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Mes dieux ne sont pas des dieux du désert. Mes dieux ne sont pas interchangeables avec les dieux de mes voisins. Mes dieux sont les dieux d’un sol où les arbres sont des chênes, des merisiers, des bouleaux, des noisetiers (dont les longs chatons de ses fleurs mâles annonceront la venue du printemps après l’hiver même si, comme la plupart des espèces forestières, les arbres portent sur un même pied aussi les fleurs femelles, ), des érables, des houx et des buis, auxquels s’ajoutent, le long des ruisseaux, des rivières et des fleuves, des peupliers et des aulnes dont les racines plongent dans l’eau et dont la cime s’étale face au soleil.

Le tapis de feuilles mortes et l’humus sous jacent en voie de formation du sol dont mes dieux sont les dieux, recèlent toute une faune d’insectes, de myriapodes, de vers, d’arachnides, de mollusques dans toutes leurs phases de développement. Ils constituent même en hiver la nourriture régulière des rouge-gorges et des merles qui aiment à fouiller à grand bruit dans le tapis de feuilles. Tandis que, bec noir, pieds noirs, plumage noir à reflets bleutés, les corbeaux freux s’abattent en grandes colonies sur les champs offerts, et que la buse, perchée sur un arbre ou une motte de terre, chasse à l’affût surtout des petits rongeurs comme les campagnols et les taupes.

La dissémination du gui est assurée par les oiseaux: la grive et le geai particulièrement, qui se nourrissent des baies.

Les bourgeons et les chatons floraux formés déjà avant l’hiver sont une bonne source de nourriture pour certains oiseaux hivernants, les bouvreuils en particulier; tandis que les baies, les glands, les faînes et autres fruits sont une manne pour les ramiers, les pinsons et les mésanges.

Les crevasses et les fissures des écorces, les écailles des bourgeons sont peuplées d’insectes cachés pour hiverner sous toutes leurs formes: oeufs, larves, nymphes. Ils sont recherchés et capturés par les mésanges, les roitelets, les sittelles, les grimpereaux et les pics dont les « rondes » souvent composées de plusieurs espèces, parcourent la forêt pendant l’hiver. Ces « rondes » se rassemblent pendant la matinée et voyagent la journée dans un rayon de quatre kilomètres au maximum. Leurs membres retrouvent le soir, isolément, leur cachette nocturne coutumière.

Mes dieux sont les dieux d’un sol foulé par toutes sortes d’animaux.

L’écureuil roux vire au gris l’hiver et ses oreilles s’ornent alors d’un pinceau de poils. Il émet des son variés: chuintements, grondements, grognements et cris aigus, et se nourrit de noix, de graines, de noisettes, de cônes de conifères, de baies, de champignons, d’insectes, d’oeufs et parfois de nichées d’oisillons. Il amasse des provisions pour l’hiver et les dissimule dans des cachettes. Son nid qui se remarque surtout l’hiver, construit à la fourche des branches, est une sorte de globe de 20 à 50 centimètres de diamètre, fait de rameaux entrelacés, d’herbes sèches, de mousse, de plumes et de poils, et pourvu de deux issues. Un seul écureuil en installe plusieurs sur son territoire mais n’en habite qu’un.

Le lièvre est un solitaire nocturne et crépusculaire, qui gîte en plein air entre les mottes d’un champ labouré, sous une touffe d’herbes ou même en plein pré. Il se nourrit d’herbes, de trèfle, de luzerne, de baies, de petits rameaux de racines et aime particulièrement les betteraves. Doté d’une très bonne oreille et d’un odorat développé, il gagne souvent les bois en hiver.

Le sanglier habite les forêts de feuillus aux sous bois épais, il apprécie le voisinage de l’eau. Principalement nocturne, le jour il se repose dans sa bauge, une dépression creusée dans un fourré. Les laies et les jeunes vivent en « compagnie », parfois jusqu’à cent têtes mais les vieux restent solitaires. Omnivore, il mange des faînes, des glands, des racines, des feuilles, des fruits sauvages, des oeufs, des nichées d’oiseaux, des petits animaux, des cadavres. Il fouille la terre pour y trouver des vers et des insectes (les traces qu’il laisse alors sont des « boutis », de son boutoir) et il retourne aussi les pierres pour chasser les reptiles.

Le renard est un solitaire mais il accepte cependant de partager le territoire qu’il a marqué de son urine avec ses frères et parfois même, il les accueille dans son terrier. Il mange tout ce qui lui tome sous la dent: des poissons morts au bord de l’eau, des petits rongeurs, des batraciens, des reptiles, des insectes, des fruits, des baies, du maïs, des herbes et il lui arrive même de pêcher dans les petits ruisseaux. Le plus souvent nocturne, il gîte par beau temps sous un buisson ou à l’abri des basses branches. Il creuse aussi des terriers, le plus souvent sur un talus, en bordure d’un bois, qui sont orientés au soleil.

Solitaire, le vieux cerf l’est aussi, sauf à l’époque du rut, de septembre à octobre. Pendant ces nuits d’automne, les longs brames des mâles secouent les forêts, tandis que la chouette, dans son vol bas, lent et silencieux, chasse les rongeurs. L’animal qui d’habitude ne défend pas son territoire, interdit aux autres l’accès d’un lieu où sont regroupées les femelles en rut et les cerfs se battent pour conquérir les femelles.. Pouvant à la fois paître et brouter, le cerf se nourrit des végétaux les plus divers et au printemps, en mars-avril, il perd ses bois qui repoussent en août. Dans l’intervalle, les bois de croissance sont recouverts d’une peau tendre qui tombe avant le rut: le « velours ».

Mes dieux sont les dieux d’un sol qui porte beaucoup de souvenirs mythologiques et de monuments mégalithiques, menhirs, tumulus ou dolmens, de roches aménagées ou de parois taillées, de roches à cavités, de pierres à cupules ou rituelles d’apparence anodine.

Tel est l’Esprit des Lieux que j’honore.

Mes dieux sont les dieux que jure ma tribu. Mes dieux étaient déjà les dieux de mes ancêtres de sang, les dieux de mon sol, les dieux de mon clan, les dieux de ma tribu, les dieux de mon peuple. Mes dieux sont les dieux que jure ma tribu .

Je l’ai reçu :  

Patrice Lajoye : “Des Dieux Gaulois. Petits essais de mythologie”. Editions Archaeolingua. 36 €

La religion gauloise est fort mal connue, et sa mythologie ne subsiste qu’à l’état de fragments épars. Le but de ce recueil d’essais n’est donc pas de révéler cette mythologie, mais d’en éclairer certains aspect, en comparant ce qui subsiste avec d’autres mythologies mieux connues, en essayant quelques hypothèses nouvelles, et surtout en rassemblant des informations sur des divinités qui parfois, n’avaient été que peu étudiées.

