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Le 30 janvier 1972 à Derry, en Irlande du Nord, les parachutistes de l’armée britannique commandés par le lieutenant-colonel Dereck Wilford tirent sans sommation sur une manifestation pacifique en faveur des droits civiques et contre l’internement administratif, introduit par le Parlement nord-irlandais le 9 août 1971 -plusieurs centaines d’irlandais ont été ainsi emprisonnés sans procès dans des camps d’internement. La manifestation s’apprêtait à se disperser et quatorze personnes dont six jeunes de moins de dix huit ans, sont tuées . Lors du procès qui s’ensuivit, Widgery, le procureur de la Haute Cour de justice, exonéra de toute responsabilité les soldats impliqués et traîna dans la boue les morts et les blessés, les qualifiant notamment de dangereux poseurs de bombes. Les familles des victimes n’ont jamais obtenu réparation.

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(Source : http://lephoton.hautetfort.com/ )

« A partir de l’union du spermatozoïde avec l’ovule, un être humain est créé et toute tentative pour supprimer délibérément le produit de la fécondation doit être considéré comme un assassinat ». C’est avec cette conception de « haute moralité » qu’on a poussé de nombreux êtres humains au désespoir, au suicide, à la mort par l’absorption de toxiques présumés abortifs, par l’emploi de techniques artisanales dangereuses; qu’on en a poussé d’autres à l’infanticide.
Prenant le relais des religions (tout au moins de certaines religions, les plus stupides) la plupart des Etats se croient autorisés à parler au nom de la « morale publique » pour étendre leur droit de regard jusque dans les trompes et l’utérus des administrées. Dès l’instant de la conception, le petit amas de protéines commençant sa division appartient au Souverain, la mère n’est que le dépositaire de ce nouveau sujet; stopper ses multiplications cellulaires est ravir à l’Etat un futur soldat, un futur contribuable, une future reproductrice. On sait combien la femme souffre, a souffert de cette main mise de l’organisation sociale sur ses organes génitaux (…)

Les sociétés à fond religieux chrétien auraient pu, « logiquement », adoucir les rigueurs de la répression de l’avortement, en faisant intervenir la date « théologique » de l’introduction de l’ »âme » dans le foetus, au 100e ou 90e jour suivant qu’il était mâle ou femelle. Mais l’interdiction de tout avortement, dès la conception, s’imposa vite en pays chrétien; interdiction particulièrement grotesque, imposée par des prêtres ayant fait voeu de chasteté et dont la résolution de stérilité, eut-elle été contagieuse, aurait aussi rapidement éteint l’espèce humaine que la généralisation de l’avortement.

C’est d’ailleurs parce qu’ils ne croient pas à l’ « âme » que les législateurs mécréants ont été contraints de faire remonter à l’instant de la fécondation l’existence administrative du nouvel assujetti aux lois. Le tuer est alors un crime, un avortement criminel, passible des mêmes sanctions que le meurtre, prison pour la « mère indigne », amende, prison, voire peine de mort pour les coupables de l’avortement (…)

Faire passer l’avortement du crime au délit fut un grand progrès. Ce ne fut néanmoins pas la bonne méthode de faire disparaître ce qui reste universellement le seul moyen contraceptif des pauvres, sous-informés, sous-médicalisés. Le plus fréquent, le plus efficace et le plus catastrophique ».

Dr Gérard Zwang : la Fonction Érotique

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Telle était la situation en 1972, date à laquelle furent rédigées ces lignes … on pourrait penser que chacun peut se féliciter de ce que les choses aient grandement évolué depuis. Et bien, il n’en est rien puisqu’on trouve encore des nostalgiques de cette époque où n’existait pas l’interruption volontaire de grossesse…

il y a deux semaines, 4 jeunes cathos âgés de 20 à 24 ans étaient jugés pour avoir détruit des distributeurs de capotes par conviction religieuse « contre l’avortement et la contraception « …

et je lis ce matin, en compte-rendu d’ un défilé dimanche dernier contre l’avortement et l’euthanasie en France et en Europe, que « Constance, 16 ans, « absolument contre l’avortement », participe pour la troisième fois à cette marche annuelle (!!!) Elle estime que « si l’on est enceinte, c’est qu’on l’a voulu, sauf en cas de viol » et trouve « inadmissible » que des féministes se soient battues il y a une quarantaine d’années pour « ne pas être enceintes ». Emmanuelle, 25 ans, qui vit en communauté catholique en Franche-Comté, est venue défiler « au nom de » sa foi… » Moi ce que je trouve inadmissible c’est que ses parents laissent parler cette petite conne en public … elle reviendra dire ce qu’elle en pense quand elle aura un peu vécu … quant à Emmanuelle, sa foi emprunte de drôles de chemins -ce doit être le prénom qui veut ça…

