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La prophétie de la Morrigane à la fin de la Seconde Bataille de Mag Tured m’a toujours fasciné mais, et c’est un fait que je trouve assez curieux, à chaque fois que je veux la lire ou réfléchir un peu sur ce qu’elle sous entend, je ne la retrouve pas et passe des heures à la chercher … la dernière fois c’était hier, alors je la recopie ici, dans le contexte exposé par C.J. Guyonvarc’h, pour le retrouver, en principe, sans peine : dialogue_deux_sages.jpg

« Puis après que la bataille eut été gagnée et qu’on eut nettoyé les cadavres restés du massacre, la Morrigan, fille d’Ernmas, se mit à annoncer la bataille et la grande victoire qui avait été remportée, aux collines royales d’Irlande, aux armées des side, aux principales eaux et à leurs embouchures. C’est pour cela aussi que la Bodb décrit des hauts faits. « As-tu quelque nouvelle ? » lui disait-on, et elle répondait:

« Paix jusqu’au ciel,
du ciel jusqu’à la terre,
terre sous le ciel,
force à chacun. »

Elle prophétisa aussi la fin du monde, prédisant tout ce qu’il y aurait de mal, chaque maladie et chaque vengeance, et elle fit le chant si-dessous:

« Je verrai un monde qui ne me plaira pas:
été sans fleurs,
vaches sans lait,
femmes sans pudeur,
hommes sans courage,
capture sans roi;

arbres sans fruits,
mer sans frai;
mauvais avis des vieillards,
mauvais jugement des juges,
chaque homme sera un traitre,
chaque garçon un voleur;
le fils ira dans le lit du père,
le père ira dans le lit du fils:
chacun sera le beau-père de son frère.
Un mauvais temps:
le fils trahira son père,
la fille trahira sa mère. »

gaudenzi_morrigan.jpg C’est aussi une bonne raison (comment ça, une bonne excuse …) pour en profiter pour mettre ici cette représentation, pas très orthodoxe ma foi, de la Morrigane par Gaudenzi, que j’aime beaucoup … Elle danse semble-t-il, et s’en trouve bien déshabillée .. devant elle une épée fichée en terre, derrière une lance, l’enclos de pierres peut faire penser à une tombe …

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« J’ignorais tout de la vie : qu’était ce que l’amour ? Y a-t-il un secret de l’univers qu’on peut deviner dans les bois ? qu’était ce que la nature ? J’espérais une révélation : je soupçonnais l’immense amour que l’univers, séduit par lui même, a pour lui même et se donne. Je voulais y participer, en être ».

(François Augiéras : « la Trajectoire »)

essai_modifie-jpg.jpg

J’aime bien Freyja (http://racines.traditions.free.fr/freyfrig/index.htm) , j’aime bien aussi la représentation que j’en ai sur mon balcon… d’autant qu’elle a une histoire, cette représentation, elle ne sort pas de la réserve d’un fabricant en gros ni de Taïwan ou de Corée… elle a été faite en plâtre à la main par Markus Wolff, un percussioniste du groupe Waldteufel , quand il jouait avec Blood Axis (musique industrielle) et que ce dernier groupe était venu en France il y a quelques années, pour deux ou trois concerts… J’avais commandé la représentation de Freyja et Stephane avait choisi Freyr … Markus Wolff les avait apportées des Etats Unis, dans ses bagages, et c’est Stéphane qui était allé les voir jouer qui les avait rapportées, encore toute fraiches, le plâtre même pas encore complètement sec…


roue-de-lannee.gif En tournant dans le Cercle, je pense à la course du soleil: au Nord d’abord, invisible, caché au coeur de la nuit, comme la petite lueur au coeur de l’obscurité, puis rouge à l’Est, grosse boule incandescente, quand il se lève, annonçant déja, dans quelques semaines, le début de la saison claire. Au Sud, il est un disque jaune, aveuglant, au zénith dans un ciel estival, et grosse boule rouge à nouveau, à l’Ouest, quand il tombe sur l’horizon, à quelques semaines cette fois de la saison sombre et de la nouvelle année. Pour aller ensuite s’enfouir au coeur de la nuit du Nord.

