’alcool ou de drogue (”pourquoi est-ce que ça m’arrive à moi ?…” sous entendu “à moi qui ai des préoccupations spirituelles”)…
Il y a aussi ceux qui souffrent de frustrations d’ordre spirituel, qui attendent un Eveil qui ne vient pas et qui se refusent ne serait-ce qu’envisager que l’Eveil, finalement ça n’existe peut être pas dans le sens où ils l’entendent, parce que ça reviendrait à remettre en cause toutes leurs années de méditation, de pratiques,etc.etc…. Il y ceux qui tombent alors dans des Voies beaucoup plus extrêmes et contraignantes pour finalement se retrouver à flirter avec la schizophrénie…
Et tout cela me semble bien dérisoire et pitoyable et certainement très significatif… bien dérisoires toutes ces privations, tous ces efforts pour “s’élever” au niveau d’une espèce de béatitude spirituelle où le Ciel, seul et unique, serait le But et la Terre, l’ennemie, où l’Homme serait amputé de sa partie obscure au seul bénéfice de sa “partie claire et lumineuse”… mais en se retrouvant ainsi complètement déséquilibré… certainement très significatif que toutes ces privations, tous ces efforts pour s’abstraire des contingences matérielles pour arriver “à se mettre en prise directe avec le divin” ne mènent qu’à s’engluer dans leur aspect le plus “matérialiste”qui soit et dans les frustrations de tous ordres…mais bon, il y en a aussi qui se trouvent très bien de leur recherche de la Lumière…après tout, tant mieux pour eux…
mais en ce qui me concerne ce que je viens de connaitre, c’est certainement pas l’Eveil mais UN éveil… à quelque chose …une porte qui était fermée vient de s’ouvrir, ou alors elle était déja ouverte mais je n’avais pas eu l’occasion jusqu’alors de m’en apercevoir … et c’est vraiment vachement agréable …
inde-16-2002-2008-048.jpg Vers la fin de la matinée, un rickshaw nous aborde, enfin je devrais dire carrément qu’il nous fait du rentre dedans, particulièrement collant … mais parce que nous sommes tous les deux dans un état de béatitude, on est tout naturellement porté vers la confiance et comme France voudrait trouver de la pâte de santal, on se laisse embarquer puisqu’il nous dit qu’il sait où il y en a … en fait, il n’en sait rien du tout et nous arrête devant … l’emporium où nous avons passé l’après midi d’hier. Finalement j’ai plus envie de rire qu’autre chose et France prend ça pour “une leçon”. Nous le plantons là sans autre forme de cérémonie alors que nous avions envisagé de le garder toute la journée pour un forfait intéressant pour lui et nous. Tant pis pour lui, il paye pour les autres … Nous sommes bien décidés à rentrer à pied mais nous sommes embarqués par un nouveau rickshaw qui nous avait suivi depuis l’hôtel !!!… et qui supputait que nous pourrions avoir besoin de lui … Un peu curieux tout ça, mais à quoi bon, ici, se poser trop de questions ?…
L’après midi, nous sommes pris en charge par une voiture envoyée par Bablu et l’Agence et qui nous emmène au Tibetan Camp. C’est un ensemble de bâtisses parcouru de ruelles étroites, labyrinthiques, un peu inquiétantes. Une véritable enclave où nous nous faisons un peu l’impression d’être de nouveaux Tintins mais où ne serions pas surs d’oser nous promener la nuit … Heureusement, de temps en temps, les couleurs des robes de quelques moines éclairent un peu ces ruelles, il faut bien le dire assez sordides. Nous y croisons d’ailleurs des jeunes aux mines assez patibulaires, abruties je dirais plutôt (il n’y a certainement pas que de l’alcool qui circule ici …) et je prends conscience une nouvelle fois que je me sens bien mieux au milieu des indiens, malgré leur faconde et leur roublardise … allez hop … on achète un peu d’encens dans une des rares (la seule ?) boutique qui ne soit pas fermée pour cause de Nouvel An et on s’en va …
