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druide 11

Puisqu’il vous plait, vieillards, d’écouter en ce jour

Celui dont vos leçons ont formé la mémoire,

Je chanterai, d’abord, Druides, votre histoire.

Avant qu’ils aient, ici, fixé notre séjour

Vos ancêtres guidaient, déjà, les guerriers Blancs,

De la terre de l’Ourse à celle de l’Elan !

Du froid Septentrion jusqu’à la Cisalpine,

Au long du Rhin sacré, du Danube et du Pô,

Survit le souvenir des porteurs de flambeau :

Huon, qu’on nomme Swan aux pays scandinaves,

Widdon, l’omniscient, