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inquisition Goya

Bon je ne tiens pas à m’éterniser sur cette affaire qui n’est susceptible d’intéresser qu’un très petit nombre de personnes, mais j’ai quand même envie de dire une chose ou deux … vous savez le truc qu’on est bien content d’avoir sorti parce qu’il vous encombrait un peu la tête et vous empêchait limite de dormir vraiment bien …alors voilà : je comprends pas bien…

je comprends pas bien , non… les catholiques tenants de la Tradition , si l’on en croit Robert Spieler dans l’interview qu’il accorde à Pierre Vial dans le dernier n° de TP, se réclament d’un christianisme qui se serait européanisé et aurait rompu avec ses origines orientales.

Alors non, je ne comprends pas bien parce que la définition même de la Tradition c’est la transmission continue d’un contenu culturel à travers l’histoire depuis un événement fondateur et là, on aurait donc à faire à une Tradition à la carte qui remonterait selon les besoins à telle ou telle ou telle époque ? Parce qu’il faut lutter contre un ennemi commun -l’Islam- et préparer la Reconquista (et je n’ai absolument rien contre ça) la Tradition dont il est question dans cet interview remonterait, elle (et là j’ai un peu plus de mal…) au « christianisme conquérant des croisades ou celui d’Isabelle la Catholique », qui « n’avaient rien à voir avec la religion des origines vilipendée par Celse ». Parce que l’évènement fondateur du catholicisme c’est quand même bien la naissance du christianisme, non ? Celui là même que vilipendait Celse, comme dit l’autre.

Au contraire, c’est dans la religion « moderniste » qui opère son retour aux origines (vous saisissez le schmilblick : « moderniste » = « retour aux origines »…étrange, non ?), que Spieler voit quelque chose qui « contribue puissamment à la destruction de nos identités et de nos valeurs ».

Alors on arrive à cette position paradoxale : Spieler se réclame d’une Tradition qui s’arrête en cours de route sans aller jusqu’ à l’événement fondateur, et il condamne une religion qu’il qualifie de « moderniste » mais qui remonte à ses sources, donc à ce fameux évènement fondateur , donc au « point de départ » de la Tradition chrétienne… Car c’est bien évidemment les tribulations de Jeschoua entouré de sa clique de disciples qui sont l’évènement fondateur et non pas les croisades ou l’avènement d’ Isabelle la Catholique… franchement, j’ai un peu la tête qui tourne…

Je sais bien néanmoins que les catholiques traditionalistes se basent sur le rite tridentin codifié en 1570 … on serait donc en présence de l’évènement fondateur d’une simple secte de plus issue du christianisme originel ? Mais c’est une question de rite, Spieler, lui, semble vouloir parler Histoire.

Alors on dirait qu’il essaie de naviguer un peu entre les écueils, voyage périlleux ma foi… et, effectivement, en choisissant Isabelle, bardaboum, il tombe dans la Reconquista … bien évidemment, ça va dans le sens du combat qu’il mène mais d’un autre côté, il se retrouve aussi en pleine Inquisition qui ne fit pas dans la dentelle pour imposer le christianisme en éliminant les gêneurs … qui n’étaient pas que musulmans … alors j’avoue, ça me fait un peu peur…et je n’ai aucune envie de prêter allégeance à quelqu’un qui se réclame peu ou prou d’un personnage historique, symbole éminent de cette saloperie d’Inquisition tueuse de païens… ce serait ce choix de dupes qu’on nous mettrait entre les mains : choisir de rester païen, ce serait s’opposer à la Reconquista ? Ça me rappelle un peu Raynouard qui accuse « les païens de faire le jeu des juifs »… et ça me donne la même envie de vomir…

Je n’ai rien contre Pierre Vial, bien au contraire, et c’est bien ce qui m’emmerde dans son ralliement au nouveau parti…qui se croit obligé, pour ratisser large (alors que le reste du programme de la Nouvelle Droite Populaire est cohérent et pas très éloigné de ce que je pense moi même) de brandir les racines chrétiennes de l’Europe de cette manière…

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Les raisons avancées par Jean Jacques Hatt à la persistance des traditions gauloises sont intéressantes.