inde-17-2002-2008-050.jpg Le chauffeur tourne pas mal dans la ville avant de trouver l’ashram de Sri Aurobindo. C’est une autre enclave, en quelque sorte, mais d’un autre genre que le Tibetan Camp… D’abord, c’est une enclave ouverte au monde puisqu’il fut créé en 1956 pour être un Centre de pratiques prônant le développement d’ une conscience spirituelle plus élevée . Il s’étend sur une énorme surface, plus de 300 personnes y vivent . Il y a même un terrain de sport, une bibliothèque, bien sûr et puis une épicerie où nous faisons le plein d’épices et une boutique où se vendent les publications de l’ashram mais aussi de l’encens, des papiers faits à la main, des cassettes de chants de dévotion, des huiles essentielles, etc… et surtout des photos, innombrables, de Sri Aurobindo et de la Mère.Le culte qui est fait autour de la personnalité de ces deux personnages n’est pas vraiment mon truc (les reliques de Sri Aurobindo ont été enchassées ici en décembre 1957) mais le calme et la sérénité qui y règnent sont agréables, même si, à quelques rares exceptions près, les gens qui vivent ici sont loin de paraitre épanouis … inde18-2002-2008-051.jpg
Le soir nous attendons Sharad avec lequel nous devons aller diner mais il arrive tard, et repart vite pour aller voir Bablu dont la femme a été hospitalisée avec “quelque chose de sérieux au niveau de la tête”… Et quand France appelle ce dernier au téléphone, au bout du fil, il craque, s’accuse de ne pas avoir été quelqu’un de bien avec nous et toutes autres sortes d’auto-flagellations sans aller pourtant jusqu’à nous proposer de nous rembourser alors que nous avons payé la location de la voiture pendant deux jours sans qu’elle soit mise à notre disposition …
Quoiqu’ il en soit, pas de dîner ce soir, seulement les trois quarts d’un sachet d’amuse-gueules ultra pimentés. Et puis à partir de 23 h on entend des pétards et une musique assourdissante dans la rue. On ne peut guère faire autrement qu’aller voir et nous tombons sur un mariage : le marié est en vêtement d’apparat sur un cheval idem : les lumières sont alimentées par des gros camions et seuls les hommes dansent sur les musiques d’une fanfare, et extériorisent leur joie. M’ont l’air bien bourrés , aussi ou en passe de l’être. Les femmes et les enfants restent groupés, à part, autour de la mariée… quelques ados plutôt inquiétants, rôdent ici et là … j’ai lu quelque part qu’ils s’amusent à pincer au sang les femmes occidentales qui passent à leur portée, et tentent de leur serrer la main, ce qui est un geste très sexuel … et effectivement, il y en a quelques uns qui essaient avec France mais elle les rembarre vertement.
Nous ne nous attardons pas plus d’un quart d’heure et remontons nous coucher …

(Jeudi 14 février 2002-200 8)

inde-12-2002-2008-034.jpg Hier Sharad est parti par le bus pour Delhi à 18 h et en remontant à l’hôtel, peu enchantés de passer une nouvelle nuit tristoune dans cette chambre glaciale, France a eu l’idée véritablement géniale que nous partions tout de suite. On n’a pas mis longtemps pour rassembler nos affaires et moins d’une demi-heure plus tard la voiture démarrait. L’idée première était de rattraper le bus pour en faire descendre Sharad et qu’il fasse le reste du voyage avec nous mais nous n’avons pas pu. Soit le bus roulait beaucoup trop vite pour qu’on le rattrape soit on n’a pas pris le même chemin… France et moi avons longtemps discuté, elle surtout de son Gillou (grands dieux, comment est-ce qu’on peut oser porter un diminutif aussi ringard ?…) et de son fameux principe d’ Unicité : elle ne veux plus faire de bises aux gens qu’elle aime bien parce que c’est elle qu’elle embrasse en fait et elle ne peut quand même pas se remercier elle même d’exister … bon, même si je comprends pas grand chose à ce discours, ça me berce tranquillement et comme je sais assez bien écouter, je vois pas pourquoi je la priverais de se faire du bien en s’épanchant un peu …
Nous roulons un bon bout de temps et puis comme Viki a tendance à s’endormir, on s’arrête sur une espèce d’aire où il y a comme un grand hangar haut de plafond avec des grandes tables sur trétaux, sur un sol mal équarri en béton … c’est assez curieux, ça ne tient pas à grand chose mais c’est vraiment très, très dépaysant … et les gens que j’y croise ont l’air d’avoir des préoccupations, ou des occupations tout court d’ailleurs, qui sont aux antipodes des miennes… j’y bois quelques verres de thé brûlant , en fumant, pendant que les autres dorment dans la voiture alors que je n’ai pû qu’y somnoler quelques dizaines de minutes avant de me retrouver complètement réveillé et incapable de rester en place …
