A mon avis, peu de gens savent que la statue de Jeanne d’Arc, dans le square des Cordeliers, derrière le palais de Justice à Poitiers, est l’oeuvre de Maxime Real del Sarte, camelot du Roi de la première heure.

Mouvement de jeunesse, rattaché à l’Action Française de Charles Maurras et présentant un idéal de jeunesse frondeuse et rebelle, les Camelots recrutaient bien au delà des cercles monarchistes. Ils prirent une part active dans les émeutes du 6 février 1934 et furent dissous avec d’autres ligues en 1936.

Si je me souviens bien d’un bouquin de Maurice Pujo que j’avais lu, étant môme, à la bibliothèque, Maxime Real del Sarte était un personnage truculent, haut en couleurs, toujours prêt à participer à des ventes de l’Action française mais aussi à des groupes de réflexion comme aux bagarres de rue. Le sculpteur, chef des Camelots du Roi, qui allait revenir de la guerre amputé de l’avant bras gauche, vouait un véritable culte à Jeanne d’Arc dont il dit « je fus toujours son serviteur ». Il s’illustra notamment lors de l’ « affaire Thalamas » du nom d’un professeur qui avait été autorisé à ouvrir en Sorbonne, un cours libre sur la « Pédagogie de l’Histoire » au cours duquel il affichait son désir de détruire le culte de Jeanne d’Arc qu’il appelait la « Jeannolâtrie ». Si ce n’est point Maxime qui fessa le professeur, les fesses à l’air, couché sur sa chaire (on savait vivre à cette époque …) il n’en prit pas moins part active à l’agitation suscitée par « l’Affaire », écopant même de quinze jours de prison pour « outrages à agents ».

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