Bon je sais, je me répète, mais je veux, une fois de plus, préciser :

Ma religion est celle de mes Ancêtres, qui sont établis ici, sur cette Terre, depuis des générations. Et je suis certain, chaque jour un peu plus, que ces hommes , ces paysages et cette terre qui sont liés, se modèlent les uns les autres .

Mes ancêtres, ce n’est pas seulement la chaîne familiale des générations (les ancêtres de sang qui peuvent aussi être des ancêtres du Lieu si la « famille » n’a pas trop bougé), ce sont aussi les Ancêtres spirituels : comme les proto-druides et chamans de la préhistoire .

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Ma religion est donc une religion du Sol et du Sang : du sol parce qu’étroitement liée à la terre sur laquelle je vis et ont vécu mes Ancêtres, et du sang parce que ce sont les corps, le sang et l’esprit de ces ancêtres qui, physiquement et spirituellement, « sont » et « font » cette Terre. Littéralement, la Terre est la chair de mes Ancêtres…

Si je me dis druidisant, c’est avant tout par commodité .. parce que ça « dit » tout de suite quelque chose aux gens, alors que je me considère plutôt comme un adepte du paganisme celte, ou, mieux encore, adepte de la religion des Gaulois. J’aime bien aussi « ceux de Gargan » parce que j’ai lu que les Bénédictins, dès le Haut Moyen Age, ont forgé le mot latin « gargantuates » = « ceux de Gargan » = « la bande à Gargan » pour désigner les païens. J’aime bien le côté « bande » de la chose, le côté Clan mais il faut avouer que si je dis à mon voisin que je suis un gargantuate, il y a des chances pour qu’il me regarde bizarrement. En fait, comme le « druidisme » était « assuré », au plan sacerdotal par les druides , le problème sémantique que je peux avoir n’est pas rédhibitoire … druidisant, pour les païens celtes c’est un peu l’équivalent de papiste pour les cathos … le principal est qu’on se comprenne.

Cette religion est mienne parce qu’elle parle à mon sang. Et mon sang est le même que celui qui coulait dans les veines de mes ancêtres gaulois qui étaient déjà ses adeptes. Aujourd’hui, le druidisme est sans doute ce qui se rapproche le plus de cette religion vécue par les Gaulois antiques qu’on commence à connaître mieux. Et pour ce qu’on connait moins, il est possible d’ établir des concordances avec les autres religions des peuples voisins et issus de la même famille indo-européenne (germains et scandinaves, grecs et romains …).

Et puisqu’on m’a posé la question, avoir expliqué pourquoi je me considère comme un druidisant, explique à contrario pourquoi je ne suis pas wiccan.

Je me suis intéressé intellectuellement à la wicca mais je ne la sens pas rouler dans mes veines si je puis dire, sans doute parce que, s’accorde-t-on, elle a été inventée il y a quelques dizaines d’années… je ne la sens pas comme faisant partie de mon héritage biologique ou culturel : j’ai du mal avec la prépondérance accordée au « sacré féminin » , j’ai du mal avec les tendances matriarcales qui  se dégagent avec peine  de l’esprit de revanche sur un patriarcat affaibli et qui flirtent bien souvent avec une sorte de néo-monothéisme tout autant haïssable, j’ai du mal avec l’androgynie originelle soutenue par certains wiccans, j’ai du mal avec son universalisme aujourd’hui affiché (me semble pourtant que ce n’était pas le cas avec Gardner ?…) qui semble aller de pair avec une mièvre notion d’amour tous azimuts qui me donne tout autant de mal, pour tout dire carrément envie de gerber …

On pourra me rétorquer qu’il n’y avait pas seulement des druides « importants », gardiens de l’orthodoxie « druidique » mais aussi des sorciers de villages, des « sages-femmes » dont les croyances et les pratiques se rapprochaient plus des croyances et pratiques wiccanes … je me suis aussi longtemps posé la question parce que j’ai toujours eu tendance à me sentir moi même plus proche de ces sorciers et de ces femmes sages que des druides se déplaçant entourés de leurs cours, de leurs courtisans et de leurs guerriers (surtout en Irlande il faut bien le dire, parce qu’en Gaule on ne sait pas trop)… pour finalement me persuader que non, que les uns et les autres pratiquaient le même paganisme gaulois, chacun à son niveau, comme le curé de campagne et l’archevêque chez les cathos …

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