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c’est curieux comme, au fil des ans, je ressens les mots ou les expressions … ça a commencé avec la « foi » … quand on me disait que je n’avais pas la foi, pour mes interlocuteurs, c’était qu’il me « manquait » manifestement quelque chose … pour moi, c’était complètement l’inverse, j’étais très fier de ce qu’on s’aperçoive que je n’avais pas ce truc dégueulasse, cette « foi » que je considérais comme un chancre … après (beaucoup plus tard), c’était la « sensibilité de gauche », même si la plupart des « gens de droite » me font gerber, très heureux là encore de ne pas avoir ce chancre qui défigure tout … maintenant, c’est « métissage » et ça a l’air de se précipiter (pour voir, comme ça, faites une « alerte Google » sur « métissage » et vous arriverez bien vite à l’indigestion dégueulatoire…) … quel sera le prochain ?

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… bon, on va aller paradoxalement s’oxygéner un peu, se purger de l’air pourri de la vie publique et politique au fond des grottes en s’interrogeant sur leur acoustique : alors donc, les hommes préhistoriques peignaient-ils de préférence les zones de leurs grottes où l’acoustique était la meilleure, ce qui pourrait expliquer la répartition jusque-là incompréhensible des peintures dans de nombreuses grottes, ignorant des murs pourtant parfaitement utilisables?

Pour répondre à cette question, un professeur à Paris-X, Iegor Reznikoff, a testé divers sons et tonalités de voix dans une dizaine de sites paléolithiques français ornés, en notant sur un plan là où la résonance était la plus nette, les sons les plus amplifiés.

En superposant ces données avec les relevés des peintures, il s’est rendu compte qu’il y avait jusqu’à 90 % de correspondance ! Le site le plus frappant est celui du Salon noir, dans la grotte de Niaux, en Ariège.

Je ne peux pas m’empêcher de penser à François Augiéras qui, dans sa Grande Caverne de Domme s’essayait à jouer la musique des Dieux:

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« D’un doigt, je fais chanter une corde, gai, ému, avant de poser les mains davantage sur le grand jeu, paisible encore, des souples fils de nylon. C’est un instrument à ne donner aucune mélodie, mais à jouer l’absence d’espace et de temps, l’existence absolue au coeur de la Lumière Divine. Puis, la décision prise d’inventer un monde, un instrument à bâtir, à coups de résonances, des espaces et des temps, des séries de paraboles, des hasards infiniment répétés, modulés, avant de les détruire en un chant frénétique, toutes cordes vibrant. Un instrument pour jouer cela et rien d’autre. La Musique des Dieux. La Nôtre. Jamais deux fois semblable, toujours improvisée.

En ce milieu de l’après midi; un instant j’hésite à mettre en branle les cordes, tant j’ai de joie à me savoir dans cette belle caverne, loin des Hommes qui n’ont pas réussi à m’empêcher de m’installer dans un temps sacré et dans une civilisation qui leur sont radicalement étrangers. Avoir aménagé cette grotte à leur insu, malgré eux, contre eux, quelle revanche ! Je vis sur cette planète comme Nous vivons ailleurs ! De bonheur je ferme les yeux; les cigales crissent dans les taillis, comme une immense basse sonore qui me parvient obstinément assourdie dans cette grande caverne aux immenses étoffes.
Paupières closes je pince une corde. D’une main j’étouffe délicatement la vibration, la maîtrisant sous une pression du doigt, cherchant le son primordial Brahm, créateur et soutien des Mondes. Une autre corde, plus bas sur l’échelle des sons, est touchée doucement, sans que cette seconde vibration ait un rapport harmonique quelconque avec la première : elle est un second son primordial perdu dans l’Infini. J’ébranle les cordes, du grave à l’aigu, lentement. Rien n’unit encore les calmes résonances; je joue l’absence des espaces et des temps, l’existence absolue, l’énergie primordiale non manifestée, inconnue des humains. Puis, après une longue paix divine, les vibrations, encore séparées par d’incroyables distances, tendent à se rapprocher peu à peu, par affinités, par jeu, à grands coups de hasard. Le rythme naît; des rapports harmoniques s’établissent un à un; tandis que, de temps à autre, avec un morceau de bois je frappe mon instrument violemment. Je joue la Lumière au commencement d’un Monde, et je suis la Lumière. Je suis le Premier Jour, l’heureuse surprise de la Lumière naissante, et celui qui la crée. Un Monde naît de ma seule volonté de l’entendre, tandis qu’à coups de vibrations toujours plus rapides j’en soutiens l’existence. Un ton plus haut, je le vois ce Monde : il brille, azur, enfant de mon amour. Je suis l’âme des cordes et la pure joie d’exister.

De la main gauche, inlassablement, je module, retiens, amplifie les sonorités; j’invente des espaces; mon âme danse et donne aux belles cordes, qui sonnent sous mes doigts, le désir de vivre dans tous les temps possibles.

Mon délire sonore va s’amplifiant jusqu’au parfait bonheur: je me fragmente en âmes. Je suis l’Energie qui s’éprend de son oeuvre. Au fil de sons inlassablement répétés, mettant en cause, battant toute l’étendue du registre, je tonne, j’explose. En un spasme divin, ce Monde, je le jette hors de moi, toujours paupières closes, pour le mieux voir, ce fils de ma joie d’être de toute Eternité. Et me tais.

Dans ma grande caverne, après un long silence, une note cristalline s’élève et chante, une seule mais infinie : c’est le murmure de la tendresse. Mon âme divine plane, heureuse : comme un oiseau, ailes largement déployées, virant au dessus des arbres, je vois mon ombre passer rapidement sur un monde très jeune encore, qui Me reconnaît et M’adore ».

François Augiéras : Domme, ou l’essai d’occupation

Je suis sidéré par l’ampleur de cette obamania victorieuse et triomphante … je n’aurais jamais cru que l’élection d’un homme inféodé aux banques, au complexe industrialo-militaire et aux lobbies qui contrôlent l’hyperpuissance américaine, puisse générer un tel « espoir » dans des milieux qui se disent le plus souvent de « sensibilité de gauche » (qui se prononce comme une déclaration d’amour, en sussurant à voix basse et roulant des yeux chavirés)… il est vrai qu’Obama doit surtout sa popularité au fait que beaucoup le considèrent comme le premier homo metis au point de voir dans son accession au pouvoir une « évolution universelle de la société »(même si ça ne veut rien dire) tandis que les chantres de l’anti-racisme n’hésitent pas à proclamer, sans rire, qu’Obama, noir, fera mieux que ses prédécesseurs blancs : mais c’est du racisme ça, vite, prévenons la Halde !!!…
Parler des lobbies et des banques qui l’ont fait élire ? Même pas la peine d’y penser … on passe aussitôt pour être un suppôt de la « cause républicaine » … alors une seule solution, se retirer sur la pointe des pieds … après tout on verra bien … on verra bien si Obama « ratifie le protocole de Kyoto, ferme Guantanamo , arrête les frais en Irak », comme je l’ai lu ce matin: dans ce cas là, tant mieux … sinon, et bien je pourrai toujours dire que j’avais raison, même si c’est une amère victoire …

moiTout ça m’amène, en définitive, à me dire une fois de plus que j’ai de moins en moins envie de participer aux fora (pluriel de forum …), de moins en moins envie d’ « échanger des opinions » parce que chacun s’accroche aux siennes comme au radeau de la Méduse et se fiche de celles du voisin, de « participer à des discussions » qui sont faussées d’avance parce qu’il ne faut pas parler de politique ou dire qu’Untel m’emmerde, d’essayer de m’expliquer alors que personne ne m’écoute, de vouloir « échanger » un savoir et des connaissances alors que tout le monde s’en fout, de hurler sans pouvoir dire grand chose devant les fautes d’orthographe qui semblent devenir le signe distinctif de la païenne de base (oui, plus souvent ces dames que ces messieurs …)
J’étais ce matin sur un forum « païen » qui devient chaque jour un peu plus une nouvelle vitrine de cette « religiosité secondaire » dont parle Spengler… oh ce n’est pas de sa faute, pas mal de gens intelligents y écrivent, qui ont une pensée cohérente … mais ils deviennent une minorité qui se noie sous les adeptes de la religiosité à la carte, des amateurs du jeu de rôle spirituel où tu choisis d’être celui qui t’arrange, avec les dieux qui t’arrangent et les croyances qui t’arrangent… en général ça ne demande pas d’effort et ça fait bien d’exhiber son étoile à cinq branches ou sa croix celtique en minaudant : « je suis païen(ne) depuis que j’ai 12 ans, et puis chamane et puis je fais de la magie… et je choisis mes dieux selon mon ressenti… ». Mais ça n’a rien à voir avec le paganisme … pas plus que de signer son message « peace » comme je l’ai vu ce matin alors que quand même , même les trois piliers franc mac, ça vous a une autre gueule : Sagesse ! Force ! Beauté !
Et je parle de ce forum … je pourrais parler de celui ci ou encore de celui là qui se ressemblent tous de plus en plus. On est en présence là de la maladie récurrente qui affecte ce mode de communication, stressante, frustrante … c’est pourquoi je n’ai plus envie d’échanger, de discuter, de démontrer … c’est pourquoi aussi, je vais peu à peu me retirer sous ma tente, en l’occurrence ce blog où j’accueille mes amis et mes alliés sans avoir de compte à rendre à personne … où je peux dire ce qui m’emmerde et ce que j’aime et ce que je crois… où je peux être tout à la fois Setanta et Omios sans craindre de devenir schizophrène et où le seul dialogue sera celui que j’accepterai…

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Quelques précisions pour compléter ce que j’avais écrit sur l’Inde (voir : « violences en Inde: je plaide la légitime défense »: https://lecheminsouslesbuis.wordpress.com/2008/08/29/violences-en-inde-je-plaide-la-legitime-defense/ ), il faut savoir que le christianisme n’y est pas unitaire et y « travaille » dans la plus parfaite concurrence. Par exemple, les missionnaires qui ont opéré des conversions au Kerala, l’ont fait contre la volonté des chrétiens de Saint-Thomas, qui voyaient d’un très mauvais oeil entrer dans le christianisme des groupes de castes inférieures, avec lesquelles ils ne voulaient pas frayer et ne voulaient pas être confondus. D’autre part, des congrégations missionnaires syro-malabares, qui travaillent en Inde du Nord, loin de leurs bases, s’y heurtent à des congrégations latines. Et quand les ouailles choisissent d’aller vers les unes c’est autant de perdu pour les autres ce qui crée des tensions entre les groupes.

A cette concurrence parfois féroce, il faut ajouter l’activisme de groupes évangéliques, souvent pentecôtistes ou pentecôtisants, et dont l’importance ne réside peut-être pas simplement dans le nombre de fidèles qu’ils convertissent, mais surtout dans l’exacerbation du débat autour des conversions et du prosélytisme.

A ce sujet là, en Inde, on se trouve face à des conceptions totalement différentes. De façon générale, l’idée qu’on ne se convertit pas est partagée universellement par les hindous. C’est une incompréhension totale: on est né là, on est hindou par son groupe d’appartenance, on n’a pas à changer de religion. Mais ce prosélytisme chrétien, tellement présent et « insistant » que dans certains Etats de l’Union indienne, des lois ont du être votées pour le réguler et l’endiguer, s’accompagne la plupart du temps d’un prosélytisme sécessionniste, surtout dans les états du Nord-Est qui sont le plus souvent ceux qui sont le théâtre des troubles.

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L’autre dimension du phénomène de la conversion est donc politique: « Pour des raisons historiques, le christianisme est perçu comme une religion étrangère, associée à des puissances étrangères, pouvant potentiellement mettre à mal l’équilibre indien, l’équilibre social, et, en convertissant des populations en marge et sur les frontières, peut-être aussi mettre en danger l’intégrité du territoire national. Les tribaux sont des populations qui, par définition, n’ont pas la même perception de la nation que les membres des castes. Elles ont parfois des aspirations sécessionnistes, qui de fait se mêlent au christianisme: on croit donc déceler, derrière les pratiques du prosélytisme, des visées politiques. Cela constitue la toile de fond de certaines attitudes hostiles ».(Catherine Clémentin-Ojha, auteur de « Les Chrétiens de l’Inde. Entre castes et Eglises », Albin Michel.)

Il n’y a pas si longtemps, c’était en 1946, dans son « Gala des Vaches » Albert Paraz écrivait :

« je note ici une des licences que Céline prend avec la grammaire, à laquelle je ne m’habitue pas. Elle est pourtant logique, instinctive. C’est de considérer ON, mis à la place de nous, comme un pluriel et de l’accorder comme tel aux adjectifs.
Nous sommes foutus ou on est foutus.
Ça me rappelle quand on était gamine (maman), il me semble que le pluriel s’impose pour gamines et non pour était.
Et dans cette phrase : On est toutes bien arrivé! Il est évident que si on l’admet, et comment ne pas l’admettre, elle est courante, il faut le féminin pluriel. On est toutes bien arrivées. Un truc pour l’autoriser: disons que c’est une syllepse. »


Aujourd’hui, on a un peu l’impression que Paraz coupe ici les cheveux en quatre mais en fait il n’en est rien et il y a bien eu une époque où ce genre d’interrogation pouvait passer pour être tout à fait commune. On se demande pourtant ce que le père de Bitru penserait aujourd’hui de l’évolution de la langue et de l’orthographe. Je crois bien que ça l’emporterait encore plus vite que sa tuberculose… Je ne vais pas, là, refaire le procès de l’éducation (nationale ?), d’autres l’ont fait avant moi et avec beaucoup plus de talent… et pourquoi s’étonner quand un « film » comme « entre les murs », qui s’inspire du « livre » de François Bégaudeau, reçoit la Palme d’Or à Cannes ?… d’ailleurs, il faudrait aussi faire le procès de toutes celles et tous ceux qui détiennent le moindre parcelle de responsabilité dans la déliquescence de la langue : les journalistes, dans ce rôle sont bien placés, et je crois que jamais je n’oublierai ce canard local qui titrait sur le « Big Band » pour annoncer une exposition sur la formation de l’Univers comme si tout s’était passé en musique … et l’erreur était reprise dans le corps de l’article pour bien montrer qu’il ne s’agissait pas d’une faute de frappe… Internet aussi, et n’importe quel forum, comme si la mère du correcteur d’orthographe était encore à naître, réservent leur lot de surprises qui vont du langage sms à l’écriture phonétique la plus improbable. A mon sens, la place de choix est ici occupée par l’inénarrable «au pré à l’Able » par lequel il faut obligatoirement passer avant d’aller plus loin … on remarquera toute la valeur initiatique de la démarche et l’expression est plutôt jolie : elle me fait penser, allez savoir pourquoi, à la jument de Michao … sans doute parce qu’avec son petit poulain, elle a passé dans le pré et mangé tout le foin … ça n’en est pas moins affligeant … et je me demande bien ce que le pauvre Able a fait pour mériter ça…

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