La première a été le maintien, envers et contre tout, et quoi qu’on en dise, de la classe sacerdotale des druides. Celle ci a été persécutée, certes, mais n’a pas disparu. Sans doute a-t-elle été amenée à composer peu ou prou avec les Romains dans le cadre de l’interpretatio romana des dieux gaulois. Mais il est probable que, parallèlement, elle a joué un rôle important dans l’interprétation gauloise des dieux et des mythes gréco-romains…

Si les druides surgissent de nouveau en pleine lumière à partir du III e et du IV e siècle, en même temps que les dieux gaulois eux mêmes, c’est parce qu’ils ont pu maintenir les traditions gauloises à l’ombre des grands sanctuaires, dont certains étaient des temples d’Apollon indigène/Belenos, et dont d’autres étaient des lieux de rassemblements et de pèlerinages dans le genre de celui du Donon, sanctuaire protohistorique situé prés de Schirmeck dans le Bas-Rhin. Dans les temples d’Apollon, toujours placés à côté d’une source, étaient pratiqués, avec l’accord des Romains, les rites de la médecine prophétique et de la divination. Ce furent là les principaux bastions du druidisme et de la résistance religieuse gauloise, contre lesquels l’autorité romaine ne pouvait rien.

Autre raison des survivances de la religion et des usages gaulois : la persistance, en marge des zones romanisées, de régions au particularisme indigène développé, qui allaient devenir en fait, de véritables conservatoires des traditions gauloises. Ce sont tantôt des régions montagneuses comme les Vosges, le Palatinat, le massif rhénan, le Massif central, les Pyrénées, soit des régions agricoles comme la Normandie.

Pour que les traditions indigènes se maintiennent dans ces milieux gallo-romains « particularistes », il a d’abord fallu la permanence d’un système d’habitat et de culture différent des modes ordinaires d’occupation et d’exploitation du sol : au lieu du « fundus » (domaine, propriété), on a des hameaux dispersés. La seconde condition était l’existence et la persistance de petites communautés de villageois ou de gens de métier (en référence à un autre article du blog, je pense là aux charbonniers), librement associés, groupés étroitement autour d’un sanctuaire, d’un lieu de culte, d’une nécropole, d’un champ des morts, ou toute autre forme de lieu de culte.

Ces conditions se trouvent réalisées en Normandie,avec les « fana », petits sanctuaires gaulois, en Comminges (Haute Garonne) et en Couserans (Ariège), dans les Pyrénées centrale, avec les nécropoles, voisines des sanctuaires des dieux locaux, ainsi que dans les Vosges avec les cimetières placés côte à côte et en relation avec les temples de Mercure/Lug. Dans ces deux dernières régions, la conservation des croyances religieuses et celles des usages funéraires vont de pair, car les stèles-maisons, pyrénéennes et vosgiennes, sont héritières d’un long passé remontant aux constructions intérieures des tumulus de l’Age du Bronze.

Un autre signe de la survivance des usages indigènes est l’extrême fréquence, dans les sanctuaires campagnards et urbains, d’un type de statuettes exclusif mais aussi d’un temple particulier à la Gaule : sur plan carré, polygonal ou rond dont l’origine architecturale se perd dans la nuit des origines gauloises mais qui, selon certains chercheurs, se rattachent aux temples en bois des héros ou dieux chthoniens, associés aux enclos funéraires à partir de la période la Tène.

Certains de ces sanctuaires sont isolés dans les campagnes comme en Normandie, d’autres, en Rhénanie, sont groupés en de petites enceintes sacrées , d’autres sont associés en grand nombre dans de véritables quartiers religieux comme à Trèves, cité des Trévires (Gaule Belgique). D’autres enfin, comme à Autun ou à Périgueux , sont intégrés dans de grandes villes gallo-romaines et comptent parmi leurs monuments les plus importants.

On voit donc que c’est bien dans le domaine religieux que les survivances gauloises sont les plus apparentes et les plus remarquables au sein de la civilisation provinciale romanisée de la Gaule.

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Je commence à en avoir un peu ras le bol de voir si souvent affirmé sentencieusement que si le christianisme ne s’était pas imposé c’est Mithra qui l’aurait emporté. Alors que rien n’est moins sur puisqu’on notait en Gaule au III ème siècle un net retour aux croyances et aux traditions religieuses indigènes les plus anciennes.