Ces quelques fragments montrent toutefois l’ampleur de ce que nous avons perdu: la mythologie gauloise était, très vraisemblablement, tout aussi riche et variée que ses homologues mieux connues, grecque ou indienne.

Sommaire

Introduction 11
  • Une historiographie critique française
  • 11
  • Le sujet d’étude
  • 14
  • La méthode
  • 16
  • La méthode comparatiste
  • 18
    Les Dieux 21
  • Abellio, la pomme
  • 22
    - Un dieu solaire ou une pomme de l’Autre Monde ? 22
    - L’île 23
  • Baco: un hêtre sacré ?
  • 24
    - Le sens du nom « Baco » : une approche linguistique 25
    - Baco : un dieu-hêtre ? L’apport de la mythologie 26
    - Quelques surnoms de Jupiter en Gaule 27
  • Un lac cisalpin : Benacus
  • 29
    - Un dieu-taureau ou un dieu-fleuve ? 29
  • Cernunnos, le dieu aux bois de cerf
  • 30
    - Le plus vieux des dieux gaulois 31
    - Une évolution iconographique précoce 31
    - Cernunnos gallo-romain 32
    - La corne gauloise 34
    - Une biche cornue 35
    - Des survivances encore actuelles 36
  • Circius
  • 37
    - Le culte de Circius 37
    - Les vents gaulois 38
    - Pourquoi prier les vents ? 39
  • Lero, un dieu ligure de la mer ?
  • 39
    - Un héros ou un dieu ? 40
    - Le sens du nom 41
    - La parèdre 41
    - Des fragments de mythologie de Lero dans la Vie de saint Mathurin ? 41
    - Saint Pipe / Pipio 42
    - Le problème de la transmission 43
  • Nemausus, Hercule et Nemaius
  • 44
    - Hercule et les eaux en Gaule 44
  • Ogmios
  • 46
    - Authenticité du texte de Lucien 46
    - Ogmios dans l’épigraphie 47
    - Un dieu lieur mal connu finalement 48
  • Le père Rhin, juge implacable
  • 50
    - Une tradition hellénistique tardive 50
    - Le Rhin père 50
    - L’Océan 51
  • Sucellus, un archétype gallo-romain de l’homme sauvage médiéval ?
  • 53
    - La légende arthurienne 54
    - L’homme sauvage et le Dagda 54
    - Merlin et la forêt 56
    - Sucellus, un archétype antique ? 56
    - Une preuve par latinisation ? 56
    - Dieu céleste ou dieu rustique ? 59
    - Dieu de la forêt 59
  • L’orage divinisé : Taranus
  • 59
    - Des commentaires sur Taranis 60
    - L’orage 60
    - Une interprétation romaine imparfaite 61
    - Le dieu à la roue 61
    - Des survivances tardives 62
  • Toutatis: le dieu de la tribu
  • 63
    - Les inscriptions mentionnant Toutatis 64
    - Des Mars locaux 65
    - Rapport à l’Italie 67
    - Mars roi 68
    - Contre exemples 68
    Les Déesses 71
  • Aerecura, déesse des Enfers celtique ?
  • 71
    - Un nom à l’orthographe multiple 71
    - De curieux partenaires 72
    - Héra, une erreur d’auteurs grecs ? 72
    - Une divinité infernale 73
    - Une survivance médiévale ? 73
  • Y a-t-il eu une Diane gauloise ?
  • 73
    - *Dea Ana 73
    - Diane démon de midi ? 74
    - Une mère des dieux ? 75
    - Un examen du nom 75
    - Une interprétation romaine achevée ? 77
  • Arduinna : déesse gauloise ou sanctuaire divinisé ?
  • 79
    - Une étrange localisation géographique 79
    - Le sens du nom 80
    - Un sanctuaire ? 81
  • Epona, déesse gauloise des chevaux : histoire d’un succès religieux
  • 81
    - Epona, une divinité celtique 82
    - L’introduction d’Epona à Rome 83
    - Le culte d’Epona 84
    - Des fêtes locales ? 84
    - Fonction d’Epona 86
    - Une mythologie 87
    - Epona et Isis 87
    - La fin du culte 88
  • La Minerve gauloise : Sulis, Belisama et Brigindona
  • 91
    - Sainte Apolline 91
    - Minerva Sulis 92
    - Sulevia / les Suleviae 92
    - Belisama 93
    - Brigid / Brigindona 93
    - Une seule et unique déesse 94
  • Une déesse gauloise au secours de l’Empire
  • 94
    - Segeta 94
    - Les inscriptions 95
    - Segeta sur des monnaies impériale 95
    - Pourquoi avoir frapper ces monnaies ? 96
    - Qui est Segeta ? 97
    - Segesta à Rome 98
    - Le sens du nom 98
    - Paradoxes temporels 99
  • Vienna
  • 99
    - La danse au-dessus du gouffre 100
    - Des divinités de source 100
    Les couples divins 103
  • Le bouillonnant et la vache sacrée :
  • 103
    - Borvo et Damona 103
    - Le bouillonnant 103
    - Les premiers Celtes d’Anatolie 104
    - Une toponymie abondante mais difficilement utilisable 105
    - Apollon médecin 105
    - Une seule parèdre: Damona 106
    - Une vache sacrée 106
    - Un mythe irlandais 107
    - … Mais aussi un mythe gaulois christianisé 108
  • Le Musclé et la Terre : Cicolluis et Litavis
  • 108
    - Un Mars étrange 109
    - La Terre 109
    - Les raisons du culte 111
    Le dossier « lugien » 113
  • Lugus
  • 113
    - Lug au Pays-de-Galles : Lleu Llaw Gyffes 113
    - Lug en Irlande 115
    - Les dédicaces 119
    - Gémellité 120
    - La plus ancienne légende celtique connue : Gargoris de Tartessos 123
    - Le bras long 127
    - Toponymie 135
    - Rosmerta 140
    - Mars forgeron : Cobannos 145
    - Cordonnier 151
    - Le dieu à la lance et au taureau : Gisacus 151
    - Esus, le dieu par excellence 157
    - Des grues, des corneilles ou des corbeaux: Cathubodua 161
    - Mars Loucetius et Victoria Nemetona 163
    - La femme-fleur 167
    - Le cochon polytechnicien 167
    - Les chaînes et les frontières 169
    - Le voyant 170
    - Le bélier infernal : Moltinus 171
    - Pourquoi pas plus de dédicaces à Lugus, finalement ? 174
    - Mercure 175
    - Apollon 175
    - Le plus connu des dieux gaulois: Bélénos 175
    - Le Soleil a rendez-vous avec la Lune: Grannos et Sirona 182
    - Mars 189
    - Inédits gaulois 190
    - Le combat final 190
    - Une bataille eschatologique 191
    En guise de conclusion 201
    Bibliographie 203
    Index


    ça, c’est pour répondre à tous ceux qui nous dénient le droit et la fierté de prétendre à une identité européenne sous prétexte qu’un métissage tous azimuths aurait depuis longtemps effacé toute trace de nos origines …

    La famille la plus vieille du monde découverte à Göttingen
    Pierre Bocev (à Berlin)
    18/07/2008 | Mise à jour : 20:31 |

    Des ossements humains qui ont été trouvés dans cette région allemande datent de l’âge du bronze, mille ou deux mille avant notre ère.

