thule2En feuilletant « Thulé » de Jean Mabire, je tombe exactement sur le passage dont j’ai besoin en ce moment … « il y a de l’écho » dirait Béa … et ça se passe complètement de commentaires…

« Les deux mots qui reviennent sans doute le plus souvent dans les vieilles chroniques européennes ce sont ceux de volonté et d’honneur. L’espoir, par contre, n’a pas de sens. Ce qui compte, c’est d’accomplir ce qui doit être accompli et non pas ce qui doit aboutir à un succès.

Je retrouvais dans toute cette « morale » de l’antique Hyperborée un certain goût pour les causes désespérées, une attitude de perpétuel défi, où le goût du risque s’exaltait jusqu’à dépasser toutes les limites du possible. Les guerriers spartiates de Léonidas aux Thermopyles restent, en ce sens, de purs Hyperboréens. Le bien s’identifie avec l’action d’éclat, qui prend une valeur en soi même. Ce qui compte, ce n’est pas le plaisir mais le devoir. Non pas la soumission à un autre que soi même, mais la liberté de s’imposer une conduite conforme à l’imprescriptible honneur de sa lignée et de son clan.

Je retrouvais le même esprit chez le noble arya, l’homoios dorien ou le yarl norvégien. Depuis le bel âge du Bronze jusqu’à la conversion de l’Islande au christianisme, pendant quatre mille ans rien ne me semblait avoir changé dans la morale et la foi de nos ancêtres. Devant les dieux, ils restaient libres et fiers, ignorant l’humilité comme la terreur. Tous ces Hyperboréens se préoccupent plus de la terre que de l’au-delà. Ils n’agissent pas en fonction d’une récompense ou d’un châtiment. Cette comptabilité anxieuse leur reste totalement étrangère. Ils ignorent les dogmes étroits et même les rites figés. Affronter le destin devient une règle de vie absolue, qui se prolonge même au delà de la mort. Il arrivera ce qui doit arriver. Le seul « salut » reste de combattre, sans trêve et sans peur. Le Walhalla n’accueille que des guerriers ».

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