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Beaucoup de choses m’agacent en ce moment et je supporte vraiment de plus en plus mal l’injustice, la laideur, la mauvaise foi, la vanité, la bêtise ce qui laisse peu de place au reste, donc pas grand chose pour trouver grâce à mes yeux… Ce qui m’incite à ne pas bouder mon plaisir et dire deux mots de samedi dernier où, à Chauvigny, j’ai non seulement fait la connaissance de deux païens comme je les aime, mais en plus j’ai vu que la municipalité avait donné à une rue le nom de Léo Malet, le père de Nestor Burma .
Nestor Burma, c’est celui qui « met le mystère knock out », c’est le type même du détective privé de l’époque héroïque. Grand amateur de « lait de panthère », sujet à la gueule de bois , il ne cache pas non plus son goût pour les belles filles avec une très nette et très suspecte préférence pour les « femmes-enfants », étant bien entendu dès le départ qu’aucune n’arrivera pourtant au niveau de la cheville (parfaite) de son Hélène de secrétaire.
On devine sans peine qu’au cinéma, un Nestor Burma américain serait apparu sous les traits d’Humphrey Bogart (dixit son créateur et noblesse oblige), mais qu’en bon français, avant d’être Guy Marchand, il fut René Dary et Galabru lui prêta aussi sa lippe ainsi qu’un Michel Serrault plutôt atypique. Et puis, Tardi est passé par là…
Nestor Burma c’est aussi Léo Malet qui promène son cynisme réjouissant et sa gouaille irrésistible du haut de sa « vieille bonne vache de pipe à tête de taureau ». Léo Malet, le poète surréaliste amère et déçu : « je me suis établi détective comme je me serais installé poète. Sauf que j’ai une plaque à ma porte au lieu d’avoir une plaquette dans mon tiroir. Je suis un franc tireur. Je gagne mon boeuf au jour le jour, sans l’aide de personne ou presque, semblable à celui qui s’enfonce dans la jungle, un fusil aux pognes, pour chasser ses deux repas et son paquet de gris quotidiens ». Léo Malet, l’amoureux d’un Paris pittoresque et provincial qu’on n’avait pas encore livré à la pioche ni à l’imagination délirante des promoteurs. Léo Malet l’ethnologue, l’observateur de cette jungle qu’est la grande ville, et de ses habitants, humbles ou suffisants, proies et prédateurs, petits truands canailles ou gangsters de haute volée. De la série des « Nouveaux Mystères de Paris », Gilbert Sigaux disait « Malet y met en scène les secrets de la ville et les secrets des personnages ».
Il m’avait écrit très gentiment pour me remercier d’un article que j’avais fait sur lui dans Centre Presse et je garde encore sa carte postale faite maison selon la technique du collage et dont il s’était fait une spécialité … Une année, au Salon du Livre, je l’avais vu s’éloigner dans une allée, avec sa casquette et sa grosse pipe à tête de taureau, les jambes de ses pantalons légèrement trop courtes qui laissaient voir une bande des chaussettes et j’avais trouvé ça très touchant… ça devait être l’époque où Daeninckx lui pourrissait la vie à grands coups d’anathèmes et de dénonciations trémolesques… Daeninckx, grand pourfendeur du fâââchisme, commissaire politique, et grand inquisiteur mais aussi rédacteur récurrent de minables lettres de dénonciation… qui verrait une alliance néo-fasciste rouge-brune dans une glace à deux boules fraise-chocolat… collectionneur de fiches sur tout le monde, RG nouveau genre, qui dénoncerait père et mère et puis sa petite soeur pour faire bonne mesure…

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