    « Nos ancêtres les Gaulois » paraissent bien jeunes par rapport à la découverte préhistorique qui vient d’être consignée dans un musée à Bad Grund, dans la région de Göttingen, en Allemagne. Des ossements humains qui y ont été trouvés datent de l’âge du bronze, mille ou deux mille avant notre ère. Et, surtout, au moins deux de leurs descendants directs vivent encore dans les environs, la preuve pour ainsi dire généalogique ayant pu être établie grâce à la comparaison de traces d’ADN. « Drôle d’impression de le regarder au fond des yeux », sourit Uwe Lange. Le géomètre de 48 ans est l’un des deux dont la filiation a été prouvée. Face à lui, il y a l’effigie de son lointain devancier, à 100 ou 120 générations de distance.

    « Je voudrais bien lui demander comment il s’appelle et ce qu’il a fait dans la vie. » De l’agriculture et de l’élevage, explique Ernst Probst, un expert de l’âge de bronze qui a relaté l’affaire. Des activités de subsistance agrémentées de polygamie, de sacrifices humains et de cannibalisme… L’aventure débute en 1980, lorsque l’on découvre cinq cavités inconnues dans la grotte de Lichtenstein, connue de longue date. Les travaux de fouille démarrent en 1993. L’archéologue local, Stefan Flindt, met au jour des parures en bronze, les restes d’un foyer et les ossements d’une quarantaine d’êtres humains. Susanne Hummel, anthropologue à l’université de Göttingen, prend la relève. Par un petit miracle, il existe encore des traces d’ADN identifiables, car la substance génétique des os est particulièrement bien préservée. Les squelettes sont peu ou prou ceux des membres d’une même famille. D’où l’idée de chercher des descendants dans la région. Sur quelque 300 échantillons de salive prélevés sur des habitants qui y vivent depuis au moins trois générations, deux correspondent. Uwe Lange et Manfred Huchthausen, un enseignant de 58 ans. Séparés par un kilomètre à vol d’oiseau, réunis par des ancêtres morts ici il y a 3 000 ans.

    -Source : Le Figaro.fr International

    Si tu veux être digne combattant, montre-toi paisible dans la maison
    d’un grand. Terrible dans le danger. Sans juste motif, ne bats pas ton
    chien. Sans preuves de sa faute n’accuse pas ta femme.

    Au combat, ne porte pas le main sur un fou, car il ne sait pas ce qu’il
    fait. Ne médis pas de qui a un nom, ne te bas pas dans une dispute;
    n’aie rien a faire avec un méchant ou un sot.

    Deux tiers de ta générosité et de ta gentillesse montre-le à la femme,
    aux enfant qui rampent sur le sol, aux sages qui construisent les
    poèmes, ne sois pas rude aux gens de peux.

    Fuis les discours vantards, ne dis pas que tu refuses de céder même
    dans les choses justes, car c’est une honte de parler raide quand on ne
    peut ensuite soutenir ses dires.

    Aussi longtemps que tu vis, n’abandonne pas ton maitre pour argent ni
    or, n’abandonne pas qui tu as promis de défendre.

    Ne médis pas des siens auprès d’un grand, ce n’est pas le fait d’un
    digne combattant.

    Ne répète pas de mensonges, ne sois ni bavard, no calomnieur; si brave
    et puissant sois-tu, n’excite pas les inimités.

    Ne censure pas les anciens, ne te mêle point aux gens de rien, fais
    largesse de ta table; que le ladre ne soit jamais ton ami.

    Serre ton vêtement, tiens fermement tes armes jusqu’à ce que le dur
    combat aux lames étincelantes s’achève. Cours la bonne fortune mais
    néanmoins épouse la noblesse.

    (ces principes sont  des règles de vie extraites de textes relatifs aux Fianna…)

    “préceptes druidiques de vie” :

    1. Se connaître est bien, se maîtriser est mieux.
    2. C’est par l’exercice que tu acquerras la puissance de la volonté, par l’exercice que tu la garderas.
    3. Ne laisse pas la crainte ni le doute te paralyser, ils limitent et détruisent tout.
    4. Ce qu’il convient de faire, décide-le ; ce que tu as décidé, entreprends-le ; ce que tu as entrepris, achève-le.
    5. Si rude et si obscure que soit la tâche quotidienne, accomplis-la dans la joie.
    6. Ne ralentis pas ton ascension par un lest inutile, composé d’orgueil et de suffisance.
    7. Sache vaincre toute fatigue de ton corps, tout faux pas de ton esprit, toute défaillance de ton âme.
    8. Si tu ne peux modifier les hommes et les évènements à l’image de tes désirs, que du moins ce ne soit pas eux qui te modifient.
    9. Mets ton point d’honneur à n’avoir de serviteur que toi-même.
    10. N’érige pas autrui en juge de tes actions.
    11. En quelque circonstance que tu te trouves, demeure comme une île au milieu des vagues, comme une montagne au milieu des nuages.
    12. Garde ton sang-froid dans tout danger.
    13. Ne te force jamais : prends patience, garde la joie et le sourire, vise à l’harmonie.
    14. Apprends de l’étranger ce qui peut t’être utile, mais ne cherche pas à l’imiter.
    15. Utilise analogies et symboles, ils te permettront de penser et de comprendre là où finit ta raison, où il te manque les mots pour exprimer ta pensée.
    16. Apprends que toute pensée est stérile, si elle n’est pas rendue vivante par l’émotion ou le sentiment, elle est alors semblable à une coque vide.
    17. Pense en image, précise tes pensées, résume le tout par un symbole qui deviendra pentacle.
    18. Grâce à ces Conseils tu garderas la loi, et tu t’élèveras au dessus de toi-même.

    Ces préceptes sont extraits des “Kelennadurezh du Druide Vissurix 3778 / 3821″. Le druide Uissurix est l’un des cinq fondateurs de la Kredenn Geltiek Hollvedel

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    incarnation de lointains ancêtres,

    et mémoire oubliée de peuples antiques …

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    “…ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration.”

