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Mes dieux ne sont pas des dieux du désert. Mes dieux ne sont pas interchangeables avec les dieux de mes voisins. Mes dieux sont les dieux d’un sol où les arbres sont des chênes, des merisiers, des bouleaux, des noisetiers (dont les longs chatons de ses fleurs mâles annonceront la venue du printemps après l’hiver même si, comme la plupart des espèces forestières, les arbres portent sur un même pied aussi les fleurs femelles, ), des érables, des houx et des buis, auxquels s’ajoutent, le long des ruisseaux, des rivières et des fleuves, des peupliers et des aulnes dont les racines plongent dans l’eau et dont la cime s’étale face au soleil.
Le tapis de feuilles mortes et l’humus sous jacent en voie de formation du sol dont mes dieux sont les dieux, recèlent toute une faune d’insectes, de myriapodes, de vers, d’arachnides, de mollusques dans toutes leurs phases de développement. Ils constituent même en hiver la nourriture régulière des rouge-gorges et des merles qui aiment à fouiller à grand bruit dans le tapis de feuilles. Tandis que, bec noir, pieds noirs, plumage noir à reflets bleutés, les corbeaux freux s’abattent en grandes colonies sur les champs offerts, et que la buse, perchée sur un arbre ou une motte de terre, chasse à l’affût surtout des petits rongeurs comme les campagnols et les taupes.
La dissémination du gui est assurée par les oiseaux: la grive et le geai particulièrement, qui se nourrissent des baies.
Les bourgeons et les chatons floraux formés déjà avant l’hiver sont une bonne source de nourriture pour certains oiseaux hivernants, les bouvreuils en particulier; tandis que les baies, les glands, les faînes et autres fruits sont une manne pour les ramiers, les pinsons et les mésanges.
Les crevasses et les fissures des écorces, les écailles des bourgeons sont peuplées d’insectes cachés pour hiverner sous toutes leurs formes: oeufs, larves, nymphes. Ils sont recherchés et capturés par les mésanges, les roitelets, les sittelles, les grimpereaux et les pics dont les « rondes » souvent composées de plusieurs espèces, parcourent la forêt pendant l’hiver. Ces « rondes » se rassemblent pendant la matinée et voyagent la journée dans un rayon de quatre kilomètres au maximum. Leurs membres retrouvent le soir, isolément, leur cachette nocturne coutumière.
Mes dieux sont les dieux d’un sol foulé par toutes sortes d’animaux.
L’écureuil roux vire au gris l’hiver et ses oreilles s’ornent alors d’un pinceau de poils. Il émet des son variés: chuintements, grondements, grognements et cris aigus, et se nourrit de noix, de graines, de noisettes, de cônes de conifères, de baies, de champignons, d’insectes, d’oeufs et parfois de nichées d’oisillons. Il amasse des provisions pour l’hiver et les dissimule dans des cachettes. Son nid qui se remarque surtout l’hiver, construit à la fourche des branches, est une sorte de globe de 20 à 50 centimètres de diamètre, fait de rameaux entrelacés, d’herbes sèches, de mousse, de plumes et de poils, et pourvu de deux issues. Un seul écureuil en installe plusieurs sur son territoire mais n’en habite qu’un.
Le lièvre est un solitaire nocturne et crépusculaire, qui gîte en plein air entre les mottes d’un champ labouré, sous une touffe d’herbes ou même en plein pré. Il se nourrit d’herbes, de trèfle, de luzerne, de baies, de petits rameaux de racines et aime particulièrement les betteraves. Doté d’une très bonne oreille et d’un odorat développé, il gagne souvent les bois en hiver.
Le sanglier habite les forêts de feuillus aux sous bois épais, il apprécie le voisinage de l’eau. Principalement nocturne, le jour il se repose dans sa bauge, une dépression creusée dans un fourré. Les laies et les jeunes vivent en « compagnie », parfois jusqu’à cent têtes mais les vieux restent solitaires. Omnivore, il mange des faînes, des glands, des racines, des feuilles, des fruits sauvages, des oeufs, des nichées d’oiseaux, des petits animaux, des cadavres. Il fouille la terre pour y trouver des vers et des insectes (les traces qu’il laisse alors sont des « boutis », de son boutoir) et il retourne aussi les pierres pour chasser les reptiles.
Le renard est un solitaire mais il accepte cependant de partager le territoire qu’il a marqué de son urine avec ses frères et parfois même, il les accueille dans son terrier. Il mange tout ce qui lui tome sous la dent: des poissons morts au bord de l’eau, des petits rongeurs, des batraciens, des reptiles, des insectes, des fruits, des baies, du maïs, des herbes et il lui arrive même de pêcher dans les petits ruisseaux. Le plus souvent nocturne, il gîte par beau temps sous un buisson ou à l’abri des basses branches. Il creuse aussi des terriers, le plus souvent sur un talus, en bordure d’un bois, qui sont orientés au soleil.
Solitaire, le vieux cerf l’est aussi, sauf à l’époque du rut, de septembre à octobre. Pendant ces nuits d’automne, les longs brames des mâles secouent les forêts, tandis que la chouette, dans son vol bas, lent et silencieux, chasse les rongeurs. L’animal qui d’habitude ne défend pas son territoire, interdit aux autres l’accès d’un lieu où sont regroupées les femelles en rut et les cerfs se battent pour conquérir les femelles.. Pouvant à la fois paître et brouter, le cerf se nourrit des végétaux les plus divers et au printemps, en mars-avril, il perd ses bois qui repoussent en août. Dans l’intervalle, les bois de croissance sont recouverts d’une peau tendre qui tombe avant le rut: le « velours ».
Mes dieux sont les dieux d’un sol qui porte beaucoup de souvenirs mythologiques et de monuments mégalithiques, menhirs, tumulus ou dolmens, de roches aménagées ou de parois taillées, de roches à cavités, de pierres à cupules ou rituelles d’apparence anodine.
Tel est l’Esprit des Lieux que j’honore.
Mes dieux sont les dieux que jure ma tribu. Mes dieux étaient déjà les dieux de mes ancêtres de sang, les dieux de mon sol, les dieux de mon clan, les dieux de ma tribu, les dieux de mon peuple. Mes dieux sont les dieux que jure ma tribu .
Patrice Lajoye : “Des Dieux Gaulois. Petits essais de mythologie”. Editions Archaeolingua. 36 €
La religion gauloise est fort mal connue, et sa mythologie ne subsiste qu’à l’état de fragments épars. Le but de ce recueil d’essais n’est donc pas de révéler cette mythologie, mais d’en éclairer certains aspect, en comparant ce qui subsiste avec d’autres mythologies mieux connues, en essayant quelques hypothèses nouvelles, et surtout en rassemblant des informations sur des divinités qui parfois, n’avaient été que peu étudiées.
Ces quelques fragments montrent toutefois l’ampleur de ce que nous avons perdu: la mythologie gauloise était, très vraisemblablement, tout aussi riche et variée que ses homologues mieux connues, grecque ou indienne.
