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AUTRICHE - KONRAD LORENZ

Konrad Lorenz, est un biologiste et zoologiste autrichien titulaire du prix Nobel.

Lorenz a étudié les comportements des animaux sauvages et domestiques, et passé une grande partie de sa vie à l’étude des oies cendrées, réalisant alors le travail le plus complet à l’heure actuelle sur cette espèce en mettant en évidence le principe de l’empreinte. Il a écrit de fameux livres tels que « Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons », « l’Envers du Miroir » ou « Les huit péchés capitaux de notre civilisation ».


Il a notamment développé une théorie de l’agression qui est une généralisation de la théorie anthropologique du bouc émissaire. En premier lieu, Lorenz démontre que la parade nuptiale de plusieurs espèces animales est une variation du comportement d’agression. Le schéma général de la parade nuptiale consiste en un comportement d’attaque entre le mâle et la femelle qui, à la dernière seconde, est réorienté vers un ennemi commun, pouvant être un congénère dans le cas des animaux sociaux.

Pour Lorenz, ce schéma général provient du fait que pour qu’une relation interindividuelle soit possible, cela nécessite que deux individus partagent un même territoire. L’instinct de territorialité faisant en sorte que cette situation fasse augmenter inexorablement la motivation d’agression, la sélection naturelle a simplement permis ce rapprochement en permettant de détourner cette agressivité vers un ennemi commun.

L’application de cette théorie à l’homme fait en sorte que pour que l’amour soit possible, il faille nécessairement haïr les mêmes choses ensemble. De même, tout regroupement social ne peut exister que par réorientation de l’agressivité interindividuelle contre un ennemi commun : nation contre nation, classe supérieure contre inférieure, syndicat contre patronat, parti politique contre parti politique, équipe contre équipe, etc.


De son point de vue d’éthologue, Konrad Lorenz a aussi étudié le rite qu’il interpréta comme une forme adaptative qu’une culture donne à l’agressivité individuelle de ses membres pour circonscrire ses effets désordonnés et indésirables et a contrario valoriser sa contribution à la conservation du groupe.


Konrad Lorenz est mort le 27 février 1989.

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Dans le Petit Manuel qu’il lui consacre, Pierre Mac Orlan avance que le parfait aventurier est celui qui voyage et vit des aventures du fond de son fauteuil par la force de son imagination… Si c’est vrai, le temps de la lecture de ses livres, il a fait de moi cet aventurier parfait avec ses personnages qui ont peuplé mon enfance. Je pense, là, à « la Bandera » et à la peinture qu’il y fait de la Légion espagnole, aux histoires de pirates du « Chant de l’Equipage », d’ « À bord de l’Etoile Matutine », et surtout de « l’Ancre de miséricorde », formidable roman d’initiation dont, aujourd’hui encore, je ne peux pas regarder la couverture (avec son fumeur de pipe en terre) sans retrouver une foule de sensations et d’odeurs qui me ramènent un paquet d’années en arrière…J’étais moins sensible au « Quai des Brumes » et ce n’est pas le « t’as d’beaux yeux, tu sais » qui me reste du film, mais la brève apparition de Léo Malet comme figurant …


Kleber Haedens a raison, qui dit de Mac Orlan qu’il est « un véritable sourcier de l’aventure, car sans sortir de chez lui, il la fait naître des images brumeuses et désolées qui l’entourent, dans le halo du « fantastique social ». Il la rencontre quand il le veut dans quelques villes prédestinées, d’Anvers à Rouen, de Honfleur à Rochefort, sans oublier Londres et Paris (…) Mac Orlan, dans son voyage immobile, se tient prêt à fréquenter les ports, les légionnaires, les gentilshommes de fortune, le cabaret breton de la côte, toujours prêt à boire le dernier verre au Bar de la Dernière Chance avec les filles et les pilleurs d’épaves ».

Alors, en cette fine compagnie, Buvons :  Mac Orlan est né il y a très exactement 127 ans, le 26 février 1882.

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Non vraiment, il y en a qui ne doutent de rien … sur son blog Hervé Ryssen part en croisade, tel un Cid Campeador moderne :


« païens ont tort et chrétiens, eux, ont droit ».