Le Nord correspond à la terre, froide et sèche, sombre, stable, dense, forte et matérielle. Cette terre dont nous sommes nous mêmes faits, fertile et nourricière, lourde de toutes les potentialités en germe. Donneuse de vie mais aussi donneuse de mort puisqu’elle peut nous engloutir, et que nous retournerons en elle.
A l’ Est l’air humide et chaud, partout présent, qui est force et légèreté du vent. Il nous rafraichit et nous donne la vie mais peut aussi se montrer impitoyable en nous balayant comme fétus de paille.
Le feu du Sud, sec et chaud, est la lumière et la chaleur du soleil dans le ciel, ou du feu dans la cheminée, mais ses flammes peuvent aussi tout consumer sur leur passage, et il est aussi la fulgurance de la foudre qui tue et le magma du centre de la terre qui peut se répandre au dehors en larges fleuves brulants.
L’Ouest enfin, avec l’eau humide et froide, qui lave et désaltère, qui nous purifie et nous nourrit avec ses poissons mais qui érode les rochers les plus solides et peut aussi nous engloutir. L’eau qu’il faut traverser pour atteindre les Iles Bienheureuses.

houx1.jpg Au Nord, paysage nocturne avec des collines dont les sommets sont recouverts de neige, où les arbres, sauf les toujours verts comme le houx et l’if, ont leurs branches nues et noires, givrées, seulement égayées ça et là de grosses boules de gui. Le vent est glacial. Le serpent est lové dans un trou, sous une souche ou sous une pierre, et l’ours attend des jours meilleurs, profondément endormi dans le fond de sa grotte.
A l’Est le soleil se lève sur un matin de printemps, l’air est frais et parfumé. Les arbres sont couverts de borgeons, qui donnent l’impression que les branches sont ombrées de velours vert, et les pousses surgissent de la terre : tout semble régénéré, avoir été comme lavé et purifié par les rigueurs de l’hiver. C’est le temps des semailles. Le vent pousse les nuages blancs et là haut, l’oiseau cherche les courants qui lui permettront de s’élever toujours plus haut, dans un air qui lui file entre les plumes, il est ivre de voler, ivre d’altitude, ivre de liberté.
champ-blelignes-courbes.jpg Au Sud il est midi, et là c’est la Vie qui éclate, les champs sont lourds des moissons à venir et les couleurs qu’arbore la nature, toute de profusion végétale, éclatent sous un soleil d’été, la sève des végétaux, ancrés profond dans la terre et dressés vers le ciel, est lourde comme est lourd le sang qui coule dans les veines des êtres vivants. Avec la vie c’est la passion qui éclate, le cerf dont les bois seront repoussés dans deux mois, court dans la forêt, pressentant son désir.
A l’Ouest le soleil couchant s’enfonce dans les eaux sombres et déjà ce n’est plus le jour. Les arbres perdent leurs feuilles d’automne, rouges et brunes qui jonchent le sol et la température de l’air commence à chuter. On termine les récoltes et les vendanges. saumon.jpg Le saumon, en surmontant de nombreux obstacles, remonte la rivière qui traverse des champs à présent nus, vers son lieu de naissance, pour s’y reproduire. Il remonte à la Source.

Derrière la course du soleil et le déroulement des cycles de l’année, se dessine celui de la vie humaine avec la naissance au Nord, l’adolescence à l’Est, l’âge adulte au Sud et la vieillesse à l’Ouest qui glisse jusqu’au Nord et à la mort.
En parallèle, le Nord représente l’époque de réceptivité aux forces de l’inspiration (imagination, intuition, sensation) et au commencement de mise en oeuvre de certains projets.
L’Est est le temps de l’ouverture aux forces de la lucidité (pensée, intelligence, esprit, logique).
Le Sud est l’époque de l’expression, de la réalisation de nos rêves et du travail dans le monde extérieur.
L’Ouest enfin, est le temps d’une énergie qui favorise l’évocation, la réflexion qui opére la synthèse des expériences