Un exemple le confirme : en 1953 à Mackwiller dans le Bas Rhin en Alsace, on découvrit les fondations d’un sanctuaire dédié à Mithra dont on a pu préciser l’histoire. Le site proche d’une source avait été consacré aux dieux dès l’époque gauloise. Un sanctuaire aux divinités topiques y était installé dès le Ier siècle. Vers le milieu du IIe siècle, le propriétaire du domaine fit construire un sanctuaire de Mithra, décoré de bas reliefs dont le plus grand représentait l’immolation du taureau. Sur le socle, et dans l’inscription, dont un morceau a été retrouvé, la divinité topique indigène, Narius Intarabus, était associée à Mithra.

Le sanctuaire fut en partie ruiné à la fin du III e siècle et à sa place fut alors aménagé, à l’aide des blocs subsistants, un sanctuaire de source construit sur un plan indigène, en forme de deux carrés concentriques, le centre de la cella interne étant constitué par une vasque d’où s’épandait la source. Il apparaît donc que dans l’histoire du sanctuaire, l’épisode mithriaque ne représente qu’un intermède de 120 à 130 ans. Après les invasions du III e siècle, Mithra a disparu et l’ancien dieu gaulois a repris toute la place en un lieu qu’il n’avait d’ailleurs jamais abandonné.

Pour Jean-Jacques Hatt (« Les celtes et les gallo-romains »), ce cas est exemplaire et symbolique:

« les dieux gréco-romains et les divinités orientales ont pu temporairement s’associer aux divinités indigènes; il arrive qu’ils les aient éclipsées; ils ne les ont jamais supprimés totalement ».

Ce rythme d’évolution des croyances religieuses gauloises -recul progressif au Ier et II e siècles des divinités indigènes sous leur forme primitive; assimilation du panthéon gréco-romain mais survivance réelle des traditions anciennes; puis brusque résurgence à partir du III e siècle- se retrouve pour le sacerdoce gaulois. En effet, les druides ont été tolérés sous Auguste à condition de n’être pas citoyens romains, mais persécutés sous Tibère et pourchassés sous Claude. Ils font une réapparition lors de la crise de l’Empire Romain en l’an 70. Il n’en est plus question au cours du II e siècle mais on les retrouve au III e alors que les Empereurs romains eux mêmes adressent leurs dévotions aux dieux gaulois : Caracalla au dieu des sources de Baden-Baden, Dioclétien et Maximien au dieu Belenus d’Aquilée.

Les druides, cités par Ausone, reparaissent officiellement dans la société gauloise au IV e siècle. Force est donc de constater que, persécutés au I er siècle, puis relégués dans l’ombre par l’héllénisation et l’orientalisation, ils reviennent en pleine lumière au III e siècle, précisément à l’époque où les dieux gaulois de leur côté, surgissent à nouveau sous leurs noms indigènes et leur aspect primitif. Ce qui nous éloigne quand même assez sensiblement de l’opinion selon laquelle à cette époque, les dieux agonisaient déjà comme je l’ai lu récemment, et qu’il ne s’agissait plus que d’une histoire de concurrence entre le christianisme et le mithriacisme…

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Yann Fouéré, né le 26 juillet 1910, est une des têtes pensantes du régionalisme breton, qu’il a contribué à remettre sur les rails après la guerre, et un fédéraliste européen.

Il exerça des responsabilités au sein du mouvement breton dès sa jeunesse.

En 1941, il fond et dirige le quotidien La Bretagne qui développe un point de vue régionaliste opposé au séparatisme du Parti national breton, sans contester la légitimité de Vichy . Dans l’éditorial du premier numéro il affirme : « Il n’y a pas chez nous de haine de la France. Trop d’épreuves, trop de jours de deuils et de joies vécues en commun ont forgé notre union pour que, malgré des dissentiments passagers ou des rancœurs légitimes, nous pensions à la rompre. On peut être bon Breton sans négliger du même coup d’être bon Français ».

De 1942 à 1945, il est directeur politique de La Dépêche de Brest et membre, puis secrétaire général du Comité consultatif de Bretagne auprès du préfet de région.

