En ce début de printemps, l’air est vibrant de multiples chants d’oiseaux mais il en est un qu’on attend avec un peu plus coucou11de fièvre parce qu’avec l’hirondelle, c’est bien lui qui marque véritablement le retour des jours clairs … c’est le coucou… Le coucou est considéré comme un heureux présage et quand retentit pour la première fois dans la saison son chant monotone répété infatigablement, il est bon, alors, de toucher quelque argent qu’on aura mis exprès dans sa poche, pour s’assurer ainsi d’en avoir à volonté toute l’année.

Selon la latitude, le coucou apparaît chaque année avec une grande régularité entre le 15 mars et le 15 avril. Il revient au terme d’un voyage de quelque neuf mille kilomètres, d’Afrique du Sud où il passe l’hiver, comme tant d’autres oiseaux migrateurs.

Dès son arrivée, il chante inlassablement pour délimiter son territoire. Mais apercevoir ce chanteur caché dans les feuillages est presque impossible. Il s’esquive d’une branche à l’autre comme pour jouer à cache-cache avec l’observateur en lançant chaque fois son « cou-cou, cou-cou »…comme font les enfants, de leur cachette, pour attirer l’attention sans se faire voir.

La femelle coucou a des mœurs que réprouve la morale populaire : au lieu de construire chaque printemps un nid pour y pondre ses œufs, elle préfère les déposer dans le nid des autres. Elle guette les oiseaux qui couvent et, profitant d’un moment d’inattention, elle substitue son œuf à un autre qu’elle fait tomber du nid. Les victimes de la supercherie, tels que la rousserolle, la bergeronnette, le rouge-queue, ne s’aperçoivent de rien et continuent à couver consciencieusement. Plus vite éclos que les autres oiselets, le bébé coucou commence par éliminer les autres œufs du nid. Ainsi les parents involontairement adoptifs nourrissent exclusivement ce parasite qui les dépasse vite en taille, et qui, d’un vol léger disparaît un jour pour rejoindre les siens.

Mais c’est surtout chez les peuples du Grand Nord que le coucou est l’objet d’un véritable culte : dans les traditions sibériennes, le soleil et la lune sont figurés par deux coucous et c’est cet oiseau, qui, invisible, annonce l’éveil de la nature, aide les chamans à ressusciter les morts.

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alouette-des-champs_frcEn Russie où l’alouette annonce le dégel et le réveil de la nature, les enfants fabriquent au printemps des galettes auxquelles ils donnent la forme de cet oiseau dont ils simulent le vol pour faire arriver le printemps.

Oiseau sacré pour les Gaulois (alauda est son nom gaulois), l’alouette reste dans les traditions populaires françaises un augure favorable utilisé souvent dans la fabrication des talismans : « celui qui porte sur lui les pieds d’une alouette, vrais ou figurés, ne pourra pas être persécuté : ce talisman assure la victoire sur les hommes comme sur les éléments. » Mais c’est surtout le vol de l’alouette qui est à l’origine de son statut particulier. Elle s’élève avec de vifs battements d’ailes et se laisse brusquement tomber des hauteurs pour attraper la proie ou pour surveiller son nid, fait à même le sol avec des brins d’herbes sèches.

Ces passages rapides entre le ciel et la terre symbolisent les mouvements d’évolution et d’involution et font de l’alouette la médiatrice entre les deux pôles de l’existence, la vie terrestre et la vie céleste, et, par extension, entre la vie et la mort.

(lire Yvonne de Sike : « Fêtes et croyances populaires en Europe »)

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