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franc maçonnerie du bois : tout un parfum de mystère se cache derrière l’image romantique …
la franc maçonnerie, si on écarte tout l’éventuel aspect “utilitaire”, “affairiste”, conserve son petit côté société secrète de fraternité… sorte de Club des Cinq ésotérique et spirituel .
et la forêt, le lieu d’épreuves initiatiques par excellence, où vivent les druides et les initiatrices, les géants et les êtres surnaturels, les fées et le petit peuple, lieu de toutes les magies…passage obligé pour le chevalier qui cherche la lumière, ou dans son itinéraire jusqu’à la source de la Dame où il affrontera le chevalier noir.Lieu par excellence de la présence du divin et du sacré, centre d’enracinement, d’enfouissement, de croissance. Lieu d’un perpétuel jeu d’ombre et de lumière, d’éblouissements et d’obscurité. C’est aussi le domaine placé sous la garde du Vieux Cornu, le dieu des chasseurs du paléolithique, le dieu des sorcières, assimilé par les Gaulois… Kernunnos… maître suprême des royaumes les plus sauvages, qui gouverne les forces primales de vie, de mort et de renaissance qui nourrissent le monde naturel,
Depuis son trône profond dans les sombres forêts , Il est le chef suprême des royaumes les plus sauvages que ses habitants honorent comme leur véritable maître, lui et ses serviteurs : le Gruagach des Highland en Ecosse, le Boggart du Lancashire, le Brownie d’Angleterre, à qui on faisait régulièrement des offrandes en échange de leur aide pour accroître la fertilité et les richesses naturelles.
C’est sans doute lui qu’on voit dans le conte gallois de « Owein ou la Comtesse de la fontaine » du Mabinogion assis sur un petit monticule dans la clairière d’une forêt. Grand homme noir plus grand que deux hommes de ce monde. Il a un pied, un œil au milieu du front, et il porte une lance en fer… Bien que laid, ce n’est pas un homme désagréable. Il est le gardien de la forêt, et un millier d’animaux sauvages broutent autour de lui, le saluant et l’honorant tels que le font les hommes obéissants envers leur seigneur. Son rôle par rapport à Kynon, qui cherche le chemin de la fontaine où il doit affronter le chevalier noir, est de lui indiquer en fait le chemin de l’initiation.

Merlin, l’Homme Sauvage

On ne peut pas parler de la fôret sans parler de Merlin car dans l’univers celtique, la forêt est un sanctuaire, un lieu de résidence des divinités. Par sa folie, par son séjour sylvestre, Merlin se rapproche de la divinité. Il devient l’authentique divinité des bois. De plus il lui arrive d’utiliser des cerfs comme monture , et durant l’hiver, il vit en compagnie d’un loup gris, ce qui le rattache au chamanisme. Le loup est maître Blaise, scribe de Merlin, mais en fait son double, comme le loup est le compagnon de l’Homme Sauvage. Et puis Merlin, à sa naissance, est velu comme un ours. Merlin, l’Homme Sauvage…
Il n’appartient pas seulement à la forêt, il est lui même le Forêt. Il est la Nature à lui seul parce qu’il en incarne les mouvements secrets et l’énergie première. Il porte en lui le rythme des saisons et le principe même du temps
En fait, Merlin, c’est l’Homme Vert…Il est l’archétype le plus profond, le plus primal, le plus primordial du Chaman… Il est indifférencié, il est habité par les différentes énergies de la forêt…. il participe de l’humanité mais aussi du monde minéral, du monde animal et du monde végétal… ce qui veut dire qu’on ne sait pas trop s’il est homme ou s’il est pierre, animal ou végétal…
Il pourrait se rapprocher de Kernunnos mais celui ci est trop lié à la “fertilité” et à la “sexualité”, il est complètement différencié…non, Merlin semble bien plutôt être l’Homme Vert… il est le Gardien, l’Esprit de la Forêt … et donc détenteur de la souveraineté qui, là, est magique et chamanique…