Tout cela me sidère et me laisse perplexe surtout que, même, il n’est pas rare que dans des blogs que je lis habituellement avec plaisir je tombe de manière récurrente sur une condamnation sans appel de l’interruption volontaire de grossesse qui serait considérée comme l’arme privilégiée de ceux qui oeuvrent à la dénatalité de souche … comme si on ne pouvait pas concilier le droit à l’avortement et une politique favorisant la natalité…

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Une nouvelle vague d’Obamalâtrie nous a touché à l’occasion de l’ investiture du nouveau futur sauveur du monde. Enfin, pas complètement sauveur à lui tout seul quand même parce que notre président, le mari de la chanteuse, en oubliant très vite que la nouvelle icône des bobos l’a toujours snobé, a dit avoir « hâte » qu’ Obama se mette au travail afin de « changer le monde avec lui ». Ouf on a eu peur, peur de ne pas être dans la nouvelle distribution des rôles et des parts de gâteaux. Heureusement Sarko, qui n’a peur de rien lui, surtout pas de dire des conneries, veillait. En revanche, il y en a qui garderont un mauvais souvenir de cette investiture, Jean Claude Narcy par exemple, auquel la Ligue des droitdeloms demande des excuses publiques pour cause de dérapage waciste: à la fin de la prestation d’Aretha Franklin, il a déclaré qu’ « on devait chanter comme ça dans les champs de coton »… Une demande aussitôt appuyée par le Conseil représentatif des associations noires (Cran) par l’intermédiaire de son président qui a tout du sinistre con, roquet hargneux emboîtant le pas à la Ligue, qui ont tous les deux fait du racisme un fond de commerce qu’ils s’évertuent à faire prospérer … c’est ahurissant même si d’un autre côté je me marre de voir qu’un membre influent de l’armée des bien pensants et des abrutisseurs réunis comme Narcy soit la victime des impérialistes dont il sert les intérêts.

Puisque nous en sommes aux histoires de couples et au concept d’auto satisfaction, le mari de la chanteuse ( encore lui ? mais il est partout!..) se félicite d’avoir eu l’extrême audace de réunir Rachida Dati et Michel Barnier sur une tête de liste pour les élections européennes: « ils vont faire le plus formidable tandem complémentaire que la vie politique française ait connu depuis longtemps ». On en bave d’avance … Barnier doit vraiment avoir des talents cachés puisqu’à part sa faculté d’auto-effacement quasi total je n’avais jamais rien remarqué chez lui, mais peut être est-il prévu que Rachida lui fasse un effet boeuf …

