LaVarende« Ce qui m’a frappé chez La Varende c’est : la puissance. Il y a quelque chose de mâle dans son oeuvre, qui en impose. J’aime cela. Puissance, donc : et d’abord d’évocation. Personnages, demeures, pays sont portés en avant, et, un peu agressivement, viennent à vous. Ils sont prêts à lutter. Vus à grands traits, ils n’en montrent pas moins une vie vigoureuse. Car, autant que les personnages, les pays, les demeures participent au don impérieux de vie. Vraiment impérieux. Nous sommes là devant un art autoritaire. De là ce goût et ce sens de ce qui est sang et race. Le sang est fort, la race originale. Elle tend, cette race, à se distinguer violemment. On n’est pas des mauviettes… Il faut prendre ces gens tels qu’ils sont, en se disant que le mieux, si on les rencontrait sur son chemin, ce serait de ne pas se laisser faire. Pour les bien comprendre, c’est ainsi qu’il faut les saisir – à bras le corps. Rude et bonne bataille. Mais ils sont généreux, et si quelquefois la grandeur leur tient lieu de tout – et par conséquent de bonté – je sais que cela choque. On passe du grands au cruel, et on va au mépris, bien durement. Mais quoi ? est-ce un mal ? Je ne le crois pas. Le grand – le génie du grand et du fort – n’est-ce pas ce qui nous manque ? Voyez comme lui, La Varende, parle du Provençal Suffren ? Il ne l’aime pas. Et il en fait un difficile, et même parfois un antipathique personnage. Mais il le peint grand – La Grandeur, cela compte. La Varende est dans la grandeur par vocation, héréditairement et, par conséquent, sans effort ; il y respire son air naturel.
Le reste – les broutilles des défauts, les manies de style, que sais-je ? Ce qui est le lot de nous tous – est-ce que cela compte ?
Et puis, il sait conter. C’est un don rarissime… »
Henri Bosco
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Jean-Balthazar Mallard vicomte de La Varende, issu d’une très ancienne famille normande, est né en 1887 au château ancestral du Chamblac, en Pays d’Ouche.Très attaché au territoire normand, à ses paysans et à ses aristocrates, il écrit de nombreux livres dont le Pays d’Ouche constitue le cadre principal et qui ont bercé une partie de mon adolescence. Il est mort le 8 juin 1959.
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