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On l’a vu : l’individualisme exacerbé s’oppose à la cohérence de toute communauté constituée de vivants et de morts et structurée par le principe de filiation, ou de lignée… Alors quoi, peut-on se demander, faut-il donc le proscrire ?

Il semble bien évident que le paganisme est une religion d’abord et avant tout communautaire, dans laquelle un individualisme forcené n’a pas vraiment sa place. Mais la question reste de savoir si l’on doit s’effacer devant la masse ? Le paganisme, comme je l’ai lu parfois, est-il rigoureusement incompatible avec l’individualisme ? Aussi loin que je me souvienne, je suis païen … mais aussi loin que je me souvienne, aussi, je suis plus que méfiant devant la notion de collectif… C’est simple, à mes yeux, l’effacement d » un individu  devant la collectivité, est la définition même du collectivisme … que je refuse au profit du « solidaire »…

En définitive, et paradoxalement, l’individualisme exacerbé et l’absolue primauté du groupe produisent les mêmes effets pervers … Faire primer le collectif (l’Un) sur les individualités , c’est prôner le monothéisme religieux comme ses petits frères le marxisme et le capitalisme : le multiple s’efface devant l’Un et les individus ne sont plus que les éléments anonymes d’un ensemble, interchangeables, où le fameux « aime ton prochain comme toi même » prend tout son sens puisque les deux sont le même …

Pourtant je suis convaincu que l’individualisme pourrait bien être le fondement du paganisme et de notre démarche identitaire… mais cet individualisme là n’exclut en aucune manière la pleine appartenance au groupe … devant lequel on peut choisir de s’effacer : sacrifice et devoir, valeurs héroïques et  aristocratiques …

iliade

En fait, « une mise au point est nécessaire sur les équivoques de ce que l’on appelle individualisme.

La reconnaissance et l’exaltation de l’individuité (le fait d’être porteur d’une individualité) sont consubstantielles à l’Europe de toujours, alors que la plupart des autres grandes cultures ignorent l’individu et ne connaissent que le groupe. Les poèmes fondateurs de la tradition européenne, l’Iliade et l’Odyssée, exaltent tous les deux l’individuité des héros aux prises avec le destin. Ces poèmes n’ont d’équivalent dans aucune autre civilisation. Ils chantent les héros sur le mode épique (l’Iliade est la première des épopées) et sur celui du roman (l’Odyssée est le premier de tous les romans). Par définition, les héros sont l’expression d’une forte individuité. Ce sont des personnes au sens grec du mot. Non des personnes de naissance (à sa naissance, le petit individu n’est rien, sinon à l’état potentiel). Devenir une personne se mérite par effort continu et formation de soi (se donner une forme intérieure). Avant d’avoir des droits, la personne a d’abord des devoirs à l’égard d’ elle même, de sa lignée, de son clan, de sa cité, de son idéal de vie. Les Européens qui portent en eux l’héritage grec par atavisme et par imprégnation culturelle, ont reçu en partage ce legs. Il fut ultérieurement dénaturé pour devenir l’individualisme exacerbé des sociétés occidentales contemporaines, une sorte de narcissisme hégémonique.

Historiquement, l’expression première de l’individualisme moderne date de la Réforme calviniste qui est elle même à l’origine de ce que Max Weber a défini comme l’essence du capitalisme. Cette forme d’individualisme fut ensuite célébrée de multiples façons à l’époque des Lumières. Elle reçut une consécration idéologique avec la déclaration des droits de l’homme de la révolution américaine et de la Révolution française, tandis que le Code civil (code Napoléon) lui donnait une consécration juridique. Le mouvement des idées s’était associé à l’évolution de la société, à l’affirmation sociale et politique de la bourgeoisie et de son individualisme intrinsèque, pour produire la grande révolution des comportements qui ne triompha vraiment en Europe qu’après les catastrophes de 1914-1945 ».

Dominique Venner : « Le Siècle de 1914 »

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Art-Celtique« Au XIX e l’individualisme a atteint en Occident un point d’exacerbation extrême. Cet individualisme forcené est indissociable de l’idéologie économiste et consumériste qui infantilise les adultes par des fantasmes de toute puissance normalement propres à l’adolescence, et qui favorise l’éclatement des systèmes familiaux en individus déracinés. L’individu moderne, dont l’orgueil est constamment flatté par le matraquage commercial, voudrait s’être fait tout seul. Il a perdu le sens de sa redevance aux ancêtres, qui était l’attitude sociale et religieuse fondamentale de toutes les anciennes sociétés.