    C’t'amusant, depuis que je m’interroge un peu sur les gués, je n’arrête pas de voir partout des références à ce sujet. Quand ça se passe comme ça, ma sorcière dit qu’il y a de l’écho et j’aime bien cette expression, c’est exactement ça … de l’écho … première référence : dans le bouquin que je suis en train de lire sur Mélusine, enfin plutôt que j’essaie de lire parce qu’il faut bien avouer que c’est parfois assez chiant … dans le contenu mais aussi dans la présentation, comme ce procédé de renvoyer toutes les notes en fin de chapitre : je vois difficilement mieux pour casser la lecture et la concentration… C’est pourtant dans ces notes que j’ai trouvé les références d’un article :”R. Louis, “une coutume d’origine préhistorique : les combats sur les gués chez les Celtes et chez les Germains”. Je n’ai aucune idée de ce que ce monsieur Louis peut dire des combats sur les gués, mais la première partie de la phrase “une coutume d’origine préhistorique” me permet de faire très arbitrairement le lien entre mes deux époques de prédilection même si je n’ai aucune idée non plus de ce qui peut permettre à ce monsieur Louis de prétendre que c’est une coutume d’origine préhistorique … certainement pas le fait que les “hommes du renne” attendaient leurs proies au passage des gués, quoi que … sait-on jamais …
    Quoi qu’il en soit, les références au gué sont nombreuses dans la mythologie celtique et cette coutume mystérieuse du combat dans les gués a été attestée dans les textes et prouvée par l’archéologie
    Il y a d’abord Cuchulainn qui, lors de la malédiction des Ulates (condamnés à une faiblesse périodique par la déesse Macha et incapables de se battre),à laquelle il est le seul à échapper, se positionne sur Ath Gabla (le Gué de la Fourche) de manière à repousser les troupes de la reine Medb (Razzia des Vaches de Cooley)
    Cúchulainn, mené par son cocher Lóeg, arrive à un gué dont la gardienne lave le linge ensanglanté du héros, ce qui présage de sa mort prochaine. Passant le gué, il arrive dans la plaine de Muirthemné, où l’attendent ses ennemis.
    Cette allusion à la gardienne d’un gué peut évoquer les “Parques” celtiques, ancêtres des “lavandières de la nuit”, qui lavent sur un gué, c’est-à-dire à la frontière de l’Autre-Monde, les dépouilles des héros qui vont bientôt périr …
    (il est question quelque part, mais je ne m’en souviens que de mémoire, des Nones gauloises -contraction de “matrones” ?- qui seraient les déesses du destin…)

    Dans un épisode apparaît une anguille. C’est le résultat d’une métamorphose de la Morrigane/ Bodb (corneille), ou déesse de la guerre qui, dépitée de ne pas être aimée du héros Cuchulainn, vient sous cette forme dans le gué où il combat contre les hommes d’Irlande et s’enroule autour de sa jambe. Cuchulainn l’arrache brutalement et la jette contre les rochers

    La route principale de la province d’Ulster va jusqu’au “Gué de la Veille” où Conall, “un bon guerrier des Ulates s’y tient pour veiller et protéger et pour que des guerriers étrangers ne viennent pas chez les Ulates les provoquer au combat”.

    La rivalité entre Conall (héros Ulate, frère de lait de Cuchulainn) et Cet (guerrier du Connaught dont un druide a prédit qu’il tuerait la moitié des hommes d’Ulster) prend fin après un raid de ce dernier dans le Leinster, où il tue vingt-sept guerriers et leur tranche la tête. Conall peut le suivre à la trace du sang laissée dans la neige, il le rattrape à un gué et le tue dans un combat épique, tout en étant lui-même blessé.

    Après la mort du roi Conchobar et de son fils Cormac Cond Longas, on propose la royauté d’Ulster à Conall qui la refuse, ayant mieux à faire chez Ailill et Medb en Connaught. Le roi ayant une nouvelle maîtresse, son épouse demande à Conall de le tuer, ce qu’il fait avant de réussir à s’enfuir, mais il est rattrapé par les guerriers du Connaught qui le tuent au gué de Na Mianna (aujourd’hui Ballyconnell, comté de Cavan)

    Laissons Cuchulainn pour la bataille de Mag-Tured : la Morrigane a invité le grand dieu Dagda à la rejoindre à sa maison près du gué. « L’un des pieds de la femme dans l’eau touchait Allod-Eche au sud ; l’autre pied également dans l’eau touchait Lescuin au nord. Neuf tresses flottaient détachées de sa tête. Dagda s’unit à elle. Dès lors cet endroit s’appela le lit des époux. » Elle prédit à Dagda l’arrivée des Fomore, le jour de la bataille et qu’elle tuerait leur roi « elle versait du sang d’Indech plein ses deux mains à l’armée qui attendait l’ennemi au gué ». Ce gué s’appela « gué de l’anéantissement ».

    C’est aussi dans un gué qu’a lieu un combat entre deux druides, par disciple interposé, Mog Ruith et Colphta: Colphta, l’Orgueilleux , un des cinq druides du roi Cormac , son aspect terrifiant ne l’empêche pas d’être vaincu par le druide Cennmar , disciple de Mog Ruith.

    Toujours en Irlande, une Triade cite : Trí hátha Hérenn: Áth Clíath, Áth Lúain, Áth Caille.
    Les trois gués d’Irlande : Ath Cliath (Gué des Claies), Athlone (Gué de Luan), Ath Caille (Gué du Bois).

    Ath Liag Finn: C’est le nom d’un gué où Finn jeta une pierre plate tenue par une chaîne d’or, cadeau d’une femme du sidh. La légende dit que la pierre et la chaîne seront ramenées un dimanche, par une ondine, sept jours avant que ce monde ne finisse.

    Arawn, maître d’Annwn -l’Autre-Monde- , propose à Pwyll qu’ils échangent leurs royaumes à condition que ce dernier batte, mais sans le tuer son rival Hafgan lors d’un duel sur un gué . Il y réussit

    Dans le cycle Arthurien, Lancelot doit combattre un chevalier, Alybon, gardien du gué de la Reine, sur l’Humbrie, aux ordres de Guenièvre (ce qui rappelle aussi les combats avec le Chevalier Noir, gardien de la source de la Dame de la Fontaine…).Gué éminemment symbolique puisque c’est là qu’au temps de sa conquête, Arthur a rallié ses meilleurs chevaliers: Gauvain, Keu, Loth, et Yvain.

    D’ailleurs, il existe un texte irlandais racontant la naissance mythique d’Yvain/Owein. On y apprend que le héros a été engendré, près du gué de l’Aboiement, lors d’une nuit de Samain.
    .
    Le passage du gué et les combats qui s’y livrent ne sont pas l’apanage des insulaires , et, parmi d’autres exemples, Rabelais nous montre Gargantua buvant le Thouet au gué de Ligaine, près de Taizé.
    Et lors d’une guerre qui oppose Gargantua à Pichrochole,” sa jument pissa pour se relâcher le ventre, mais ce fut en telle abondance qu’elle en fit sept lieues de déluge. Tout le pissat dériva au gué de Vède, et l’enfla tellement au fil de l’eau que toute cette troupe des ennemis fut noyée horriblement “

    On l’a vu, en Irlande, la divinité féminine tutélaire du gué, c’est donc la Morrigane, déesse de la guerre, et le fait que le gué, dans la Razzia des Vaches de Cooley soit le lieu des combats singuliers de Cuchulainn contre les guerriers envoyés par les Irlandais en fait un point de rencontre ou une limite qu’on ne traverse que si on le peut, par exemple si l’on est initié.
    Le gué est le lieu séparant le monde sensible de l’Autre Monde, endroit privilégié des affrontements et combats singuliers pour le héros en quête d’initiation.L’initiation druidique, elle, consistait à passer trois nuits et deux jours de méditation dans un lieu sacré, en contact avec les “divins ancêtres” et ce pouvait très bien être aussi au milieu d’un gué comme symbole du “passage ”, un de leurs lieux de prédilection. Mais le gué n’est pas obligatoirement le passage vers l’autre monde, vers la mort ; il peut être aussi, comme le souligne l’Arbre Celtique, “un passage vers la connaissance qui, si l’on suit les grands textes mystiques, induit l’existence de ces deux mondes comme en “surimpression” et c’est ce que dit W. Kruta à propos de l’art celtique: une surimpression du cyclique et du permanent. Ce qui rend les choses un peu “floues” pour des cartésiens”.
    Une épigraphe gallo-romaine atteste de l’existence d’une Ritona , déesse particulièrement proche du gué qui se dit en gaulois “ritu”, continuation d’un mot indo-européen “prtus” désignant le passage, le gué, le pont. Elle serait donc la déesse gauloise attachée aux gués, peut être même aux combats de gués puisque, comme le dictionnaire des symboles nous le dit, l’archéologie a souvent mis à jour dans l’ancienne Gaule “des armes à l’emplacement de gués, ce qui tendrait à prouver que la coutume irlandaise du combat de gué, en celtique continental et brittonique, se rattache à celle du passage et de la course” (”ritu” signifiant aussi “la course”… et on peut aussi rappeler, incidemment; qu’une course est à l’origine de la malédiction lancée par Macha induisant la “maladie des Ulates”…).
    “Le gué (”dictionnaire des symboles”. Chevalier/Gheerbrant) symbolise le combat pour un passage difficile, d’un monde à un autre, ou d’un état intérieur à un autre état. Il réunit le symbolisme de l’eau (lieu des renaissances) et celui des rivages opposés (lieu des contradictions, des franchissements, des passages périlleux)”.

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    incarnation de lointains ancêtres,

    et mémoire oubliée de peuples antiques …

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    Cette image est certainement celle qui s’harmonise le mieux avec la conception que j’ai actuellement des choses, comment j’appréhende cette démarche :”incarnation de lointains ancêtres,et réactivation de la mémoire oubliée de peuples antiques” et comment je vois ces hommes dans des âges différents dans leurs différents états qui ont fait qui je suis aujourd’hui et qui je voudrais être demain… qui mais aussi comment et pourquoi… Cette image est donc un avatar : en informatique et dans les jeux vidéo, un personnage représentant un utilisateur (en l’occurence moi) qui peut se réduire à un portrait, comme sur un forum ou dans une messagerie, ou encore être un véritable acteur interactif, contrôlé par l’utilisateur, comme dans les jeux vidéo. Son avenir, son importance, sa crédibilité dépendent donc de la manière dont je l’utiliserai…

    Il représente “le Magicien” du Tarot des Druides de Philip et Stephanie Carr-Gomm, équivalent du Bateleur.
    Il connait le secret de la création -il sait s’ouvrir aux deux aspects de l’énergie créatrice divine, que les druides appellent Awen et Nwyfre: inspiration et force vitale. Et il sait comment faire pour que ces forces passent à travers lui et s’écoulent dans le monde, dirigées par sa conscience et sa volonté.
    Le Magicien se tient devant l’une des grandes portes de Stonehenge, révélant ainsi qu’il est un chaman capable de traverser les portes de l’Autre-Monde, pour en ramener connaissance et guérison.
    Il unit le Ciel et la Terre. Cette union a trait aux forces cosmiques que l’on peut considérer comme le Féminin divin et le Masculin divin. Stonehenge fut construit pour célébrer cette union au solstice d’été, au soleil levant uni à la terre dans le sanctuaire intérieur du cercle.

    Très pratiquement, voilà sa signification : “Vous savez que vous avez la possibilité de réaliser vos rêves, et c’est juste une question d’utilisation de votre pouvoir de volonté et de votre concentration pour faire les premières démarches vers la réalisation de votre dessein. N’oubliez pas que vous rendez votre vie magique, et pour faire de la magie efficace dans le monde, vous devez combiner les capacités de concentration et d’ouverture. Le Magicien est puissant parce qu’il sait s’ouvrir à l’inspiration, à l’esprit, et laisser cette inspiration s’écouler de lui dans le monde, par ses décisions et ses actions. Le doute et la préoccupation avec le moi (appelé souvent l’égo) inhibe cette circulation d’énergie. Si vous pouvez avoir confiance et laisser vos soucis au sujet de la vie, l’énergie créatrice peut commencer à circuler à travers vous, et vous pouvez vous mettre à travailler sur des projets importants et significatifs.
    En même temps, le Grand Oeuvre -l’union du dieu et de la déesse en vous- peut commencer, et vous sentez en vous l’énergie d’agir dans le monde, au lieu de rester inactif. La communication est une façon formidable de faire cela -avec différentes parties de votre être, avec votre partenaire, vos amis et vos collègues de travail, et avec le monde de la Nature et de l’esprit. Le Magicien, la Magicienne, est maître, maîtresse du monde -un barde au sens le plus profond du terme, qui connait la sacralité et le pouvoir créatif du monde et de la voix. Le Magicien chante son monde et le fait ainsi exister.”