Sommaire
| Introduction | 11 | |||
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11 | |||
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14 | |||
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16 | |||
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18 | |||
| Les Dieux | 21 | |||
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| - Un dieu solaire ou une pomme de l’Autre Monde ? | 22 | |||
| - L’île | 23 | |||
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24 | |||
| - Le sens du nom « Baco » : une approche linguistique | 25 | |||
| - Baco : un dieu-hêtre ? L’apport de la mythologie | 26 | |||
| - Quelques surnoms de Jupiter en Gaule | 27 | |||
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29 | |||
| - Un dieu-taureau ou un dieu-fleuve ? | 29 | |||
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30 | |||
| - Le plus vieux des dieux gaulois | 31 | |||
| - Une évolution iconographique précoce | 31 | |||
| - Cernunnos gallo-romain | 32 | |||
| - La corne gauloise | 34 | |||
| - Une biche cornue | 35 | |||
| - Des survivances encore actuelles | 36 | |||
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37 | |||
| - Le culte de Circius | 37 | |||
| - Les vents gaulois | 38 | |||
| - Pourquoi prier les vents ? | 39 | |||
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39 | |||
| - Un héros ou un dieu ? | 40 | |||
| - Le sens du nom | 41 | |||
| - La parèdre | 41 | |||
| - Des fragments de mythologie de Lero dans la Vie de saint Mathurin ? | 41 | |||
| - Saint Pipe / Pipio | 42 | |||
| - Le problème de la transmission | 43 | |||
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44 | |||
| - Hercule et les eaux en Gaule | 44 | |||
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46 | |||
| - Authenticité du texte de Lucien | 46 | |||
| - Ogmios dans l’épigraphie | 47 | |||
| - Un dieu lieur mal connu finalement | 48 | |||
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50 | |||
| - Une tradition hellénistique tardive | 50 | |||
| - Le Rhin père | 50 | |||
| - L’Océan | 51 | |||
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53 | |||
| - La légende arthurienne | 54 | |||
| - L’homme sauvage et le Dagda | 54 | |||
| - Merlin et la forêt | 56 | |||
| - Sucellus, un archétype antique ? | 56 | |||
| - Une preuve par latinisation ? | 56 | |||
| - Dieu céleste ou dieu rustique ? | 59 | |||
| - Dieu de la forêt | 59 | |||
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59 | |||
| - Des commentaires sur Taranis | 60 | |||
| - L’orage | 60 | |||
| - Une interprétation romaine imparfaite | 61 | |||
| - Le dieu à la roue | 61 | |||
| - Des survivances tardives | 62 | |||
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63 | |||
| - Les inscriptions mentionnant Toutatis | 64 | |||
| - Des Mars locaux | 65 | |||
| - Rapport à l’Italie | 67 | |||
| - Mars roi | 68 | |||
| - Contre exemples | 68 | |||
| Les Déesses | 71 | |||
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71 | |||
| - Un nom à l’orthographe multiple | 71 | |||
| - De curieux partenaires | 72 | |||
| - Héra, une erreur d’auteurs grecs ? | 72 | |||
| - Une divinité infernale | 73 | |||
| - Une survivance médiévale ? | 73 | |||
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73 | |||
| - *Dea Ana | 73 | |||
| - Diane démon de midi ? | 74 | |||
| - Une mère des dieux ? | 75 | |||
| - Un examen du nom | 75 | |||
| - Une interprétation romaine achevée ? | 77 | |||
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79 | |||
| - Une étrange localisation géographique | 79 | |||
| - Le sens du nom | 80 | |||
| - Un sanctuaire ? | 81 | |||
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81 | |||
| - Epona, une divinité celtique | 82 | |||
| - L’introduction d’Epona à Rome | 83 | |||
| - Le culte d’Epona | 84 | |||
| - Des fêtes locales ? | 84 | |||
| - Fonction d’Epona | 86 | |||
| - Une mythologie | 87 | |||
| - Epona et Isis | 87 | |||
| - La fin du culte | 88 | |||
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91 | |||
| - Sainte Apolline | 91 | |||
| - Minerva Sulis | 92 | |||
| - Sulevia / les Suleviae | 92 | |||
| - Belisama | 93 | |||
| - Brigid / Brigindona | 93 | |||
| - Une seule et unique déesse | 94 | |||
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94 | |||
| - Segeta | 94 | |||
| - Les inscriptions | 95 | |||
| - Segeta sur des monnaies impériale | 95 | |||
| - Pourquoi avoir frapper ces monnaies ? | 96 | |||
| - Qui est Segeta ? | 97 | |||
| - Segesta à Rome | 98 | |||
| - Le sens du nom | 98 | |||
| - Paradoxes temporels | 99 | |||
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99 | |||
| - La danse au-dessus du gouffre | 100 | |||
| - Des divinités de source | 100 | |||
| Les couples divins | 103 | |||
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103 | |||
| - Borvo et Damona | 103 | |||
| - Le bouillonnant | 103 | |||
| - Les premiers Celtes d’Anatolie | 104 | |||
| - Une toponymie abondante mais difficilement utilisable | 105 | |||
| - Apollon médecin | 105 | |||
| - Une seule parèdre: Damona | 106 | |||
| - Une vache sacrée | 106 | |||
| - Un mythe irlandais | 107 | |||
| - … Mais aussi un mythe gaulois christianisé | 108 | |||
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108 | |||
| - Un Mars étrange | 109 | |||
| - La Terre | 109 | |||
| - Les raisons du culte | 111 | |||
| Le dossier « lugien » | 113 | |||
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113 | |||
| - Lug au Pays-de-Galles : Lleu Llaw Gyffes | 113 | |||
| - Lug en Irlande | 115 | |||
| - Les dédicaces | 119 | |||
| - Gémellité | 120 | |||
| - La plus ancienne légende celtique connue : Gargoris de Tartessos | 123 | |||
| - Le bras long | 127 | |||
| - Toponymie | 135 | |||
| - Rosmerta | 140 | |||
| - Mars forgeron : Cobannos | 145 | |||
| - Cordonnier | 151 | |||
| - Le dieu à la lance et au taureau : Gisacus | 151 | |||
| - Esus, le dieu par excellence | 157 | |||
| - Des grues, des corneilles ou des corbeaux: Cathubodua | 161 | |||
| - Mars Loucetius et Victoria Nemetona | 163 | |||
| - La femme-fleur | 167 | |||
| - Le cochon polytechnicien | 167 | |||
| - Les chaînes et les frontières | 169 | |||
| - Le voyant | 170 | |||
| - Le bélier infernal : Moltinus | 171 | |||
| - Pourquoi pas plus de dédicaces à Lugus, finalement ? | 174 | |||
| - Mercure | 175 | |||
| - Apollon | 175 | |||
| - Le plus connu des dieux gaulois: Bélénos | 175 | |||
| - Le Soleil a rendez-vous avec la Lune: Grannos et Sirona | 182 | |||
| - Mars | 189 | |||
| - Inédits gaulois | 190 | |||
| - Le combat final | 190 | |||
| - Une bataille eschatologique | 191 | |||
| En guise de conclusion | 201 | |||
| Bibliographie | 203 | |||
| Index | ||||
ça, c’est pour répondre à tous ceux qui nous dénient le droit et la fierté de prétendre à une identité européenne sous prétexte qu’un métissage tous azimuths aurait depuis longtemps effacé toute trace de nos origines …
La famille la plus vieille du monde découverte à Göttingen
Pierre Bocev (à Berlin)
18/07/2008 | Mise à jour : 20:31 |
Des ossements humains qui ont été trouvés dans cette région allemande datent de l’âge du bronze, mille ou deux mille avant notre ère.
« Nos ancêtres les Gaulois » paraissent bien jeunes par rapport à la découverte préhistorique qui vient d’être consignée dans un musée à Bad Grund, dans la région de Göttingen, en Allemagne. Des ossements humains qui y ont été trouvés datent de l’âge du bronze, mille ou deux mille avant notre ère. Et, surtout, au moins deux de leurs descendants directs vivent encore dans les environs, la preuve pour ainsi dire généalogique ayant pu être établie grâce à la comparaison de traces d’ADN. « Drôle d’impression de le regarder au fond des yeux », sourit Uwe Lange. Le géomètre de 48 ans est l’un des deux dont la filiation a été prouvée. Face à lui, il y a l’effigie de son lointain devancier, à 100 ou 120 générations de distance.
« Je voudrais bien lui demander comment il s’appelle et ce qu’il a fait dans la vie. » De l’agriculture et de l’élevage, explique Ernst Probst, un expert de l’âge de bronze qui a relaté l’affaire. Des activités de subsistance agrémentées de polygamie, de sacrifices humains et de cannibalisme… L’aventure débute en 1980, lorsque l’on découvre cinq cavités inconnues dans la grotte de Lichtenstein, connue de longue date. Les travaux de fouille démarrent en 1993. L’archéologue local, Stefan Flindt, met au jour des parures en bronze, les restes d’un foyer et les ossements d’une quarantaine d’êtres humains. Susanne Hummel, anthropologue à l’université de Göttingen, prend la relève. Par un petit miracle, il existe encore des traces d’ADN identifiables, car la substance génétique des os est particulièrement bien préservée. Les squelettes sont peu ou prou ceux des membres d’une même famille. D’où l’idée de chercher des descendants dans la région. Sur quelque 300 échantillons de salive prélevés sur des habitants qui y vivent depuis au moins trois générations, deux correspondent. Uwe Lange et Manfred Huchthausen, un enseignant de 58 ans. Séparés par un kilomètre à vol d’oiseau, réunis par des ancêtres morts ici il y a 3 000 ans.
-Source : Le Figaro.fr International
Pour Le Roux et Guyonvarc’h, les Druides sont une classe sacerdotale polyvalente identique aux brahmanes de l’Inde védique,
selon Jean Louis Brunaux des philosophes et savants proches des Pythagoriciens,
pour Christian Goudineau , de simples fonctionnaires exerçant leur charge pendant une période donnée à la manière du Pontifex Maximus à Rome …
(avec l’aimable autorisation de Moonstonekat de wiccaeso)
“Définition du Fluffy Bunny : (en français, fluffy bunny signifie lapin duveteux ou lapin en peluche)
C’est quelqu’un qui se dit wiccan et qui refuse d’apprendre et de réfléchir, qui se cantonne aux stéréotypes et aux paillettes plutôt qu’aux informations réelles, et qui refuse la possibilité d’être dans l’erreur.
Si les Fluffies ont tout à fait le droit de croire ce qu’ils désirent, ils n’ont pas le droit de l’imposer à autrui, et autrui a le droit de dire ce qu’il en pense.
J’ajoute par ailleurs qu’il est indispensable de faire la distinction entre novice et Fluffy. Nous avons tous été novices à un moment de nos vies, et il n’y a pas de honte à ne pas avoir beaucoup de connaissances. Le seul problème, c’est lorsque quelqu’un refuse obstinément de remettre en question les informations qu’il/elle a, et ce sans se préoccuper des montagnes de preuves contradictoires que l’on peut lui mettre sous les yeux.
Le Fluffy Bunny:
Affirme qu’il pratique une voie vraiment ancienne, mais ne fait pas l’effort de découvrir ce que les adeptes de cette voie faisaient ou croyaient réellement. Invente des choses en disant que c’est comme ça que faisaient les anciens.
Ignore volontairement tout ce qui est sombre ou menaçant. Explique que les divinités sont toujours bonnes et justes, mais trop souvent incomprises.
Accepte n’importe quelle fadaise énoncée par un autre fluffy ou lue dans le premier livre venu. Transmet tout ce qu’il pense savoir en faisant croire qu’il l’a inventé.
Se met dans tous ses états lorsqu’on lui demande de la logique et des faits. Dédaigne ce que peuvent dire les autres si cela n’est pas en accord avec ce qu’il croit déjà, qu’il puisse ou pas prouver ses dires.
Met un point d’honneur à être hautain envers une personne qui ne le croirait pas sur parole, surtout si cette personne présente des preuves contredisant ce qu’il avance.
Insiste lourdement sur le fait que les gens n’ont pas le droit de juger ce qu’il dit tant qu’ils ne le connaissent pas réellement.
Dit aux non-fluffy qu’ils sont méchants ou non spirituels lorsqu’ils n’acceptent pas tous les païens, mais affirme à qui veut l’entendre qu’il n’est PAS sataniste.
Dans une conversation, part toujours du principe que le Rede Wiccan s’applique à tous les païens. Si on le reprend sur la question, joue les ingénus ; si on insiste trop, passe en mode Mauvais-Œil et accuse l’infidèle (qui, de toute évidence, n’a aucune éthique ) de Satanisme, de Crowleyisme, ou pire.