Arrêté en1944 et jeté en prison sous l’inculpation de collaboration, il est remis en liberté provisoire un an plus tard mais devant la fureur de ses ennemis. il préfère fausser compagnie à ses juges et se réfugie au Pays de Galles, puis en Irlande . En 1946, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité par contumace et à la dégradation nationale. En 1955, à la suite d’un changement de compétence des juridictions, il rentre en France et demande réparation. Un tribunal militaire révise son procès et l’acquitte purement et simplement. Yann Fouéré n’est pourtant pas au bout de ses peines et on ne lui épargne aucune tracasserie . En 1969, accusé d’être le véritable chef du Front de libération de la Bretagne (FLB) on perquisitionne chez lui, sans résultats. En 1971, il se voit refuser le renouvellement de son passeport sous le prétexte que l’octroi d’un passeport n’est pas une obligation, mais une libéralité gracieuse de l’administration. Un peu plus tard, on fait pression sur la Commission européenne pour amener celle-ci à lui interdire de prendre la parole à un colloque de l’Union fédéraliste européenne à Bruxelles.

Yann Fouéré est un des animateurs du Mouvement pour l’organisation de la Bretagne (MOB), créé en 1957,

En 1961, il fonde sur l’Ile de Rhos au Pays de Galles, la Celtic League (Ligue celtique), mouvement visant à fédérer les différents partis nationalistes des régions. Par la suite, il sera co-fondateur avec Guy Héraud du Parti fédéraliste européen de France, et un des animateurs de l’Union fédéraliste des communautés ethniques européennes.

Dans les années 1970, il anime le parti Strollad ar vro. En 1975, il est arrêté pour les attentats du FLB-ARB. Il est libéré en décembre 1976. De 1982 à 2005 il est actif au POBL (Parti pour l’organisation d’une Bretagne libre) Il lance finalement la Fondation Yann Fouéré : http://www.fondationyannfouere.org/

L’Europe aux cent drapeaux

L’ouvrage de Yann Fouéré ayant eu le plus d’influence est L’Europe aux Cent Drapeaux. Il s’agit d’un essai politique préconisant l’organisation de l’Europe sur une base fédérale, fédération basée non plus sur les États-nations historiques qui auraient atteint leur apogée au XIXe siècle avant d’outrepasser au siècle suivant leur rôle, leurs pouvoirs et leur utilité, mais sur les communautés humaines fondamentales que sont les régions et les « nations vraies » de notre continent. Cet ouvrage a profondément marqué la pensée fédéraliste européenne et sert de base commune à la philosophie politique fondamentale des mouvements de contestation et de libération qui agitent les régions et les peuples de l’Europe à la recherche de leur identité. Il a conduit, plus récemment, à la création à Bruxelles du Bureau permanent des nations européennes sans État. On doit noter aussi l’influence de ce livre sur toute une partie de la mouvance identitaire française.

On est très fier d’honorer Yann Fouéré qui, après une vie tellement bien remplie, fête aujourd’hui ses 99 ans.

N.C. Wyeth

« Être anarchiste de droite

L’anarchiste apparaît à la fin du XIXe siècle. Il refuse, au nom des libertés individuelles, la notion de progrès que lui impose la société industrielle en train de se constituer.

L’anarchiste de droite n’est pas un simple individualiste. Il ancre ses valeurs dans le refus de la démocratie. Il s’élève contre les normes rigides des pensées et des comportements nés de la révolution industrielle et se veut le défenseur des valeurs aristocratiques traditionnelles de la France.

I. Refuser la démocratie.

L’anarchiste de droite refuse philosophiquement l’héritage de 1789. Il refuse le postulat égalitaire légué par la Révolution française et nie la légitimité de la majorité. Selon lui, le critère quantitatif ne peut donner de légitimité au choix. Le choix ne peut être effectué que par quelques uns. Définir la liberté comme un principe collectif apparaît incohérent pour l’anarchiste de droite. La liberté est individuelle et n’est que l’apanage de quelques uns. Un gouvernement révolutionnaire ne peut en aucun cas officialiser la liberté et les droits qui en découlent. En effet, la liberté se choisit et se construit grâce à la volonté et l’énergie. L’anarchiste de droite refuse donc la légitimité de la République. Selon lui, celle-ci représente la décadence à a fois morale et politique. Il juge le système politique instable, corrompu et inefficace. Selon lui, la bourgeoisie détient en fait le pouvoir et masque sa domination sous un semblant démocratique qui conduit à une tyrannie collective.

