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Toute renaissance du druidisme est impossible, selon le professeur Guyonvarc’h, spécialiste en la matière s’il en fut, parce que, d’une part, la langue sacrée qu’employaient les druides a disparu et d’autre part, que la société celtique indépendante à laquelle la figure du druide était liée, n’existe plus non plus … On voit tout de suite que nous ne parlons pas de la même chose … le professeur Guyonvarc’h parle de « sa » spécialité, c’est à dire du druidisme vu à travers la lorgnette universitaire réductrice , du druidisme envisagé dans sa définition sacerdotale, c’est à dire d’un « corps » de sacerdotes et de son rôle dans les domaines tant religieux, que savants, philosophiques, économiques ou politiques… on ne voit pas dans cette « définition » la moindre trace de ce que j’appellerai « paganisme vécu » mais une sorte d’inventaire froid et sans vie, de simples fiches signalétiques sur des hommes (et peut être des femmes) dont, effectivement, nous n’avons plus grand chose à faire, si ce n’est à nous y intéresser d’un point de vue historique… Il n’a jamais été dans nos propos ni dans nos voeux de restaurer ce druidisme académique là, mais bien plutôt de vivre nos croyances païennes d’enfants de la terre Celte comme auraient (peut être) pu la vivre nos ancêtres si le monothéisme n’avait imposé sa chape de plomb depuis des siècles.

Considérer que toute « restauration » du paganisme celte est impossible est donc, à mon sens, le premier écueil à éviter. Le second se trouve à l’autre extrême et consiste à se dire que, le paganisme étant par essence adogmatique, on peut faire à peu près tout ce qu’on veut, « n’écouter que son ressenti » (ce qui me fait bondir … ) et, suivant une terminologie complètement aberrante, « se construire sa propre tradition » en venant remplir selon son humeur, son caddie aux rayons du super marché de la spiritualité.

On pense ce qu’on veut d’Alain de Benoist, c’est pourtant lui qui a écrit ces mots qui forment une ligne directrice aussi cohérente qu’ enthousiasmante…: « « Le paganisme aujourd’hui ne consiste pas à dresser des autels à Apollon ou à ressusciter le culte d’Odhinn. Il implique par contre de rechercher, derrière la religion, et selon une démarche désormais classique, l’« outillage mental » dont elle est le produit, à quel univers intérieur elle renvoie, quelle forme d’appréhension du monde elle dénote. Bref, il implique de considérer les dieux comme des « centres de valeurs » (H. Richard Niebuhr), et les croyances dont ils font l’objet comme des systèmes de valeurs: les dieux et les croyances passent, mais les valeurs demeurent. C’est dire que le paganisme, loin de se caractériser par un refus de la spiritualité ou un rejet du sacré, consiste au contraire dans le choix (et la réappropriation) d’une autre spiritualité, d’une autre forme de sacré. Loin de se confondre avec l’athéisme ou l’agnosticisme, il pose, entre l’homme et l’univers, une relation fondamentalement religieuse – et d’une spiritualité qui nous apparaît comme beaucoup plus intense, plus grave, plus forte que celle dont le monothéisme judéo-chrétien se réclame. Loin de désacraliser le monde, il le sacralise au sens propre, il le tient pour sacré – et c’est précisément en cela, qu’il est païen.« 

Il n’est pas question de refaire l’histoire , « réinventer des dieux, à la manière antique », est impossible. Retrouver le paganisme tel qu’il était ? je ne vois pas comment cela serait possible et je ne sais même pas si ce serait souhaitable (d’autant plus qu’il devait y avoir autant de « variantes » que d' »écoles » et « tendances »…) en revanche, il est possible, j’en suis certain, de retrouver le paganisme tel qu’il aurait pu devenir… Nous ne voulons pas reconstruire à l’identique, nous voulons forger les outils qui nous permettront de vivre notre foi de manière cohérente. Malgré tout ce qu’on a pu dire de la tradition orale il est faux de prétendre qu’on a tout perdu de l’enseignement des druides: les découvertes archéologiques et leur interprétation, le comparatisme avec les textes irlandais et gallois débarrassés de leurs scories chrétiennes, et le recours à l’hindouisme et autres traditions indo-européennes peuvent nous donner de sérieuses pistes pour une sorte de reconstructionnisme basé sur un archéo futurisme intelligemment pensé … retrouver les dieux locaux, je pense que c’est réellement possible et (re) construire « en respectant l’esprit des Anciens », je suis certain que ça l’est aussi…