Pérore sur les sujets favoris des Fluffies :
* Ce que les ‘Vraies Sorcières’ ne font pas : mauvais sorts, sorts égoïstes, sacrifices (nous ne sommes pas comme ces horribles pratiquants du Vaudou, voyons Rolling Eyes ), magie sexuelle, etc.
* Ce que les ‘Vraies Sorcières’ doivent faire : être végétariens, faire des donations pour des causes diverses, recycler, voter pour tel ou tel parti politique, etc.
* Comme le monde matriarcal était joyeux et paisible avant que ces vilains hommes viennent tout gâcher !
* La nudité rituelle, la magie sexuelle et le fouet ne font partie que de la Wicca traditionnelle parce que le père Gerald était un vieux cochon !
Insiste sur le fait que la Wicca est tout ce qu’il a décidé. Demande le respect pour ce qu’il fait et insiste pour que le résultat de ce fatras porte le nom de Wicca.
Utilise l’excuse que “Toutes les Déesses sont une seule Déesse et tous les Dieux sont un seul Dieu” pour éviter de se renseigner ou de travailler avec des divinités spécifiques.
Prend un handicap comme excuse pour ne pas vérifier les faits ou pour ne rien apprendre de nouveau. Crie à la persécution si on lui suggère qu’utiliser un correcteur orthographique n’est pas inutile, même pour quelqu’un qui a un handicap.
Se préoccupe davantage de ce que pense la société ou ses amis que de ce que peuvent penser ses divinités. Ne fait rien qui pourrait provoquer la désapprobation ou la raillerie, même si cela pourrait développer sa voie/ses capacités.
Ne s’intéresse à la Wicca que pour embêter ses parents ou simplement pour être différent.
Pense que le look gothique est synonyme de Wicca, ne s’habille qu’en noir et porte 5 kilos de pentagrammes en argent sur lui.
Pratique uniquement la ‘magie blanche’ et dit à qui veut l’entendre que la sorcellerie n’est pas mauvaise, qu’elle a été calomniée par l’Eglise, etc.
Ecrit ‘magie’ bizarrement. Les Fluffies extrêmes parleront de magye, de magiye ou même de majye, sans égard pour nos pauvres yeux. Cela ne prouve pas qu’il sait beaucoup de choses, mais simplement qu’il ne sait pas écrire. Bien qu’il soit voir Magie écrit avec une capitale pour différencier la magie de l’illusionnisme, les orthographes fantaisistes ne sont qu’une façon d’attirer l’attention.
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En ce qui me concerne, j’aimerais pour conclure étendre ces caractéristiques à TOUS les Fluffies païens de TOUTES les traditions pour que les wiccans ne croient pas qu’ils soient les seuls incriminés. Le Fluffy Bunny ne se limite pas à la Wicca, il sévit partout, j’en connais qui sont odinistes, d’autres qui sont druidisants, j’en connais même qui refusent d’être considérés comme païens tout en étant wiccans, ou druidisants, et d’autres encore qui se proclament gnostiques ou n’importe quoi pourvu que leur confort soit respecté … comme si on devait “choisir” une religion pour son “confort” comme on choisit un fauteuil ou pour son bon goût comme on choisit une glace à la vanille plutôt qu’au chocolat (ou le contraire) …
J’ai pu avoir, et j’ai parfois encore quelques problèmes avec le mot “druidisme”… quand je veux me définir sur un forum ou définir la Voie que je suis, j’hésite toujours à mettre “druidisme”, ou “druidisant” et la plupart du temps je lui préfère”paganisme Celte”…
Dans l’antiquité, le mot n’existait pas … et je ne pense même pas qu’il existait un mot particulier pour qualifier la religion de l’époque … ce devait être “louer les dieux” ou “vivre” ou “être” et non pas “suivre une voie païenne”. Bon mais c’est vrai le christianisme depuis est passé par là et on est en quelque sorte plus ou moins obligé de se définir par rapport à ça … me font marrer ceux qui se lamentent “ohhh, ras le bol de se définir par rapport au christianisme…” en théorie je serais bien d’accord mais le problème est déja que c’est précisément de la faute au christianisme si on est obligé de le faire … et que ceux qui se lamentent ainsi sont souvent ceux qui sont restés le plus proche du monothéisme, consciemment ou non …
Aujourd’hui, le Druidisme s’entend, je pense, dans le cadre d’un système sacerdotal… Aujourd’hui c’est malheureusement bien souvent la Voie de ceux qui veulent parvenir à un “échelon” dans le “clergé” (druidisant = apprenti druide ? non ?)… C’est malheureusement bien souvent vouloir devenir le curé qui ordonnance les cérémonies et qui dit quand “c’est bien” ou quand “c’est pas bien”. Aujourd’hui, le Druide c’est aussi quelqu’un qui a une fonction publique , essentiellement de représentation … c’est une sorte de VRP, c’est lui qui passe à la télé pour parler du druidisme ,comme Le Scouezec pour qui j’ai pourtant beaucoup de respect et suis tout à fait conscient de l’importance du travail qu’il a pu faire… c’est lui, c’est elle qui va animer des foires et tenir un stand pour vendre ses bouquins parce qu’il faut bien vivre, et c’est aussi la grande druidesse, autoproclamée mais totalement inculte qui s’évertue, grisée par l’ambition, à répandre un druidisme frelaté dans des stages qui datent encore du New Age rose bonbon…
Mais ça, ce sont ceux qu’on voit le plus … qui s’affichent en quelque sorte … parce qu’il y en a d’autres qui abattent quand même un énorme boulot dont certains, par modestie tout autant que par honnêteté intellectuelle refusent même ce titre de Druide … ils oeuvrent dans les fourrés, au fond des bois, bien loin des feux de la rampe comme, dans l’Antiquité le sorcier du village regroupant cinq ou six cabanes, qui n’ avait pas forcément le titre de druide, mais qui l’était bel et bien, avec les salamalecs en moins et la prise sur le réel en plus …
Car j’ai lu je ne sais plus où (pourtant il faudrait que je retrouve !!!) qu’ il y avait principalement deux formes de religion chez les Celtes : le druidisme qui concernait essentiellement la classe guerrière et une sorte de paganisme de la nature qui concernait la classe productrice, le premier équivalent à la religion apportée par les indo européens et le second à la religion indigène …Les deux s’étant progressivement amalgamées… Je crois d’ailleurs que je n’établis pas de frontière bien définie dans mes croyances, ni, pour ce qu’on en sait, entre le sacré tel qu’il était entendu aux périodes paléolithique et néolithique et à la période celte … donc, pour me définir, peut être vaudrait-il mieux dorénavant, choisir “adepte de la religion des Gaulois”…
Je pense que le druide est l’homme du druidisme mais que l’ovate qui est aussi le descendant du chamane est le “prêtre” de ce paganisme de la nature … si on reste dans l’illustration du système sacerdotal, l’ovate serait le curé de campagne et le druide l’archevêque…Je pense que le Druide antique ne vivaient pas dans les petits villages mais dans les Cours des Rois ou, quand le système de la royauté a été abandonné, dans l’entourage immédiat des puissants. Et quand il se déplaçait il était accompagné de je ne sais combien de courtisans, de valets et d’esclaves, et de guerriers pour le protéger … même si la caste était ouverte à des gens plus “modestes” j’ai bien peur là aussi que les Druides étaient pour leur majorité des aristocrates . Les classes populaires devaient avoir besoin de tous les bras de tous leurs enfants pour vivre et pas sur que le môme du plouc qui disait “moi je veux être druide” se prenait pas une baffe pour toute réponse… quoi que ça devait apporter une certaine notoriété à la famille et probablement des avantages substantiels donc cette assertion est sans doute à nuancer …
Le Druide antique avait des spécialités: la justice, l’astronomie, la philosophie aussi … toutes choses dont ne s’occupaient pas les gens du peuple, ou que dans la mesure de leurs besoins, de leurs envies, de leurs nécessités … au niveau du prolo lambda gaulois, la religion devait être complètement vécue au quotidien, bien loin des supputations métaphysiques, et ce qui nous en reste est bien souvent catalogué au chapitre des superstitions. Je ne suis pas méprisant pour les prolos de base dont je parle, bien au contraire, parce que c’est là justement que je me situe, à leur niveau … Je suis d’ailleurs redevable à l’Odet de m’en avoir fait prendre conscience, de ce qu’on y appelait, avant de lui tourner le dos si vilainement, le “druidisme sale”. C’est à dire un druidisme qui n’hésite pas à salir sa saie et qui n’a pas peur de s’écorcher dans les broussailles, de se remettre en question et d’oser s’aventurer … l’archétype du druide sale, c’est Merlin dans sa période sylvestre … c’est le Merlin devin qui sait l’avenir et peut prophétiser dans “un grand éclat de rire” et c’est le Merlin fou qui parle avec les dieux, c’est le Merlin qui chevauche des animaux de la forêt et qui n’hésite pas à balancer des bois de cerf à la tête de son rival amoureux…
Un Druide d’aujourd’hui à l’évidence, ne peut pas être un “druide sale” parce qu’il doit faire “bonne figure” face à ceux qui l’entourent, “bien présenter” comme quand on va passer examen …les rares druides sales que j’ai connus, il se sont mis à porter la saie de cérémonie, le tugan, propre et fraichement repassé, empestant la naphtaline, quand il n’a plus été question que de faire de la représentation et d’incarner le druide fédérateur, grand druide de la forêt des carnutes…Ce qui ne veut pas dire qu’il n’en reste pas quelques uns, ici et là …