Au Nord, on fête le passage de la nuit la plus courte à la renaissance du soleil: Mabon, le fils de la Déesse est né: jeune Roi Soleil dont le rôle sera de distribuer sur la Terre tous les dons de la Déesse, répartir les nourritures matérielles et spirituelles.
A l’Est, les nuits et les jours s’équilibrent. La Nature s’éveille à travers le réveil de ses forces puissantes dont Kernunnos est la divinité.
Au Sud, on fête le jour le plus long, l’énergie vivifiante, le feu, et l’on honore les divinités solaires : Bel et Belisama, Brigitt et Lugh.
hecate_2.jpg A l’Ouest, les jours et les nuits à nouveau s’équilibrent et la Vieille (Kerridwen, Morrigan, Nantosuelta) vient chercher ce qui doit mourir, partir, ce sur quoi on doit lâcher prise, pour en remplir son chaudron.

En parcourant ces divers cycles tout autour du Cercle, chacune de ces stations est un point d’arrêt, mais l’ensemble doit être vu comme étant dynamique, un peu comme si on était dans un manège … allez, tournez ….

(samedi 12 janvier)

J’ai appris hier que certains modérateurs d’un forum païen auquel je suis inscrit m’avaient dans leur ligne de mire … ce qui ne m’étonne pas outre mesure étant donné qu’il ne doit pas y en avoir beaucoup qui n’ait pas quelque chose à me reprocher personnellement … parce que je sais bien que si animosité il y a à mon égard, ce n’est pas en fonction des « besoins de la cause » ou de la nécessaire retenue sur le forum qui est officiellement invoquée, mais qu’il s’agit bien, pour la plupart, d’ animosités personnelles dues à ce que j’ai pu dire suite à une intervention de truc ou de machin.

L’affirmation de Christopher Gerard selon laquelle « un païen qui n’est pas aussi un hoplite est un jean-foutre » m’a complètement séduit.

hoplite_19398_lg1.gif Donc, il m’arrive de me faire hoplite et de réagir … C’est là mon premier tort : d’avoir des difficultés à ne pas réagir devant quelque chose qui me tient à coeur…Mon second étant d’avoir, pour ce faire, une trop forte propension à employer l’humour…Morgane m’avait bien conseillé d’éviter l’humour, c’est généralement mal accepté par ceux qui sont en cause (quand ils le comprennent…). Bon d’accord, j’avoue, il y a aussi que j’aime bien la chicane …

D’ailleurs tout ça, N. l’admet implicitement quand il m’écrit : « Par conséquent, je voulais te dire aussi que certains t’ont dans la ligne de mire. Je pense que ça ne t’étonnera pas, vu que tu sembles titiller imperturbablement toute personne (ou groupe) montrant des vélléités d’autorité sur toi ».

Il n’a pas tort, mais il aurait pu ajouter « montrant des vélléités de volonté de pouvoir » (rien à voir avec la volonté de puissance de Nietzsche). En fait je n’ai rien contre l’autorité légitime et librement acceptée …mais celle qu’on cherche à m’ imposer en vertu de on ne sait quelle Vérité, me fait gerber … Ajouter aussi que je hais l’injustice, tant ! que ça me donne parfois envie de hurler !!! ou ce que je prends pour de l’injustice, quitte peut être, je le reconnais, à être parfois à la limite de l’injustice moi même. En fait j’ai les cons en horreur, la définition est suffisamment large pour englober tout ce que je déteste et les dieux savent si cette catégorie est bien représentée dans le monde païen. Le panorama s’étend, grosso modo du facho obtus à l’anti facho obtus (j’emploie le mot « facho » par commodité et non dans son sens historique …j’aurais tout aussi bien pu écrire totalitaire) et ce n’est pas parce que je mets tout au masculin qu’il faut en déduire que le bourrin est obligatoirement un mec … bien au contraire … en passant par toutes les nuances situées entre ces deux extrêmes, qui, sous couvert d’ouverture et de tolérance sont prêts à vouer au bucher tous ceux (et celles) qui ne partagent pas leurs conceptions personnelles de ….. l’ouverture et de la tolérance .. pas de liberté pour ceux qu’on juge arbitrairement être des ennemis de la liberté … en fait, il faudrait se priver de parole pour laisser la parole à l’adversaire, ou même à l’ennemi (curieuse conception complètement masochiste, à moins qu’elle ne cache quelque chose d’encore moins avouable…) ce n’est pas une question d’être païen ou non, c’est une question d’être païen de la même manière que trucmuche-apprenti-grand-gourou ou non …
Il y a aussi qu’il règne curieusement une sorte de solidarité entre les ambitieux du pouvoir, je l’ai bien remarqué quand j’ai dénoncé la dérive sectaire de la gouroute de l’Ordre druidique que j’ai quitté, on ne m’a pas remercié d’attirer l’attention sur un comportement « suspect » mais on m’a plutôt reproché, au contraire, d’être « trop méchant » avec elle, comme si je réglais là une affaire perso qui n’avait rien à faire dans le domaine public… ce qui est quand même un comble pour des biens pensants qui n’hésitent pas à mettre à l’encan des auteurs ou penseurs, à les vouer aux gémonies pour le seul fait de leurs idées ou de leur appartenance politique (vraie ou supposée)… Je me souviens qu’il n’y a pas très longtemps quelqu’ un qui occupe maintenant une place importante au sein de l’association appelait à la délation et au lynchage et à la mise sur la place publique d’une liste regroupant les sites païens considérés comme étant d’extrême droite …