La valeur à laquelle s’oppose fondamentalement l’individualisme, ce n’est pas la famille mais le clan, compris comme une communauté humaine constituée de vivants et de morts et structurée par le principe de filiation, ou de lignée. Selon cette ancienne idéologie holiste, l’individu n’ est qu’un individu du tissu social relié horizontalement au clan et verticalement à ses ancêtres, et son éternité individuelle importe moins que sa participation à la continuité des générations.

Telles étaient les anciennes sociétés indo-européennes. Selon Régis Boyer, l’essence de leur religion tenait au culte des ancêtres. Le lignage ancestral constituait l’axe autour duquel s’organisait la vie sociale. Cette idéologie communautaire du sang, précise Boyer, n’était pas refermée sur le biologique; elle prenait en compte “la notion de pacte, de contrat passé entre puissances adverses et donc celle, corollaire, du serment qui scelle ce contrat” de sorte que des liens de sang pouvaient être créés, non seulement par le mariage, mais par des “pactes de sang”.

L’individualisme exacerbé qui prévaut maintenant chez nous est en fait le fils naturel du christianisme.

En effet, dès sa naissance -dans les paroles mêmes de Jésus- la christianisme s’en est pris à l’idéologie du sang. Dans son système de pensée, l’âme est issue directement de Dieu et ne doit rien aux parents ou à leurs ancêtres. En même temps, de manière quelque peu contradictoire, l’âme est réputée entachée du péché originel, qui, lui, est transmis par la lignée issue du premier ancêtre, l’Adam déchu. Le salut consiste donc à s’extraire de cette lignée déchue pour renaître par le sang du Christ, devenir sa chair, se greffer sur sa nouvelle humanité. De sorte que le christianisme est doublement anti-lignage, puisque non seulement la filiation ne transmet rien de divin, mais qu’en plus elle transmet l’essence du diabolique.

De fait, partout où il a missionné, le christianisme a diabolisé le culte des Ancêtres et éradiqué le profond sentiment de solidarité qui liait les vivants aux morts.

Paradoxalement, l’idéologie révolutionnaire, puis républicaine et laïque, qui s’est forgée en France contre le christianisme, en a conservé et même exacerbé l’hostilité à toute valorisation spirituelle du lignage, réputé source des inégalités sociales. Aujourd’hui, l’idée que l’individu hérite du bagage spirituel, positif ou négatif, de ses ancêtres, heurte de front l’idéologie démocratique qui a pratiquement fait de l’égalité des chances un postulat métaphysique.

Mais que valent ces idéologies universalistes qui prétendent relier l’ individu à l’humanité entière tout en sapant son milieu social naturel, la famille élargie ? Que valent, surtout, une idéologie qui, sous prétexte que “tous les hommes naissent égaux”, cultive l’oubli et le mépris de cette valeur ancestrale ajoutée qui fonde la richesse de chacun ? »

Laurent Guyénot : « Las avatars de la réincarnation »

dolmens

Le culte des Ancêtres est l’ une des principales composantes du paganisme .

Les groupes d’Européens du Sud ont commencé très tôt à se sédentariser et à pratiquer l’élevage, puis l’agriculture. Ils ont compris le cycle enfouissement des semences- pousse- maturation et mort, ils révèrent la Déesse Mère Rigantona et leur animal fétiche est la vache (ou le taureau). Ils considèrent la Terre comme une Mère providentielle et divine, Ils ont également compris que la cohésion sociale du groupe dépend de la présence perçue des Ancêtres qui veillent sur leur lignée et ils pratiquent leur culte en érigeant en leur honneur des pierres levées, des menhirs , dont la taille est proportionnelle à la « valeur » de l’individu, et des figures taillées dans le bois. Les pierres levées, ces monuments de pierre sur lesquels les âmes des morts sont censées s’asseoir ou dans lesquels elles se réfugient ou se réincarnent, conservent indéfiniment les qualités de ces morts et assurent la fertilité des hommes, comme celle des troupeaux et celle des terres. Les monuments que les hommes élèvent en l’honneur de leur chef défunt devient souvent le centre culturel et social du village et c’est autour de lui qu’on danse et qu’on assiste aux rituels publics.