Oui, je crois bien que la simplicité de mes croyances de ploucs est effectivement ce qui me caractérise, du moins je l’espère … et c’est pourquoi je suis tellement engagé dans mes recherches au sujet du pagus où je vis, où ma famille a vécu depuis des générations … pour retrouver, faire revivre les croyances et les pratiques païennes de mes ploucs d’Ancêtres, trouver les liens qu’ils ont pu/su nouer avec le sol qui les a portés, qui me porte, au milieu des forêts, des rivières, des champs … la magie à laquelle je crois est la magie naturelle où il est d’abord question de s’harmoniser avec son environnement, de s’insérer dans les forêts, les rivières, les champs, entendre les bruits des insectes, des oiseaux, des animaux dans sa tête, dans sa poitrine, dans son sang, et le bruissement des feuilles, et les clapotis de l’eau …
Je n’ai rien à voir avec le druide de représentation, ce que je veux, c’est vivre mes croyances dans mon coin et les partager avec qui veut bien les partager avec moi … je veux apprendre des techniques de guérison et autres techniques chamaniques pour aider ceux qui en ont besoin et qui le demandent mais sans qu’on dise pour autant que je suis un Druide, ou un Ovate ou quoi que ce soit … je veux approfondir ma vision du monde et apprendre des techniques plus ou moins chamaniques pour me déployer, pour occuper tout mon espace et pour devenir entièrement ce que je suis… Je veux ritualiser sans avoir à me cacher et le faire avec qui je veux …je ne vois pas pourquoi il faudrait être Druide pour ritualiser… on ritualise bien en individuel, pourquoi pas en groupe … je ne vois pas pourquoi on aurait besoin d’un curé pour faire l’intercesseur entre les Dieux et nous … c’est justement pour ça, en partie, qu’on n’est pas chrétiens … parce que le Divin est immanent et qu’il suffit de tendre la main pour le toucher et qu’on a besoin de personne pour ça … Le Druide est un professeur, et moi je me demande si je ne préfère pas rester toujours un étudiant…un étudiant et un plouc…
Mais bon, je me demande pourquoi je fais tout ce discours sur les Druides que pourtant j’aime bien, discours inspiré par une poignée d’ambitieux, quelques arbres qui cachent la forêt alors qu’ils sont nombreux ceux qui oeuvrent avec sérieux. Car,à part ces différences d’ordre sacerdotal, il ne devrait en principe pas y avoir de différences notables entre Druidisme et Paganisme Celte/religion des Gaulois au niveau des croyances et de la pratique… en principe, le Druide et le Païen honorent et vénèrent les mêmes Dieux et Déesses celtes, où est le problème alors ? ah oui, un jour, j’avais lu que le paganisme celte était “au ras des paquerettes” … et bien je revendique moi ce “au ras des paquerettes”, et je crois qu’il vaut mieux avoir le nez au ras des paquerettes plutot que trop haut dans le ciel parce qu’on ne sait pas dans quoi on risque de marcher …
franc maçonnerie du bois : tout un parfum de mystère se cache derrière l’image romantique …
la franc maçonnerie, si on écarte tout l’éventuel aspect “utilitaire”, “affairiste”, conserve son petit côté société secrète de fraternité… sorte de Club des Cinq ésotérique et spirituel .
et la forêt, le lieu d’épreuves initiatiques par excellence, où vivent les druides et les initiatrices, les géants et les êtres surnaturels, les fées et le petit peuple, lieu de toutes les magies…passage obligé pour le chevalier qui cherche la lumière, ou dans son itinéraire jusqu’à la source de la Dame où il affrontera le chevalier noir.Lieu par excellence de la présence du divin et du sacré, centre d’enracinement, d’enfouissement, de croissance. Lieu d’un perpétuel jeu d’ombre et de lumière, d’éblouissements et d’obscurité. C’est aussi le domaine placé sous la garde du Vieux Cornu,
le dieu des chasseurs du paléolithique, le dieu des sorcières, assimilé par les Gaulois… Kernunnos… maître suprême des royaumes les plus sauvages, qui gouverne les forces primales de vie, de mort et de renaissance qui nourrissent le monde naturel,
Depuis son trône profond dans les sombres forêts , Il est le chef suprême des royaumes les plus sauvages que ses habitants honorent comme leur véritable maître, lui et ses serviteurs : le Gruagach des Highland en Ecosse, le Boggart du Lancashire, le Brownie d’Angleterre, à qui on faisait régulièrement des offrandes en échange de leur aide pour accroître la fertilité et les richesses naturelles.
C’est sans doute lui qu’on voit dans le conte gallois de « Owein ou la Comtesse de la fontaine » du Mabinogion assis sur un petit monticule dans la clairière d’une forêt. Grand homme noir plus grand que deux hommes de ce monde. Il a un pied, un œil au milieu du front, et il porte une lance en fer… Bien que laid, ce n’est pas un homme désagréable. Il est le gardien de la forêt, et un millier d’animaux sauvages broutent autour de lui, le saluant et l’honorant tels que le font les hommes obéissants envers leur seigneur. Son rôle par rapport à Kynon, qui cherche le chemin de la fontaine où il doit affronter le chevalier noir, est de lui indiquer en fait le chemin de l’initiation.
Merlin, l’Homme Sauvage
On ne peut pas parler de la fôret sans parler de Merlin car dans l’univers celtique, la forêt est un sanctuaire, un lieu de résidence des divinités. Par sa folie, par son séjour sylvestre, Merlin se rapproche de la divinité. Il devient l’authentique divinité des bois. De plus il lui arrive d’utiliser des cerfs comme monture , et durant l’hiver, il vit en compagnie d’un loup gris, ce qui le rattache au chamanisme. Le loup est maître Blaise, scribe de Merlin, mais en fait son double, comme le loup est le compagnon de l’Homme Sauvage. Et puis Merlin, à sa naissance, est velu comme un ours. Merlin, l’Homme Sauvage…
Il n’appartient pas seulement à la forêt, il est lui même le Forêt. Il est la Nature à lui seul parce qu’il en incarne les mouvements secrets et l’énergie première. Il porte en lui le rythme des saisons et le principe même du temps
En fait, Merlin, c’est l’Homme Vert…Il est l’archétype le plus profond, le plus primal, le plus primordial du Chaman… Il est indifférencié, il est habité par les différentes énergies de la forêt…. il participe de l’humanité mais aussi du monde minéral, du monde animal et du monde végétal… ce qui veut dire qu’on ne sait pas trop s’il est homme ou s’il est pierre, animal ou végétal…
Il pourrait se rapprocher de Kernunnos mais celui ci est trop lié à la “fertilité” et à la “sexualité”, il est complètement différencié…non, Merlin semble bien plutôt être l’Homme Vert… il est le Gardien, l’Esprit de la Forêt … et donc détenteur de la souveraineté qui, là, est magique et chamanique…
Jack in the Green et Robin des Bois
Dans les festivités attachées à la fête celte de Beltaine, le 1er mai, dans les pays anglo-saxons “Jack-in-the-Green” (Green Man) représente en quelque sorte la transition du printemps à l’été, la pleine floraison des végétaux et des êtres. Il s’agit d’un personnage disposant de pouvoirs de fertilité et de régénération. Dans les campagnes anglaises, c’est lui le “roi du Mai” (May King) et à ce titre, il épouse chaque année la plus jolie fille du village, la “reine du Mai” (May Queen). Au cours de la fête du Mai, Jack-in-the-Green (invariablement revêtu de feuilles et de branchages) doit d’abord faire semblant d’être mort (à l’instar de la Terre qui parait morte, l’hiver). Puis, à un certain moment, il “ressuscite” brusquement et s’élance pour danser avec la “reine du Mai”. On célèbre alors son “union” avec elle, en même temps que le retour annuel de la vie.
Domaine des animaux et de leur Maître, la forêt est aussi le domaine des proscrits (dans le haut Moyen Age scandinave, le proscrit s’y réfugiait et y vivait librement mais pouvait être abattu par quiconque le rencontrait) comme des rebelles qui “à diverses époques, ont élu la solitude, la misère et le danger, plutot que de reconnaitre une autorité qu’ils tenaient pour illégitime” (Ernst Jünger: “Traité du Rebelle, ou le recours aux forêts“), ce qui ménage une belle entrée en matière au fait qu’un
parallèle ait été dressé entre “l’homme vert” des fêtes du Mai et un personnage semi légendaire comme Robin Hood, alias Robin des Bois. Indépendamment de ses bases “historiques”, il ne fait pas de doute que Robin Hood possède une dimension mythique qui l’apparente directement à Jack-in-the-Green. En premier lieu il est d’évidence lié à la végétation. Son costume est traditionnellement de couleur verte: il est “l’homme vert”. Son terrain d’action est une forêt, et celle ci semble jouer un rôle plus important qu’un simple cadre géographique. Par son nom même, Robin des Bois apparait comme l’incarnation de la forêt, le génie de la forêt de Sherwood. Par ailleurs Robin Hood est un archer, un chasseur, un ami des animaux, le protecteur de la végétation (= fertilité), le protecteur des faibles et notamment des femmes (= fécondité), le protecteur du peuple (= productivité). C’est grâce à ses interventions que les biens matériels se trouvent redistribués et plus justement répartis. Tous ces traits situent bien Robin dans le prolongement d’une ancienne divinité de “troisième fonction” (presque toutes les fêtes rurales saisonnières sont dans la dépendance de la troisième fonction)”.