Jack in the Green et Robin des Bois

Dans les festivités attachées à la fête celte de Beltaine, le 1er mai, dans les pays anglo-saxons “Jack-in-the-Green” (Green Man) représente en quelque sorte la transition du printemps à l’été, la pleine floraison des végétaux et des êtres. Il s’agit d’un personnage disposant de pouvoirs de fertilité et de régénération. Dans les campagnes anglaises, c’est lui le “roi du Mai” (May King) et à ce titre, il épouse chaque année la plus jolie fille du village, la “reine du Mai” (May Queen). Au cours de la fête du Mai, Jack-in-the-Green (invariablement revêtu de feuilles et de branchages) doit d’abord faire semblant d’être mort (à l’instar de la Terre qui parait morte, l’hiver). Puis, à un certain moment, il “ressuscite” brusquement et s’élance pour danser avec la “reine du Mai”. On célèbre alors son “union” avec elle, en même temps que le retour annuel de la vie.
Domaine des animaux et de leur Maître, la forêt est aussi le domaine des proscrits (dans le haut Moyen Age scandinave, le proscrit s’y réfugiait et y vivait librement mais pouvait être abattu par quiconque le rencontrait) comme des rebelles qui “à diverses époques, ont élu la solitude, la misère et le danger, plutot que de reconnaitre une autorité qu’ils tenaient pour illégitime” (Ernst Jünger: “Traité du Rebelle, ou le recours aux forêts“), ce qui ménage une belle entrée en matière au fait qu’un
parallèle ait été dressé entre “l’homme vert” des fêtes du Mai et un personnage semi légendaire comme Robin Hood, alias Robin des Bois. Indépendamment de ses bases “historiques”, il ne fait pas de doute que Robin Hood possède une dimension mythique qui l’apparente directement à Jack-in-the-Green. En premier lieu il est d’évidence lié à la végétation. Son costume est traditionnellement de couleur verte: il est “l’homme vert”. Son terrain d’action est une forêt, et celle ci semble jouer un rôle plus important qu’un simple cadre géographique. Par son nom même, Robin des Bois apparait comme l’incarnation de la forêt, le génie de la forêt de Sherwood. Par ailleurs Robin Hood est un archer, un chasseur, un ami des animaux, le protecteur de la végétation (= fertilité), le protecteur des faibles et notamment des femmes (= fécondité), le protecteur du peuple (= productivité). C’est grâce à ses interventions que les biens matériels se trouvent redistribués et plus justement répartis. Tous ces traits situent bien Robin dans le prolongement d’une ancienne divinité de “troisième fonction” (presque toutes les fêtes rurales saisonnières sont dans la dépendance de la troisième fonction)”.

La Franc-Maçonnerie forestière

Un ensemble de rites peu connus émerge dans la Maçonnerie dans les années 1747 ,qui sera nommé “la FM du Bois” et qui présente la double caractéristique de se démarquer du symbolisme de la pierre pour utiliser celui du bois et de ne présenter aucune connotation judéo-chrétienne au contraire du contexte habituel de la maçonnerie
Il semble que nous ayons affaire là, à un rite très antique sans pouvoir en situer l’origine exacte. Tel qu’il se présente, il fusionne deux “familles” du compagnonnage médiéval: les Charbonniers qui, dans le fond des bois, utilisent les copeaux et les chutes pour faire le charbon (destiné aux forges par exemple), et les Fendeurs qui coupent le bois dont se serviront les artisans charpentiers,mais aussi les maréchaux, les verriers, les tuileurs. Ces derniers obtenaient un droit de coupe émanant du propriétaire des terres qu’ils pouvaient léguer à leurs héritiers . Ce qui fait que ce sont développés des métiers compagnonniques sédentaires, en face des métiers mobiles qu’on trouvait plus dans les villes au contact d’une chrétienté en marche et de ses monuments qu’ils lui élevaient : les uns se sont vite christianisés, les autres semblent être restés, du fond de leurs forêts, plus récalcitrants à toute évangélisation.Le druide antique est lui aussi un homme des forêts et les fragiles survivances locales et rurales de la rituélie celte ont du s’enfoncer dans les fourrés au fin fond des bois pour survivre aux buchers de l’Inquisition. Il y a certainement là une des causes originelles de la fusion entre les groupes très sédentaires de fendeurs et charbonniers avec les cultes de terroirs résistant à la romanisation musclée de l’Inquisition (ce qu’on peut prendre comme une pierre dans le jardin de Margaret Murray qui considérait les descriptions de sabbat effectuée au cours des procès de sorcellerie comme des retranscriptions de rituels d’un culte organisé, lui-même lié à une religion païenne pré-chrétienne de la fertilité, ayant survécu partout en Europe depuis la nuit des temps…). C’est tout naturellement que ces rites forestiers vont se faire une place dans l’espace de liberté ouvert par le réveil simultané, dans les mêmes tavernes londoniennes en 1717 du druidisme et de la maçonnerie grace notamment à des personnalités comme John Toland, qui appartenait à l’un et à l’autre. Et le 17 aout 1747, se met en place en France la première Vente Forestière sous le nom distinctif de Chantier du Globe et de la Gloire. Animée par le père maître Beauchêne dont il faut relativiser l’importance dans l’instauration de ces rites, mais qui disait tenir ses pouvoirs de M. de Curval, grand Maître des Eaux et Forêts du Comté d’Eu et seigneur du Courval, elle se tint dans une atmosphère chaleureuse et bon enfant dit-on même si l’on y reconnaissait une grande partie de la Cour du Roi et beaucoup de notables de la région, tous vêtus de manière grossièrement paysannne et chaussant sabots.(on pense aussi aux dames de la Cour qui se déguisaient en bergères avec Marie Antoinette)
Le rite est mixte. On n’y est pas frère mais cousin; on y prend un nom d’arbre quand on tient un office dans la Loge, appelée Vente: cousin Duchêne, cousin Delorme, cousin Ducharme, cousin de l’Erable, cousin Dufrêne, cousin Duhêtre. Les gardiens des portes sont des Piqueurs, les profanes, des Briquets, et le vénérable est le Père-maître. Les Ventes ont lieu dans la nature, à la croisée des chemins, dans un endroit entouré d’arbres. Devant chaque officier se trouve un billot de bois sur lequel est déposé une couronne de feuilles de chêne. Quatre cabanes font partie du rituel. La cabane de l’Ermite, la cabane du Vigneron, la cabane de la Mère Catault et la cabane de l’Ours (un lien avec l’Alban Arthan druidique, solstice d’hiver, situé au nord : la lumière d’Arthur -lié à l’Ours ???). Les cousins fendeurs se mettent en cercle lors des Ventes. Pour tableau de loge, on place au centre de la Vente des scies, cognées, coins, haches et toutes sortes de branchages. Dans les instructions, le corps de l’homme est analogiquement comparé aux éléments constitutifs de l’arbre. L’arbre à dix branches est les mains, le tronc est le buste, les racines les pieds, les grosses branches les bras, les feuilles les habits … A la question “connais tu ton père ?”, on répond en montrant le ciel, à “connais-tu ta mère”, on montre la terre.
Mais parce que le père maître Beauchêne était un partisan de l’inamovibilité des Vénérables, que l’aristocratie jouait un grand rôle dans le rituel puisqu’il provenait des forêts du Bourbonnais où des nobles proscrits avaient trouvé refuge, puis avaient été initiés par des bûcherons, et que les marques païennes en étaient flagrantes, le rite ne perdura pas longtemps malgré sa valeur spirituelle et culturelle qui met en avant le devoir d’hospitalité envers tous ceux qui “sont perdus dans la forêt”, et la notion de justice dans son sens noble.
Par ailleurs, dès le début du XVIIIe siècle, la France voit la naissance d’autres rites maçonniques forestiers, mais cette fois-ci christianisés, que certaines conditions historiques comme la création du Grand Orient de France et la Révolution empêcheront de se développer. Si bien que la Franc Maçonnerie du Bois choisit de s’aventurer dans l’action politique au XIXe siècle dans la carbonaria italienne ou charbonnerie française ( mouvement initiatique et secret, à forte connotation politique, qui joua un rôle occulte important notamment pendant l’épisode des quatre sergents de la Rochelle, sous la Restauration et de la conspiration du général Berton, et qui contribua à l’unification de l’Italie au milieu du XIXe siècle.) Elle finit pourtant par disparaitre malgré quelques soubresauts plus ou moins anecdotiques. Puis, au sortir de la 2eme Guerre Mondiale, un essai de restauration de l’initiation forestière est entrepris par celui qui sera l’initiateur en 1976 de la Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis (Humanitas).En 1999, A. R. Königstein prona le retour d’un carbonarisme initiatique et insurrectionnel et proposa un rituel de Charbonnerie opérant un transfert vers le paganisme, se détachant d’une structure maçonnique classique, et refusant le recours à la violence et au terrorisme. Je ne sais pas pas si des ventes pratiquent aujourd’hui ce rite.

