dolmens

Le culte des Ancêtres est l’ une des principales composantes du paganisme .

Les groupes d’Européens du Sud ont commencé très tôt à se sédentariser et à pratiquer l’élevage, puis l’agriculture. Ils ont compris le cycle enfouissement des semences- pousse- maturation et mort, ils révèrent la Déesse Mère Rigantona et leur animal fétiche est la vache (ou le taureau). Ils considèrent la Terre comme une Mère providentielle et divine, Ils ont également compris que la cohésion sociale du groupe dépend de la présence perçue des Ancêtres qui veillent sur leur lignée et ils pratiquent leur culte en érigeant en leur honneur des pierres levées, des menhirs , dont la taille est proportionnelle à la « valeur » de l’individu, et des figures taillées dans le bois. Les pierres levées, ces monuments de pierre sur lesquels les âmes des morts sont censées s’asseoir ou dans lesquels elles se réfugient ou se réincarnent, conservent indéfiniment les qualités de ces morts et assurent la fertilité des hommes, comme celle des troupeaux et celle des terres. Les monuments que les hommes élèvent en l’honneur de leur chef défunt devient souvent le centre culturel et social du village et c’est autour de lui qu’on danse et qu’on assiste aux rituels publics.

Avant de devenir, eux aussi, éleveurs, les Européens du nord, ou Boréens, qu’on appelle aussi les « Hommes du Renne », vivent, eux , à la frontière des glaces nordiques et suivent, dans leurs migrations les troupeaux de rennes, de bisons et d’aurochs. Ce sont des chasseurs nomades et ils assimilent le Dieu- Père qu’ils vénèrent à leur animal fétiche en le coiffant souvent des ramures de rennes.

En ce qui les concerne, ils pratiquent un culte des Ancêtres qui se rattache pour l’essentiel à l’Ancêtre mythique, c’est à dire « un personnage considéré dès l’origine comme surhumain ou semi- divin, révéré sous la forme d’un totem en bois sculpté, plus facile à emporter par la tribu » (Mircéa Eliade) qu’ils considèrent comme leur créateur et celui qui leur a appris tout ce qu’ils avaient besoin de savoir pour assurer leur survie. Ces Ancêtres veillent sur la tribu et se réincarnent perpétuellement dans ses membres puisque la particule de Vie qui a été insufflée lors de la « création » des hommes constitue une sorte d’âme immortelle.

Pour ces différents peuples européens qui ont fini par constituer une synthèse des deux civilisations, le culte des morts tient une grande place dans la vie quotidienne et religieuse puisqu’ils considèrent que ces derniers sont encore présents parmi les vivants et qu’ils sont les dépositaires d’une force bien supérieure à la leur. Ce culte est essentiellement déterminé par la croyance selon laquelle toutes les formes d’existence, des hommes, des animaux et même des produits de la terre sont, d’une manière ou d’une autre, influencées par les ancêtres défunts. Si les chrétiens plus tard, prieront pour les morts, nos ancêtres païens priaient directement les morts, ce que leur reprochera avec force Saint Augustin.

Lors des enterrements, en général collectifs, on offrait habituellement aux défunts des biens d’usage courant que l’on disposait dans les tombes avec les cadavres. Puis, au cours du rituel funéraire, on brûlait d’autres biens qui allaient suivre l’âme du défunt dans le royaume des morts.

Ce culte des défunts et des ancêtres prend de l’importance au mésolithique, car il faut entrer en contact avec eux pour s’assurer leur protection, et ce sont les sorciers prêtres de ces tribus, les Chamans qui servent d’intermédiaire entre les hommes et les âmes des ancêtres.

Il acquiert une importance fondamentale au néolithique avec l’affirmation de l’agriculture et de la sédentarisation. En effet l’observation du mystère du cycle mort et renaissance de la végétation influence les croyances sur la vie post mortem et les croyances en une vie après la mort et l’idée selon laquelle les défunts ont un moyen d’exercer une influence sur le monde des vivants se renforcent.

Le développement et la diffusion de l’agriculture au néolithique a fait glisser un rapport qui prédominait au temps des chasseurs du paléolithique et qui reliait l’homme à l’animal à un rapport reliant l’homme à la végétation. C’est de cette époque que datent les fêtes saisonnières liées au cycle de la végétation et les mythes qui intègrent la mort, puis la renaissance d’une divinité. La liaison entre la fécondité féminine et la fertilité de la terre devient alors un élément fondamental et l’association qui apparaît primordiale est celle de la Mère et de la Terre. Il faut souligner le fait que l’essentiel des mythes du néolithique dérive de l’agriculture. Les cultes de la fertilité, de la femme comme de la terre, les mystères de la naissance, de la mort et de la renaissance qui s’illustrent grâce aux rythmes des saisons et de la végétation sont des valeurs qui s’articulent progressivement.

L’hommage à la Grande Déesse et sa célébration privilégiait la vie féconde et toujours renaissante par le biais du culte des morts que l’on réintégrait dans les matrices telluriques qu’étaient les sépultures mégalithiques. Car les menhirs et les ensembles mégalithiques sont des centres cérémoniels en liaison avec le culte des morts en même temps que/ou des observatoires astronomiques. Les dolmens, eux, et les tumulus qui sont des reconstitutions des grottes initiatiques magdaléniennes, sont des sépultures funéraires et les constructions mégalithiques des sites religieux et funéraires.

La Terre mère est la Grande mère, la Déesse mère, qui personnifie l’énergie féminine et terrestre distribuant la vie en abondance, qu’elle soit humaine ou végétale, et à son culte s’associe celui rendu aussi à l’eau, à la lune, à la femme et à la fécondité.

La religion des Mégalithiens serait donc une religion cosmique centrée sur la rénovation périodique du monde, et à coté de ce symbolisme féminin apparaît aussi un élément masculin très souvent assimilé au taureau qui permettra progressivement au culte du Ciel protecteur d’être associé à celui de la Terre mère.

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