Nous arrivons à Delhi à 8 h du matin pour nous retrouver,inde-13-2002-2008-040.jpg garés dans un quartier populaire qu’on ne connait pas du tout, à attendre dans la voiture Viki qui s’est arrêté chez quelqu’un de se famille, dévisagés par tous les gens qui passent dans la rue… et Viki prend tout son temps …décidément, on a un peu de mal à s’habituer à leurs comportements…
L’après midi, nous allons à pied dans le centre, en renouant -avec bonheur- par la même occasion avec la chaleur,les odeurs, les bruits et la poussière… inde-14-2002-2008-042.jpg France a décidé de retourner à l’Emporium où elle a acheté pour plus de 200 euro pour rendre la marchandise, dont la fameuse bague avec une topaze qui ne serait pas une topaze … et se faire rembourser …. à ce que je comprends, cette dépense (vraiment très importante en Inde …) est en passe de la mettre dans une merde financière noire … Elle est épuisée,fatiguée par sa nuit de voyage, et ses nerfs ont du en prendre un bon coup mais elle obtient pourtant en grande partie satisfaction … le pire est que quand les employés -le patron est là lui aussi, pour distribuer ses décisions- acceptent de reprendre un truc, ils cherchent illico à lui vendre autre chose à la place …et je suis en butte aux mêmes attentions : on sait que je suis avec la femme française qui fait un peu de scandale dans le coin là-bas et qui exige d’être remboursée, mais on essaie pourtant de me vendre tout un tas de trucs … d’ailleurs je me laisse faire pour des statuettes de Ganesh et de Shiva quand on me les propose à moitié prix … j’ai même pas besoin de marchander, tant mieux d’ailleurs, j’ai horreur de ça et je sais pas faire … inde-15-2002-2008-039.jpg Quand nous en sortons, (nous y avons quand même passé une grande partie de l’après midi …) nous sommes tous les deux très fiers d’elle … Bablu, lui, l’est beaucoup moins qui nous jette un drôle de regard quand elle lui explique ce qu’elle vient de faire et ce qu’elle pense de lui et des marchands de l’Emporium … j’imagine sans peine qu’il a du toucher une commission et qu’il va sans doute y avoir de l’orage dans l’air …
Nous passons une agréable soirée à discuter de choses et d’autres et je commence sérieusement à réfléchir à une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques temps: il s’agirait de réunir des citations “signifiantes” sur le druidisme et le paganisme celte pour faire un petit bouquin du genre “1 pensée par jour” … d’ailleurs, j’en ai quelques unes dans un carnet que j’ai apporté, alors je me mets tout de suite à trier les phrases qui me séduisent…

(dimanche 16 février 200 8)

Les Charentes aller et retour aujourd’hui, les bords de la RN 10 dégueulasses … à chaque fois ça me fout en rogne et surtout ça me dégoûte, surtout ces bouteilles en plastique à moitié pleines pour la plupart : les camionneurs pissent dedans sans s’arrêter et balancent le tout par la vitre…..

(Mercredi 13 février 2002-200 8)

Brrrr, la nuit a encore été glaciale et quand je me lève ce matin et descend pour aller faire un petit tour, les employés de l’hôtel ne sont pas tous levés, couchés dans le hall, par terre ou sur le canapé dans l’entrée, dans des duvets ou sous des couvertures, tout habillés… bizarre, vous avez dit bizarre ……. Quoi qu’il en soit le ciel est d’un bleu d’une pureté éblouissante et les jeux de lumière sur la neige et sur l’herbe sont magnifiques. L’air est pur et le soleil est chaud, mérite bien une petite ode à Belen, tiens:
“Salut à toi, Belen, protecteur du monde. Protège moi aujourd’hui, inspire mes oeuvres, accorde moi amour et bonté, courage et sagesse, pour que, nous quittant ce soir dans ta gloire, tu me laisses sain et joyeux et me retrouves tel demain”.