Autre couple, antagoniste cette fois, puisque l’UMP a enfin trouvé sa « tarlouze » pour affronter, sur tous ses terrains, la « tarlouze » très libérale du PS parisien. J’ai dit : à ma gauche, Bertrand Delanoé, à ma droite, Roger Karoutchi … on ne sait pas s’il a été recruté par les petites annonces ou sur une liste d’aptitudes ce Karoutchi mais enfin il est bel et bien là et si les partis politiques commencent à prendre l’habitude de faire s’affronter leurs candidats par genre on peut arriver à des résultats croquignolets …Enfin, là précisément, on peut dire que l’UMP a raté son opération marketing puisque le coming out qu’on avait mis comme préalable n’a pu se faire comme prévu à la télé en début de soirée , la mèche ayant été vendue avant par un magazine : z’auraient mieux fait de faire ça chez Drucker … comme Besancenot apparemment beaucoup plus rompu aux combines de la société du spectacle, ce qui montre à l’évidence qu’il est complètement intégré dans une société qu’il prétend combattre. Il y en a pourtant qui n’y voient que du feu … Jean François Coppé par exemple qui considère le bobo Besancenot, faux révolutionnaire mais vraie tête de veau larmoyante, comme « incarnant l’extrême gauche dans ce qu’elle a de plus agressif et de plus violent ». Brillante observation, qui laisse augurer d’une intelligence fulgurante ma foi: ça va, on n’a pas trop à craindre dans l’avenir, ni de Besancenot côté violence ni de Coppé côté bon sens … En revanche, si on voulait opposer ce fin analyste politique de la majorité à un de ses pairs « de gauche », on aurait que l’embarras du choix, les handicapés de l’intelligence et de l’honnêteté y sont aussi légion. Et ça ne poserait certainement aucun problème de désignation au mari de la chanteuse, devenu expert, ces derniers temps, à surfer sur la crête de la vague de la diversité … entre Rachida Dati, juive tunisienne et Roger Karoutchi, juif marocain….Et pendant ce temps, on a les juifs justement qui attendent la toute dernière fin du mandat de G.W. Bush pour se retirer de la bande de Gaza (meuh non, c’est pas fait exprès …) tandis qu’à Paris, C. Bouchet s’émoustille comme une jeune fille en chaleur de manifester pour la cause palestinienne au milieu de deux cents représentants « très représentatifs de la France d’aujourd’hui (…) des beurs et des beurettes (certaine voilées), des blacks, des métis et des souchiens »… Le veinard, il en a du bol, qui est prêt à s’allier avec n’importe qui du moment qu’il combatte le même ennemi … le n’importe qui en l’occurrence se trouvant être Dieudonné M’bala M’bala , saltimbanque bien décidé à faire n’importe quoi pour faire parler de lui et Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capochichi, psychopathe dangereux qui rêve de bouffer du sioniste à tous les repas… bon après, peut-être qu’il fait gaffe et qu’il ne leur tourne jamais le dos … ou qu’il n’échappe jamais le savon… on l’ espère pour lui en tout cas…sinon, tant pis pour lui …

« Parascève Gavriilovna émit quelques remarques sur un ton mondain. Le cher Alphonse était prisonnier de la Grande Mère Isis, victime de l’illusion de l’univers des phénomènes. Un jour il se libérerait et, comme Lao Tzeu, il trouverait sa voie. Cet été il rencontrerait gourou Nagarjouna, et si, par extraordinaire, il n’en recevait pas illouminécheûne, elle l’emmènerait, l’hiver prochain, sur les bords du Gange, à Birbhaddar, dans l’ashram du fameux souami Satyananda, qui fait des miracles : grâce à lui, la duchesse de Pénaflor, qui languissait depuis sa rupture avec Spina-Ventosa, a recouvré la joie de vivre ».

Gabriel Matzneff : « Nous n’irons plus au Luxembourg ».

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Je connais pas mal de gens qui sont en « recherche spirituelle », depuis des années et des années. Des bouddhistes, des adeptes de mixtures orientales, des franc-maçons hermétistes, des chrétiens plus ou moins déviants, et certains « païens » aussi. Tous ils sont à la recherche de la Lumière, ils attendent l’Eveil. Ils y travaillent: des années et des années, parfois toute une vie de méditation, de pratiques diverses, de rituels, de lectures plus ou moins bien assimilées… et leurs vies, pour la plupart, sont affligeantes: la plupart se débattent dans des frustrations d’ordre égotique (complexes d’infériorité/supériorité), professionnel, sexuel (difficultés d’assumer ses « préférences », ses besoins ou ses absences de besoins), ou au niveau du rapport à l’argent (j’en connais qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts mais j’en connais aussi qui passent leur temps à acheter/vendre des immeubles et boursicoter pour amasser toujours plus tout en se plaignant de n’avoir jamais assez…)…