L’anarchiste de droite hait l’intellectuel qui est l’inventeur de la démocratie. Il le juge irréaliste, inconscient. Il lui reproche son sens de l’histoire allant immanquablement vers le progrès. Il refuse aussi bien le sens de l’histoire d’Auguste Comte que celui de Karl Marx.

L’illusion qu’a l’intellectuel de définir les grandes optiques politiques apparaît donc comme un danger pour l’anarchiste de droite. Non seulement l’intellectuel n’est pas un guide mais il pourrit les fondements de la société. Il théorise mal et est incapable d’agir lui même selon ses idées, lesquelles sont d’ailleurs inapplicables. L’anarchiste de droite estime donc, à la suite de Friedrich Nietzsche, que le XIXe siècle est un siècle de décadence à la fois individuelle et collective. Selon lui, la spiritualité disparaît sous l’illusion du progrès technique.

II. Proposer un idéal à la fois libertaire et aristocratique.

L’anarchiste de droite estime qu’il a le devoir intellectuel et moral de se révolter. Cette opposition conduit souvent l’anarchiste de droite à la violence : dans ses propos, ses écrits mais aussi ses actes.

Il s’oppose d’abord aux institutions qui sous couvert de démocratie emprisonnent les libertés individuelles. Il fustige également l’inertie de la collectivité aveugle. La notion de peuple lui apparaît comme un mythe car incapable de penser et d’agir. Il fustige non les puissants mais les médiocres qui laissent faire, voire fabriquent, les puissants.

L’anarchiste défend l’idée qu’il faut responsabiliser les hommes. L’anarchiste de droite propose une philosophie du  » moi « . Ce  » moi  » se doit d’être violent, exigeant, lucide et créateur. A la suite d’Arthur de Gobineau, il estime que le  » moi  » originel est primordial et qu’il faut lui être fidèle. Les valeurs acquises durant l’enfance structurent l’individu à jamais et doivent être sauvegardées. L’anarchiste défend l’aristocratisme qui est pour lui la recherche perpétuelle de l’excellence à travers les valeurs que sont l’honneur, la fidélité, l’héroïsme… L’aristocrate est celui qui sait harmoniser la force de ses désirs et la sévérité de leurs exigences.

L’anarchiste se découvre des valeurs communes avec l’Ancien Régime. Il n’est pas pour autant monarchiste. En fait, il est davantage nostalgique des idéaux de la chevalerie que de l’organisation institutionnelle.

L’anarchiste de droite tente de présenter une synthèse entre l’expression de la liberté la plus totale et la reconnaissance des valeurs supérieures de l’individu. Il appartient à un courant de pensée qui marque la vie politique du XIXème siècle dans son opposition aux autres grands courants de pensée du siècle : la démocratie, le marxisme, le socialisme, le bonapartisme et le libéralisme. »

Jean Marc Goglin

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« Le 7 février [1934], dans l’après midi, un fidèle de l’Action Française, Pierre Lecoeur, entrait fort animé dans la grande salle de notre rédaction et allait droit à Maurras, qui était en train d’écouter trop galamment le caquetage d’une pécore du monde :

« Maître, Paris est en fièvre. Il n’y a plus de gouvernement, tout le monde attend quelque chose. Que faisons-nous ? »

Maurras se cambra, très froid et sec, et frappant du pied:

« Je n’aime pas qu’on perde son sang-froid. »

Puis, incontinent, il se retourna vers la perruche, pour lui faire, à n’en plus finir, l’honneur bien immérité de son esprit. »

Lucien Rebatet : « les Décombres ».

Dubout-

Pierre Vial vient de rejoindre la Nouvelle Droite Populaire qui affirme, entre autres, son attachement aux valeurs chrétiennes de l’Europe . Et quand on lui demande comment il assume en même temps son paganisme, il fait référence à Maurras et parle du « nécessaire compromis nationaliste  qui repose sur l’impératif de grouper toutes les forces disponibles pour faire face au péril mortel» qui nous menace.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que la vie de ce pauvre Maurras a été une bien triste vie, faite de camouflets et de frustrations :

– agnostique convaincu, il fait un compromis avec le catholicisme et se fait le chantre d’une Église-facteur d’union entre tous les Français pour voir son Action Française officiellement condamnée par le Pape en 1926;

