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Olier Mordrel fut un militant nationaliste breton. Il était favorable à l’indépendance de la Bretagne comme nation associée à la France et son influence marque encore aujourd’hui la frange la plus nationaliste de l’Emsav.

En 1919 il adhère au mouvement Breiz Atao pour être, en 1932 avec François Debeauvais, l’un des fondateurs du PNB (Parti Nationaliste Breton). Sa sensibilité radicale le pousse vers un romantisme néo-païen.

Pris dans la tourmente de la guerre, Mordrel est condamné à mort en France. Puis , de retour en Bretagne, toujours avec Debeauvais il est l’un des créateurs du Comité National Breton qui opte pour une ferme neutralité pour en démissionner et être assigné à résidence en Allemagne. Détesté de Vichy, toléré par les allemands, il revient en Bretagne pour assister à la scission du PNB après l’assassinat par les communistes de l’abbé Perrot et de la prise en main du parti par Célestin Lainé. Il se lie d’amitié avec Louis Ferdinand Céline et prend le chemin de l’exil en 1944. Condamné à mort par contumace en 1946, il revient pourtant en France en 1972. Il se rapproche du GRECE et meurt en 1985, le 25 octobre.

L’héritage d’Olier Mordrel a été longtemps ignoré ou rejeté depuis la fin de la guerre en raison de

son parcours clairement marqué par une tentative de conciliation du fascisme, du national-socialisme et du celtisme breton avant et durant le conflit et qu’il continue, par la suite, à dénoncer les incohérences idéologiques de la « gauche bretonne ».Avec l’apparition d’Adsav en 2000, Olier Mordrel et son héritage ont été réhabilités et Jean Mabire, en 1985, lui rend hommage :



Olier Mordrel« Mordrel, c’est tout autre chose [qu’un intellectuel]. Un grand écrivain d’abord, même s’il s’est échiné à la fin de sa vie dans des besognes moins hautes que lui. Mais aussi un homme capable de s’incarner totalement dans un peuple au point d’en faire une nation, dans un paysage au point d’en faire quelque Terre promise, dans un style de vie au point de donner naissance à un type d’homme nouveau.

Au départ, se situe certes la lutte pour ce qu’on nomme « les patries charnelles » et l’unité d’un monde qu’il baptisait comme « nordique » et qu’on peut aussi bien proclamer « européen ». Mais très vite apparut la fraternité par-delà les frontières. Et l’ordre nécessaire qui unit les meilleurs. Mordrel incarnait en lui-même, sans se soucier des contradictions, la sève populaire et la vertu aristocratique. Fils d’un général gaulois, il avait rompu avec le décor d’une France « unéindivisible » sans renier son sang. En pleine guerre, l’article qu’il consacre à ce vieux chef de l’arme coloniale indique bien les rapports nouveaux qui pourraient naître entre la Bretagne et la France.

Mordrel dépassait sa patrie avant même de l’avoir construite. Etre Breton, pour lui, n’était pas se fermer mais s’ouvrir. Première leçon.

La deuxième est sans doute que pour nous qui haïssons la chose politicienne, tout est politique et grande politique. Un poème, une critique de film, une photographie de visage ou de chaumière, la rencontre d’un homme véritable et surtout l’évocation de ses amis disparus comme Jakez Riou ou von Thevenar, tout lui était prétexte pour retrouver son monde et nous le faire découvrir. Même les statistiques et la géopolitique devenaient sous sa plume réalités de chair et de sang. Cet architecte était un lyrique.

L’aventure de Breiz Atao appartient à l’Histoire. Même si l’on en peut tirer un enseignement, elle n’en reste pas moins un moment totalement englouti dans le passé, aussi nécessaire et périmé que la geste de Nominoé ou les exploits d’Alan Barbe Torte. Mais Stur échappe aux pesanteurs quotidiennes et périssables de la politique. Cette revue annonçait, au détour de chaque page, qu’un nouveau type d’homme était en train de naître en Bretagne et que le Sturien serait bientôt autre chose que les différents avatars granitiques de la race : rêveurs, susceptibles, bourrus et bons cœurs, terroristes naïfs, soldats perdus du Bezenn, écolos barbus, grincheux mais éternels serviteurs de la France… Nourri de la philosophie de Nietzsche et de la littérature héroïque d’Irlande, le Breton sortait enfin d’un sommeil millénaire. Olier Mordrel peut dormir en paix. Il a semé des étincelles. »

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