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    incarnation de lointains ancêtres,

    et mémoire oubliée de peuples antiques …

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    “Je suis un “homme du renne” mais je chasse aussi les bisons et les aurochs dont nous suivons les troupeaux avec mon clan au fil de leurs déplacements saisonniers ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration. Je vénère un dieu père auquel, par assimilation, je fais porter des ramures de rennes. Je vis dans l’entrée des grottes que j’aménage pour me protéger du vent et des grands froids ou dans des campements précaires au cours de l’été. J’aime les parures, animales ou végétales, plumes et ossements, pendeloques de coquillages et de dents d’animaux, et je porte déja des tatouages compliqués. En dehors de la chasse et de la pêche, je fabrique des vêtements , des récipients ,des armes et des outils, je travaille les peaux et les fourrures et me livre à des rites religieux.
    Je suis maintenant un chamane et je guéris les malades, je provoque les changements de temps désirés, je prédis l’avenir et je converse avec les esprits et les animaux-esprits. Je descends au fond des grottes dans les boyaux les plus reculés pour y pratiquer les rites magiques de chasse,et je peins et je grave sur les parois les animaux à chasser et des figures frustres ou au contraire, très réalistes. Je sculpte aussi des figures féminines, des Vénus aux formes accentuées, à l’image de la Terre généreuse que nous allons apprendre à cultiver, de la déesse fertile que je vénère.”

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    Le renne est emblématique de l’époque magdalénienne: il fournit la viande pour la nourriture, les peaux pour les vêtements et les tentes, la graisse pour les lampes, les ramures et les os pour les armes et les outils, les nerfs pour le fil à coudre et les lanières. On lit souvent que les tribus sont nomades et suivent les troupeaux de rennes dans leurs migrations … je ne sais pas trop, en fait, ce qu’on entend réellement par “nomades”, mais en tout état de cause, il est bien évident que ces tribus ne passent pas leur temps sur les chemins… Ce n’est, en effet, pas leur faire trop d’honneur que de penser qu’ ils se sont aperçus que les animaux empruntent toujours le même itinéraire, se rendant compte, par la même occasion qu’il est bien plus intelligent de les attendre à des endroits de ralentissement, au passage des gués par exemple, où les hommes peuvent tuer un grand nombre de bêtes pour faire des réserves. Ces “rencontres” ont assurément lieu deux fois par an, au départ et au retour, en automne et au printemps. Dans l’attente des rennes, les chasseurs édifient un campement dans lequel ils poursuivent leus activités : taille des silex surtout qui doivent servir à la chasse et au traitement des bêtes tuées. Un camp de ce type a été découvert à Pincevent, vers le confluent de l’Yonne et du Loing. On comprend que ce type de chasse a modifié les conditions de vie des hommes : comme ils n’ont plus à suivre les troupeaux, ils passent l’hiver des périodes de glaciation à l’abri dans l’ entrée des grottes qu’ils aménagent pour les rendre plus confortables -mais on a retrouvé aussi des huttes à l’intérieur des grottes- et la belle saison, et de plus en plus, dans des campements plus ou moins précaires en extérieur, sur les terrasses des fleuves, près des rivières et des sources ou au bord de la mer. On chasse aussi d’autres gibiers de grande ou de petite taille et l’été, on pêche dans des cours d’eau libérés des glaces.
    Les grottes profondes ne sont pas propices à une installation humaine pour un certain nombre de raisons : l’humidité et l’inconfort du aux grands froids, l’absence de lumière naturelle, la présence d’ours et autres carnivores des cavernes dangereux . Avec les glaciations l’habitat y devient pourtant courant mais c’est vers les entrées que les hommes s’installent et dans les abris sous roches qu’ils décorent également de gravures, peintures et sculptures, tout comme le fonds des boyaux obscurs et profonds… En face de ces dessins et gravures, l’explication développée par le professeur Jean Clottes avec l’archéologue sud-africain David Lewis-Williams est celle du chamanisme. Pour eux, aller dans les ténèbres, c’était entrer dans un autre monde, celui de l’au-delà, des esprits… De rares personnes, en particulier les chamanes, se rendaient au fond des grottes de manière exceptionnelle. Cela avait pour but de guérir des malades ou de rétablir une harmonie rompue… En réalisant leurs dessins, ils communiquaient avec les esprits de l’autre côté de la paroi, ils donnaient matière à leurs visions… Pour eux, l’image était chargée de pouvoir, comme elle l’est d’ailleurs dans toutes les sociétés traditionnelles.Cette hypothèse du chamanisme a été controversée. Dans la nouvelle édition du livre “Les Chamanes de la préhistoire” (La Maison des roches et Points Histoire), le professeur Jean Clottes réfute une par une les critiques scientifiques d’une manière bien convaincante…
    On n’est pas vraiment sur que les figurines sculptées dites “Vénus” soient des représentations d’une Déesse-Mère … selon Marija Gimbutas (« Le langage de la déesse », édition des Femmes) qui se basait sur les recherches et campagnes archéologiques qu’elle a mené dans l’”ancienne Europe” pré-indo-européenne, principalement dans les Balkans et le long du cours du Danube, un culte de la Déesse se serait universellement répandu dans toute la préhistoire, la femme incarnant la reproduction de l’espèce et son espoir de pérennité dans une dimension qui n’était pas linéaire comme elle le devint avec le patriarcat mais circulaire et cyclique où prend naissance le mythe de “l’éternel retour” . J’avoue bien volontiers mon attirance pour cette théorie, malgré les excès d’interprétation qu’ont pu en faire des féministes radicales … il est pourtant honnête de souligner que d’autres théories ont cours, celle de représentations érotiques notamment (bon d’accord, c’est très prosaïque, plus traces de spiritualité ou de préoccupations métaphysiques, seulement des graffitis érotiques sur les murs …) ou celle, lapidaire, de Pierre Lance :”confronté aux rudesses de l’existence, l’homme éprouve périodiquement la nostalgie du ventre maternel. Une fois enfoncée cette porte ouverte, on ne voit pas ce qu’elle nous apprend de décisif sur le destin des peuples, hormis l’évidence que plus ce culte sera important dans une communauté et plus on pourra soupçonner qu’elle manque d’audace et de virilité” (in “Alésia. Un choc de civilisations”)
    Par ailleurs, cette histoire de “gué” est, elle aussi, intéressante et j’essaierai d’en parler la prochaine fois …

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    incarnation de lointains ancêtres,

    et mémoire oubliée de peuples antiques …

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    Paléolithique (et même avant) . Je suis un “homme du renne” mais je chasse aussi les bisons et les aurochs dont nous suivons les troupeaux avec mon clan au fil de leurs déplacements saisonniers ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration. Je vénère un dieu père auquel, par assimilation, je fais porter des ramures de rennes. Je vis dans l’entrée des grottes que j’aménage pour me protéger du vent et des grands froids ou dans des campements précaires au cours de l’été. J’aime les parures, animales ou végétales, plumes et ossements, pendeloques de coquillages et de dents d’animaux, et je porte déja des tatouages compliqués. En dehors de la chasse et de la pêche, je fabrique des vêtements , des récipients ,des armes et des outils, je travaille les peaux et les fourrures et me livre à des rites religieux.
    Je suis maintenant un chamane et je guéris les malades, je provoque les changements de temps désirés, je prédis l’avenir et je converse avec les esprits et les animaux-esprits. Je descends au fond des grottes dans les boyaux les plus reculés pour y pratiquer les rites magiques de chasse,et je peins et je grave sur les parois les animaux à chasser et des figures frustres ou au contraire, très réalistes. Je sculpte aussi des figures féminines, des Vénus aux formes accentuées, à l’image de la Terre généreuse que nous allons apprendre à cultiver, de la déesse fertile que je vénère.