Il a décidé tout simplement (prenez votre souffle pour lire la liste d’un trait …), que Louis Rougier, Alain de Benoist, Julius Evola, René Guénon, Savitri Devi, Robert Dun, Friedrich Nietzsche, Guillaume Faye, Oswald Spengler et Dominique Venner sont des cons … des cons et des salauds … des intellectuels « dont nous crevons »… et qu’il est prêt à jeter à la poubelle …


la raison ? Ces intellos n’ont rien compris à la psychanalyse, à l’histoire, à l’église catholique, au judaïsme surtout, n’ont rien compris à rien et , salauds de mécréants, mettent la décadence de la civilisation sur le dos du christianisme … alors que Ryssen, lui, qui a tout compris à tout, et qui voudrait surtout prendre leur place, sait que si nous mourons, c’est uniquement parce que nous avons été agressés par les juifs, que nous sommes agressés par les juifs, que nous serons agressés par les juifs et contre lesquels le seul rempart véritable est le christianisme …


Ryssen n’est pas seul, il se sent légitimé par Vincent Raynouard, ce taré, aspirant masochiste au martyr, père de famille nombreuse, dont la femme au moins n’est pas de ces chiennes abusées par les féministes qui croient que leur cul et leur ventre leur appartiennent : non, non, son cul et son ventre à elle, sont à Dieu et à La Cause : Raynouard, modèle de nombreux cathos tradis, ou pas forcément cathos d’ailleurs : 7 enfants à la maison ou comment avoir sa petite armée perso chez soi …ce pousse au meurtre qui ne rêve qu’être cloué sur la croix de ses idées en montant sur les cadavres de ceux qu’il aura envoyés au casse-pipe … ce grand penseur dont le mot d’ordre-maître tient en ces quelques mots: « nous accusons les païens de faire le jeu des juifs », que, bien sur, Ryssen applaudit bruyamment de toutes les mains …


Ryssen, brave petit va-t-en guerre, qui ne croit qu’en l’action et qui, du haut de ses quelques bouquins veut donner des leçons de combativité à ces vrais messieurs que sont Robert Dun (qu’il assimile à BHL !…) ou Dominique Venner qui se sont vraiment battus, eux … ce serait à chialer si on ne préférait en rire … et si c’était bien écrit, on pourrait y trouver quelque intérêt , mais c’est médiocre, c’est lourd, c’est pesant, c’est de mauvaise foi, c’est torchonné d’un ton faussement familier qui vous flanquerait facilement la gerbe et vous donnerait des envies de meurtre …


Ryssen le plumitif jette donc ces « boulets idéologiques » dont il crève mais dont il voudrait bien prendre la place, et leur préfère le seul Baltasar Gracian, un jésuite espagnol qu’il paraphrase en affirmant : plutôt sage avec les autres que fou sans compagnon … voilà donc l’idéal de Ryssen : mouton dans le troupeau, ou chasseur dans la battue, qui ne rêve que tuer le loup solitaire… entre Ryssen, hyène dans le désert parmi les hyènes et Merlin, l’homme sauvage, fou et seul dans le fond des bois, mon choix est vite fait …

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On a tendance à penser que le christianisme s’est rapidement installé en Gaule et sans faire de vagues parce que c’est comme ça qu’on nous l’a toujours présenté. Pour ainsi dire, en l’An 01 tout était réglé, les idolâtres avaient vécus, le seul et vrai dieu régnait sans partage … il avait suffi que quelques missionnaires se pointent, le crucifix en sautoir et la main bénissante pour que la foule des païens prenne conscience de son aveuglement passé et sans violence aucune se laisse mener jusque dans le droit chemin, pose genoux en terre et oublie ses anciens dieux…. et pourtant, près de 800 ans plus tard, alors même que de 371 à 397 (26 années qui ont du paraître longues aux pauvres gens), saint Martin avait, si l’on ose dire, fait feu de tout bois en courant la campagne épaulé par une bande de soudards pour abattre les arbres sacrés, brûler et détruire les sanctuaires, évangéliser les paysans, de gré ou de force, Charlemagne peste encore contre ces chiens de païens qui continuent à vénérer leurs dieux. En 743, il va même jusqu’à convoquer un Concile à Leptinnes près de Mons, dans le Hainaut, pour tenter une fois de plus de mettre fin aux pratiques païennes toujours en vigueur, alors qu’un siècle auparavant, déjà, Saint Eloi avait passé vingt ans de sa vie à convertir la population païenne belge au christianisme.
Il leur défendait notamment « de consulter les devins et les magiciens, et de croire aux présages, et aux jours heureux ou malheureux; de célébrer le premier jour de janvier et l’époque du solstice par des réjouissances impies et sacrilèges; d’invoquer les noms des mauvais esprits et des idoles; de considérer comme des jours fériés et de repos le jeudi » (jour de Jupiter-Thor-Taranos) « ou tout autre jour de l’année, à l’exception du dimanche; de placer des luminaires ou des offrandes dans les temples, auprès des rochers, des sources, des arbres, des cavernes et des carrefours; d’attacher des amulettes au cou des bestiaux; de prononcer des exorcismes sur ces derniers, et de les faire passer par le creux d’un arbre ou par une excavation faite en terre. Saint Eloi se prononce aussi contre les femmes qui se livraient aux pratiques de la magie et contre la coutume des peuples de la belgique de faire un grand tintamarre aux éclipses de la lune, dans la croyance où ils étaient, qu’alors cette planète était assaillie par les démons; il les engage à détruire les fontaines et les arbres auxquels le paganisme avait voué un culte superstitieux; à ne point placer des objets en forme de pieds aux carrefours, et à brûler ceux qu’ils y trouveraient déposés, etc. »