Il y en a aussi, beaucoup, qui se débattent dans des histoires de fesses (je parle bien d’histoires de fesses, de coucheries, et pas d’histoires d’amour…), convoitent le mari ou la femme de l’ami(e), ruminent la rancoeur de s’être fait piquer le mari ou la femme par l’ami(e); essaient, au bord du dégoût, de nouvelles expériences parce qu’il ne faut pas avoir l’air coincé…parce qu’en plus tous ces gens fonctionnent la plupart du temps en « circuit fermé »…où tout le monde connaît tout le monde ce qui induit aussi un état d’esprit particulier… Il y a ceux qui ne comprennent pas pourquoi leurs enfants, « eux aussi », ont des problèmes d’alcool ou de drogue (« pourquoi est-ce que ça m’arrive à moi ?… » sous entendu « à moi qui ai des préoccupations spirituelles »)…

Et puis il y a aussi ceux qui souffrent de frustrations d’ordre spirituel, qui attendent un Eveil qui ne vient pas et qui se refusent ne serait-ce que simplement envisager que l’Eveil, finalement ça n’existe peut être pas dans le sens où ils l’entendent, parce que ça reviendrait à remettre en cause toutes leurs années de méditation, de pratiques, etc. etc…. Il y ceux qui tombent alors dans des Voies beaucoup plus extrêmes et contraignantes pour finalement se retrouver à flirter avec la schizophrénie…

Et tout cela me semble bien dérisoire et pitoyable et certainement très significatif… bien dérisoires toutes ces privations, tous ces efforts pour savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, ou/et « s’élever » au niveau d’une espèce de béatitude spirituelle où le Ciel, seul et unique, serait le But, et la Terre, l’ennemie… où l’Homme serait amputé de sa partie obscure au seul bénéfice de sa « partie claire et lumineuse »… mais en se retrouvant ainsi complètement déséquilibré… certainement très significatif que toutes ces privations, tous ces efforts pour s’abstraire des contingences matérielles pour arriver « à se mettre en prise directe avec le divin », en oubliant de vivre ici et maintenant, ne mènent qu’à s’engluer dans leur aspect le plus « matérialiste »qui soit et dans les frustrations de tous ordres…

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Info que donne Vertumne quelque part, selon laquelle des païens italiens veulent instaurer le 24 février comme Il Giorno Pagano della Memoria: « Paraît-il que c’est ce jour là (en 391) que le feu sacré de Vesta a été définitivement éteint par les sbires de l’Empereur Théo (over?)dose ».

Le symbole est important parce que c’est Théodose, et non comme beaucoup le croient et continuent à le dire Constantin, qui a scellé le destin du paganisme en publiant en 380 l’édit de Thessalonique : « Tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’apôtre Pierre, celle que reconnaissent Damase et Pierre d’Alexandrie, c’est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit », ce qui élevait le christianisme au rang de seule religion officielle et obligatoire. En clair, Théodose ferme les temples, interdit sous peine de mort les cultes des anciennes religions,les offrandes et les sacrifices.

Quelques détails biographiques sur ce grand chrétien qui aimait son prochain comme lui même: en 390 il est excommunié par saint Ambroise de Milan pour avoir ordonné le massacre de 7000 à 10 000 habitants de Salonique et il s’humilie publiquement devant lui quelques années plus tard la tête couverte de cendres pour obtenir sa réintégration dans l’Église: c’est la première fois que le pouvoir impérial est dominé par celui de l’Église.

 » Les comparaisons que l’on a pu faire entre le plus complet et le plus expressif des monuments religieux de la période indépendante gauloise, le chaudron de Gundestrup, et les plus anciens documents gallo-romains (le pilier des Nautes de Paris, la triade de Saintes, le pilier de Mavilly) ont permis de restituer un cycle mythologique gaulois.

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Le récit légendaire ainsi reconstitué met en scène une grande déesse-mère qui est le personnage principal et qui épouse successivement le dieu du ciel, Taranis, et le dieu de la terre, Esus. Ce dernier apparaît, suivant les saisons, tantôt sous une forme humaine et sous le nom d’Esus, tantôt sous la forme d’un personnage hybride, moitié homme moitié cerf, Kernunnos.

En tant qu’Esus, le dieu est celui de la végétation et l’époux printanier de la déesse-mère ; en tant que Kernunnos, il est le dieu de l’Autre Monde, des morts et de la richesse. Il est devenu, à la fin de l’hiver, l’amant de la déesse-mère qui a quitté Taranis et ses chiens redoutables pour le rejoindre sous la terre. Encouragé et soutenu par la déesse-mère, le compagnon et protecteur d’Esus, le héros Smertrius, qui a été assimilé à l’Hercule romain, tue le molosse de Taranis, suivant un mythe qui rappelle le triomphe d’Héraclès sur le lion de Némée ou sur Cerbère.