La Franc-Maçonnerie forestière
Un ensemble de rites peu connus émerge dans la Maçonnerie dans les années 1747 ,qui sera nommé “la FM du Bois” et qui présente la double caractéristique de se démarquer du symbolisme de la pierre pour utiliser celui du bois et de ne présenter aucune connotation judéo-chrétienne au contraire du contexte habituel de la maçonnerie
Il semble que nous ayons affaire là, à un rite très antique sans pouvoir en situer l’origine exacte. Tel qu’il se présente, il fusionne deux “familles” du compagnonnage médiéval: les Charbonniers qui, dans le fond des bois, utilisent les copeaux et les chutes pour faire le charbon (destiné aux forges par exemple), et les Fendeurs qui coupent le bois dont se serviront les artisans charpentiers,mais aussi les maréchaux, les verriers, les tuileurs. Ces derniers obtenaient un droit de coupe émanant du propriétaire des terres qu’ils pouvaient léguer à leurs héritiers . Ce qui fait que ce sont développés des métiers compagnonniques sédentaires, en face des métiers mobiles qu’on trouvait plus dans les villes au contact d’une chrétienté en marche et de ses monuments qu’ils lui élevaient : les uns se sont vite christianisés, les autres semblent être restés, du fond de leurs forêts, plus récalcitrants à toute évangélisation.Le druide antique est lui aussi un homme des forêts et les fragiles survivances locales et rurales de la rituélie celte ont du s’enfoncer dans les fourrés au fin fond des bois pour survivre aux buchers de l’Inquisition. Il y a certainement là une des causes originelles de la fusion entre les groupes très sédentaires de fendeurs et charbonniers avec les cultes de terroirs résistant à la romanisation musclée de l’Inquisition (ce qu’on peut prendre comme une pierre dans le jardin de Margaret Murray qui considérait les descriptions de sabbat effectuée au cours des procès de sorcellerie comme des retranscriptions de rituels d’un culte organisé, lui-même lié à une religion païenne pré-chrétienne de la fertilité, ayant survécu partout en Europe depuis la nuit des temps…).
C’est tout naturellement que ces rites forestiers vont se faire une place dans l’espace de liberté ouvert par le réveil simultané, dans les mêmes tavernes londoniennes en 1717 du druidisme et de la maçonnerie grace notamment à des personnalités comme John Toland, qui appartenait à l’un et à l’autre. Et le 17 aout 1747, se met en place en France la première Vente Forestière sous le nom distinctif de Chantier du Globe et de la Gloire. Animée par le père maître Beauchêne dont il faut relativiser l’importance dans l’instauration de ces rites, mais qui disait tenir ses pouvoirs de M. de Curval, grand Maître des Eaux et Forêts du Comté d’Eu et seigneur du Courval, elle se tint dans une atmosphère chaleureuse et bon enfant dit-on même si l’on y reconnaissait une grande partie de la Cour du Roi et beaucoup de notables de la région, tous vêtus de manière grossièrement paysannne et chaussant sabots.(on pense aussi aux dames de la Cour qui se déguisaient en bergères avec Marie Antoinette)
Le rite est mixte. On n’y est pas frère mais cousin; on y prend un nom d’arbre quand on tient un office dans la Loge, appelée Vente: cousin Duchêne, cousin Delorme, cousin Ducharme, cousin de l’Erable, cousin Dufrêne, cousin Duhêtre. Les gardiens des portes sont des Piqueurs, les profanes, des Briquets, et le vénérable est le Père-maître. Les Ventes ont lieu dans la nature, à la croisée des chemins, dans un endroit entouré d’arbres. Devant chaque officier se trouve un billot de bois sur lequel est déposé une couronne de feuilles de chêne. Quatre cabanes font partie du rituel. La cabane de l’Ermite, la cabane du Vigneron, la cabane de la Mère Catault et la cabane de l’Ours (un lien avec l’Alban Arthan druidique, solstice d’hiver, situé au nord : la lumière d’Arthur -lié à l’Ours ???). Les cousins fendeurs se mettent en cercle lors des Ventes. Pour tableau de loge, on place au centre de la Vente des scies, cognées, coins, haches et toutes sortes de branchages.
Dans les instructions, le corps de l’homme est analogiquement comparé aux éléments constitutifs de l’arbre. L’arbre à dix branches est les mains, le tronc est le buste, les racines les pieds, les grosses branches les bras, les feuilles les habits … A la question “connais tu ton père ?”, on répond en montrant le ciel, à “connais-tu ta mère”, on montre la terre.
Mais parce que le père maître Beauchêne était un partisan de l’inamovibilité des Vénérables, que l’aristocratie jouait un grand rôle dans le rituel puisqu’il provenait des forêts du Bourbonnais où des nobles proscrits avaient trouvé refuge, puis avaient été initiés par des bûcherons, et que les marques païennes en étaient flagrantes, le rite ne perdura pas longtemps malgré sa valeur spirituelle et culturelle qui met en avant le devoir d’hospitalité envers tous ceux qui “sont perdus dans la forêt”, et la notion de justice dans son sens noble.
Par ailleurs, dès le début du XVIIIe siècle, la France voit la naissance d’autres rites maçonniques forestiers, mais cette fois-ci christianisés, que certaines conditions historiques comme la création du Grand Orient de France et la Révolution empêcheront de se développer. Si bien que la Franc Maçonnerie du Bois choisit de s’aventurer dans l’action politique au XIXe siècle dans la carbonaria italienne ou charbonnerie française ( mouvement initiatique et secret, à forte connotation politique, qui joua un rôle occulte important notamment pendant l’épisode des quatre sergents de la Rochelle, sous la Restauration et de la conspiration du général Berton, et qui contribua à l’unification de l’Italie au milieu du XIXe siècle.) Elle finit pourtant par disparaitre malgré quelques soubresauts plus ou moins anecdotiques. Puis, au sortir de la 2eme Guerre Mondiale, un essai de restauration de l’initiation forestière est entrepris par celui qui sera l’initiateur en 1976 de la Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis (Humanitas).En 1999, A. R. Königstein prona le retour d’un carbonarisme initiatique et insurrectionnel et proposa un rituel de Charbonnerie opérant un transfert vers le paganisme, se détachant d’une structure maçonnique classique, et refusant le recours à la violence et au terrorisme. Je ne sais pas pas si des ventes pratiquent aujourd’hui ce rite.
Enfin, en 1993, le grand druide de la Gorsedd de Bretagne Gwenc’hlan Le Scouëzec, récemment disparu rassembla autour de lui un groupe de francs-macons français pour constituer une loge maçonnique de la pierre et ensuite y instaurer le rite maçonnique forestier pratiqué aujourd’hui, s’inspirant directement des rituels de Beauchêsne de 1747. Cette démarche procédait pour Le Scouezec d’une prise de conscience selon laquelle le message culturel du druidisme païen contemporain est enraciné dans les terres celtes, mais que le message spirituel et religieux, lui,dépasse les contraintes des frontières régionales et pourrait être ouvert le plus largement possible à tous ceux qui sont sensibles à cette approche de l’homme et de l’univers.. La Maçonnerie forestière pourrait alors être considérée comme un “sas de communication” entre le druidisme sacerdotal contemporain et le monde en général avec toutes les composantes traditionnelles qui l’habitent. De plus les loges forestières , chacune sur son sol, pourraient faire des recherches profitables au recensement des données culturelles celtes qui émergent encore parfois ça et là capables de légitimer une reconstruction païenne.
Si tu veux être digne combattant, montre-toi paisible dans la maison
d’un grand. Terrible dans le danger. Sans juste motif, ne bats pas ton
chien. Sans preuves de sa faute n’accuse pas ta femme.
Au combat, ne porte pas le main sur un fou, car il ne sait pas ce qu’il
fait. Ne médis pas de qui a un nom, ne te bas pas dans une dispute;
n’aie rien a faire avec un méchant ou un sot.
Deux tiers de ta générosité et de ta gentillesse montre-le à la femme,
aux enfant qui rampent sur le sol, aux sages qui construisent les
poèmes, ne sois pas rude aux gens de peux.
Fuis les discours vantards, ne dis pas que tu refuses de céder même
dans les choses justes, car c’est une honte de parler raide quand on ne
peut ensuite soutenir ses dires.
Aussi longtemps que tu vis, n’abandonne pas ton maitre pour argent ni
or, n’abandonne pas qui tu as promis de défendre.
Ne médis pas des siens auprès d’un grand, ce n’est pas le fait d’un
digne combattant.
Ne répète pas de mensonges, ne sois ni bavard, no calomnieur; si brave
et puissant sois-tu, n’excite pas les inimités.
Ne censure pas les anciens, ne te mêle point aux gens de rien, fais
largesse de ta table; que le ladre ne soit jamais ton ami.
Serre ton vêtement, tiens fermement tes armes jusqu’à ce que le dur
combat aux lames étincelantes s’achève. Cours la bonne fortune mais
néanmoins épouse la noblesse.
(ces principes sont des règles de vie extraites de textes relatifs aux Fianna…)
“préceptes druidiques de vie” :
1. Se connaître est bien, se maîtriser est mieux.
2. C’est par l’exercice que tu acquerras la puissance de la volonté, par l’exercice que tu la garderas.
3. Ne laisse pas la crainte ni le doute te paralyser, ils limitent et détruisent tout.
4. Ce qu’il convient de faire, décide-le ; ce que tu as décidé, entreprends-le ; ce que tu as entrepris, achève-le.
5. Si rude et si obscure que soit la tâche quotidienne, accomplis-la dans la joie.
6. Ne ralentis pas ton ascension par un lest inutile, composé d’orgueil et de suffisance.
7. Sache vaincre toute fatigue de ton corps, tout faux pas de ton esprit, toute défaillance de ton âme.
8. Si tu ne peux modifier les hommes et les évènements à l’image de tes désirs, que du moins ce ne soit pas eux qui te modifient.
9. Mets ton point d’honneur à n’avoir de serviteur que toi-même.
10. N’érige pas autrui en juge de tes actions.
11. En quelque circonstance que tu te trouves, demeure comme une île au milieu des vagues, comme une montagne au milieu des nuages.
