Puy_de_dome_temple_mercure

A verser au dossier « Gargantua » cette hypothèse avancée par Gwenc’hlan Le Scouëzec (« Les Druides », ed. Beltan) qui est tout à fait séduisante:

« La planète Mercure porte le vocable d’un dieu totalement hellénisé. Ce serait un tort de croire qu’elle porte une appellation latine : la réalité est grecque, c’est Hermès. Il convient donc de chercher quel personnage celtique se cache sous le nom d’Hermès. Ce Mercure est important, c’est le principal dieu des Celtes nous dit César. Maître des chemins, commerçant, artisan et inventeur des arts, grand trésorier de l’argent, il est figuré sous la forme d’une statue ou une stèle aux différents carrefours.

Nous connaissons en Gaule un dieu des rochers sacrés, des mégalithes et des stèles. Cette figure qui est restée en dehors de l’écriture, mais a très largement survécu dans le folklore et la topographie s’appelle Gargan et Gargantua. Son nom vient peut-être de Karregan, « Celui du Rocher », d’un terme qui existait déjà en celtique. Gargantua viendrait alors d’un Gargan-Teutatès ou Gargan-Tuath, d’après l’irlandais, « le peuple de celui du rocher ».

Il correspond bien à l’Hermès des Grecs, l’être des monuments de pierre aux carrefours. Il a parsemé la terre de palets, de gravois et de gravelles, de menhirs et de pierres de toute sorte. Peut-être n’est-il pas sans rapport avec l’argent, dont le nom gaulois « argentos », pourrait venir de Gargantua.

Il règne notamment sur le Mont rocheux de Gargan au dessus de la ville de Rouen, sur le Mont Gargan du Limousin, sur celui de Moutiers, sur le Mont St Michel, ancien Gargan, sur le Grand Rocher, Roc’h Hir Laz, à St Michel en Grève, enfin sur les hauteurs du Monte Gargano en Italie. Il est manifestement la divinité des montagnes. Aussi le grand temple de Mercure qui se dressait sur le Puy de Dôme est-il sans doute le sanctuaire de Gargantua.

Il boit les rivières, il pisse les lacs, il règne sur les gués et cette dernière faculté ainsi que celle de construire des ponts, le rapproche des chemins et des voies de communication.

Le peuple n’a jamais oublié son grand dieu et partout les traditions se sont conservées qui le mettent en scène, jusqu’à nos jours. Rabelais a fait sa fortune au XVIe siècle, mais il n’a fait que reprendre un nom et des hauts-faits qui existaient avant lui ».

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