(jeudi 10 janvier 2008)

J’ai mis ce « faire part » ce matin sur la LWE et sur la LAPF:

« C’est avec un grand plaisir que nous vous annonçons la naissance de la Tigialon Uscas, groupe de Celtes païens en Poitou. A côté de pratiques individuelles ou collectives nous fêtons les 8 fêtes de la Roue de l’Année, dans notre Clairière charentaise consacrée à Nantosuelta, où nous tenons aussi des célébrations liées aux cycles lunaires.
Profondément enracinés dans notre terre pictonne, nous voulons faire nôtre une pratique populaire que nous nous efforçons de retrouver ou reconstruire dans le même esprit.
Nous avançons sur le chemin tracé par les Dieux et Déesses du sol que nous foulons, respectueux du culte des Ancêtres qui l’ont foulé avant nous, de la Terre Mère et dans la magie de la Nature sacrée ».

clairiere-7-janvier08-063.jpg« Tigialon uscas »… en principe, c’est du gaulois … et ça veut dire « la clairière enchantée dans le taillis » . On aime bien cette idée de « taillis » par rapport à la traditionnelle « clairière » druidique ou le traditionnel « bosquet »: « taillis » ça fait plus sauvage, moins maitrisé mais en même temps, c’est plus ou moins en bordure. C’est pas perdu dans la forêt, c’est un accueil, une invitation … c’est juste quand on franchit le Seuil du bois …

Il y a un petit moment que ça nous tente et qu’on en parle: faire des « ateliers païens »… et on n’est pas les seuls à caresser ce projet, Faëlle dans sa Provence écrit elle aussi: « Peut être que je mettrai en ligne mes idées d’atelier et donnerai ainsi les résultats. Juste histoire de… partager des expériences. »

En ce qui nous concerne, et parce qu’il faut bien commencer quelque part, je vois quatre sortes d’ateliers, les ateliers pratiques où on fabrique quelque chose, des ateliers réflexion où on explore un sujet prédeterminé , des ateliers voyage avec méditations guidées (ou non), des ateliers observation où on observe, par exemple, ce qui se passe au fil du temps, toujours dans un même endroit de la nature …

Ce qui suit doit être pris comme un brouillon, comme un pense bête … une manière comme une autre d’avoir tous les éléments au même endroit et non pas des bribes de phrases ou de mots griffonnés sur de multiples petits bouts de papier qui encombrent vite les poches…