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Selon Lucien Lévy-Bruhl, ethnologue et philosophe, les populations « sauvages » considèrent que les événements malheureux n’arrivent jamais par hasard mais doivent être rattachés à des phénomènes magico-religieux. Le malheur viendrait ainsi de la malveillance d’une personne qui s’emploierait à nuire par des procédés surnaturels. Cette interprétation donne l’illusion aux individus d’avoir une prise intellectuelle sur ces évènements funestes provenant nécessairement de l’ extérieur -phénomène de projection mis à jour par la psychanalyse- et donc de pouvoir leur opposer une violence en résistance.


C’est ce qui explique en grande partie la naissance puis le développement des chasses aux sorcières et aux pratiques magiques, ardemment menées par l’église catholique du XIIe siècle jusqu’à la fin du XVIIIe qui correspondent avec des périodes violentes et troublées dont les guerres de religion et la guerre de trente ans, et les malheurs du temps: famines, épidémies etc…


Dans les sociétés « sauvages », la logique sacrificielle a pour but de polariser sur une victime indifférente aux yeux des membres de la communauté le besoin de violence qu’ils éprouvent. Ce besoin tient aux dissensions et aux rancoeurs qui opposent les individus entre eux et qui pourraient s’exprimer par la violence physique, mais il s’ensuivrait immanquablement un cycle de violence, de par les jeux d’alliances et de parenté, qui pourrait menacer, à terme, la stabilité et l’unité de la société. Dans les sociétés traditionnelles où la violence n’est pas dans les mains de l’ État, comme aujourd’hui, elle doit être canalisée pour ne pas rejaillir sur l’ensemble de la communauté. C’est le but de la cérémonie sacrificielle, qui, tout en donnant à chacun la possibilité de focaliser le besoin de violence ressenti sur la victime émissaire, permet de renforcer la cohésion de la structure sociale.


On l’a dit, la victime doit être « indifférente » aux membres du groupe : elle est donc impérativement choisie en dehors de ce groupe. Mais comme, en même temps, le processus d’identification doit pouvoir fonctionner, on prend soin de ce qu’elle doit ressembler un minimum aux membres de la communauté. D’où les rituels élaborés qui rendent la victime plus proche sans pour autant l’associer au groupe, afin qu’elle constitue un « objet appétissant » et que dans le même temps, elle demeure suffisamment étrangère et différente, pour que sa mort ne risque pas d’entraîner la communauté dans un cycle de vengeance ».


Cette projection se retrouve dans des sociétés à l’échelle d’un peuple mais aussi dans des groupes beaucoup plus restreints et, du moment qu’on a les yeux ouverts, on peut aisément évaluer toute la dimension sectaire d’un tel comportement quand il est pratiqué dans des groupuscules à vocation religieuse ou politique. En deux petites années, j’ai assisté dans un groupe druidique , indépendamment de toutes les qualités que je peux lui reconnaître, à quatre ou cinq de ces cérémonies sacrificielles sur le Net . Les victimes étaient toutes légèrement en marge (autre tendance, tradition différente, instabilité psychologique, maladresse compulsive) et présentaient donc ce caractère d’ « indifférence ». Elles ont toutes été tuées, symboliquement, pour assurer la cohésion du groupe face à un monde extérieur jugé hostile et dangereux. Je me demande aujourd’hui combien parmi ceux qui m’ont accusé d’exagération choquante quand je suis parti en dénonçant publiquement la dérive sectaire de la responsable  – ils ont d’ailleurs profité de sa fragilisation conséquente, pour la mettre au placard- se souviennent de leur empressement à participer aux différentes curées…


biblio.