Pour se venger, le dieu du ciel envoie un autre chien contre la déesse-mère et la transforme, elle et ses deux acolytes, en trois grues. Celles-ci recouvrent la forme humaine grâce à Hercule-Smertrius qui sacrifie, pour assurer leur nouvelle métamorphose, les trois taureaux divins découverts par les Dioscures avec l’assistance d’Apollon.

Smertrius aura également permis à Kernunnos, par le sacrifice d’un cerf, de revenir sous la forme humaine afin de retrouver la déesse-mère et de l’épouser.

Il s’agit là d’un cycle mythologique qui commandait les fêtes saisonnières, chacun des épisodes étant célébré à date fixe par des cérémonies religieuses. Quelques textes de la fin de l’Antiquité et du haut Moyen Âge renseignent sur les coutumes païennes des fêtes calendaires, notamment sur les déguisements en cerfs et en biches, ainsi que sur certains usages du folklore.

Chacune de ces fêtes saisonnières correspondait à un épisode de la légende. Ainsi, la célébration de la descente de la déesse-mère et de ses compagnons aux enfers trouve son prolongement dans des usages locaux du réveillon de Noël, comme la « nuit des Mères » célébrée en Rhénanie au cours du haut Moyen Âge (la famille passait la nuit en réjouissances ; autour de la table de festin étaient ménagées trois places destinées aux mères pour qu’elles s’y asseyent et prennent part au festin).

D’autre part, le sacrifice du cerf et le retour d’Esus sur la terre étaient célébrés par des mascarades et des danses, qui se sont d’ailleurs perpétuées jusqu’à nos jours dans les fêtes du carnaval : hommes et femmes se déguisaient en taureaux et en génisses, ou en biches et en cerfs, et se livraient à des danses plus ou moins lascives pendant des jours entiers. C’était pour célébrer la renaissance d’Esus. Il n’est pas jusqu’à l’hiérogamie d’Esus, succédant au sacrifice des taureaux et figurant sur le pilier des Nautes de Paris, qui ne trouve son correspondant inattendu dans les festivités, encore vivantes au début du XXe siècle, de la mi-carême parisienne, avec sa cavalcade, son bœuf gras et sa reine des reines.

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Cette théorie jette une vive lumière sur un grand nombre de figurations religieuses gauloises et gallo-romaines, et permet de retrouver la continuité du fonds celtique, car certaines représentations datant du premier âge du fer (Hallstatt) et du deuxième âge du fer (La Tène) se rapportent manifestement aux mêmes rites et aux mêmes usages : sacrifices de cerfs, représentés sur des situles hallstattiennes (seaux en bronze) d’Italie du Nord ; sacrifices de taureaux figurant sur des vases gravés de la zone hallstattienne ; rassemblements armés en l’honneur d’une grande déesse représentés sur le chariot de Strettweg (Carinthie) ; gravures du Val Camonica représentant Kernunnos. « 

Jean Jacques Hatt : « Mythes et Dieux de la Gaule »

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Il y a 64 ans, le 19 janvier 1945,  à l’issue d’une journée de procès, Robert Brasillach est condamné à mort .

Dans son Journal, en date du samedi 20 janvier 1945 Paul Léautaud écrit:

« Hier, Robert Brasillach devant la Cour de Justice. Les journaux rendent compte aujourd’hui. Belle attitude de sa part. Rien renié de son action, de ses écrits, de sa tendance politique pendant l’occupation. Lecture de lettres en sa faveur de Valéry, Claudel, Mauriac, les forcenés devenus bénins, bénins… Son avocat a adjuré les jurés de ne pas envoyer à la mort un poète et de se souvenir d’André Chénier. Voilà un nom qui a dû être bien lettre morte pour ces coquins. Revenus de leur délibération au bout de vingt minutes, avec la condamnation à mort. Vingt minutes pour décider de la vie d’un homme! Il y a eu dans la salle des cris: « Assassins! » Brasillach avant de disparaître, a eu ce mot: « C’est un honneur que d’être condamné. » Quand on se doute de ce que doivent être les magistrats (ambitieux, arrivistes, aux ordres pour l’avancement), quand on sait ce que sont les jurés, soigneusement choisis, être condamné est, en effet, un honneur.