Ateliers fabrique >>>>>>>>>>>>>>>> pour la Clairière : Tigialon Uscas

—————> petites maisons (taille maison pour oiseaux) (Nantosuelta)
—————> micro laraires (illustrations Hatt pour le frontispice et plan de mon miroir FM)
—————> croix de Brighid ———————— avec de la paille (Vivre la Tradition celtique p. 74)
—————> flèches prières (Guide pratique de Chamanisme) —————— garder les plumes
—————> attrape-vents (Guide pratique de Chamanisme) ——————– coton à broder
——————– rubans
——————– bâtons fourchus
—————> bannières
—————> noeud de moisson (Vivre la Tradition celtique p. 255)
—————> couronnes (lierre – chèvrefeuille) (Vivre la Tradition celtique p. 156)
——————————– garder les longues tiges d’orties
——————————– garder la résine qui s’écoule des arbres (résineux, cerisiers, pruniers…)
—————> peindre (spirales ou autres motifs) sur des pierres (Chaman Celtique p.183)
—————> sac du chaman (Chaman Celtique p.167)
—————> ramure argentée (Chaman Celtique p. 170)

..trouvé cet article dans le n°8 de la revue Druvidia:

La terre, un être vivant

Un être vivant se caractérise par diverses fonctions dont les principales sont: la digestion, la repiration, la circulation.
Chez l’homme, le coeur est l’organe qui manifeste les mouvements les plus rapides en ne considérant que la vie organique. Il bat soixante fois par minute, en deux temps, avec une contraction et une dilatation et préside à la circulation du sang;
Le poumon fonctionne à raison de vingt fois par minute avec son temps d’inspir et d’expir, il préside aux fonctions de respiration ou digestion de l’air atmosphérique. La digestion dont la durée est variable selon les repas plus ou moins abondants et les individus, doit s’accomplir quatre fois en vingt quatre heures.
L’innervation ou fonction du système nerveux est, en gros, caractérisée par la veille (16 heures) et le sommeil (8 heures), ainsi que par les cinq sens objectifs.
Il faut ajouter que pour l’homme la durée de sa vie physique sur cette planète, est d’environ soixante quinze ans.
Les mouvements de la terre sont plus lents que ceux de l’être humain. Une minute de l’homme correspond à un jour de la terre.
Circulation: en une journée de 24 h. la terre tourne sur elle même, une moitié est dans l’obscurité, l’autre baigne dans la lumière solaire, en même temps, l’océan présente un gonflement (marée haute) et une contraction (marée basse). L’eau est aspirée de l’océan dans l’atmosphère, elle circule comme un courant artériel au dessus des terres sur lesquelles elle tombe en pluie ou rosée. Elle se condense dans les glaciers qui constituent les réserves vitales de la planète. Et cette eau retourne par les rivières et les fleuves à l’Océan, ce qui constitue le courant veineux.
Respiration: la terre absorbe et fixe les rayons solaires, à chaque période de rayonnement solaire et de rayonnement lunaire correspond un inspir et un expir. Mais la période du cycle respiratoire complet est de quatre semaines dont chacune est caractérisée par l’influence lunaire.
De la nouvelle lune à la pleine lune se fait la fixation dans les filons (1) métalliques de l’inspir des rayons solaires. De la pleine lune à la nouvelle lune, c’est l’expir de tout ce que la terre renvoie de forces hors de son domaine.
Digestion: la digestion terrestre est caractérisée par:
1) ingestion des aliments par l’humus terrestre,
2) séparation des parties absorbables et des parties inutiles,
3) fixation dans l’organisme terrestre et transformation en produits nouveaux des parties digérées, ou assimilation et utilisation,
4) transformation ultérieure en substances inertes des produits digérés, ou excrétions.
A certains moments, la terre a faim plus qu’à d’autres. Elle s’arrangera toujours pour augmenter son alimentation en provoquant des épidémies, des cataclysmes ou des guerres entre animaux ou êtres humains. L’ agriculture est basée sur la digestion terrestre:
1) ingestion des germes (septembre à décembre),
2) assimilation par l’humus des germes ingérés (décembre à mars),
3) production et sortie des germes transformés, union des sucs terrestres et des rayons solaires constituant la sève (mars à juin),
4) le Fruit ou la Graine, produit vivant, en même temps que les sous produits, retournent à la terre sous la forme de cadavres végétaux (juin à septembre).
Pour les animaux et les minéraux, il y a des périodes analogues. Innervation, les forces que la terre tire du soleil et qui n’ont pas été employées sont concentrées dans les filons métalliques qui forment un véritable système nerveux ganglionnaire. Le temps attribué au cycle de l’innervation terrestre est assez difficile à déterminer. La période de vie et de mort des continents terrestres se fait en 25920 ans (la grande année de Platon) dont 12860 d’absorption des forces cosmiques et 12860 d’expir de ces forces avec transformations continentales et déluges.