Enfin, en 1993, le grand druide de la Gorsedd de Bretagne Gwenc’hlan Le Scouëzec, récemment disparu rassembla autour de lui un groupe de francs-macons français pour constituer une loge maçonnique de la pierre et ensuite y instaurer le rite maçonnique forestier pratiqué aujourd’hui, s’inspirant directement des rituels de Beauchêsne de 1747. Cette démarche procédait pour Le Scouezec d’une prise de conscience selon laquelle le message culturel du druidisme païen contemporain est enraciné dans les terres celtes, mais que le message spirituel et religieux, lui,dépasse les contraintes des frontières régionales et pourrait être ouvert le plus largement possible à tous ceux qui sont sensibles à cette approche de l’homme et de l’univers.. La Maçonnerie forestière pourrait alors être considérée comme un “sas de communication” entre le druidisme sacerdotal contemporain et le monde en général avec toutes les composantes traditionnelles qui l’habitent. De plus les loges forestières , chacune sur son sol, pourraient faire des recherches profitables au recensement des données culturelles celtes qui émergent encore parfois ça et là capables de légitimer une reconstruction païenne.

Correspondances des Tarots Celtiques de L. Tuan (ed. de Vecchi):

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1. (Bateleur) Lug - Mercure
2. (Papesse) Morrigan - Lune
3. (Impératrice) Brigantia/Brigit - Vierge
4. (Empereur) Amatheon - Lion
5. (Pape) Esus - Jupiter
6. (Amoureux) Nemetona - Gémeaux
7. (Chariot) Teutates - Mars
8. (Justice) Arduinna - Balance
9. (Hermite) Ogmios - Saturne
10. (Roue de la Fortune) Dagda - Neptune
11. (Force) Smertrios - Bélier
12. (Pendu) Gwydion - Poissons
13. (Mort) Sucellos - Capricorne
14. (Tempérance) Diancecht - Verseau
15. (Diable) Cerumno - Scorpion
16. (Maison Dieu) Taranis - Uranus
17. (Etoile) Sirona - Vénus
18. (Lune) Borvo/Manannan - Cancer
19. (Soleil) Belonos - Soleil
20. (Jugement) Epona - Sagittaire
21. (Monde) Artio - Taureau
22. (Mat) Cuchulainn - Pluton

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incarnation de lointains ancêtres,

et mémoire oubliée de peuples antiques …

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“…ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration.”

C’t'amusant, depuis que je m’interroge un peu sur les gués, je n’arrête pas de voir partout des références à ce sujet. Quand ça se passe comme ça, ma sorcière dit qu’il y a de l’écho et j’aime bien cette expression, c’est exactement ça … de l’écho … première référence : dans le bouquin que je suis en train de lire sur Mélusine, enfin plutôt que j’essaie de lire parce qu’il faut bien avouer que c’est parfois assez chiant … dans le contenu mais aussi dans la présentation, comme ce procédé de renvoyer toutes les notes en fin de chapitre : je vois difficilement mieux pour casser la lecture et la concentration… C’est pourtant dans ces notes que j’ai trouvé les références d’un article :”R. Louis, “une coutume d’origine préhistorique : les combats sur les gués chez les Celtes et chez les Germains”. Je n’ai aucune idée de ce que ce monsieur Louis peut dire des combats sur les gués, mais la première partie de la phrase “une coutume d’origine préhistorique” me permet de faire très arbitrairement le lien entre mes deux époques de prédilection même si je n’ai aucune idée non plus de ce qui peut permettre à ce monsieur Louis de prétendre que c’est une coutume d’origine préhistorique … certainement pas le fait que les “hommes du renne” attendaient leurs proies au passage des gués, quoi que … sait-on jamais …
Quoi qu’il en soit, les références au gué sont nombreuses dans la mythologie celtique et cette coutume mystérieuse du combat dans les gués a été attestée dans les textes et prouvée par l’archéologie
Il y a d’abord Cuchulainn qui, lors de la malédiction des Ulates (condamnés à une faiblesse périodique par la déesse Macha et incapables de se battre),à laquelle il est le seul à échapper, se positionne sur Ath Gabla (le Gué de la Fourche) de manière à repousser les troupes de la reine Medb (Razzia des Vaches de Cooley)
Cúchulainn, mené par son cocher Lóeg, arrive à un gué dont la gardienne lave le linge ensanglanté du héros, ce qui présage de sa mort prochaine. Passant le gué, il arrive dans la plaine de Muirthemné, où l’attendent ses ennemis.
Cette allusion à la gardienne d’un gué peut évoquer les “Parques” celtiques, ancêtres des “lavandières de la nuit”, qui lavent sur un gué, c’est-à-dire à la frontière de l’Autre-Monde, les dépouilles des héros qui vont bientôt périr …
(il est question quelque part, mais je ne m’en souviens que de mémoire, des Nones gauloises -contraction de “matrones” ?- qui seraient les déesses du destin…)