Une des méthodes, non exclusive, utile à l’apprenti « re-constructionniste » et qui est l’une de nos finalités, à la Main Rouge, est l’étude des traditions non écrites…

Que faut-il entendre par « traditions »? On laissera la parole à Etienne Renardet (« Vie et croyances des Gaulois avant la conquête romaine ») qui répondra bien mieux que je ne saurais le faire moi même:

lire plus:

http://lamainrouge.wordpress.com/2008/08/10/etude-des-traditions-non-ecrites/

Je me demandais, comme ça, s’il y avait des écrivains -romanciers ou philosophes- catholiques « militants » qui trouvaient grâce à mes yeux et trois noms me sont venus :

Gustave Thibon, le philosophe-paysan  avec son éternelle cigarette entre les lèvres, celui là même qui a dit : « « Economiser, au sens vrai et sain du mot, cela signifie surtout : réserver pour mieux donner. ».

Jean de la Varende, dont les personnages historico-romantiques ont pour une part été les guides de mes pas adolescents. J’ai même été membre plusieurs années des « Amis de La Varende » (lire absolument « Man d’Arc », « Les Manants du Roi » et « Nez de Cuir »).

Michel de Saint Pierre qui m’a appris qu' »en tout il y a la manière » et que le mot « aristocrate » venait du grec « aristos »: « excellent ». A lire « Les Aristocrates », « Les Nouveaux Aristocrates », « La Mer à Boire ».

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Gustave Thibon (2 septembre 1903 à Saint-Marcel-d’Ardèche, France – 19 janvier 2001) est un philosophe français. En tant que philosophe-paysan, il a passé une grande partie de sa vie à Saint-Marcel-d’Ardèche.

Très tôt féru de littérature malgré sa sortie de l’école à l’âge de treize ans, il fut marqué par les horreurs de la Première Guerre mondiale, d’où lui vint son rejet du patriotisme revanchard et de la démocratie. Sa jeunesse aventurière le mène à Londres, puis en Italie. Il effectue son service militaire en Afrique du Nord, mais revint définitivement dans son village à 23 ans.

« Philosophe-paysan », catholique, monarchiste et autodidacte, il fut l’ami de la philosophe d’origine juive Simone Weil, qu’il recueille dans sa ferme pendant la Seconde Guerre mondiale et dont il publie en 1947 La Pesanteur et la grâce.

Il a reçu en 2000 le Grand prix de philosophie de l’Académie française.

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Jean Balthazar Marie Mallard de La Varende Agis de Saint-Denis, baron Agis de Saint-Denis, « vicomte » de La Varende, connu sous le nom de Jean de La Varende, né le 24 mai 1887 au château de Bonneville à Chamblac (Eure), mort le 8 juin 1959 à Paris, est un écrivain français.

Parmi les centaines de nouvelles que compte son œuvre, le terroir normand (notamment le pays d’Ouche) constitue le cadre principal. S’y ajoutent des contes et des romans dont les éditions numérotées sont aujourd’hui recherchées.

Mais l’attrait de la mer, sa passion pour la navigation, mais aussi la Bretagne et l’Espagne, la mise en scène de curés de campagne, de paysans mais également de hobereaux normands, milieu auquel il appartient et la nostalgie de l’Ancien Régime forment la trame essentielle de son œuvre. Son écriture à la fois sentimentale et romantique est très attachée au sol, au sens de la terre labourée, aimée, transmise intacte. Elle cherche à décrire la pureté tout en sachant exprimer l’homme dans ses travers et ses erreurs. Les récits ont souvent pour fond une sorte de transmission idéale des traditions rurales du passé, tant dans les chaumières que dans les châteaux, qu’il décrit dans quelques beaux livres.

Ce traditionaliste catholique à la foi tourmentée était en outre monarchiste, proche du journal l’Action française. Cette position politique est probablement la cause d’une sorte de « mise sous scellés » de ses écrits, aujourd’hui méconnus, à l’instar d’autres Henry Bordeaux, Paul Bourget ou Michel de Saint-Pierre, aussi prolixes et lus de leur vivant.