Lucien Lévy-Bruhl : L’âme primitive

René Girard : La violence et le sacré

Sylvain Crépon : La nouvelle extrême droite

dscf0821L’association Des racines et des Elfes est née en décembre 2008 de la volonté de ses sept fondateurs réunis physiquement pour l’occasion après une période de travail préparatoire sur Internet.

L’objet de l’association est défini en ces termes par les statuts :

“L’association participe à la sauvegarde et favorise la pérennité de l’environnement et du patrimoine commun des peuples européens. Elle poursuit cet objectif dans le respect des équilibres naturels et avec le souci constant de favoriser la fraternité entre leurs membres. Elle a notamment pour vocation de promouvoir et soutenir la création d’un lieu de rencontre et d’échanges.”
La conservation et la transmission de notre environnement et de notre patrimoine sont nécessaires au maintien d’une identité menacée de tous côtés. Nous savons ce que nous devons aux grands équilibres naturels qui en fondent une large part. Les préserver participe de la même volonté de sauvegarde qui guide nos actions en tous temps et en tous lieux.

Renouer avec une fraternité bien comprise, trop souvent oubliée au profit d’un individualisme galvaudé ou d’un matérialisme débridé permettra à chacun de savoir qu’il peut compter sur les siens. En favorisant l’entraide entre nos membres et sympathisants, nous voulons construire une communauté qui s’unit et se soutient face à l’adversité, y compris dans les actes les plus bénins de la vie quotidienne.

L’action de l’association est constructive et volontariste. Le constat de l’état dans lequel se trouve notre société est largement fait par ailleurs et, si nous le partageons bien souvent, nous voulons aller au-delà. Convaincus que la fatalité n’existe pas, nous souhaitons regrouper les forces, les compétences et les moyens de ceux qui savent que notre avenir dépend en grande partie de ce que nous en ferons.

Si, vous êtes vous aussi convaincus de la nécessité d’unir les bonnes volontés dans le combat pour nos valeurs, votre place vous attend parmi nous.

Adhérez à l’association ou apportez-lui votre soutien dès aujourd’hui.

cygnes Pas trop envie d’écrire un truc de plus sur la saint Valentin et ses origines          païennes parce que de toute façon, toutes les fêtes sont d’origine païenne … en revanche, au delà des délires des marchands de parfums, des joailliers, des fleuristes et des chocolatiers, je trouve intéressant de faire état de la thèse de Yvonne de Sike qui, dans ses « Fêtes et croyances populaires en Europe » (Bordas), note:


« la date de la fête correspondait à un ensemble de faits symboliques : le réveil progressif de la nature, la saison des amours pour les oiseaux, l’ancienne fête des Brandons, occasion de joyeuses retrouvailles des jeunes en dehors des rencontres surveillées des soirées d’hiver, qui se tenait vers la mi février.

Il n’est donc pas hors de propos de supposer que cette fête des déclarations d’amour, instaurée, semble-t-il au XVe siècle, serve à la formation des couples de jeunes gens, en vue des manifestations assez « libérées » qui accompagnent le carnaval dont la date est toute proche ».

Je connaissais son livre sur l’ Empereur Julien mais pas celui là:


jerphagnon

Ce livre traverse de façon vive et plaisante les mythes de l’Antiquité, pour lesquels il constitue déjà en soi une excellente introduction. Mais à travers cet inventaire, c’est une approche de la pensée mythique qu’il propose, allant de pair avec le constat de sa cruelle absence aujourd’hui.