Dans un épisode apparaît une anguille. C’est le résultat d’une métamorphose de la Morrigane/ Bodb (corneille), ou déesse de la guerre qui, dépitée de ne pas être aimée du héros Cuchulainn, vient sous cette forme dans le gué où il combat contre les hommes d’Irlande et s’enroule autour de sa jambe. Cuchulainn l’arrache brutalement et la jette contre les rochers

La route principale de la province d’Ulster va jusqu’au “Gué de la Veille” où Conall, “un bon guerrier des Ulates s’y tient pour veiller et protéger et pour que des guerriers étrangers ne viennent pas chez les Ulates les provoquer au combat”.

La rivalité entre Conall (héros Ulate, frère de lait de Cuchulainn) et Cet (guerrier du Connaught dont un druide a prédit qu’il tuerait la moitié des hommes d’Ulster) prend fin après un raid de ce dernier dans le Leinster, où il tue vingt-sept guerriers et leur tranche la tête. Conall peut le suivre à la trace du sang laissée dans la neige, il le rattrape à un gué et le tue dans un combat épique, tout en étant lui-même blessé.

Après la mort du roi Conchobar et de son fils Cormac Cond Longas, on propose la royauté d’Ulster à Conall qui la refuse, ayant mieux à faire chez Ailill et Medb en Connaught. Le roi ayant une nouvelle maîtresse, son épouse demande à Conall de le tuer, ce qu’il fait avant de réussir à s’enfuir, mais il est rattrapé par les guerriers du Connaught qui le tuent au gué de Na Mianna (aujourd’hui Ballyconnell, comté de Cavan)

Laissons Cuchulainn pour la bataille de Mag-Tured : la Morrigane a invité le grand dieu Dagda à la rejoindre à sa maison près du gué. « L’un des pieds de la femme dans l’eau touchait Allod-Eche au sud ; l’autre pied également dans l’eau touchait Lescuin au nord. Neuf tresses flottaient détachées de sa tête. Dagda s’unit à elle. Dès lors cet endroit s’appela le lit des époux. » Elle prédit à Dagda l’arrivée des Fomore, le jour de la bataille et qu’elle tuerait leur roi « elle versait du sang d’Indech plein ses deux mains à l’armée qui attendait l’ennemi au gué ». Ce gué s’appela « gué de l’anéantissement ».

C’est aussi dans un gué qu’a lieu un combat entre deux druides, par disciple interposé, Mog Ruith et Colphta: Colphta, l’Orgueilleux , un des cinq druides du roi Cormac , son aspect terrifiant ne l’empêche pas d’être vaincu par le druide Cennmar , disciple de Mog Ruith.

Toujours en Irlande, une Triade cite : Trí hátha Hérenn: Áth Clíath, Áth Lúain, Áth Caille.
Les trois gués d’Irlande : Ath Cliath (Gué des Claies), Athlone (Gué de Luan), Ath Caille (Gué du Bois).

Ath Liag Finn: C’est le nom d’un gué où Finn jeta une pierre plate tenue par une chaîne d’or, cadeau d’une femme du sidh. La légende dit que la pierre et la chaîne seront ramenées un dimanche, par une ondine, sept jours avant que ce monde ne finisse.