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Michel de Saint-Pierre, de son vrai nom Michel de Grosourdy, marquis de Saint-Pierre (né le 12 février 1916 à Blois, mort le 19 juin 1987 à Saint-Pierre-du-Val, dans l’Eure) était un écrivain et journaliste français.

Faisant ses études à Paris, il passe, après son baccalauréat de philosophie, une licence de lettres classiques mais manifeste peu d’interêt pour ses études. A l’âge de dix-huit ans, il décide de partir pour Saint-Nazaire où il va travailler en usine comme ouvrier métallurgiste. Il s’engage ensuite quatre ans dans la marine, comme matelot de pont et combat pendant la seconde guerre mondiale dans les forces navales, puis devient résistant. Il sera décoré de la Croix de guerre, de la médaille de la résistance avec rosette, de la Croix du combattant volontaire et de la Médaille militaire. Il sera également Chevalier d’honneur et de dévotion de l’Ordre souverain de Malte.

Royaliste et catholique, défenseur de la messe traditionnelle, il se lance avec vigueur dans les grands débats qui agitent une société française en pleine transformation. En 1964, en pleine crise conciliaire, son roman Les Nouveaux prêtres, met ainsi en scène, avec une grande profondeur d’analyse, la détresse intérieure de beaucoup de catholiques devant la vague des réformes liturgiques et pastorales de Vatican II1. Un autre de ses romans à succès, Les Aristocrates, peint avec finesse la vie d’une certaine noblesse française, tiraillée entre tradition et modernité, sens du devoir et aspiration à la liberté.

Romancier très prolifique, Michel de Saint-Pierre fut aussi un ami fidèle d’Henry de Montherlant et Jean de La Varende avec lesquels il a échangé une riche correspondance. Ses œuvres, écrites dans un style vigoureux, empreint d’une vaste culture et de douce ironie, touchent aussi par la foi de leurs personnages, aux prises avec un monde qui semble perdre le sens de ses racines et de Dieu.

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en fait, je les aime parce qu’ils sont païens sans le savoir … qu’ils sont des hommes libres et parce qu’ils écrivent 100, 1000 fois mieux que tous les plumitifs d’aujourd’hui …

Mes dieux ne sont pas des dieux du désert. Mes dieux ne sont pas interchangeables avec les dieux de mes voisins. Mes dieux sont les dieux d’un sol où les arbres sont des chênes, des merisiers, des bouleaux, des noisetiers (dont les longs chatons de ses fleurs mâles annonceront la venue du printemps après l’hiver même si, comme la plupart des espèces forestières, les arbres portent sur un même pied aussi les fleurs femelles, ), des érables, des houx et des buis, auxquels s’ajoutent, le long des ruisseaux, des rivières et des fleuves, des peupliers et des aulnes dont les racines plongent dans l’eau et dont la cime s’étale face au soleil.

Le tapis de feuilles mortes et l’humus sous jacent en voie de formation du sol dont mes dieux sont les dieux, recèlent toute une faune d’insectes, de myriapodes, de vers, d’arachnides, de mollusques dans toutes leurs phases de développement. Ils constituent même en hiver la nourriture régulière des rouge-gorges et des merles qui aiment à fouiller à grand bruit dans le tapis de feuilles. Tandis que, bec noir, pieds noirs, plumage noir à reflets bleutés, les corbeaux freux s’abattent en grandes colonies sur les champs offerts, et que la buse, perchée sur un arbre ou une motte de terre, chasse à l’affût surtout des petits rongeurs comme les campagnols et les taupes.

La dissémination du gui est assurée par les oiseaux: la grive et le geai particulièrement, qui se nourrissent des baies.

Les bourgeons et les chatons floraux formés déjà avant l’hiver sont une bonne source de nourriture pour certains oiseaux hivernants, les bouvreuils en particulier; tandis que les baies, les glands, les faînes et autres fruits sont une manne pour les ramiers, les pinsons et les mésanges.

