AUTRICHE - KONRAD LORENZ

Konrad Lorenz, est un biologiste et zoologiste autrichien titulaire du prix Nobel.

Lorenz a étudié les comportements des animaux sauvages et domestiques, et passé une grande partie de sa vie à l’étude des oies cendrées, réalisant alors le travail le plus complet à l’heure actuelle sur cette espèce en mettant en évidence le principe de l’empreinte. Il a écrit de fameux livres tels que « Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons », « l’Envers du Miroir » ou « Les huit péchés capitaux de notre civilisation ».


Il a notamment développé une théorie de l’agression qui est une généralisation de la théorie anthropologique du bouc émissaire. En premier lieu, Lorenz démontre que la parade nuptiale de plusieurs espèces animales est une variation du comportement d’agression. Le schéma général de la parade nuptiale consiste en un comportement d’attaque entre le mâle et la femelle qui, à la dernière seconde, est réorienté vers un ennemi commun, pouvant être un congénère dans le cas des animaux sociaux.

Pour Lorenz, ce schéma général provient du fait que pour qu’une relation interindividuelle soit possible, cela nécessite que deux individus partagent un même territoire. L’instinct de territorialité faisant en sorte que cette situation fasse augmenter inexorablement la motivation d’agression, la sélection naturelle a simplement permis ce rapprochement en permettant de détourner cette agressivité vers un ennemi commun.

L’application de cette théorie à l’homme fait en sorte que pour que l’amour soit possible, il faille nécessairement haïr les mêmes choses ensemble. De même, tout regroupement social ne peut exister que par réorientation de l’agressivité interindividuelle contre un ennemi commun : nation contre nation, classe supérieure contre inférieure, syndicat contre patronat, parti politique contre parti politique, équipe contre équipe, etc.


De son point de vue d’éthologue, Konrad Lorenz a aussi étudié le rite qu’il interpréta comme une forme adaptative qu’une culture donne à l’agressivité individuelle de ses membres pour circonscrire ses effets désordonnés et indésirables et a contrario valoriser sa contribution à la conservation du groupe.


Konrad Lorenz est mort le 27 février 1989.

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