12. Garde ton sang-froid dans tout danger.
13. Ne te force jamais : prends patience, garde la joie et le sourire, vise à l’harmonie.
14. Apprends de l’étranger ce qui peut t’être utile, mais ne cherche pas à l’imiter.
15. Utilise analogies et symboles, ils te permettront de penser et de comprendre là où finit ta raison, où il te manque les mots pour exprimer ta pensée.
16. Apprends que toute pensée est stérile, si elle n’est pas rendue vivante par l’émotion ou le sentiment, elle est alors semblable à une coque vide.
17. Pense en image, précise tes pensées, résume le tout par un symbole qui deviendra pentacle.
18. Grâce à ces Conseils tu garderas la loi, et tu t’élèveras au dessus de toi-même.
Ces préceptes sont extraits des “Kelennadurezh du Druide Vissurix 3778 / 3821″. Le druide Uissurix est l’un des cinq fondateurs de la Kredenn Geltiek Hollvedel
je ne pense pas qu’il faille voir dans la “volonté de puissance” nietzschéenne une illustration de la “lutte pour la vie” d’inspiration darwinienne comme on cherche trop souvent à la réduire. Elle n’est rien d’autre que la volonté de “Créer” dans la mesure où le créateur est celui “en qui la puissance déborde“. Tout en nous cherche à aller au delà de ses limites. Etre puissant, c’est à dire créateur, c’est se dépasser sans cesse en direction des possibilités inexplorées, des perspectives inconnues (l’horizon grand ouvert), et c’est ça que Nietzsche appelle “la Grande Santé” (qu’on voudrait là aussi réduire faussement à une opposition faible-fort…)
La Grande Santé, c’est accueillir la multiplicité de perspectives sur le monde et la vie qui nous compose, c’est accueillir la contradiction, en un mot le tragique de l’existence. Trop souvent, et les monothéistes portent en ce domaine une écrasante responsabilité, l’homme veut ce qu’il appelle “le bien” sans vouloir ce qu’il appelle “le mal”, la lumière sans les ténêbres alors que nous, païens (et je ne suis pas si éloigné de l’éthique et de la morale qu’on voudrait bien le croire à première vue …) voulons assimiler la lumière aux ténèbres, savons que l’une ne va pas sans l’autre si nous voulons respecter le bon ordonnancement des choses …pour Nietzsche, Dionysos symbolise l’homme qui accueille inconditionnellement en lui comme hors de lui, les polarités opposées: le bien et le mal (pour faire simple), la vie et la mort, la création et la destruction, ce qui est une démarche complètement païenne… Au delà de ces polarités, s’offre la joie tragique, celle de la lucidité et du oui à la vie : connais toi toi-même et tu connaitras l’Univers et les Dieux …
C’est l’Amor Fati, l’amour de la destinée. Cette expression issue du stoïcisme n’invite pas à la résignation, nous vivons avec une définition des choses complètement faussée, qui voudrait que le stoïque soit une espèce de sado maso, l’épicurien un super bon vivant (alors que ce n’est qu’une sorte de stoïque volontaire et que c’est ainsi le confondre faussement avec l’hédoniste), etc. donc aucune résignation mais une acceptation joyeuse :”je veux apprendre toujours plus à voir, dans la nécessité des choses, le beau : je serai aussi un de ceux qui embellissent les choses. Je ne veux pas faire la guerre au laid. Je ne veux pas accuser, même pas les accusateurs. Que regarder ailleurs soit mon unique négation ! Je veux en toutes circonstances n’être plus qu’un homme qui dit oui !” Telle est selon moi, la véritable figure du “surhomme” : l’homme dionysiaque qui a su redevenir enfant : jeu et nouveau commencement … et , toujours selon moi, la véritable figure du païen, loin de toute souffrance voulue, espérée, mais aussi loin de toute facilité …
Gros coup de coeur pour ce site sur lequel on est tombé par hasard en tapant “Beltaine”… gros coup de coeur pour son contenu, photos multiples et très belles de Beltane et de Samhuinn fêtés à Edimbourgh … gros coup de coeur pour cette “Beltane Fire Society” qui fait (re) vivre les mythes celtes et païens de la roue des Saisons d’une manière exemplaire … tout ça montre à l’évidence que le paganisme n’est pas mort, qu’il est présent dans nos inconscients individuels et dans l’inconscient collectif mais aussi qu’il est présent dans la rue, et s’y montre, juste et beau, pour le plus grand plaisir de tous …
… gros coups de coeur, mais cette question, agaçante : pourquoi le lien de ce site ne figure-t-il pas sur tous les sites païens qui se respectent … pourquoi ne le croiser que par hasard alors que, je me répète, il est la parfaite illustration de ce que le paganisme n’est pas mort, qu’il peut être vécu dans ses rituels par tout le monde devant tout le monde …. à Edimbourgh …. et pourquoi seulement à Edimbourgh ?…..
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incarnation de lointains ancêtres,
et mémoire oubliée de peuples antiques …
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“…ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration.”
C’t'amusant, depuis que je m’interroge un peu sur les gués, je n’arrête pas de voir partout des références à ce sujet. Quand ça se passe comme ça, ma sorcière dit qu’il y a de l’écho et j’aime bien cette expression, c’est exactement ça … de l’écho … première référence : dans le bouquin que je suis en train de lire sur Mélusine, enfin plutôt que j’essaie de lire parce qu’il faut bien avouer que c’est parfois assez chiant … dans le contenu mais aussi dans la présentation, comme ce procédé de renvoyer toutes les notes en fin de chapitre : je vois difficilement mieux pour casser la lecture et la concentration… C’est pourtant dans ces notes que j’ai trouvé les références d’un article :”R. Louis, “une coutume d’origine préhistorique : les combats sur les gués chez les Celtes et chez les Germains”. Je n’ai aucune idée de ce que ce monsieur Louis peut dire des combats sur les gués, mais la première partie de la phrase “une coutume d’origine préhistorique” me permet de faire très arbitrairement le lien entre mes deux époques de prédilection même si je n’ai aucune idée non plus de ce qui peut permettre à ce monsieur Louis de prétendre que c’est une coutume d’origine préhistorique … certainement pas le fait que les “hommes du renne” attendaient leurs proies au passage des gués, quoi que … sait-on jamais …
Quoi qu’il en soit, les références au gué sont nombreuses dans la mythologie celtique et cette coutume mystérieuse du combat dans les gués a été attestée dans les textes et prouvée par l’archéologie
Il y a d’abord Cuchulainn qui, lors de la malédiction des Ulates (condamnés à une faiblesse périodique par la déesse Macha et incapables de se battre),à laquelle il est le seul à échapper, se positionne sur Ath Gabla (le Gué de la Fourche) de manière à repousser les troupes de la reine Medb (Razzia des Vaches de Cooley)
Cúchulainn, mené par son cocher Lóeg, arrive à un gué dont la gardienne lave le linge ensanglanté du héros, ce qui présage de sa mort prochaine. Passant le gué, il arrive dans la plaine de Muirthemné, où l’attendent ses ennemis.
Cette allusion à la gardienne d’un gué peut évoquer les “Parques” celtiques, ancêtres des “lavandières de la nuit”, qui lavent sur un gué, c’est-à-dire à la frontière de l’Autre-Monde, les dépouilles des héros qui vont bientôt périr …
(il est question quelque part, mais je ne m’en souviens que de mémoire, des Nones gauloises -contraction de “matrones” ?- qui seraient les déesses du destin…)
Dans un épisode apparaît une anguille. C’est le résultat d’une métamorphose de la Morrigane/ Bodb (corneille), ou déesse de la guerre qui, dépitée de ne pas être aimée du héros Cuchulainn, vient sous cette forme dans le gué où il combat contre les hommes d’Irlande et s’enroule autour de sa jambe. Cuchulainn l’arrache brutalement et la jette contre les rochers
La route principale de la province d’Ulster va jusqu’au “Gué de la Veille” où Conall, “un bon guerrier des Ulates s’y tient pour veiller et protéger et pour que des guerriers étrangers ne viennent pas chez les Ulates les provoquer au combat”.
La rivalité entre Conall (héros Ulate, frère de lait de Cuchulainn) et Cet (guerrier du Connaught dont un druide a prédit qu’il tuerait la moitié des hommes d’Ulster) prend fin après un raid de ce dernier dans le Leinster, où il tue vingt-sept guerriers et leur tranche la tête. Conall peut le suivre à la trace du sang laissée dans la neige, il le rattrape à un gué et le tue dans un combat épique, tout en étant lui-même blessé.
Après la mort du roi Conchobar et de son fils Cormac Cond Longas, on propose la royauté d’Ulster à Conall qui la refuse, ayant mieux à faire chez Ailill et Medb en Connaught. Le roi ayant une nouvelle maîtresse, son épouse demande à Conall de le tuer, ce qu’il fait avant de réussir à s’enfuir, mais il est rattrapé par les guerriers du Connaught qui le tuent au gué de Na Mianna (aujourd’hui Ballyconnell, comté de Cavan)
Laissons Cuchulainn pour la bataille de Mag-Tured : la Morrigane a invité le grand dieu Dagda à la rejoindre à sa maison près du gué. « L’un des pieds de la femme dans l’eau touchait Allod-Eche au sud ; l’autre pied également dans l’eau touchait Lescuin au nord. Neuf tresses flottaient détachées de sa tête. Dagda s’unit à elle. Dès lors cet endroit s’appela le lit des époux. » Elle prédit à Dagda l’arrivée des Fomore, le jour de la bataille et qu’elle tuerait leur roi « elle versait du sang d’Indech plein ses deux mains à l’armée qui attendait l’ennemi au gué ». Ce gué s’appela « gué de l’anéantissement ».
C’est aussi dans un gué qu’a lieu un combat entre deux druides, par disciple interposé, Mog Ruith et Colphta: Colphta, l’Orgueilleux , un des cinq druides du roi Cormac , son aspect terrifiant ne l’empêche pas d’être vaincu par le druide Cennmar , disciple de Mog Ruith.