Arawn, maître d’Annwn -l’Autre-Monde- , propose à Pwyll qu’ils échangent leurs royaumes à condition que ce dernier batte, mais sans le tuer son rival Hafgan lors d’un duel sur un gué . Il y réussit

Dans le cycle Arthurien, Lancelot doit combattre un chevalier, Alybon, gardien du gué de la Reine, sur l’Humbrie, aux ordres de Guenièvre (ce qui rappelle aussi les combats avec le Chevalier Noir, gardien de la source de la Dame de la Fontaine…).Gué éminemment symbolique puisque c’est là qu’au temps de sa conquête, Arthur a rallié ses meilleurs chevaliers: Gauvain, Keu, Loth, et Yvain.

D’ailleurs, il existe un texte irlandais racontant la naissance mythique d’Yvain/Owein. On y apprend que le héros a été engendré, près du gué de l’Aboiement, lors d’une nuit de Samain.
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Le passage du gué et les combats qui s’y livrent ne sont pas l’apanage des insulaires , et, parmi d’autres exemples, Rabelais nous montre Gargantua buvant le Thouet au gué de Ligaine, près de Taizé.
Et lors d’une guerre qui oppose Gargantua à Pichrochole,” sa jument pissa pour se relâcher le ventre, mais ce fut en telle abondance qu’elle en fit sept lieues de déluge. Tout le pissat dériva au gué de Vède, et l’enfla tellement au fil de l’eau que toute cette troupe des ennemis fut noyée horriblement “

On l’a vu, en Irlande, la divinité féminine tutélaire du gué, c’est donc la Morrigane, déesse de la guerre, et le fait que le gué, dans la Razzia des Vaches de Cooley soit le lieu des combats singuliers de Cuchulainn contre les guerriers envoyés par les Irlandais en fait un point de rencontre ou une limite qu’on ne traverse que si on le peut, par exemple si l’on est initié.
Le gué est le lieu séparant le monde sensible de l’Autre Monde, endroit privilégié des affrontements et combats singuliers pour le héros en quête d’initiation.L’initiation druidique, elle, consistait à passer trois nuits et deux jours de méditation dans un lieu sacré, en contact avec les “divins ancêtres” et ce pouvait très bien être aussi au milieu d’un gué comme symbole du “passage ”, un de leurs lieux de prédilection. Mais le gué n’est pas obligatoirement le passage vers l’autre monde, vers la mort ; il peut être aussi, comme le souligne l’Arbre Celtique, “un passage vers la connaissance qui, si l’on suit les grands textes mystiques, induit l’existence de ces deux mondes comme en “surimpression” et c’est ce que dit W. Kruta à propos de l’art celtique: une surimpression du cyclique et du permanent. Ce qui rend les choses un peu “floues” pour des cartésiens”.
Une épigraphe gallo-romaine atteste de l’existence d’une Ritona , déesse particulièrement proche du gué qui se dit en gaulois “ritu”, continuation d’un mot indo-européen “prtus” désignant le passage, le gué, le pont. Elle serait donc la déesse gauloise attachée aux gués, peut être même aux combats de gués puisque, comme le dictionnaire des symboles nous le dit, l’archéologie a souvent mis à jour dans l’ancienne Gaule “des armes à l’emplacement de gués, ce qui tendrait à prouver que la coutume irlandaise du combat de gué, en celtique continental et brittonique, se rattache à celle du passage et de la course” (”ritu” signifiant aussi “la course”… et on peut aussi rappeler, incidemment; qu’une course est à l’origine de la malédiction lancée par Macha induisant la “maladie des Ulates”…).
“Le gué (”dictionnaire des symboles”. Chevalier/Gheerbrant) symbolise le combat pour un passage difficile, d’un monde à un autre, ou d’un état intérieur à un autre état. Il réunit le symbolisme de l’eau (lieu des renaissances) et celui des rivages opposés (lieu des contradictions, des franchissements, des passages périlleux)”.

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incarnation de lointains ancêtres,

et mémoire oubliée de peuples antiques …

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Cette image est certainement celle qui s’harmonise le mieux avec la conception que j’ai actuellement des choses, comment j’appréhende cette démarche :”incarnation de lointains ancêtres,et réactivation de la mémoire oubliée de peuples antiques” et comment je vois ces hommes dans des âges différents dans leurs différents états qui ont fait qui je suis aujourd’hui et qui je voudrais être demain… qui mais aussi comment et pourquoi… Cette image est donc un avatar : en informatique et dans les jeux vidéo, un personnage représentant un utilisateur (en l’occurence moi) qui peut se réduire à un portrait, comme sur un forum ou dans une messagerie, ou encore être un véritable acteur interactif, contrôlé par l’utilisateur, comme dans les jeux vidéo. Son avenir, son importance, sa crédibilité dépendent donc de la manière dont je l’utiliserai…

Il représente “le Magicien” du Tarot des Druides de Philip et Stephanie Carr-Gomm, équivalent du Bateleur.
Il connait le secret de la création -il sait s’ouvrir aux deux aspects de l’énergie créatrice divine, que les druides appellent Awen et Nwyfre: inspiration et force vitale. Et il sait comment faire pour que ces forces passent à travers lui et s’écoulent dans le monde, dirigées par sa conscience et sa volonté.
Le Magicien se tient devant l’une des grandes portes de Stonehenge, révélant ainsi qu’il est un chaman capable de traverser les portes de l’Autre-Monde, pour en ramener connaissance et guérison.
Il unit le Ciel et la Terre. Cette union a trait aux forces cosmiques que l’on peut considérer comme le Féminin divin et le Masculin divin. Stonehenge fut construit pour célébrer cette union au solstice d’été, au soleil levant uni à la terre dans le sanctuaire intérieur du cercle.

Très pratiquement, voilà sa signification : “Vous savez que vous avez la possibilité de réaliser vos rêves, et c’est juste une question d’utilisation de votre pouvoir de volonté et de votre concentration pour faire les premières démarches vers la réalisation de votre dessein. N’oubliez pas que vous rendez votre vie magique, et pour faire de la magie efficace dans le monde, vous devez combiner les capacités de concentration et d’ouverture. Le Magicien est puissant parce qu’il sait s’ouvrir à l’inspiration, à l’esprit, et laisser cette inspiration s’écouler de lui dans le monde, par ses décisions et ses actions. Le doute et la préoccupation avec le moi (appelé souvent l’égo) inhibe cette circulation d’énergie. Si vous pouvez avoir confiance et laisser vos soucis au sujet de la vie, l’énergie créatrice peut commencer à circuler à travers vous, et vous pouvez vous mettre à travailler sur des projets importants et significatifs.
En même temps, le Grand Oeuvre -l’union du dieu et de la déesse en vous- peut commencer, et vous sentez en vous l’énergie d’agir dans le monde, au lieu de rester inactif. La communication est une façon formidable de faire cela -avec différentes parties de votre être, avec votre partenaire, vos amis et vos collègues de travail, et avec le monde de la Nature et de l’esprit. Le Magicien, la Magicienne, est maître, maîtresse du monde -un barde au sens le plus profond du terme, qui connait la sacralité et le pouvoir créatif du monde et de la voix. Le Magicien chante son monde et le fait ainsi exister.”

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incarnation de lointains ancêtres,

et mémoire oubliée de peuples antiques …

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Paléolithique (et même avant) . Je suis un “homme du renne” mais je chasse aussi les bisons et les aurochs dont nous suivons les troupeaux avec mon clan au fil de leurs déplacements saisonniers ou que nous attendons sur les gués par où passent leurs routes de migration. Je vénère un dieu père auquel, par assimilation, je fais porter des ramures de rennes. Je vis dans l’entrée des grottes que j’aménage pour me protéger du vent et des grands froids ou dans des campements précaires au cours de l’été. J’aime les parures, animales ou végétales, plumes et ossements, pendeloques de coquillages et de dents d’animaux, et je porte déja des tatouages compliqués. En dehors de la chasse et de la pêche, je fabrique des vêtements , des récipients ,des armes et des outils, je travaille les peaux et les fourrures et me livre à des rites religieux.
Je suis maintenant un chamane et je guéris les malades, je provoque les changements de temps désirés, je prédis l’avenir et je converse avec les esprits et les animaux-esprits. Je descends au fond des grottes dans les boyaux les plus reculés pour y pratiquer les rites magiques de chasse,et je peins et je grave sur les parois les animaux à chasser et des figures frustres ou au contraire, très réalistes. Je sculpte aussi des figures féminines, des Vénus aux formes accentuées, à l’image de la Terre généreuse que nous allons apprendre à cultiver, de la déesse fertile que je vénère.