Les crevasses et les fissures des écorces, les écailles des bourgeons sont peuplées d’insectes cachés pour hiverner sous toutes leurs formes: oeufs, larves, nymphes. Ils sont recherchés et capturés par les mésanges, les roitelets, les sittelles, les grimpereaux et les pics dont les « rondes » souvent composées de plusieurs espèces, parcourent la forêt pendant l’hiver. Ces « rondes » se rassemblent pendant la matinée et voyagent la journée dans un rayon de quatre kilomètres au maximum. Leurs membres retrouvent le soir, isolément, leur cachette nocturne coutumière.

Mes dieux sont les dieux d’un sol foulé par toutes sortes d’animaux.

L’écureuil roux vire au gris l’hiver et ses oreilles s’ornent alors d’un pinceau de poils. Il émet des son variés: chuintements, grondements, grognements et cris aigus, et se nourrit de noix, de graines, de noisettes, de cônes de conifères, de baies, de champignons, d’insectes, d’oeufs et parfois de nichées d’oisillons. Il amasse des provisions pour l’hiver et les dissimule dans des cachettes. Son nid qui se remarque surtout l’hiver, construit à la fourche des branches, est une sorte de globe de 20 à 50 centimètres de diamètre, fait de rameaux entrelacés, d’herbes sèches, de mousse, de plumes et de poils, et pourvu de deux issues. Un seul écureuil en installe plusieurs sur son territoire mais n’en habite qu’un.

Le lièvre est un solitaire nocturne et crépusculaire, qui gîte en plein air entre les mottes d’un champ labouré, sous une touffe d’herbes ou même en plein pré. Il se nourrit d’herbes, de trèfle, de luzerne, de baies, de petits rameaux de racines et aime particulièrement les betteraves. Doté d’une très bonne oreille et d’un odorat développé, il gagne souvent les bois en hiver.

Le sanglier habite les forêts de feuillus aux sous bois épais, il apprécie le voisinage de l’eau. Principalement nocturne, le jour il se repose dans sa bauge, une dépression creusée dans un fourré. Les laies et les jeunes vivent en « compagnie », parfois jusqu’à cent têtes mais les vieux restent solitaires. Omnivore, il mange des faînes, des glands, des racines, des feuilles, des fruits sauvages, des oeufs, des nichées d’oiseaux, des petits animaux, des cadavres. Il fouille la terre pour y trouver des vers et des insectes (les traces qu’il laisse alors sont des « boutis », de son boutoir) et il retourne aussi les pierres pour chasser les reptiles.

Le renard est un solitaire mais il accepte cependant de partager le territoire qu’il a marqué de son urine avec ses frères et parfois même, il les accueille dans son terrier. Il mange tout ce qui lui tome sous la dent: des poissons morts au bord de l’eau, des petits rongeurs, des batraciens, des reptiles, des insectes, des fruits, des baies, du maïs, des herbes et il lui arrive même de pêcher dans les petits ruisseaux. Le plus souvent nocturne, il gîte par beau temps sous un buisson ou à l’abri des basses branches. Il creuse aussi des terriers, le plus souvent sur un talus, en bordure d’un bois, qui sont orientés au soleil.

Solitaire, le vieux cerf l’est aussi, sauf à l’époque du rut, de septembre à octobre. Pendant ces nuits d’automne, les longs brames des mâles secouent les forêts, tandis que la chouette, dans son vol bas, lent et silencieux, chasse les rongeurs. L’animal qui d’habitude ne défend pas son territoire, interdit aux autres l’accès d’un lieu où sont regroupées les femelles en rut et les cerfs se battent pour conquérir les femelles.. Pouvant à la fois paître et brouter, le cerf se nourrit des végétaux les plus divers et au printemps, en mars-avril, il perd ses bois qui repoussent en août. Dans l’intervalle, les bois de croissance sont recouverts d’une peau tendre qui tombe avant le rut: le « velours ».

Mes dieux sont les dieux d’un sol qui porte beaucoup de souvenirs mythologiques et de monuments mégalithiques, menhirs, tumulus ou dolmens, de roches aménagées ou de parois taillées, de roches à cavités, de pierres à cupules ou rituelles d’apparence anodine.

Tel est l’Esprit des Lieux que j’honore.

Mes dieux sont les dieux que jure ma tribu. Mes dieux étaient déjà les dieux de mes ancêtres de sang, les dieux de mon sol, les dieux de mon clan, les dieux de ma tribu, les dieux de mon peuple. Mes dieux sont les dieux que jure ma tribu .

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