Si je ne me redressais, si je ne faisais un effort de volonté, je retomberais, devant une telle suite d’abominations, dans mon désespoir moral du mois d’août de l’année dernière ».

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« Les druides du Disque tiraient fierté de leur ouverture d’esprit quand il s’agissait d’aborder les mystères de l’univers. Bien entendu, à l’instar des druides de partout, ils croyaient à l’unité indispensable de la vie, au pouvoir de guérison des plantes, au rythme naturel des saisons et au bûcher pour quiconque professait des opinions différentes mais ils avaient aussi réfléchi longuement, intensément sur le principe même de la création et formulé la théorie suivante :

L’univers, à leur point de vue, dépendait pour sa bonne marche de l’équilibre de quatre forces, dans lesquelles ils reconnaissaient le charme, la conviction, le doute et l’envie d’emmerder le monde.

Par exemple, le soleil et la lune tournaient autour du Disque parce qu’ils étaient convaincus de ne pas tomber, mais ne s’en éloignaient pas à cause du doute. Le charme permettait aux arbres de pousser, l’envie d’emmerder le monde les maintenait debout et ainsi de suite.

Certains druides insinuaient que cette théorie présentait des lacunes, mais leurs aînés expliquaient avec force sous-entendus qu’il y avait assurément matière à une discussion s’appuyant sur des faits, aux passes d’armes d’un débat scientifique passionnant, lequel débat se tiendrait au sommet du prochain bûcher de solstice ».

Terry Pratchett : « le Huitième Sortilège ».

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(j’ai posté cette citation un jour sur un forum (néo)druidique … il a fallu que je précise très très vite que c’était de l’humour avant de m’attirer  foudres excommunicatrices et  flammes du bucher -que j’ai d’ailleurs subies quand même plus tard- … l’administratrice ne connaissait pas Pratchett …)

Notre vie psychique comprend une part archaïque et, de ce fait, l’étude des grands mythes de l’humanité est source de connaissance de soi même. Or il se fait que le mode d’expression du mythe est le langage symbolique.

mythes

Le mythe raconte, selon un mode historique, la création du monde, l’oeuvre d’un dieu, les épreuves d’un héros. Mais le mode adopté pour raconter n’a que le rôle de support d’une idée; c’est l’essence même de l’évènement qui importe. Le Dieu et le héros se comportent d’une façon indépendante du temps et de la localisation de l’évènement.. Le fait mythique prend ainsi un caractère universel, c’est à dire qu’il est valable en tous lieux et de toute éternité. L’enseignement du mythe concerne l’homme et non une faculté particulière : intellect, imagination, sensibilité, etc.

L’évènement mythique possède des caractéristiques:

– le mythe offre un modèle exemplaire, il peut être répété.

– le mythe crée le modèle à partir d’un événement « qui est arrivé » en un temps anhistorique;

– le mythe exprime une réalité de l’être; la vérité du mythe est dans cette réalité et non dans celle de l’évènement.

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Dans la conception archaïque, le mythe exprime une vérité absolue sous la forme d’évènements vécus par des êtres surhumains ou par des grands ancêtres (donc au « dessus du niveau » humain  dans l’espace ou « avant le temps » de l’homme). Il y a donc passage d’un espace à un autre espace et d’un temps à un autre temps. La rupture qui se produit ainsi sépare l’espace-temps profane de l’espace-temps sacré. De ce fait le modèle-exemplaire du mythe est sacré. Si l’évènement s’était produit dans le temps de l’histoire, il ferait partie d’un passé à jamais disparu. Comme il s’est produit en un temps sacré, qui est cyclique, l’évènement peut être répété; le mythe ouvre la voie de la réitération.

