Christian Goudineau: « Par Toutatis ! Que reste-t-il de la Gaule ? » (Seuil)

J’avais été plutôt séduit je dois l’avouer par la liberté de ton qu’affectait Goudineau … de la simple affectation malheureusement parce qu’avec une absence totale d’humilité l’auteur, loin des révélations promises, ne nous apprend en définitive pas grand chose. Qu’en pleine période romaine, persistaient des cérémonies organisées selon un calendrier gaulois fort ancien. Que la Gaule était un pays largement défriché, exploité économiquement, au sol organisé pour des raisons d’agronomie et sans doute à des fins fiscales. Que les Gaulois étaient assujettis à l’impôt et même pressurés au maximum par leurs chefs. Qu’il y avait une zone monétaire indexée sur le denier ce qui montre que la Gaule s’était déja pliée aux nécessités économiques (et capitalistes) et que devaient s’échanger des cargaisons entières de navires romains contre des centaines d’esclaves (monnaie d’échange semble-t-il habituelle contre le vin …), des milliers de boeufs sur pied, des tonnes de sel et des quintaux d’étain. Les interlocuteurs gaulois des commerçants romains ne pouvant être que les aristocrates qui disposaient seuls des fonds et de la culture appropriée. Que la Gaule enfin, n’était pas une nation unie, que c’est César qui a fixé des frontières arbitraires et que l’essentiel des « grands peuples » de Gaule se joignirent à César pour soumettre les régions encore indépendantes du Nord et de l’Ouest jusqu’à ce que le romain commette assez d’erreurs pour qu’éclate l’insurrection générale.Tout ça, le druidisant doué d’un minimum de bon sens et d’esprit critique le sait déjà … il n’y a que ceux (nombreux malheureusement) qui pratiquent l’idéalisation forcenée qui seront froissés par ces vérités qui n’entachent en aucune manière le respect qu’on doit à nos Ancêtres, les anciens Celtes … Pour nous faire cette démonstration, Goudineau emploie les trois quarts de son bouquin, le reste est consacré à la difficile histoire de l’archéologie et à l’incurie des autorités humaines dès qu’il s’agit de mettre en balance un intérêt historique et de civilisation avec des intérêts économiques et marchands… triste …

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