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Enfant naturel abandonné par sa mère, Charles Gallo est intelligent et studieux,. Il devient maître adjoint dans une école, puis clerc d’huissier et employé.

Séduit par les idées anarchistes, il est arrêté en 1879,pour fabrication de fausse monnaie, et condamné à 5 ans de réclusion. A sa sortie de prison il se lance dans la propagande anarchiste et décide de commettre un attentat. Il monte à Paris, emprunte un revolver à un ami et se procure 200g d’acide prussique. Le 5 mars 1886, il se rend à la Bourse et, du haut des galeries supérieures il jette sa bouteille d’acide et tire trois coups de feu, semant la panique. Sa « bombe » ne fait pas de victimes mais répand une telle odeur nauséabonde que le bâtiment sera évacué pendant quelques dizaines de minutes… Arrêté, il comparait devant la cour d’assises de la Seine . Au cours de l’audience il provoque des incidents qui nécessitent le renvoi de l’affaire à une autre session. Entraîné hors de la salle, il crie « Vive la révolution sociale ! Vive l’anarchie ! Mort à la magistrature bourgeoise ! Vive la dynamite !« . Il manifeste les mêmes regrets de n’avoir pas réussi lors de sa nouvelle comparution : « Les agents de change étaient partis. J’étais toujours certain d’avoir un agioteur ou un tripoteur qui spécule sur la misère du peuple. J’ai jeté le flacon , malheureusement je n’ai tué personne. » Condamné à 20 ans de travaux forcés et astreint à la rélégation comme récidiviste, il est envoyé à Avignon, puis à St Martin de Ré d’où il part pour le bagne de Nouvelle Calédonie où il débarque le 29 mars 1887. Six mois plus tard, il se révolte contre un gardien auquel il donne un coup de pioche dans le ventre. Il est lui même blessé de deux balles dans la tête et a le bras cassé. Il est condamné à mort le 30 décembre 1887 puis cette peine est commuée en travaux forcés à perpétuité .

En 1902 Gallo n’est plus qu’ »un cadavre vivant« , d’après la lettre d’un compagnon qui a reçu de ses nouvelles et lance un appel en sa faveur, que veut bien appuyer Jean Grave dans Les Temps Nouveaux . Par la suite il ne fut plus jamais question de Gallo dans la presse anarchiste, et je ne suis même pas sur qu’on sache ce qu’il a pu devenir par la suite …

(source : dictionnaire international des militants anarchistes)

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