C’est un sujet dont je n’ai pas encore parlé : je n’éprouve aucune gène à invoquer mes dieux gaulois sur cette terre indienne, n’y vois aucune antinomie et c’était particulièrement évident quand je me suis plongé dans le Gange, même si j’éprouve beaucoup de respect pour Shiva et Ganesh notamment… j’ai essayé un peu de parler de ça avec Sharad mais je ne sais pas trop si j’arrive à me faire comprendre quand je lui dis que nous sommes issus peu ou prou d’un même foyer indo-européen et que je suis venu là parce que c’est là que vivent encore les dieux … en tout cas, il est sensible à mon médaillon de Cernunnos et je pense qu’eux aussi ont un dieu cornu …
Nos accompagnateurs nous donnent journée libre (sympathique attention de Sharad) et France et moi passons un peu de temps sur le balcon en plein soleil qui domine la vallée …inde-8-2002-2008-027.jpg juste en dessous, des maisons occupées par des familles tibétaines, avec des chèvres dehors … nous sommes un peu à l’écart ici et la neige que quasiment personne n’a foulée, donne une impression de propreté. C’est une autre histoire dans le centre où la gadoue a envahi les ruelles et nous pataugeons à qui mieux mieux pour aller au Namgyal, inde-10-2002-2008-032.jpg le Temple dans lequel sont célébrées les cérémonies religieuses pour le Dalaï Lama. Y est perpétué le rituel de Kalashakra La tradition du Kalachakra tourne autour des concepts du temps et des cycles : du cycle des planètes, du cycle respiratoire, et du contrôle des énergies les plus subtiles qui sont dans le corps de chacun afin d’atteindre l’illumination. La déité du Kalachakra représente un Bouddha et son omniscience. Tout est sous l’influence du temps, et lui est le temps donc sait tout. De même, la roue (du temps) n’a ni début ni fin.
L’église catholique serait jalouse… héhéhé … car il faut faire la queue pour y avoir accès. Il y a effectivement beaucoup de monde et ça nous fait perdre beaucoup de la visite … on voit beaucoup de choses, ça c’est un fait, mais de là à savoir ce que c’ est,inde-9-2002-2008-030.jpg mis à part les moulins à prières et les offrandes, c’est une autre histoire …
Quand nous en sortons, nous allons encore passer deux heures chez le marchand de pierres qui nous offre un cristal à chacun, c’est agir en bon commerçant car France s’y laisse aller à quelques folies et moi même j’y achète un bol à offrandes que je destine à mon autel. D’ailleurs tout ça me pousse à faire un rapide petit bilan de ce qu’a été ma vie spirituelle jusque là et comment j’envisage qu’elle soit maintenant tant en ce qui concerne le druidisme et la sorcellerie que des cours de Sélim Aïssel et de la 4ème Voie et du groupe de Stéphane. Toutes ces matières je compte bien m’y impliquer car je les sens faire partie intégrante de moi même, au moins pour les deux premières … en revanche je n’ai plus trop envie de continuer les satsanghs chatelleraudais (maintenant que je sais ce qu’est vraiment un satsangh et que nous n’en faisons qu’une parodie profane) et j’ai bien envie aussi d’abandonner le groupe de prières de Maguy Lebrun… De manière anecdotique, j’ai beaucoup aimé tout au long de notre séjour, les petits autels qu’on voit dans tous les commerces et chez les particuliers aussi, y compris dans les voitures et je suis vraiment très tenté d’”aménager/décorer” en conséquence la petite Panda …
Donc, on sort de chez le marchand de pierres qui, entre parenthèses, a dit à France qu’elle s’est faite avoir à l’Emporium de Delhi, la bague avec une topaze que le dragueur au “langage du coeur” lui a vendu, c’est du toc, c’est pas une topaze …hahaha … et pour nous laver un peu de toutes les fritures et de tous les épices que nous ingurgitons depuis plus d’une semaine, nous achetons carottes et radis noir que nous assaisonnons d’un filet de citron et de sel. Manque d’habitude, France cale sur le radis et moi j’ai plus trop faim alors elle le donne à une mendiante qui semble ravie de l’aubaine et qui le donne à son moutard qui, lui même, se précipite dessus avec une joie qui fait plaisir à voir … Nous marchons le long des boutiques et des maisons dans les petites ruelles étroites … toutes les boutiques ne sont pas ouvertes d’ai