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La Commune de Paris désigne une période insurrectionnelle à Paris, tout à la fois sociale et patriote, qui dura deux mois environ, du 18 mars 1871 jusqu’à la « semaine sanglante » (21 – 28 mai).  » Les prolétaires de la capitale, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, [comprennent] que l’heure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en main la direction des affaires publiques. » Cette insurrection contre Adolphe Thiers et le gouvernement issu de l’Assemblée nationale, qui venait d’être élue au suffrage universel, établit une organisation proche de l’autogestion pour gérer la ville. Paris est alors assiégée par l’armée de Prusse et l’Etat français est incapable de les battre, cela laisse ainsi le peuple parisien seul face à l’attaquant. Les Versaillais, après le traité de paix signé avec l’Allemagne devront conquérir les barricades l’une après l’autre. Les combats de rue feront au total 4.000 tués (877 du côté des troupes versaillaises) auxquels il faut ajouter les victimes de la répression. Le bilan total de la Semaine sanglante est d’environ 20.000 victimes, sans compter 38.000 arrestations. C’est à peu près autant que la guillotine sous la Révolution.

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Si l’on peut se permettre une analogie avec l’actualité contemporaine, Pierre Vial au sujet d’une déclaration de  Bertrand Delanoë [« La gauche que je défends est par essence libérale (…) Je suis donc libéral et socialiste »], et présentée dans les media comme une grande nouveauté et une belle audace, affirme qu’elle ne serait en fait nouvelle et audacieuse en rien : « Elle correspond en effet parfaitement à un jeu de dupes qui remonte au XIXe siècle, lorsque les radicaux-socialistes de la IIIe République firent en sorte de neutraliser, en acceptant le jeu constitutionnel et électoral, les ardeurs révolutionnaires des vrais socialistes français, héritiers de Proudhon et de Blanqui, marqués par le beau rêve de la Commune de Paris. Ces hommes et ces femmes (honneur à Louise Michel !) que les bourgeois versaillais traitaient dédaigneusement de « Communards », incarnaient une tradition politique qui, comme l’a rappelé Alain de Benoist « impliquait à la fois le refus de l’exploitation du travail, de l’égoïsme prédateur et du nihilisme jouisseur, en même temps qu’un certain conservatisme moral, le sens de l’honneur et de la parole donné, le goût de la loyauté, de l’entraide et de la solidarité ». Une telle conception, forgée dans les luttes contre la bourgeoisie louis-philipparde et héritière du compagnonnage, transcendait le clivage artificiel gauche-droite, conçu pour couper les peuples en deux – pour le plus grand profit des usuriers cosmopolites. »

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