    Néolithique. Je suis agriculteur et je tire ma subsistance de la terre que nous cultivons de manière collective et qui est une mère providentielle et divine. Et par analogie . je révère la grande déesse-Mère . Le culte des morts et des ancêtres tient une grande place dans ma vie quotidienne et religieuse puisqu’ils sont encore présents parmi nous et qu’ils sont dépositaires d’une force bien supérieure à la notre. Les menhirs, dolmens et tumuli sont liés à ce culte : sépultures, sites religieux et funéraires. Je respecte un calendrier de fêtes saisonnières liées au cycle de la végétation et les mythes qui intègrent la mort, puis la renaissance d’une divinité, assimilée au Soleil. Petit à petit, je vais aussi vouer un culte au Ciel protecteur en l’associant à celui de la Terre mère.

    Je suis maintenant un chamane, sorcier prêtre de la tribu qui sert d’intermédiaire entre les hommes et les âmes des ancêtres pour s’assurer de leur protection. J’ai été “choisi” pour mes dons naturels avant de recevoir une solide formation initiatique souvent pénible et épuisante.

    Antiquité. Je suis Gaulois. Picton, peut être (probable ?) cousin des Pictes d’Ecosse. Picton signifie “les hommes peints” mais aussi “les furieux”…La défaite d’Alésia et la reddition de Vercingetorix viennent de sonner le glas de la Gaule indépendante et des druides qui seront bientôt frappés d’interdit. Les Romains annexent mes dieux et mes déesses pour les assimiler aux leurs mais derrière ces nouveaux noms je continue, surtout si j’habite la campagne , à honorer nos vieilles divinités. Comment pourrait-il en être autrement puisque ces divinités sont intimement et fortement liées au sol sur lequel je vis, à ses forêts, à ses rivières, à ses collines, au vent qui y souffle, à ses mers qui y grondent … et à mes Ancêtres qui ont foulé ce même sol qui est fait de leur chair. …Certains d’entre eux étaient déja même vénérés à l’âge du Renne.
    Je suis maintenant un druide, trait d’union entre les dieux et les hommes. J’allie, aux attributions de ceux qui étaient avant moi -les chamanes- (dont j’ai hérité du Savoir et de la Pratique) celles de philosophe, d’enseignant, d’astronome, de juge, de médecin, d’historien et de bien d’autres encore mais l’essentiel de ces connaissances va disparaitre parce que je me suis toujours refusé à les consigner par écrit pour préserver leurs possibilités d’évolution… Certaines se transmettront par l’oral ou par le geste, les autres devront être redécouvertes ou reconstruites sur le même modèle cohérent par l’étude, la recherche, l’intuition…

    Aujourd’hui. Je suis … moi. J’ai traversé ces divers âges qui m’ont fait ce que je suis et j’ai évolué. Le sol, lui, n’a pas changé, il est toujours fait de la chair de mes ancêtres et ce sont toujours les mêmes divinités que j’honore. Beaucoup s’est perdu des vieilles traditions mais il ne s’agit pas de revenir au point zéro, de remonter 2000 ans en arrière, rayer 2000 ans d’obscurantisme monothéiste, pour se retrouver à un hypothétique âge d’or auquel je ne crois guère mais de récolter un maximum d’informations dans tous les domaines qui peuvent nous aider à mieux connaitre et comprendre la vie quotidienne de nos ancêtres . Il s’agit d’aller à la recherche des Dieux et des Déesses dans le sol que nous foulons et dans notre imaginaire, à travers les lieux, les récits historiques, les légendes, les coûtumes et les fêtes toujours vivantes, les découvertes archéologiques…
    Je suis apprenti- druide, ou apprenti-chamane ou même plutôt simplement apprenti-sorcier. Je n’ai pas grand chose à voir avec celui qui, dans l’Antiquité, se déplaçait avec sa Cour , et parlait avant le Roi en revanche je chéris l’image de celui qui, dans les villages, était tout à la fois prêtre, guérisseur, confident, avec bien d’autres attributions encore, un druide au ras des pâquerettes si j’ose dire…
    En parallèle à ce travail de reconstruction, j’essaie de mettre en conformité ma vie avec la triade transmise par Diogène Laërce: “honore les dieux, sois brave, ne fais rien de bas”, afin qu’on puisse dire de moi et des miens, comme Camille Jullian le disait des Gaulois : “dans la vie comme à la bataille, ils allaient droit leur chemin, à ciel ouvert, le visage nu et le front haut”.

    Dans les années 60, on a découvert en Grande Bretagne dans le Comté de Cumbria, à Brougham (Brocavum), parmi 180 autres sépultures, les restes de deux femmes guerrières qui avaient été précédemment brulées sur des buchers avec leur équipement militaire et leurs chevaux.
    L’une d’entre elles, probablement âgée de 20 à 40 ans, était accompagnée d’autres restes brûlés d’animaux, de placages d’os, employés pour décorer des boites, d’un fourreau d’épée et d’une poterie rouge, tous objets qui suggèrent qu’elle était d’un statut élevé.
    L’autre, qui avait entre 21 et 45 ans, était enterrée avec une cuvette argentée, un fourreau d’épée, des placages d’os et de l’ivoire.
    On pense que ces guerrières sont mortes entre 220 et 300, et peut être ont-elles été enterrées selon leurs rites à elles. On a déterminé qu’ elles appartenaient à la légion Numerii, une unité irrégulière attachée à une légion romaine cantonnée en Grande Bretagne et étaient originaires de la région du Danube en Europe centrale/de l’Est où les anciens grecs affirmaient se trouver les fameuses “Amazones”. . D’autres découvertes sur les lieux suggèrent que l’unité était composée de guerriers venant des provinces danubiennes de la Norique (région très liée à la civilisation celtique), la Pannonie et l’Illyrie qui appartiennent maintenant à l’Autriche, la Hongrie et l’ancienne Yougoslavie. Jusqu’à maintenant, on ignorait qu’il y eut des femmes dans les rangs de l’armée romaine ce qui oblige à s’interroger sur leur rôle dans la société du 3ème siècle .
    C’est passionnant cette histoire … En plus, de l’”unité irrégulière” (appellation qui évoque coups de main audacieux et guerilleros) aux Amazones (un nom tellemment chargé d’images et d’archétypes), tout ça est très fantasmatique et complètement propice au rêve et à l’imaginaire héroïque…