Le comportement mythique, celui d’un être d’une société archaïque ou le nôtre, pour ce qui concerne la part archaïque de la psyché est donc caractérisé par les éléments suivants:

– Imitation du modèle-exemplaire, dont le caractère est trans-humain,

– Ré actualisation de l’évènement mythique, en le réitérant, soit en racontant un poème, soit en jouant le scénario qui le décrit,

– Rupture de l’espace temps profane,

– Entrée dans l’espace-temps sacré: cette opération a un caractère initiatique.

On comprend pourquoi le mythe a, dans les sociétés traditionnelles, un rôle fondamental: il y domine en effet toute la vie individuelle, collective, culturelle. Il y joue un rôle régulateur, contribuant à un équilibre psychique que beaucoup d’êtres ont perdu dans les sociétés à haut degré de civilisation économique.

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Le mythe est mémoire du monde.
Il est présenté sous la forme d’un drame joué par des personnages qui sont des symboles. Chaque personnage-symbole porte ses propres significations. Le mythe expose les relations réciproques entre ces personnages et donne l’occasion à chacun d’eux d’exprimer ses potentialités, ses virtualités. Le mythe peut faire appel à des personnages historiques, comme à des personnages fictifs, mais l’historicité, lorsqu’elle existe, joue un rôle accessoire. De toutes façons, l’histoire se déforme au fur et à mesure que le mythe se forme. Le personnage historique disparaît pour faire place au personnage-exemplaire, en le plaçant dans une situation limite.

Ainsi donc, la technique symbolique du mythe consiste:

– à ré-actualiser des évènements primordiaux;

– à imiter des modèles-exemplaires;

– à provoquer une rupture d’espace-temps;

– à entrer dans un espace-temps sacré.

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Le mythe est destiné à faire prendre conscience de soi, à départager les forces et les faiblesses, à les connaître : condition première pour les maîtriser. Le mythe est donc un moyen de connaissance. Le mythe doit aider l’homme à se délivrer.

Le mythe n’est pas destiné à révéler une situation historique, mais bien une situation fondamentale de l’être, sous la forme d’une situation-limite exprimée par le héros mythique.

Le mythe ne vise pas à un enseignement moral. Il est destiné à faire prendre conscience de la réalité de l’être et de l’aider à se transformer. Le mythe vise à la connaissance de l’être total, sans chercher à classer ce qui est bien et ce qui est mal.

Connaître les mythes c’est apprendre le secret de l’origine des êtres et des choses.

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Les héros mythiques sont des personnes-symboles qui connaissent une vie mouvementée, extraordinaire, héroïque et violente. Ce sont des combattants. Ils interviennent à divers niveaux: celui de l’homme puissant ou du surhomme ou du demi-dieu, selon que le mythe se situe au plan humain, au plan intermédiaire entre l’humain et le divin ou au plan divin.

Le héros mythique est symbole du « retour »: il revient « en arrière » de la lumière vers les ténèbres, de la conscience vers l’état primordial d’inconscience; ensuite s’il sort victorieux de l’épreuve, il ré émerge dans le conscient, dans la lumière. Le héros mythique est donc un personnage initiatique: il montre comment faire. Il ne confère pas la libération mais il montre la voie qui y conduit.

Les personnages de mythes, les héros mythiques peuvent se « charger de sens » comme des objets ou des figures géométriques se chargent de sens. Ils peuvent, de ce fait, jouer le rôle de symboles.

Certains d’entre eux sont des personnages « verticaux » (Faust, Don Juan) en ce sens que, symboliquement ils répondent à des aspirations ascendantes ou à des impulsions descendantes.

D’autres sont « horizontaux » (Hamlet, Don Quichotte) en ce sens que, symboliquement, ils répondent à des tensions entre l’individu et la société.

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La comparaison des situations limites à deux époques différentes permet de séparer les éléments permanents des éléments impermanents; elle constitue de ce fait, une clef de la méthode symbolique. Les éléments permanents dégagent le sens universel. Les éléments impermanents sont relatifs à la culture de l’époque et au milieu ambiant.

(d’après Raoul Berteaux: « la Voie symbolique »)

Je ne suis pas un numéro !!! je suis un homme libre !!!

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prisonnier

En hommage à Patrick Mac Goohan qui est mort hier. Il nous laisse la seule leçon, en définitive, qui mérite d’être retenue …

Bonjour chez vous …

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Des racines et des elfes

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