Dans les semaines qui viennent, des intégristes, royalistes, nationalistes, anti-IVG de tous poils, qui s’indignent de ce que la femme, cette salope, ose pousser l’outrecuidance jusqu’à se prétendre la propriétaire de son cul et de son ventre, organisent ça et là des « marches pour la vie »…
Au passage, d’ailleurs, il est amusant de constater que les couleurs du nationalisme le plus étroit, qui n’a rien à voir avec les principes de l’ancienne Europe mais est, au contraire un héritage direct de la Révolution française, (voir Dominique Venner : « le Siècle de 1914 »), sont paradoxalement arborées par les royalistes, adeptes du nationalisme intégral de Maurras…
J’attendais ce matin le bus, au milieu d’un groupe de garçons et de filles légèrement handicapés mentaux (la ligne est celle qui dessert un Centre d’Aide par le Travail) et dont les attitudes ne laissaient aucun doute quant aux envies qui les chatouillent en ce début de printemps … et je me suis pris à imaginer une société où on irait jusqu’au bout de l’erreur de jugement et où la contraception et l’avortement seraient interdits. Oui, interdits comme certains le réclament, y compris dans les CAT, les structures d’enseignement spécialisées et les hôpitaux psychiatriques (parce que, hein ? sur quels critères pourrait-on interdire ici et permettre là ?) … effectivement, considérant la totale désinhibition sexuelle des malades mentaux, le retard (les fameux 250 000 avortements remplacés par le même nombre de « néo-français »)qu’affiche aujourd’hui la reproduction autochtone, serait sans aucun doute vite rattrapé … mais à quel prix puisqu’on a l’air d’oublier que c’est dans la surpopulation qu’est véritablement le problème et non pas dans la natalité moindre des peuples européens …
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sex_gruendsaetzlich «Dans bien des cas, [l’avortement] est bel et bien un moindre mal. Une naissance avec des antécédents pathologiques a toutes chances de donner un taré, même si une fois sur des millions elle donne un Beethoven (…) Même avec des parents normaux, une naissance dans un contexte de misère et d’angoisse donnera presque toujours un être perturbé et une aggravation des conditions de vie de la famille. L’enfant non souhaité est voué au malheur et à le répandre sur son entourage. Cette prise de conscience s’est largement répandue dans les jeunes couches de la société moderne. Elle est naturellement alourdie par la perspective du chômage et l’effroyable surpopulation de la planète.
C’est surtout là que résident les causes de la dénatalité chez les peuples européens. Le baratin moralisateur et politicard n’y changera rien et c’est tant mieux.
Oui, l’avortement est un meurtre et il est bon que cela se sache, que cesse cette croyance puérile et irresponsable sur un fœtus qui ne serait qu’un chiffon de tissu organique. Oui, il faut que les femmes sachent à quels risques elles s’exposent par l’avortement, cela fait partie de leur réelle liberté de décision, car il n’y a pas de liberté réelle dans l’ignorance. Mais nul n’a le droit d’imposer à une femme un enfant dont elle ne veut pas et l’enfant en question lui même n’a pas ce droit. La liberté de l’avortement est donc une liberté fondamentale à la dignité de la femme. Et pour que cette liberté ne soit pas un privilège de la fortune, il est indispensable que l’avortement, comme toute intervention, bénéficie de la couverture sociale ».
Robert Dun : « Une vie de combat ».

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