Avant de devenir, eux aussi, éleveurs, les Européens du nord, ou Boréens, qu’on appelle aussi les « Hommes du Renne », vivent, eux , à la frontière des glaces nordiques et suivent, dans leurs migrations les troupeaux de rennes, de bisons et d’aurochs. Ce sont des chasseurs nomades et ils assimilent le Dieu- Père qu’ils vénèrent à leur animal fétiche en le coiffant souvent des ramures de rennes.

En ce qui les concerne, ils pratiquent un culte des Ancêtres qui se rattache pour l’essentiel à l’Ancêtre mythique, c’est à dire « un personnage considéré dès l’origine comme surhumain ou semi- divin, révéré sous la forme d’un totem en bois sculpté, plus facile à emporter par la tribu » (Mircéa Eliade) qu’ils considèrent comme leur créateur et celui qui leur a appris tout ce qu’ils avaient besoin de savoir pour assurer leur survie. Ces Ancêtres veillent sur la tribu et se réincarnent perpétuellement dans ses membres puisque la particule de Vie qui a été insufflée lors de la « création » des hommes constitue une sorte d’âme immortelle.

Pour ces différents peuples européens qui ont fini par constituer une synthèse des deux civilisations, le culte des morts tient une grande place dans la vie quotidienne et religieuse puisqu’ils considèrent que ces derniers sont encore présents parmi les vivants et qu’ils sont les dépositaires d’une force bien supérieure à la leur. Ce culte est essentiellement déterminé par la croyance selon laquelle toutes les formes d’existence, des hommes, des animaux et même des produits de la terre sont, d’une manière ou d’une autre, influencées par les ancêtres défunts. Si les chrétiens plus tard, prieront pour les morts, nos ancêtres païens priaient directement les morts, ce que leur reprochera avec force Saint Augustin.

Lors des enterrements, en général collectifs, on offrait habituellement aux défunts des biens d’usage courant que l’on disposait dans les tombes avec les cadavres. Puis, au cours du rituel funéraire, on brûlait d’autres biens qui allaient suivre l’âme du défunt dans le royaume des morts.

Ce culte des défunts et des ancêtres prend de l’importance au mésolithique, car il faut entrer en contact avec eux pour s’assurer leur protection, et ce sont les sorciers prêtres de ces tribus, les Chamans qui servent d’intermédiaire entre les hommes et les âmes des ancêtres.

Il acquiert une importance fondamentale au néolithique avec l’affirmation de l’agriculture et de la sédentarisation. En effet l’observation du mystère du cycle mort et renaissance de la végétation influence les croyances sur la vie post mortem et les croyances en une vie après la mort et l’idée selon laquelle les défunts ont un moyen d’exercer une influence sur le monde des vivants se renforcent.

Le développement et la diffusion de l’agriculture au néolithique a fait glisser un rapport qui prédominait au temps des chasseurs du paléolithique et qui reliait l’homme à l’animal à un rapport reliant l’homme à la végétation. C’est de cette époque que datent les fêtes saisonnières liées au cycle de la végétation et les mythes qui intègrent la mort, puis la renaissance d’une divinité. La liaison entre la fécondité féminine et la fertilité de la terre devient alors un élément fondamental et l’association qui apparaît primordiale est celle de la Mère et de la Terre. Il faut souligner le fait que l’essentiel des mythes du néolithique dérive de l’agriculture. Les cultes de la fertilité, de la femme comme de la terre, les mystères de la naissance, de la mort et de la renaissance qui s’illustrent grâce aux rythmes des saisons et de la végétation sont des valeurs qui s’articulent progressivement.

L’hommage à la Grande Déesse et sa célébration privilégiait la vie féconde et toujours renaissante par le biais du culte des morts que l’on réintégrait dans les matrices telluriques qu’étaient les sépultures mégalithiques. Car les menhirs et les ensembles mégalithiques sont des centres cérémoniels en liaison avec le culte des morts en même temps que/ou des observatoires astronomiques. Les dolmens, eux, et les tumulus qui sont des reconstitutions des grottes initiatiques magdaléniennes, sont des sépultures funéraires et les constructions mégalithiques des sites religieux et funéraires.