– monarchiste, il est renié par le prétendant, le Comte de Paris qui rompt avec fracas tous liens avec l’AF en publiant une lettre définitive, pour se tourner vers des élites plus proches du régime républicain et davantage « fréquentables »;

– propagandiste du « coup de force » il rate l’opportunité, qui ne se représentera pas, du 6 février 1934;

– inventeur du « nationalisme intégral » et germanophobe extrême, il s’engage derrière le Régime de Vichy pour se voir jeté en prison en 1945, et condamné à perpète, accusé de collaboration avec les nazis …

Non vraiment, je suis pas bien sur que Vial ait raison, je suis pas bien sur que Maurras soit la bonne référence à prendre…

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D’un autre côté, toujours au chapitre des « nécessaires compromis », Pierre Vial rappelle aussi : « au FN, sans état d’âme, je travaillais en tandem avec le catholique de tradition Bernard Antony pour la formation des cadres » … le même Antony, président de Chrétienté-Solidarité, ne doit pas avoir les mêmes souvenirs, puisque, sans état d’âme lui non plus, il déclarait en 2001 préférer « un Noir catholique à un Blanc païen »…

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Rebatet 2J’ai au moins un trésor qui dort dans mes étagères depuis des années … un trésor en double en fait : « Les Décombres » de Lucien Rebatet dans son édition originale, et puis « les Mémoires d’un fasciste » en deux volumes, du même qui sont la réédition du premier amputé de quelques passages. Le premier n’est pas en très bon état, et c’est pourquoi j’ai acheté les 2 et 3ème à leur parution. Et depuis, les uns et les autres dormaient, attendant mon bon plaisir, comme tant d’autres … C’est vrai, on achète par crainte de rater et puis on range, et puis on oublie plus ou moins, ou on a autre chose à faire, autre chose à lire …

J’avais un vague souvenir du Rebatet signant dans Rivarol (oui, j’ai cet âge qui m’a permis de lire les chroniques de Rebatet …) mais je n’imaginais pas, en ouvrant le bouquin, quelle jubilation allait me prendre au fur et à mesure des pages tournées…

J’ai commencé à cocher au crayon de papier les phrases qui me plaisaient et puis j’ai vite vu que j’allais devoir cocher les trois quarts du bouquin ce qui me semblait un peu inutile …

Et ça m’a donné envie de ressortir son « Histoire de la Musique » et ses « Deux étendards », ses « Épis mûrs »et le petit bouquin que lui avait consacré Pol Vandromme aux éditions Universitaires.

Il est dit que « la publication des Décombres fit exactement l’effet d’une bombe. Au propre et au figuré,cet énorme pamphlet de 672 pages était un pavé. L’avant-guerre, Munich, la drôle de guerre, la débâcle, Vichy, peints avec une justesse, une férocité impitoyables et un éclatant talent de grand reporter, servaient de décor. Les bourgeois, les militaires, les politiciens, les juifs, les curés, les franc-maçons, les capitalistes, l’Action Française, le Front Populaire étaient les cibles, mitraillées avec une violence, une fureur et un lyrisme qui stupéfièrent. « Torrentiel, apocalyptique, écumant » sont les adjectifs qui reviennent le plus souvent dans les critiques de l’époque ».

Front PopuPour exemple : « Jules Renard, dont j’aime à croire qu’il n’eût jamais été un socialiste à la mode du Front Populaire disait « Oui, le peuple. Mais il ne faudrait pas voir sa gueule ». Les dieux savent si on la voyait ! Ça défilait à tout bout de champ, pendant des dimanches entiers, sur le tracé rituel de la République à la Nation. Il y avait les gueules de la haine crapuleuse et crasseuse, surtout chez les garces en cheveux. Il y avait encore à profusion le prolétaire bien nourri,rouge, frais et dodu dans une chemisette de soie, un pantalon de flanelle, d’étincelants souliers jaunes, qui célébrait avec une vanité rigolarde l’ère des vacances à la plage, de la bagnole neuve, de la salle à manger en noyer Lévitan, de la langouste, du gigot et du triple apéritif. Le peuple, dans ces revues, était entrelardé de cohortes maçonniques, arborant d’incroyables barbes toulousaines, et des bannières, des ceintures, des scapulaires bleus et roses de congréganistes sur des ventres de Tartarins; ou encore d’escouades d’intellectuels, les penseurs de mai 36, dont l’aspect me mettait un voile rouge devant les yeux, les vieux pions de Sorbonne, les suppôts à lorgnons et barbiches de toute la suffisance primaire, bras dessus bras dessous avec tel homme qui avait eu du talent et qu’on reconnaissait avec un étrange dégoût dans ces chienlits. N’y manquait jamais, avec sa figure dévorée de tics, le sieur André Malraux, espèce de sous-Barrès bolcheviste, rigoureusement illisible, et qui soulevait pourtant l’admiration à Saint Germain des Prés, même chez les jeunes gogos de droite, grâce à un certain éréthisme du vocabulaire et une façon hermétique de raconter des faits divers chinois effilochés dans un bouillon d’adjectifs »

un site à visiter : http://etudesrebatiennes.over-blog.com/

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interrogation

L’autre jour S. m’avouait son étonnement devant les ambiguités de la réacosphère qui se dit païenne, et son incompréhension devant ces païens plus ou moins honteux :

* qui bandent devant les KKK, les Kathos K’ont des Kouilles (et Ki savent s’en servir, même si c’est dans le noir, entre deux « Notre Père » et pendant un « je vous salue Marie ») ,

* devant les Chevaliers Teutoniques, et autres croisés « de la foi » en général à cause du mot « chevaaalier » et de tous les fantasmes qu’il trimballe,

* devant un Monseigneur Mayol de Luppé en grand uniforme de la Waffen SS à cause de ses allures de reître -autre fantasme- et de son crucifix dans son holster (c’est une image…),

* qui mouillent devant un évêque intégristo-négationniste, ou révisionniste je ne sais plus, dont personne ne devrait avoir quoi que ce soit à foutre et dont j’ai moi même oublié le nom,

* devant un vieux pape pourfendeur de capotes, nouvelle cible de la très sainte Inquisition (c’est l’époque qui veut ça, au niveau des combats, on tombe de Charybde en Scylla…)

* y en a même qui, indécis, après avoir dégueulé sur le rap allogène, se tâteraient presque devant Goldofaf, prêts à lui accorder un satisfecit parce que, s’ il y (« chante » ???) Jésus, il y (« parle »?) aussi de la Vrounze…alors que c’est aussi nul que NTM et les autres…

Je n’ai pas su lui expliquer ces paradoxes … tout simplement parce que je ne les comprends pas moi même … et que je n’ose croire qu’ils cachent envie et frustration …

…bon, d’un autre côté je suis pas à une désillusion près …

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Cet article tombe à pic parce que je commençais vraiment à me croire et me sentir bien seul … et je vois qu’il n’ en est rien…

inquisition« L’union ? Nous entendons déjà les clameurs des éternels cocus de l’identitarisme qui vont venir nous chanter la sempiternelle ritournelle de l’union sacrée contre l’islam, le mondialisme judéo-américain…Nous crions « halte au sketch! » Qu’avons nous à gagner avec les partisans d’un christianisme œcuménique qui souhaite que l’on s’ouvre toujours plus à l’ « autre » quand cet « autre » se revirilise et nous crache à la gueule ? Que l’on tende la joue et que l’on baisse notre froc ? Ce n’est pas le genre de la maison… Et les cathos tradis alors ? Nous avons quelques ennemis communs avec eux, pas plus. Ça ne suffit pas pour partager une vision du monde (…). D’ailleurs, en les poussant dans leurs retranchements plus que sinueux, beaucoup d’entre eux nous passeraient bien au fil de l’épée au même titre qu’ils le feraient pour un Sarrasin ou un Hébreu (…)

Non, dans la grande révolution de demain, si l’Europe veut retrouver sa liberté, son identité et sa puissance, il ne pourra jamais y avoir alliance avec ceux qui, d’une manière ou d’une autre, colportent une croyance et une idéologie dont nous mourons à petit feu, car il ne faudra pas réinoculer demain le germe pathogène mortifère. »

(Réfléchir et Agir n°24)

(pour mémoire : « ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi. Et ceux qui ne veulent pas que je règne sur eux, amenez-les moi et étranglez les devant moi » -Matthieu, 12, 30)

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Après avoir vu les dangers de l’hyper-individualisme et l’importance de l’ individuité dans les sociétés païennes, grecque surtout, voyons maintenant l’individualisme à la gauloise qui vient complètement conforter tout ce que je pense de l’indispensable connaissance de la langue et de son emploi juste et correct : la fameuse idéologie indo-européenne du « uek os tek », de la parole charpentée, élaborée, construite , contrairement à tous ces connards qui font dire n’importe quoi aux mots du moment que ça va dans le sens de leur poil …

ogmios_apianus

« Dès avant Rome, mais avec Rome surtout, le monde s’est orienté vers l’étatisme, et l’étatisme tend de toutes ses forces à rendre le discours inutile, même s’il doit plus ou moins s’en servir en attendant de parvenir à ses fins. L’État idéal est celui où chaque citoyen est devenu un rouage bien huilé de la machine collective, nul n’a plus besoin de convaincre ni d’être convaincu. Dans la civilisation sur-étatisante qu’on s’applique à instaurer, il est hors de doute que la parole est un élément perturbateur, un facteur d’instabilité, un handicap enfin pour celui qui s’entête à ne rien faire sans elle (…) Or, un comportement ne peut se juger qu’en fonction du but poursuivi. Si le but est l’État, le Gaulois, c’est certain, ne vaut pas tripette. Mais si le but est l’Homme, ce sont tous les autres, il me semble, qui ont perdu le nord.

Qu’on le veuille ou non, un peu plus tôt, un peu plus tard, il faut toujours choisir entre l’État et l’Homme. Le drame des Celtes, mais aussi leur insigne honneur, c’est d’avoir, voici trente siècles, délibérément choisi l’Homme dans un monde qui s’apprêtait à choisir l’État. L’avenir contraindra peut être le monde à reconsidérer cette option.

Lorsqu’une communauté humaine fait un tel choix, qui consiste à faire passer l’homme avant la société -c’est à dire l’essentiel avant l’accessoire, le contenu social avant l’enveloppe, la promesse d’avenir avant la facilité immédiate- il ne peut pas ne pas mettre le verbe au dessus de tout. Car dès lors que chacun entend cultiver son individualité, son originalité, sa vocation propre, aucune construction collective n’est possible sans un constant effort de compréhension mutuelle, nécessitant les meilleurs instruments de communication et leur plus fréquente et plus subtile utilisation.

foulePlus nous nous différencions et plus nous avons besoin de nous re-connaître et de ré-accorder sans cesse nos motivations pour œuvrer de concert. La différenciation ne conduit à la séparation que si le langage est insuffisant ou mal utilisé. Ainsi la propension du Celte au discours, si elle témoigne de son désir d’originalité, et par conséquent d’expression de cette originalité, témoigne tout aussi fortement de son désir de solidarité. L’usage et la qualité du verbe sont l’antidote naturel à ce qu’il peut y avoir d’asocial dans l’individualisme.

Ainsi dira l’individualiste social : plus je me réalise moi même et plus je m’éloigne d’autrui. Mais en exprimant toujours mieux ce que je deviens, outre que je consolide mon être propre en donnant forme à ses prolongements, je fournis à autrui nourriture et chaleur pour son propre foyer; je lui done l’occasion de mieux s’aimer lui même là où il diffère de moi, en même temps que celle de m’aimer et de me soutenir là où nos vues se révèlent communes. Quand il n’existerait qu’un point sur mille où nous pourrions vibrer en accord, sur ce point là, nous ferons des prodiges et ils suffiront pour la « société ».

De l’individualisme à l’amour du verbe, nous voyons donc le chemin gaulois tout tracé. De ce personnalisme actif, sans cesse conforté par sa propre expression verbale, nous voyons découler une extraordinaire confiance en soi (souvent téméraire, parfois chimérique), une formidable curiosité de l’avenir (étrangement accompagnée de la certitude d’obtenir ses faveurs), une continuelle volonté de chercher ses limites (avec le ferme espoir de ne pas les trouver), enfin le refus d’admettre toute espèce de mort, celle ci considérée comme un insupportable défi à la volonté de s’élever sans cesse par delà toutes les bornes ».

Pierre Lance : « Alésia, un choc de civilisations ».

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