Je ne voudrais pas paraitre trop prétentieux, mais à l’orée de ces « chroniques du balcon », qui menacent d’atteindre un summum d’inintérêt, j’avais envie de mettre en exergue ces lignes de Xavier de Maistre qui préludent à son « Voyage autour de ma Chambre »:
« J‘ai entrepris et exécuté un voyage de quarante−deux jours autour de ma chambre. Les observations intéressantes que j’ai faites, et le plaisir
continuel que j’ai éprouvé le long du chemin, me faisaient désirer de le rendre public ; la certitude d’être utile m’y a décidé. »


Orienté plein nord, mon balcon mesure 1m28 sur 2m86, . Une porte fenêtre, de la pièce principale, y donne ainsi qu’ une autre porte fenêtre, de la cuisine, et qui forment angle droit. Quand on y (rentre ? pénètre ? je ne sais pas trop quel terme employer s’agissant d’un balcon …) sur la droite, un grand fauteuil paillé que j’ai du acheter quand j’avais une vingtaine d’années. Assurément ce détail ne me rajeunit pas, mais le fauteuil, lui, est encore en bon état même s’il faudrait que je m’en occupe … la paille semble toujours impec mais le montant du côté droit, l’extrémité donc est en train de s’effriter … je l’avais déjà traité : bonne dose de cette saloperie de xylophène et tartines de pâte à bois après avoir enlevé tout ce qui voulait bien partir … mais là, depuis un ou deux ans, ça recommence … je ne sais pas s’il y a, à nouveau, une bestiole, mais ça se barre en couilles de poudre de bois dès qu’on y aventure un ongle … si j’enlève tout ce qui veut bien partir, ça va faire vraiment un gros gros trou … je me demande si le mieux ne serait pas finalement de scier le bout et de le remplacer par un autre morceau de bois parce que, que ça ne soit pas fait dans les règles, je n’en ai pas grand chose à faire après tout, je ne participe pas à un concours de restauration de fauteuil paillé (comme quoi, on peut changer, parce qu’il y a quelques années, jamais je n’aurais raisonné de cette manière…). Je ne me suis pas acheté beaucoup de meubles qui « comptent » dans ma vie … ce fauteuil et puis une petite table de ferme … c’est d’ailleurs sur elle que je suis présentement installé. Je les ai achetés à peu près en même temps quand j’avais une vingtaine d’années … besoin de m’ancrer ? avec ces meubles régionaux ? besoin de m’installer ? quoi de moins « nomade » qu’un « meuble » ? autrement dit, le meuble: symbole d’embourgeoisement ?… l’outil d’initiation qui fait passer le seuil, passer de l’ado à l’adulte ? adulte ? moi ? ça ce saurait … enfin quoi qu’il en soit, les seuls autres meubles que j’ai achetés par la suite étaient des étagères, et puis des étagères, et puis … des étagères … ah si ! il y avait aussi ce fauteuil Voltaire que j’aimais et que j’ai préféré abandonner plutôt que de discuter pour le récupérer, il y a de ça maintenant 7 ans (!!!), parce que j’abandonnais aussi tout ce qui était allé avec pendant plus de vingt ans, c’est comme ça que j’ai laissé une bonne partie de mes « beaux » livres (les Encyclopédies de Pierre Dubois notamment), pas mal de BD (dont les séries « Tintin », « Spirou et Fantasio », et les Corto Maltese), les Pléiade (Montherlant, Giono, Céline, Hemingway) (entre parenthèse, j’aimais bien lire dans ce Voltaire, il était beaucoup mieux adapté à ça que les autres sièges … )

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