(1) Filon: suite ininterrompue d’une même matière recoupant des couches de nature différente.

Mardi 8 janvier 2008

De la brume ce matin…
Le brouillard est Mystère (pour certains le « myste » est celui qui est voilé, pour d’autres celui qui garde les lèvres fermées, mais dans un cas comme dans l’autre , myste et brouillard restent liés). Mystère parce que tout concourt à en faire un Seuil et le Seuil est Mystère parce qu’il peut être ouverture sur l’Inconnu.
Le brouillard estompe ou transforme les formes mais aussi les couleurs et les sons, ainsi que les odeurs, et on ne sait pas trop ce qu’il cache: le paysage qu’on avait auparavant devant les yeux ou des créatures monstrueuses comme dans la nouvelle de Stepehen King ? De cette « purée de poix », dans un « silence ouaté », sort parfois une forme sombre qui peut être n’importe quoi, mais bien souvent ce qu’on ne croyait pas que c’était et qui se présente « voilé ». D’ailleurs , on se souvient d’Héraclite qui prétendait déjà que la nature « aime à se voiler »…Et ce brouillard, en se levant, s’il découvrait un nouveau paysage qu’on ne connait pas ? un ailleurs ?… c’est bien aussi effrayant que de craindre que le soleil ne se lève plus …
Le brouillard estompe, transforme, mais aussi il trompe et il égare : même avec une corne de brume, rien de plus facile que de se perdre dans le brouillard qui, parfois, semble jouer avec nous, ne dévoilant que ce qu’il veut, quand il veut, sous la forme qu’il veut.
Il est le cinquième Elément mais en même temps le produit d’une danse entre trous les autres éléments, et il est lié aux trois Mondes : le monde d’en dessus, avec les nuages, notre Monde, quand il nous environne et emplit la surface de notre perception, et le Monde d’en dessous quand il flotte au dessus d’une étendue d’eau, tel un gros serpent paresseux qui émanerait directement d’elle, telle une Vouivre. Le brouillard est lieur.
brouillard-monet.jpg Le brouillard aime jouer, un peu à la manière de ces lutins facétieux: il s’enroule, s’accroche, glisse sur vous, et quand vous croyez le saisir, il vous file entre les doigts. Il est désir, il est invitation: invitation à le pénétrer, à pénétrer en lui, à passer le seuil pour accéder à un autre monde, et quand on est « dans le brouillard », on est dans l’inconnu, ou entre rêve et réalité. Mais s’il invite il ne se laisse pourtant pas pénétrer facilement: on peut s’enfoncer, s’immerger en lui pendant des mètres et des mètres sans avoir pour autant l’impression de bouger de place, des heures et des heures sans avoir l’impression que le temps passe. Le brouillard distord l’espace, comme le temps …
Dans le même ordre d’idées, le brouillard/seuil me fait penser à la buée qui peut se déposer sur un miroir: le miroir qui est une porte à franchir sur un autre monde ou sur soi même (comme Alice de Lewis Carroll ou le miroir magique de Blanche Neige) où la buée déposée sur sa surface peut faire office de sas… D’ailleurs, la buée empêche de se voir quand on se regarde dans le miroir … ou alors on se voit tout flou, comme effacé …Certains ésotéristes disent que le miroir ne fait que révéler le « juge suprême » : il faudrait donc effacer/traverser la buée pour le découvrir ? pour se découvrir ?
Enfin, je trouve que le brouillard présente une certaine analogie avec les boules de gui, avec cette même couleur laiteuse assimilable au sperme et donc à la fertilité : comme lui, comme le gui qui s’accroche tout pareil aux branches des arbres, et donc comme le sperme, le brouillard serait riche de toutes les potentialités ?
… et j’aime bien quand cette couleur laiteuse est lumineuse, lumineuse du soleil qui, caché derrière, est sur le point de se dévoiler … quand le soleil se devine ainsi derrière le brouillard, on a l’impression que quelque chose va s’ouvrir …

