Cadoudal_execution

Je suis un peu en retard, ou plutôt je me suis un peu emmêlé dans les dates, certains disent que c’est le 25 juin 1804 que Georges Cadoudal a été guillotiné, d’autres le 28 … quoi qu’il en soit, Cadoudal, (1771-1804), est une figure emblématique de la chouannerie. Son nom est aussi synonyme en Bretagne de la résistance, jusqu’au martyre, au jacobinisme parisien.

Au bout de dix années de guérilla contre les armées de la république, Cadoudal refuse de se rendre au Premier Consul qui lui propose un commandement dans l’ouest au grade de général et une rente confortable. Arrêté et condamné à mort, il refuse encore, farouchement et par principe, toute idée de demande de grâce, alors que tout laisse à penser que Bonaparte était plutôt demandeur en la matière. Au conseiller d’Etat Réal, qui lui propose avec insistance de signer ce recours en grâce,Georges répond : « Me promettez-vous une plus belle occasion de mourir ? »

Cadoudal est guillotiné le 25 juin 1804. Le chef des condamnés demande à déroger à la règle voulant que le chef de bande soit exécuté en dernier afin que ses compagnons ne puissent douter de son engagement et penser qu’il pourrait accepter une grâce de dernière minute.

Il y a deux ans, l’ADSAV, le Parti du Peuple Breton http://adsav.org/index.php demandait:

180px-Georges_cadoudal«  Le 4 août 1789, il y a donc 218 ans aujourd’hui, l’assemblée constituante française proclamait l’ « abolition des privilèges » et des droits féodaux, mais aussi la suppression des « provinces ». En tant que corps constitué la Bretagne n’existe plus, supprimée d’un simple trait de plume et ce en violation du traité de 1532.

Ce que tous savent dans le pays d’Auray, c’est que cette Révolution française nivelleuse a ici

connu une vive résistance. Derrière l’emblématique figure de Georges Cadoudal, des Bretons se sont dressés, ont combattu et ont souvent péri pour préserver les droits du peuple breton, pourtant

concédés lors du traité de 1532, bafoués par les sectateurs de l’ « Une-et-indivisible ». Ici même à Quiberon, en juin 1795, aidé par un fort contingent d’émigrés royalistes, la chouannerie et ses chefs locaux, Cadoudal, Pierre Guillemot, Jean Rohu, Jean Jan, ont mené un important combat face aux  troupes de la république française menées, elles, par le général Hoche. Les Bretons et émigrés sont vaincus et pour certains massacrés malgré les promesses de clémence à Quiberon, Auray (« Champs des Martyrs ») et Vannes.

Il y a de cela maintenant trois ans, une association d’Auray a fait réaliser une statue de Georges Cadoudal. L’effigie de bronze du général chouan devait prendre place dans le parc attenant au mausolée, le jour du bicentenaire de son exécution. La mairie communiste d’Auray s’étant formellement opposée à l’installation de la statue, cette dernière attend toujours un endroit qui puisse l’accueillir, à la grande colère et frustration des Bretons privés d’une partie de leur histoire. Que signifie cette interdiction d’honorer la mémoire d’un héros dont le souvenir est encore très présent, particulièrement dans ce pays d’Auray si fortement marqué par les guerres de l’Ouest et la « Bretagne militaire » ? Comment ne pas voir deux poids deux mesures dans le fait que la statue du général républicain Hoche, elle, puisse y trôner ? Y a-t-il de bons et de mauvais morts ? L’histoire doit-elle être élective deux cent ans après une telle tragédie ? Adsav! s’insurge contre cette partialité et demande que justice soit rendue à Georges Cadoudal, ainsi qu’aux habitants du pays d’Auray traités en sous- citoyens à la mémoire gommée, comme dans les pires régimes totalitaires !  »

Il semble que cette justice n’ait toujours pas été rendue …

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