Toujours en Irlande, une Triade cite : Trí hátha Hérenn: Áth Clíath, Áth Lúain, Áth Caille.
Les trois gués d’Irlande : Ath Cliath (Gué des Claies), Athlone (Gué de Luan), Ath Caille (Gué du Bois).
Ath Liag Finn: C’est le nom d’un gué où Finn jeta une pierre plate tenue par une chaîne d’or, cadeau d’une femme du sidh. La légende dit que la pierre et la chaîne seront ramenées un dimanche, par une ondine, sept jours avant que ce monde ne finisse.
Arawn, maître d’Annwn -l’Autre-Monde- , propose à Pwyll qu’ils échangent leurs royaumes à condition que ce dernier batte, mais sans le tuer son rival Hafgan lors d’un duel sur un gué . Il y réussit
Dans le cycle Arthurien, Lancelot doit combattre un chevalier, Alybon, gardien du gué de la Reine, sur l’Humbrie, aux ordres de Guenièvre (ce qui rappelle aussi les combats avec le Chevalier Noir, gardien de la source de la Dame de la Fontaine…).Gué éminemment symbolique puisque c’est là qu’au temps de sa conquête, Arthur a rallié ses meilleurs chevaliers: Gauvain, Keu, Loth, et Yvain.
D’ailleurs, il existe un texte irlandais racontant la naissance mythique d’Yvain/Owein. On y apprend que le héros a été engendré, près du gué de l’Aboiement, lors d’une nuit de Samain.
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Le passage du gué et les combats qui s’y livrent ne sont pas l’apanage des insulaires , et, parmi d’autres exemples, Rabelais nous montre Gargantua buvant le Thouet au gué de Ligaine, près de Taizé.
Et lors d’une guerre qui oppose Gargantua à Pichrochole,” sa jument pissa pour se relâcher le ventre, mais ce fut en telle abondance qu’elle en fit sept lieues de déluge. Tout le pissat dériva au gué de Vède, et l’enfla tellement au fil de l’eau que toute cette troupe des ennemis fut noyée horriblement “
On l’a vu, en Irlande, la divinité féminine tutélaire du gué, c’est donc la Morrigane, déesse de la guerre, et le fait que le gué, dans la Razzia des Vaches de Cooley soit le lieu des combats singuliers de Cuchulainn contre les guerriers envoyés par les Irlandais en fait un point de rencontre ou une limite qu’on ne traverse que si on le peut, par exemple si l’on est initié.
Le gué est le lieu séparant le monde sensible de l’Autre Monde, endroit privilégié des affrontements et combats singuliers pour le héros en quête d’initiation.L’initiation druidique, elle, consistait à passer trois nuits et deux jours de méditation dans un lieu sacré, en contact avec les “divins ancêtres” et ce pouvait très bien être aussi au milieu d’un gué comme symbole du “passage ”, un de leurs lieux de prédilection. Mais le gué n’est pas obligatoirement le passage vers l’autre monde, vers la mort ; il peut être aussi, comme le souligne l’Arbre Celtique, “un passage vers la connaissance qui, si l’on suit les grands textes mystiques, induit l’existence de ces deux mondes comme en “surimpression” et c’est ce que dit W. Kruta à propos de l’art celtique: une surimpression du cyclique et du permanent. Ce qui rend les choses un peu “floues” pour des cartésiens”.
Une épigraphe gallo-romaine atteste de l’existence d’une Ritona , déesse particulièrement proche du gué qui se dit en gaulois “ritu”, continuation d’un mot indo-européen “prtus” désignant le passage, le gué, le pont. Elle serait donc la déesse gauloise attachée aux gués, peut être même aux combats de gués puisque, comme le dictionnaire des symboles nous le dit, l’archéologie a souvent mis à jour dans l’ancienne Gaule “des armes à l’emplacement de gués, ce qui tendrait à prouver que la coutume irlandaise du combat de gué, en celtique continental et brittonique, se rattache à celle du passage et de la course” (”ritu” signifiant aussi “la course”… et on peut aussi rappeler, incidemment; qu’une course est à l’origine de la malédiction lancée par Macha induisant la “maladie des Ulates”…).
“Le gué (”dictionnaire des symboles”. Chevalier/Gheerbrant) symbolise le combat pour un passage difficile, d’un monde à un autre, ou d’un état intérieur à un autre état. Il réunit le symbolisme de l’eau (lieu des renaissances) et celui des rivages opposés (lieu des contradictions, des franchissements, des passages périlleux)”.
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incarnation de lointains ancêtres,
et mémoire oubliée de peuples antiques …
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Cette image est certainement celle qui s’harmonise le mieux avec la conception que j’ai actuellement des choses, comment j’appréhende cette démarche :”incarnation de lointains ancêtres,et réactivation de la mémoire oubliée de peuples antiques” et comment je vois ces hommes dans des âges différents dans leurs différents états qui ont fait qui je suis aujourd’hui et qui je voudrais être demain… qui mais aussi comment et pourquoi… Cette image est donc un avatar : en informatique et dans les jeux vidéo, un personnage représentant un utilisateur (en l’occurence moi) qui peut se réduire à un portrait, comme sur un forum ou dans une messagerie, ou encore être un véritable acteur interactif, contrôlé par l’utilisateur, comme dans les jeux vidéo. Son avenir, son importance, sa crédibilité dépendent donc de la manière dont je l’utiliserai…
Il représente “le Magicien” du Tarot des Druides de Philip et Stephanie Carr-Gomm, équivalent du Bateleur.
Il connait le secret de la création -il sait s’ouvrir aux deux aspects de l’énergie créatrice divine, que les druides appellent Awen et Nwyfre: inspiration et force vitale. Et il sait comment faire pour que ces forces passent à travers lui et s’écoulent dans le monde, dirigées par sa conscience et sa volonté.
Le Magicien se tient devant l’une des grandes portes de Stonehenge, révélant ainsi qu’il est un chaman capable de traverser les portes de l’Autre-Monde, pour en ramener connaissance et guérison.
Il unit le Ciel et la Terre. Cette union a trait aux forces cosmiques que l’on peut considérer comme le Féminin divin et le Masculin divin. Stonehenge fut construit pour célébrer cette union au solstice d’été, au soleil levant uni à la terre dans le sanctuaire intérieur du cercle.
Très pratiquement, voilà sa signification : “Vous savez que vous avez la possibilité de réaliser vos rêves, et c’est juste une question d’utilisation de votre pouvoir de volonté et de votre concentration pour faire les premières démarches vers la réalisation de votre dessein. N’oubliez pas que vous rendez votre vie magique, et pour faire de la magie efficace dans le monde, vous devez combiner les capacités de concentration et d’ouverture. Le Magicien est puissant parce qu’il sait s’ouvrir à l’inspiration, à l’esprit, et laisser cette inspiration s’écouler de lui dans le monde, par ses décisions et ses actions. Le doute et la préoccupation avec le moi (appelé souvent l’égo) inhibe cette circulation d’énergie. Si vous pouvez avoir confiance et laisser vos soucis au sujet de la vie, l’énergie créatrice peut commencer à circuler à travers vous, et vous pouvez vous mettre à travailler sur des projets importants et significatifs.
En même temps, le Grand Oeuvre -l’union du dieu et de la déesse en vous- peut commencer, et vous sentez en vous l’énergie d’agir dans le monde, au lieu de rester inactif. La communication est une façon formidable de faire cela -avec différentes parties de votre être, avec votre partenaire, vos amis et vos collègues de travail, et avec le monde de la Nature et de l’esprit. Le Magicien, la Magicienne, est maître, maîtresse du monde -un barde au sens le plus profond du terme, qui connait la sacralité et le pouvoir créatif du monde et de la voix. Le Magicien chante son monde et le fait ainsi exister.”
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incarnation de lointains ancêtres,
et mémoire oubliée de peuples antiques …
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“Je suis un “homme du renne” mais je chasse aussi les bisons et les aurochs dont nous suivons les troupeaux avec mon clan au fil de leurs déplacements saisonniers ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration. Je vénère un dieu père auquel, par assimilation, je fais porter des ramures de rennes. Je vis dans l’entrée des grottes que j’aménage pour me protéger du vent et des grands froids ou dans des campements précaires au cours de l’été. J’aime les parures, animales ou végétales, plumes et ossements, pendeloques de coquillages et de dents d’animaux, et je porte déja des tatouages compliqués. En dehors de la chasse et de la pêche, je fabrique des vêtements , des récipients ,des armes et des outils, je travaille les peaux et les fourrures et me livre à des rites religieux.
Je suis maintenant un chamane et je guéris les malades, je provoque les changements de temps désirés, je prédis l’avenir et je converse avec les esprits et les animaux-esprits. Je descends au fond des grottes dans les boyaux les plus reculés pour y pratiquer les rites magiques de chasse,et je peins et je grave sur les parois les animaux à chasser et des figures frustres ou au contraire, très réalistes. Je sculpte aussi des figures féminines, des Vénus aux formes accentuées, à l’image de la Terre généreuse que nous allons apprendre à cultiver, de la déesse fertile que je vénère.”