Néolithique. Je suis agriculteur et je tire ma subsistance de la terre que nous cultivons de manière collective et qui est une mère providentielle et divine. Et par analogie . je révère la grande déesse-Mère . Le culte des morts et des ancêtres tient une grande place dans ma vie quotidienne et religieuse puisqu’ils sont encore présents parmi nous et qu’ils sont dépositaires d’une force bien supérieure à la notre. Les menhirs, dolmens et tumuli sont liés à ce culte : sépultures, sites religieux et funéraires. Je respecte un calendrier de fêtes saisonnières liées au cycle de la végétation et les mythes qui intègrent la mort, puis la renaissance d’une divinité, assimilée au Soleil. Petit à petit, je vais aussi vouer un culte au Ciel protecteur en l’associant à celui de la Terre mère.

Je suis maintenant un chamane, sorcier prêtre de la tribu qui sert d’intermédiaire entre les hommes et les âmes des ancêtres pour s’assurer de leur protection. J’ai été “choisi” pour mes dons naturels avant de recevoir une solide formation initiatique souvent pénible et épuisante.

Antiquité. Je suis Gaulois. Picton, peut être (probable ?) cousin des Pictes d’Ecosse. Picton signifie “les hommes peints” mais aussi “les furieux”…La défaite d’Alésia et la reddition de Vercingetorix viennent de sonner le glas de la Gaule indépendante et des druides qui seront bientôt frappés d’interdit. Les Romains annexent mes dieux et mes déesses pour les assimiler aux leurs mais derrière ces nouveaux noms je continue, surtout si j’habite la campagne , à honorer nos vieilles divinités. Comment pourrait-il en être autrement puisque ces divinités sont intimement et fortement liées au sol sur lequel je vis, à ses forêts, à ses rivières, à ses collines, au vent qui y souffle, à ses mers qui y grondent … et à mes Ancêtres qui ont foulé ce même sol qui est fait de leur chair. …Certains d’entre eux étaient déja même vénérés à l’âge du Renne.
Je suis maintenant un druide, trait d’union entre les dieux et les hommes. J’allie, aux attributions de ceux qui étaient avant moi -les chamanes- (dont j’ai hérité du Savoir et de la Pratique) celles de philosophe, d’enseignant, d’astronome, de juge, de médecin, d’historien et de bien d’autres encore mais l’essentiel de ces connaissances va disparaitre parce que je me suis toujours refusé à les consigner par écrit pour préserver leurs possibilités d’évolution… Certaines se transmettront par l’oral ou par le geste, les autres devront être redécouvertes ou reconstruites sur le même modèle cohérent par l’étude, la recherche, l’intuition…

Aujourd’hui. Je suis … moi. J’ai traversé ces divers âges qui m’ont fait ce que je suis et j’ai évolué. Le sol, lui, n’a pas changé, il est toujours fait de la chair de mes ancêtres et ce sont toujours les mêmes divinités que j’honore. Beaucoup s’est perdu des vieilles traditions mais il ne s’agit pas de revenir au point zéro, de remonter 2000 ans en arrière, rayer 2000 ans d’obscurantisme monothéiste, pour se retrouver à un hypothétique âge d’or auquel je ne crois guère mais de récolter un maximum d’informations dans tous les domaines qui peuvent nous aider à mieux connaitre et comprendre la vie quotidienne de nos ancêtres . Il s’agit d’aller à la recherche des Dieux et des Déesses dans le sol que nous foulons et dans notre imaginaire, à travers les lieux, les récits historiques, les légendes, les coûtumes et les fêtes toujours vivantes, les découvertes archéologiques…
Je suis apprenti- druide, ou apprenti-chamane ou même plutôt simplement apprenti-sorcier. Je n’ai pas grand chose à voir avec celui qui, dans l’Antiquité, se déplaçait avec sa Cour , et parlait avant le Roi en revanche je chéris l’image de celui qui, dans les villages, était tout à la fois prêtre, guérisseur, confident, avec bien d’autres attributions encore, un druide au ras des pâquerettes si j’ose dire…
En parallèle à ce travail de reconstruction, j’essaie de mettre en conformité ma vie avec la triade transmise par Diogène Laërce: “honore les dieux, sois brave, ne fais rien de bas”, afin qu’on puisse dire de moi et des miens, comme Camille Jullian le disait des Gaulois : “dans la vie comme à la bataille, ils allaient droit leur chemin, à ciel ouvert, le visage nu et le front haut”.

 

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