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(Jeudi 7 février 2002-2008)

Même si France a pu me dire, hier au cours de nos pérégrinations, qu’elle était prête à ce qu’on s’installe en Inde, soit pour ouvrir un ashram, soit pour y faire le commerce de cartes postales (ses capacités d’imagination m’ont toujours surpris …), même si elle prétend être aux petits soins pour moi, même si elle m’attache à sa « Mission » : « quand on va être rentré en France, ça ne va pas être facile pour nous de travailler pour l’Unité » . Bon, pour préciser les choses, deux mots sur sa « Mission » : l’Unité, c’est son nouveau cheval de bataille spirituelle et travailler pour l’Unité, ça veut dire qu’en rentrant en France, elle compte bien, (avec moi !…) répandre la « bonne parole » : il faut comprendre que personne d’autre n’existe. C’est moi qui suis assis là sous la forme de Truc. C’est moi qui suis assis là sous la forme de Machin. « C’est moi qui joue tous ces différents rôles. Tout est moi. C’est la recherche du Soi de ne plus faire la différence. Peut être que ce corps ci est un peu plus proche, celui là un peu plus éloigné mais c’est la seule différence. L’Etre est Un. Aussi,quand le mental reconnait cette unité, il se dissout, il disparait. Tous les êtres sont moi, une partie de moi. Jeff est une partie de moi. Lloyd est une partie de moi. Shirley est une partie de moi » (Sri Sri Ravi Shankar: « Dieu aime s’amuser »)… inutile de préciser que j’ai du mal à bien percevoir tout ce que ça implique, que j’ai du mal à le percevoir tout court, d’ailleurs … ça me donne simplement une impression de tristesse, on ne doit pas rigoler tous les jours quand on s’aperçoit qu’on est les autres et qu’ on voit son mental se dissoudre et disparaitre, parce que le mental, oui c’est vrai que quand il est trop envahissant, il est particulièrement pénible mais que d’autres fois il est bien agréable et même utile je dirais …
Donc, malgré ce comportement bienveillant (… étrange mais bienveillant …), un petit incident est venu hier au soir me rappeler à l’ordre en me montrant ce qu’au delà de son sourire et de sa gentillesse elle est en train de devenir. En fait, à partir d’une spiritualité curieuse et ouverte elle est en train de verser dans la bondieuserie et l’intransigeance, persuadée qu’elle est de détenir LA Vérité, d’être La Vérité. Je faisais simplement des comparaisons anodines sur les personnels des deux hôtels quand elle a commencé à m’entreprendre sur mon Ego, égo détestable bien sûr qui, s’il n’est pas reconnu et maté impitoyablement m’empêchera de travailler avec elle en France … J’avais les nerfs à fleur de peau sans doute, et j’ai pris la porte sans attendre, en la claquant si fort que je me suis trouvé tout con en face d’un type de l’hôtel qui passait dans le couloir et m’a jeté un regard désapprobateur …ben désolé… moi quand je suis en rogne, je donne des coups de poing dans les murs et je claque les portes …
Quand je plonge dans la rue, encore chaude, bruyante, odorante, colorée ça m’est comme un bain de jouvence … je respire cette poussière et cet encens à pleins poumons… je flâne un peu et puis, comme la colère me creuse l’estomac, je m’offre un petit régime d’une dizaine de bananes petite taille que j’avale en me promenant et buvant des yeux tous les spectacles qui s’offrent à moi…
Ce matin nous ne parlons pas beaucoup et je vais faire un grand tour dans le quartier … c’est fou comme j’aime cette ambiance, ce bruit, cette poussière … et quand je reviens à l’hôtel elle a disparu… ce qui me permet de réfléchir tranquillement à tout ce qui se passe… En fait plus tard, après être rentré en France, je lirai un bouquin de Régis Airault, « Fous de l’Inde » au joli sous-titre: « délires d’occidentaux et sentiment océanique ». Lecture particulièrement éclairante sur tout ce à quoi j’ai pu assister (et vivre !) en Inde , qu’ on en juge par la 4ème de couverture :
fous-de-linde.jpg  « L’Inde rendrait-elle fou ? Un psychiatre, Régis Ayrault, a constaté que, de Bombay à Goa, de Delhi à Pondichéry, un véritable syndrome indien touche les Occidentaux -pour la plupart des adolescents et des jeunes adultes- qui se rendent dans ce pays . Là plus qu’ailleurs, et de manière plus spectaculaire, il semble que notre identité vacille.Des personnes jusque là indemnes de tout trouble psychiatrique éprouvent soudain, sans prise de drogue, un sentiment d’étrangeté et perdent contact avec la réalité. Plus curieux: ces troubles sont presque tous sans lendemain. Revenu chez lui le voyageur en garde même un bon souvenir et quelque temps plus tard il n’a souvent plus qu’une idée en tête : retourner en Inde … Qu’est-ce donc qui nous attire en Inde ? Pourquoi sommes nous si fragiles là-bas ? et que nous apprend sur nous mêmes cette expérience qui transforme en profondeur notre vision du monde ? »
… alors on imagine ce que ça peut être quand la personne n’a pas été tout à fait indemne de tout trouble jusque là… et je dois avouer que, dans une certaine mesure, je n’ai certainement pas été moi même épargné …
Finalement je décide d’aller passer l’après midi dans le centre et quand je rentre le soir, malgré les repères pris quand il faisait jour, dont toujours cette gigantesque statue d’Hanuman, je me perds quand même …je m’inquiète un peu, je n’ai même pas le nom de l’hôtel sur moi et mis à part le fait qu’il est à deux doigts d’une école Montessori et dans un quartier où il y a toujours un gigantesque marché de bouffe, je n’ai pas vraiment d’autres renseignements pour le trouver… Je tombe sur des policiers et je crois être sauvé mais je ne suis pas sur qu’ils comprennent bien ce que je leur demande, pas plus que je ne suis sur de bien comprendre ce qu’ils me disent (qu’est-ce que je regrette alors d’avoir perdu tout mon anglais, de ne pas l’avoir entretenu depuis le lycée …)… il fait nuit, je marche droit devant moi, je suis frôlé par les voitures, les bus, les rickshaws et tout d’un coup alors que je commence vraiment à désespérer je m’aperçois que je suis juste à un pâté de maisons de ma destination … j’ai mal aux pattes, mal à la tête aussi … et faim …et suis super heureux d’être rentré…
srisri-02.jpg France doit aller ce soir à un meeting (est-ce qu’on appelle ça un meeting ?) de l’ Art of Living, le mouvement spirituel auquel elle appartient et dont le gourou est Sri Sri Ravi Shankar : « Ravi Shankar serait né au sein d’une famille réputée pour sa grande piété dont les grands-parents, de riches brahmanes, auraient cédé toute leur fortune aux pauvres. Les enfants auraient donc vécu avec le juste nécessaire dans un climat familial tourné vers l’élévation spirituelle. Dès l’âge de quatre ans, il aurait récité par cœur des pages de la Bhagavad-Gîtâ, et aurait trouvé plus d’attrait à la méditation qu’aux jeux de ses camarades. » http://www.artdevivre.fr/fondateur/biographie.html
Et comme moi je ne suis pas invité, j’accepte l’invitation de Bablu de diner avec lui … Je ne comprends pas trop quand je le vois engager des parlotes avec les types de l’hôtel et puis, nous prenons la direction des chambres, il ouvre une porte, regarde à l’intérieur, puis passe à la porte suivante, même manège … il en passe comme ça trois ou quatre puis à un moment, ce qu’il voit à l’intérieur semble le satisfaire et nous entrons … en fait, il cherchait une chambre libre et celle ci l’est … C’est une grande chambre avec, en plus du lit, des chaises et une table basse que nous annexons illico… Très franchement je ne comprends pas grand chose à ce qui se passe jusqu’à ce qu’on frappe à la porte et que des employés de l’hôtel entrent avec des plateaux (des Thalies) recouverts de mets, poulet, riz au curry, chapatis (pains sans levain), et appalam (sorte de galettes séchées et frites) avec des légumes divers et des lentilles (dhals) que j’arriverai avec un peu d’entrainement, en mangeant avec les doigts (de la main droite !) à ramasser assez bien avec les chapatis pliés en forme de pelle … quel régal … je viens là de mettre le doigt dans l’ engrenage d’une addiction fatale : la cuisine indienne …

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gwen.jpg Gwenc’hlan Le Scouezec est mort mercredi matin, 6 février, à Brasparts (Finistère). Né en 1929 à Plouescat, il était le fils du peintre Maurice Le Scouezec.

Gwenc’hlan Le Scouëzec était médecin allergologue et écrivain (Le Guide de la Bretagne mystérieuse, Les Druides, La Médecine en Gaule …)

Il était aussi le « Grand Druide de Bretagne » depuis 1980. Il succédait à Per Loisel. Le cinquième à porter ce titre pour le « Gorsedd de Bretagne » (rattaché à la tradition du druidisme gallois). Son successeur devrait être Per-Vari Kerloc’h. Il avait 78 ans.

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