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Le renne est emblématique de l’époque magdalénienne: il fournit la viande pour la nourriture, les peaux pour les vêtements et les tentes, la graisse pour les lampes, les ramures et les os pour les armes et les outils, les nerfs pour le fil à coudre et les lanières. On lit souvent que les tribus sont nomades et suivent les troupeaux de rennes dans leurs migrations … je ne sais pas trop, en fait, ce qu’on entend réellement par “nomades”, mais en tout état de cause, il est bien évident que ces tribus ne passent pas leur temps sur les chemins… Ce n’est, en effet, pas leur faire trop d’honneur que de penser qu’ ils se sont aperçus que les animaux empruntent toujours le même itinéraire, se rendant compte, par la même occasion qu’il est bien plus intelligent de les attendre à des endroits de ralentissement, au passage des gués par exemple, où les hommes peuvent tuer un grand nombre de bêtes pour faire des réserves. Ces “rencontres” ont assurément lieu deux fois par an, au départ et au retour, en automne et au printemps. Dans l’attente des rennes, les chasseurs édifient un campement dans lequel ils poursuivent leus activités : taille des silex surtout qui doivent servir à la chasse et au traitement des bêtes tuées. Un camp de ce type a été découvert à Pincevent, vers le confluent de l’Yonne et du Loing. On comprend que ce type de chasse a modifié les conditions de vie des hommes : comme ils n’ont plus à suivre les troupeaux, ils passent l’hiver des périodes de glaciation à l’abri dans l’ entrée des grottes qu’ils aménagent pour les rendre plus confortables -mais on a retrouvé aussi des huttes à l’intérieur des grottes- et la belle saison, et de plus en plus, dans des campements plus ou moins précaires en extérieur, sur les terrasses des fleuves, près des rivières et des sources ou au bord de la mer. On chasse aussi d’autres gibiers de grande ou de petite taille et l’été, on pêche dans des cours d’eau libérés des glaces.
Les grottes profondes ne sont pas propices à une installation humaine pour un certain nombre de raisons : l’humidité et l’inconfort du aux grands froids, l’absence de lumière naturelle, la présence d’ours et autres carnivores des cavernes dangereux . Avec les glaciations l’habitat y devient pourtant courant mais c’est vers les entrées que les hommes s’installent et dans les abris sous roches qu’ils décorent également de gravures, peintures et sculptures, tout comme le fonds des boyaux obscurs et profonds… En face de ces dessins et gravures, l’explication développée par le professeur Jean Clottes avec l’archéologue sud-africain David Lewis-Williams est celle du chamanisme. Pour eux, aller dans les ténèbres, c’était entrer dans un autre monde, celui de l’au-delà, des esprits… De rares personnes, en particulier les chamanes, se rendaient au fond des grottes de manière exceptionnelle. Cela avait pour but de guérir des malades ou de rétablir une harmonie rompue… En réalisant leurs dessins, ils communiquaient avec les esprits de l’autre côté de la paroi, ils donnaient matière à leurs visions… Pour eux, l’image était chargée de pouvoir, comme elle l’est d’ailleurs dans toutes les sociétés traditionnelles.Cette hypothèse du chamanisme a été controversée. Dans la nouvelle édition du livre “Les Chamanes de la préhistoire” (La Maison des roches et Points Histoire), le professeur Jean Clottes réfute une par une les critiques scientifiques d’une manière bien convaincante…
On n’est pas vraiment sur que les figurines sculptées dites “Vénus” soient des représentations d’une Déesse-Mère …
selon Marija Gimbutas (« Le langage de la déesse », édition des Femmes) qui se basait sur les recherches et campagnes archéologiques qu’elle a mené dans l’”ancienne Europe” pré-indo-européenne, principalement dans les Balkans et le long du cours du Danube, un culte de la Déesse se serait universellement répandu dans toute la préhistoire, la femme incarnant la reproduction de l’espèce et son espoir de pérennité dans une dimension qui n’était pas linéaire comme elle le devint avec le patriarcat mais circulaire et cyclique où prend naissance le mythe de “l’éternel retour” . J’avoue bien volontiers mon attirance pour cette théorie, malgré les excès d’interprétation qu’ont pu en faire des féministes radicales … il est pourtant honnête de souligner que d’autres théories ont cours, celle de représentations érotiques notamment (bon d’accord, c’est très prosaïque, plus traces de spiritualité ou de préoccupations métaphysiques, seulement des graffitis érotiques sur les murs …) ou celle, lapidaire, de Pierre Lance :”confronté aux rudesses de l’existence, l’homme éprouve périodiquement la nostalgie du ventre maternel. Une fois enfoncée cette porte ouverte, on ne voit pas ce qu’elle nous apprend de décisif sur le destin des peuples, hormis l’évidence que plus ce culte sera important dans une communauté et plus on pourra soupçonner qu’elle manque d’audace et de virilité” (in “Alésia. Un choc de civilisations”)
Par ailleurs, cette histoire de “gué” est, elle aussi, intéressante et j’essaierai d’en parler la prochaine fois …
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incarnation de lointains ancêtres,
et mémoire oubliée de peuples antiques …
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Paléolithique (et même avant) . Je suis un “homme du renne” mais je chasse aussi les bisons et les aurochs dont nous suivons les troupeaux avec mon clan au fil de leurs déplacements saisonniers ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration. Je vénère un dieu père auquel, par assimilation, je fais porter des ramures de rennes. Je vis dans l’entrée des grottes que j’aménage pour me protéger du vent et des grands froids ou dans des campements précaires au cours de l’été. J’aime les parures, animales ou végétales, plumes et ossements, pendeloques de coquillages et de dents d’animaux, et je porte déja des tatouages compliqués. En dehors de la chasse et de la pêche, je fabrique des vêtements , des récipients ,des armes et des outils, je travaille les peaux et les fourrures et me livre à des rites religieux.
Je suis maintenant un chamane et je guéris les malades, je provoque les changements de temps désirés, je prédis l’avenir et je converse avec les esprits et les animaux-esprits. Je descends au fond des grottes dans les boyaux les plus reculés pour y pratiquer les rites magiques de chasse,et je peins et je grave sur les parois les animaux à chasser et des figures frustres ou au contraire, très réalistes. Je sculpte aussi des figures féminines, des Vénus aux formes accentuées, à l’image de la Terre généreuse que nous allons apprendre à cultiver, de la déesse fertile que je vénère.
Néolithique. Je suis agriculteur et je tire ma subsistance de la terre que nous cultivons de manière collective et qui est une mère providentielle et divine. Et par analogie . je révère la grande déesse-Mère . Le culte des morts et des ancêtres tient une grande place dans ma vie quotidienne et religieuse puisqu’ils sont encore présents parmi nous et qu’ils sont dépositaires d’une force bien supérieure à la notre. Les menhirs, dolmens et tumuli sont liés à ce culte : sépultures, sites religieux et funéraires. Je respecte un calendrier de fêtes saisonnières liées au cycle de la végétation et les mythes qui intègrent la mort, puis la renaissance d’une divinité, assimilée au Soleil. Petit à petit, je vais aussi vouer un culte au Ciel protecteur en l’associant à celui de la Terre mère.
Je suis maintenant un chamane, sorcier prêtre de la tribu qui sert d’intermédiaire entre les hommes et les âmes des ancêtres pour s’assurer de leur protection. J’ai été “choisi” pour mes dons naturels avant de recevoir une solide formation initiatique souvent pénible et épuisante.


Antiquité. Je suis Gaulois. Picton, peut être (probable ?) cousin des Pictes d’Ecosse. Picton signifie “les hommes peints” mais aussi “les furieux”…La défaite d’Alésia et la reddition de Vercingetorix viennent de sonner le glas de la Gaule indépendante et des druides qui seront bientôt frappés d’interdit. Les Romains annexent mes dieux et mes déesses pour les assimiler aux leurs mais derrière ces nouveaux noms je continue, surtout si j’habite la campagne , à honorer nos vieilles divinités. Comment pourrait-il en être autrement puisque ces divinités sont intimement et fortement liées au sol sur lequel je vis, à ses forêts, à ses rivières, à ses collines, au vent qui y souffle, à ses mers qui y grondent … et à mes Ancêtres qui ont foulé ce même sol qui est fait de leur chair. …Certains d’entre eux étaient déja même vénérés à l’âge du Renne.
Je suis maintenant un druide, trait d’union entre les dieux et les hommes. J’allie, aux attributions de ceux qui étaient avant moi -les chamanes- (dont j’ai hérité du Savoir et de la Pratique) celles de philosophe, d’enseignant, d’astronome, de juge, de médecin, d’historien et de bien d’autres encore mais l’essentiel de ces connaissances va disparaitre parce que je me suis toujours refusé à les consigner par écrit pour préserver leurs possibilités d’évolution… Certaines se transmettront par l’oral ou par le geste, les autres devront être redécouvertes ou reconstruites sur le même modèle cohérent par l’étude, la recherche, l’intuition…
Aujourd’hui. Je suis … moi. J’ai traversé ces divers âges qui m’ont fait ce que je suis et j’ai évolué. Le sol, lui, n’a pas changé, il est toujours fait de la chair de mes ancêtres et ce sont toujours les mêmes divinités que j’honore. Beaucoup s’est perdu des vieilles traditions mais il ne s’agit pas de revenir au point zéro, de remonter 2000 ans en arrière, rayer 2000 ans d’obscurantisme monothéiste, pour se retrouver à un hypothétique âge d’or auquel je ne crois guère mais de récolter un maximum d’informations dans tous les domaines qui peuvent nous aider à mieux connaitre et comprendre la vie quotidienne de nos ancêtres . Il s’agit d’aller à la recherche des Dieux et des Déesses dans le sol que nous foulons et dans notre imaginaire, à travers les lieux, les récits historiques, les légendes, les coûtumes et les fêtes toujours vivantes, les découvertes archéologiques…
Je suis apprenti- druide, ou apprenti-chamane ou même plutôt simplement apprenti-sorcier. Je n’ai pas grand chose à voir avec celui qui, dans l’Antiquité, se déplaçait avec sa Cour , et parlait avant le Roi en revanche je chéris l’image de celui qui, dans les villages, était tout à la fois prêtre, guérisseur, confident, avec bien d’autres attributions encore, un druide au ras des pâquerettes si j’ose dire…
En parallèle à ce travail de reconstruction, j’essaie de mettre en