(Monet: Bras de la Seine près de Giverny – Brouillard)

J’ai terminé hier « Train d’enfer pour Ange rouge ». C’était le premier roman de Franck Thilliez, paru en 2003 qui a écrit depuis « la Chambre des Morts » (2005), « Deuils de miel » (2006) et « la Forêt des ombres » (2006). Cet auteur prolixe rencontre un joli succès de vente et « la Forêt des Ombres » et « la Chambre des Morts » sont en cours d’adaptation au cinéma.Il a par ailleurs reçu le prix des lecteurs Quais du Polar 2006 et on parle de lui comme du futur « roi du thriller français ».
L’histoire: le commissaire Sharko dont la femme a disparu 6 mois auparavant se rend sur les lieux d’un crime et découvre le corps torturé d’une jeune femme qui a manifestement été retenue prisonnière durant des mois au long desquels on lui a fait subir des sévices épouvantables. L’enquête éprouvante va l’entrainer dans le milieu SM hard et du monde du vice qui se cache sous les atours policés d’Internet. Il rencontre des tarés dont il n’aurait jamais soupçonné l’existence et croise quelques autres cadavres qui ont subi le même traitement que la première de la liste, à la poursuite du tueur qui peut tout aussi bien être un fou mystique qu’un vulgaire marchand de sexe, entre snuff movies et le souvenir d’un moine qui fut une grande figure de l’Inquisition.
Autant l’avouer tout de suite, je n’ai pas beaucoup aimé…  l’écriture d’abord car l’auteur veut trop en faire… Il abuse vite des images et son style devient trop redondant. A un point tel que même la plupart des dialogues souffrent de cette écriture un peu laborieuse que d’autres ont qualifiée d' »agressive » (comme quoi les gouts et les couleurs…) et que bien souvent, les personnages s’expriment de la même manière que l’auteur dans ses parties descriptives . Ce qui fait qu’on a des diatribes du genre : »je ne sais pas quelle force obscure engendre ces êtres démoniaques ni si ce sont les lois de probabilités ou du hasard qui font que, à un moment ou un autre, on bascule du mauvais côté… », et qu’on ne dit pas « je restai muet de dégout devant toute cette horreur » mais « ces mots me figèrent dans les replis du dégout, à la bordure des profondeurs rances de la colère, de la rage, de l’envie de presser le monde jusqu’à en extraire la substance immonde qui donne vie aux criminels ». Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? n’est-ce pas ? parce qu’on ne dit pas non plus « je sentais son souffle sur ma nuque » mais « son souffle fétide me taraudait les épaules », pas plus que « je vis les yeux d’Elisabeth s’écarquiller » mais « je vis les pupilles d’Elisabeth se répandre dans le blanc de l’oeil comme une nappe de pétrole » (aïe, ça doit faire mal …). Et ce ne sont que quelques exemples pris entre des dizaines d’autres …
L’intrigue est assez haletante mais ne tient pas vraiment la route: le commissaire, en dehors de toute vraisemblance se conduit comme un privé américain des années 50, on ne sait pas les véritables motivations du tueur, le marchand de sexe semble avoir la prédominance mais le fou mystique n’est pas loin, comme si l’auteur était pressé de finir … et je me demande encore pourquoi il avait choisi … non, ça je peux pas le dire parce qu’il faut quand même ménager un tout petit peu de suspense pour ceux qui voudront quand même le lire …
Enfin, cerise sur le gâteau, il faut souligner l’extrême complaisance des descriptions des scènes « gore » (avec lesquelles l’auteur tient quand même son lecteur en haleine : le répugnant est assez fascinant…): « La tête reposait face tournée vers le plafond, à une trentaine de centimètres de son propre corps. Par l’orifice béant du cou, fuyaient tendons et ligaments, tiraillés à se rompre ou regroupés en fins serpentins bouclant tels de minuscules ressorts. Au coeur de ce lacis violacé, poignait, entre deux parois de chair, l’obélisque blanc de la moelle épinière », ou encore « des petits-laits, des sérosités rosâtres, des eaux semblables aux vins gris du Maroc, suintaient des deux seins brulés »…
Ben ça me donne pas envie d’acheter les autres, ni de les lire …

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