Les Anciens allaient et venaient du mythe à la philosophie, de la légende à l’histoire – et tout se passe comme si ces deux pôles antithétiques se nourrissaient l’un l’autre. Mais avec l’avènement du monothéisme judéo-chrétien, puis de l’islam, ce va-et-vient souple s’est, au fil des siècles, durci en deux pôles antithétiques, prétendant à la vérité de manière exclusive : la religion et la science. Partant, c’est l’intelligibilité même de la pensée antique qui nous a peu à peu échappé. L’accélération de l’histoire semble nous avoir fait naviguer entre deux écueils : celui d’une domestication de la raison par la foi et celui d’une exclusion du mythique et du religieux par la raison. Ce combat mortifère nous a finalement rendus exsangues, spectateurs impuissants d’une lutte entre les « fous de Dieu » et les apôtres du marché.


L’auteur reprend donc avec humour et érudition le chemin des mythes -et nous invite à entendre autrement ces légendes qui, au détour d’une histoire de déluge ou de métamorphoses, nous plongent au coeur de l’homme.

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Merci Vertumne

Je suis tombé dessus par hasard (oui, ce hasard qui n’existe pas) hier à la Médiathèque

pilon

Quand j’étais ado, j’étais un rat de bibliothèque … j’ai eu l’occasion de dire ailleurs que pour un boulimique de la lecture le choix, alors, ne manquait pas et qu’on trouvait beaucoup d’auteurs en format de poche, à des prix qui n’étaient pas rédhibitoires comme ceux d’aujourd’hui … Cependant, mes goûts étaient particuliers pour un gamin de 13 ans et je ne trouvais guère mon bonheur, donc, qu’à la bibliothèque qui se trouvait à cette époque dans un bâtiment élevé en 1900 dans un cadre très XVIIIe : tout en haut d’un vaste escalier, une grande pièce, très haute de plafond avec des rayonnages en bois remplis de bouquins reliés et un balcon étroit courant tout le long, à mi hauteur, du plus grand mur, sur lequel seuls les habitués osaient se risquer. Et baignées d’une odeur particulière que je n’ai pas oubliée (faite de l’essence même de la poussière, du papier, de la colle des reliures,du bois, du cuir et de l’encaustique) des grandes tables de bois massif cernées de meubles à tiroirs faits sur mesure, pleins de fiches-livres dans lesquels je me perdais des heures et entre lesquels on circulait sur la pointe des pieds. Aujourd’hui, « la bibli » est devenue « médiathèque François Mitterrand », les nouveaux locaux sont de vastes bâtiments neufs et construits selon la mode de leur temps, c’est à dire qu’ils sont moches et l’intérieur ne vaut guère mieux : des rayonnages copiés de Cultura ou des espaces Leclerc, plus de fiches mais des catalogues sur ordinateurs et un ensemble de vitres et halls de circulation qui ménagent de jolis courants d’air ou des poches caniculaires selon la saison…


J’ai retrouvé quelques carnets où je recopiais des citations. Ça fait toujours un petit pincement au coeur parce que ça remue des vieux souvenirs et que ça aide à mesurer le temps qui passe. Ça remet en mémoire aussi des titres et des auteurs de bouquins dont on croyait avoir oublié qu’on les a lus. Pour voir, comme ça, je me suis fait une petite liste de ceux dont j’avais relevé des phrases ou des commentaires et les ai recherchés dans le catalogue… en vain pour la plupart et personne pour me dire ce qu’ils ont bien pu devenir … pilonnés sans doute, faute de place (à la fin du déménagement il y avait eu un scandale parce qu’on avait retrouvé des bouquins reliés d’époque dans les bennes à ordures …) et j’aimerais autant que ce soit bien pour cette raison parce que autrement, il faudrait en conclure qu’on les a fait disparaître pour cause d’infréquentabilité et d’incorrection politique … ce qui n’est pas non plus impossible …


Les « Discours » de Julien sont encore empruntables, « de l’inégalité des races humaines » de Gobineau et le « Déclin de la grande race » de Madison Grant, apparemment consultables sur place. Ce dernier doit peut être sa survivance à Vacher de Lapouge qui en a fait l’introduction et qui est un enfant du pays (fonds régional …) En revanche l’ « Histoire de la Collaboration » de Saint Paulien, « de l’or, de la boue, du sang » d’Edouard Drumont, « la mission de la jeune génération » de Günter Gründel, « le romantisme fasciste » de Paul Sérant, « les Camelots du Roi » de Maurice Pujo, « l’Action Française » d’Eugen Weber et « contre l’amour, la jeunesse, la plèbe » de Robert Poulet ont disparu corps et biens… merde, si j’avais su, j’aurais du les piquer …

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