La Terre mère est la Grande mère, la Déesse mère, qui personnifie l’énergie féminine et terrestre distribuant la vie en abondance, qu’elle soit humaine ou végétale, et à son culte s’associe celui rendu aussi à l’eau, à la lune, à la femme et à la fécondité.

La religion des Mégalithiens serait donc une religion cosmique centrée sur la rénovation périodique du monde, et à coté de ce symbolisme féminin apparaît aussi un élément masculin très souvent assimilé au taureau qui permettra progressivement au culte du Ciel protecteur d’être associé à celui de la Terre mère.

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Une note un peu triste ce matin : le Boréen ne répond plus, sa Taverne est fermée…sans tambour ni trompette …

On te regrettera camarade, et on regrettera ton énorme boulot : tous ces textes que tu mettais à notre disposition…

Salut l’Ami …

soleil

On ne rigole pas chez les Chinois : il y a très exactement deux ans, le 10 juillet 2007, était éxécuté Zheng Xiaoyu directeur de l’Agence de réglementation des médicaments et de produits alimentaires chinoise.Il avait été condamné à mort, le cher homme, pour avoir touché des pots de vin de compagnie pharmaceutiques

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Bon je sais bien que les circonstances sont totalement différentes mais j’ai du mal à ne pas mettre en correspondance certaines infos … Je me souviens par exemple que deux mois avant l’apparition de la grippe porcine dont on essaie de nous convaincre de l’extrême dangerosité (pour entretenir quelle panique ?) un contrat avait été signé à Mexico à l’occasion de la Visite d’Etat du Mari de la Chanteuse par Sanofi-aventis (EURONEXT : SAN et NYSE : SNY) pour la construction d’une usine de production de vaccin contre la grippe, représentant un investissement de 100 millions d’euros.

Et on apprenait hier, malgré le classement « secret-défense » du marché et même si on se demande un peu-beaucoup-passionnément où on va trouver le fric, que la France va acheter 100 millions de doses de vaccin contre la grippe A (H1N1) pour 700 millions d’euros auprès de quatre laboratoires : Sanofi (tiens … quelle extraordinaire coïncidence…), GSK, Novartis et Baxter.

Parano moi ? Je me garderai bien pourtant d’émettre des conclusions hâtives…

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je ne résiste pas à l’envie de mettre le lien de cette anthologie d’une connerie des plus affligeantes. Où on y voit notamment, quelle surprise… Bertrand Delanoë. C’est lui qui vient de remporter le trophée 2009 “Press club, humour et politique”qui récompense chaque année l’auteur de la phrase la plus drôle  avec cette “vraie” idée pour le Parti socialiste : “Le vrai changement au PS, ce serait de gagner”…mais si, mais si, c’est amusant, parce qu’on vous le dit … mais ça m’empêche pas de penser, en le voyant sur cette vidéo, qu’il aurait bien mieux mérité le trophée de la folle la plus hystérique, catégorie « l’étranger en promo » … n’aurait pas non plus déparé comme (piètre) figurant d’une cage aux folles quelconque… A vrai dire, tout ce joli monde pouvait prétendre à n’importe quel prix ou accessit de connerie … sans problème…

J’ai pas de sympathie particulière pour Marine Le Pen et je ne connais pas Steve Briois, mais qu’est-ce que je rigolerais si le FN demain, était vainqueur à Hénin-Beaumont …

rire

j’ai vu qu’une vitriollaise témoignait sur un forum antifa sur l’expérience de son bled, sous administration efhène pendant de « douloureusesannéesnoires », une variante moderne des heurlesplusombresdenotrhistoire : « haine, surveillance, harcellement, divisions,délation,déchirement du tissu associatif, censure dans nos bibliothèques.. ».c’est marrant mais j’ai l’impression de me trouver là en face d’ une administration socialiste ou uhempiste ou bien coco s’il y en a encore … a se s’rait pas gourrée la bonne dame dès fois ? … un peu mélangée les étiquettes ?…

c’est un remake des présidentielles de 2002 : le FN bien placé alors on appelle à l’union sacrée antifâââchiste, contre la bête immonde …tous ceux qui en croquent sont appelés à s’unir, le gâteau sera assez gros, assez copieux tant qu’il n’y aura pas de fâââchiste affamé qui tendra sa gamelle…république bananière ? Nan, c’est pour les autres … la droite pourrie (« l’âme des bourgeois : une trouille » Céline) et la gauche (« l’âme des prolétaires : une envie », Céline toujours) tous unis …

