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Les livres sont chers, même si on parle beaucoup de culture, tout en sachant qu’il est de bon ton de n’en louer que le métissage, en passe de devenir obligatoire, mais sans s’attacher vraiment à en faciliter l’accès. Et pourtant, il fut un temps où les livres de poche ne valaient que quelques sous et mettaient réellement la culture à la portée de n’importe qui, ou presque …
Pour le môme que j’étais, le Club des Cinq et les aventures de Michel étaient de bonnes introductions à Bob Morane et Nick Jordan. Avant de passer à tout ce qu’on trouvait alors, donc, en « poche » . Je me souviens encore que le n° 1 de la collection « le Livre de Poche » était « Koenigsmark » de Pierre Benoit… et le 1000, « le Grand Meaulnes »…, et je finissais par savoir par coeur les catalogues, à force de les lire et relire …
Je vous passerai les anecdotes, l’odeur des pages de ce vieux « Dracula », en Marabout, le visage féminin, à la Grace Kelly, en couverture de « la Brière », les écorchures sur les « Sept Couleurs », suivant presque exactement les nervures de la feuille d’arbre de la couverture, les passages censurés par des grands « blancs » dans « Mort à Crédit »…En revanche je ne vous épargnerai pas la liste des auteurs dont je me rappelle:
Théophile Gautier, Alexandre Dumas et Paul Féval. Francis Carco, Pierre Mac Orlan, René Fallet, Luc Dietrich, Henri Bosco et Jean Giono, Jacques Perret, Marcel Aymé et Michel Mohrt, Henri Queffelec.
Brasillach, Drieu la Rochelle, Céline, Henri Béraud. Alphonse de Chateaubriant. Saint Loup et Saint Paulien, Guy Sajer, Ernst von Salomon et Knut Hamsun, Herman Hesse, Thomas Hardy, Michel de Saint Pierre, Jean de La Varende, Jean Lartéguy aussi. Henry de Monfreid.
Jacques Laurent, Michel Déon, Roger Nimier, Antoine Blondin. Les classiques Stendhal, Flaubert et Balzac. Et Faulkner, et Steinbeck. Erskine Caldwell, Hemingway. James Joyce et Liam O’Flaherty. D.H. Lawrence.
Jean Ray, Thomas Owen, Claude Seignolle. Maurice Leblanc et Gaston Leroux, Auguste le Breton et Simenon. Et même Exbrayat et OSS 117 … Tous en format de poche …
Tous ces auteurs, que j’ai lus entre 10 et 17 ans ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Pas étonnant qu’il y ait un fossé entre les générations quand on voit les auteurs qui figurent maintenant dans les catalogues « au format de poche »: la plupart de ceux que je cite sont tombés dans l’oubli, seulement connus de quelques timbrés ou nostalgiques dans mon genre. Et je n’ai aucune envie d’ouvrir les livres qui paraissent aujourd’hui, d’auteurs à la mode, souvent nuls et prétentieux, style Christine Angot, ou autres habitués des colonnes laudatives de Télérama et des Nulsrockuptibles, même si quelques autres, publiés ultérieurement ou que j’ai connus après se sont quand même rajoutés à ma liste. Parmi lesquels, pas mal d’auteurs de polars, dont le goût m’est venu plus tard: Léo Malet, Ellroy, Ed Mc Bain par exemple, mais aussi, plus classiques mais, parmi d’autres, carrément infréquentables,  François Augiéras et Gabriel Matzneff …

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