    “Les avatars de la réincarnation”, de Laurent Guyénot, aux éditions Exergue, est un excellent bouquin, d’une grande intelligence, dont voici la conclusion

    La notion de transmigration a subi, entre les traditions chamaniques encore observables en Afrique et en Australie, et le réincarnationnisme occidental moderne, une transformation radicale correspondant au passage d’une religion de la Terre à une religion du Ciel.
    Dans la première, la mort est une descente dans un monde souterrain. la substance vitale des morts, associée au sang et donc au clan, fertilise la Terre Mère, qui la recycle, tout comme elle fait périodiquement renaître la nature. Dans la seconde conception, la mort est une ascension dans le Ciel. Pour une éternité ponctuée de descentes cycliques dans la matière, indépendamment de tout lien généalogique. Entre les deux il existe une conception intermédiaire, celle de l’Hindouisme et de l’Hellénisme classiques : seuls les morts incapables de s’élever au Ciel sont maintenus dans l’attraction terrestre, où ils renaissent, pour leur malheur.
    Vue sous cet angle, l’histoire mondiale de la transmigration apparait comme marquée par un bouleversement culturel fondamental, assez facilement repérable dans le temps et dans l’espace : la montée de l’individualisme, c’est à dire d’une définition de la personne humaine comme unité psychologiquement autonome, contenue dans des frontières étanches et stables. Avant cela l’individu était essentiellement conçu comme un point de convergence dans un réseau d’énergies psychiques relié verticalement aux Ancêtres et horizontalement à la communauté.Il n’était qu’une manifestation particulière d’un psychisme collectif, multiple et fluctuent.
    Au XIX e l’individualisme a atteint en Occident un point d’exacerbation extrême. Cet individualisme forcené est indissociable de l’idéologie économiste et consumériste qui infantilise les adultes par des fantasmes de toute puissance normalement propres à l’adolescence, et qui favorise l’éclatement des systèmes familiaux en individus déracinés. L’individu moderne, dont l’orgueil est constamment flatté par le matraquage commercial, voudrait s’être fait tout seul. Il a perdu le sens de sa redevance aux ancêtres, qui était l’attitude sociale et religieuse fondamentale de toutes les anciennes sociétés.
    La valeur à laquelle s’oppose fondamentalement l’individualisme, ce n’est pas la famille mais le clan, compris comme une communauté humaine constituée de vivants et de morts et structurée par le principe de filiation, ou de lignée. Selon cette ancienne idéologie holiste, l’individu n’ est qu’un individu du tissu social relié horizontalement au clan et verticalement à ses ancêtres, et son éternité individuelle importe moins que sa participation à la continuité des générations.
    Telles étaient les anciennes sociétés indo-européennes. Selon Régis Boyer, l’essence de leur religion tenait au culte des ancêtres. Le lignage ancestral constituait l’axe autour duquel s’organisait la vie sociale. Cette idéologie communautaire du sang, précise Boyer, n’était pas refermée sur le biologique; elle prenait en compte “la notion de pacte, de contrat passé entre puissances adverses et donc celle, corollaire, du serment qui scelle ce contrat” de sorte que des liens de sang pouvaient être créés, non seulement par le mariage, mais par des “pactes de sang”.
    L’individualisme exacerbé qui prévaut maintenant chez nous est en fait le fils naturel du christianisme.
    En effet, dès sa naissance -dans les paroles mêmes de Jésus- la christianisme s’en est pris à l’idéologie du sang. Dans son système de pensée, l’âme est issue directement de Dieu et ne doit rien aux parents ou à leurs ancêtres. En même temps, de manière quelque peu contradictoire, l’âme est réputée entachée du péché originel, qui, lui, est transmis par la lignée issue du premier ancêtre, l’Adam déchu. Le salut consiste donc à s’extraire de cette lignée déchue pour renaître par le sang du Christ, devenir sa chair, se greffer sur sa nouvelle humanité. De sorte que le christianisme est doublement anti-lignage, puisque non seulement la filiation ne transmet rien de divin, mais qu’en plus elle transmet l’essence du diabolique.
    De fait, partout où il a missionné, le christianisme a diabolisé le culte des Ancêtres et éradiqué le profond sentiment de solidarité qui liait les vivants aux morts.
    Paradoxalement, l’idéologie révolutionnaire, puis républicaine et laïque, qui s’est forgée en France contre le christianisme, en a conservé et même exacerbé l’hostilité à toute valorisation spirituelle du lignage, réputé source des inégalités sociales. Aujourd’hui, l’idée que l’individu hérite du bagage spirituel, positif ou négatif, de ses ancêtres, heurte de front l’idéologie démocratique qui a pratiquement fait de l’égalité des chances un postulat métaphysique.
    Mais que valent ces idéologies universalistes qui prétendent relier l’ individu à l’humanité entière tout en sapant son milieu social naturel, la famille élargie ? Que valent, surtout, une idéologie qui, sous prétexte que “tous les hommes naissent égaux”, cultive l’oubli et le mépris de cette valeur ancestrale ajoutée qui fonde la richesse de chacun ?
    On peut se demander pourquoi l’évolutionnisme des zoologues, biologistes et anthropologues n’a pas trouvé dans les milieux spiritualistes des XIXe et XXe un écho sous la forme d’une théorie qui lierait le développement spirituel de l’humanité à l’enrichissement ou au raffinement, au fil des générations, d’une âme ancestrale. La seule cohésion possible entre évolutionnisme et spiritualisme consisterait en effet à admettre qu’une évolution spirituelle s’accomplit par la filiation (avec tout ce qu’elle comporte de transmission affective et culturelle) que le lien générationnel est porteur d’un karma collectif qui s’enrichit de génération en génération (avec parfois des sauts d’une génération et d’autres caprices imprévisibles). L’arbre généalogique esdt d’ailleurs le parfait symbole de cette idée. Pourquoi donc une conception réincarnationniste du progrès spirituel s’est-elle imposée plutôt qu’une conception “générationniste”, ou “filiationniste” qui aurait été à la fois plus cohérente avec le paradigme évolutionniste, et plus en phase avec l’héritage indo-européen ?
    A vrai dire, il existait au tournant du XIXe un courant de pensée à la fois évolutionniste et spiritualiste qui envisageait le plus naturellement du monde, que l’évolution (ou la dégénérescence) spirituelle de l’être humain s’accomplit principalement au sein de la lignée. Ces penseurs se rangeaient parmi les “vitalistes” qui refusaient d’attribuer l’évolution des espèces au seul hasard et à la sélection naturelle, y voyant plutôt l’ouvrage d’un principe vital immanent. Certains vitalistes étaient de surcroit finalistes, c’est à dire qu’ils pensaient que l’évolution avait un but ultime préétabli.

     

    août 2008
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