Bon ce serait juste pour voir la tronche de tous ces cons et ces salauds, je sais c’est pas très constructif …mais vu les noms de ceux qui appellent à « barrer la route au FN », tous cloportes et charognes parmi les cloportes et les charognes (y compris, et je ne citerai que deux exemples, ce connard de Daniel Hamidou, alias Dany Boon, aujourd’hui l’acteur le mieux payé du cinéma européen avec un revenu pour l’année 2008, d’environ 26 millions d’euro, qui lance son appel de Los Angelès où il semble vivre…et cette hystérique de Aurélie Filipetti qui à elle seule, rien qu’en ouvrant la gueule, flinguerait illico la cause écologiste) j’aimerais que cette route se transforme en boulevard vers la mairie…je suis pas sur du tout qu’il faille encore espérer des victoires (de qui ? Pour quoi ? Pour qui ?), mais rire des défaites des autres, ça je veux bien… parce que c’est avant tout quand même ça qui nous sépare irréductiblement de ces « autres » : le rire… D’ailleurs, en passant, un petit souhait de joyeux anniversaire pour Jean Raspail qui est né le 5 juillet 1925, et qui avait déjà compris dans « le Camp des Saints » : « C’était cela, précisément, que tous recherchaient. Pour eux, la comédie : mourir gaiement et vite. Pour les autres, la pesante tragédie à traîner stupidement jusqu’à son terme, jusqu’à la fin d’un monde pauvrement égalitaire ».

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« Drieu la Rochelle disait que l’Action Française avait créé le mouvement littéraire le plus important d’Europe, avec léon daudetcelui de la Nouvelle Revue Française, pendant le premier tiers du XXe siècle. L’Action Française a groupé en effet autour de Charles Maurras, quelques-uns des meilleurs écrivains de notre temps et, tout d’abord, Léon Daudet (1868- 1er juillet 1942). A vrai dire, Léon Daudet a un peu trop ébloui ses contemporains par ses dons jupitériens de polémiste, par le massacre joyeux des crétins, des traîtres, des routines, des conventions et des dessus de pendule auquel il se livrait chaque matin. Léon Daudet, qui avait été élevé dans l’entourage de son père, Alphonse, par la IIIe République naissante, devint promptement un homme populaire dont les faits et gestes se trouvaient guettés avec une égale avidité par ses amis et ses adversaires. L’éclat de sa vie publique a un peu nui à sa réputation d’écrivain. Il est vrai que son évasion de la Santé a été un moment savoureux dans l’histoire de la IIIe République. Mais Léon Daudet député, Léon Daudet duelliste, Léon Daudet exilé, Léon Daudet grand orateur et grand politique n’est pas l’homme qui nous retient ici. Au delà du vivant déchaîné, il faut voir l’écrivain dont on n’a pas toujours compris la valeur..
La part la plus inégale dans son œuvre est celle du romancier. Il ne faudrait pas cependant la condamner trop vite à l’oubli (…) Mais Léon Daudet critique littéraire n’a pas son pareil. Il se trouve également à l’aise parmi les vivants et parmi les ombres. (…) Avec cela libre, indépendant, ne cherchant jamais à contraindre, toujours prêt à saluer le talent chez ses pires ennemis, dépourvu de tout esprit de parti, mettant son autorité au service du beau avec une générosité inépuisable, Léon Daudet est le premier critique littéraire de son temps.

Que dire du mémorialiste ? Il est de la lignée du cardinal de Retz et de Saint Simon. En quatre mots saisissants, d’une cocasserie inimitable, il peint un homme au physique et au moral, lui rendant son souffle, son allure, les plis et la couleur de ses vêtements, ses tics, ses manies et jusqu’au son de sa voix. La série des Souvenirs Littéraires, les deux volumes de Paris Vécu, ouvrages mouvementés, passionnés, pathétiques, pleins d’intelligence, de culture et d’une gigantesque drôlerie, gardent la chaleur de toute une époque, avec ses lumières et ses parfums, ses jours et ses nuits, ses personnages ridicules, falots ou grandioses, et les rues de Paris, le ciel de Paris, tout ce qui fait le plaisir et la douleur de vivre. Chaque mot devient la sensation même. C’est un style qui passe »

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Kléber Haedens : Une histoire de la littérature française.

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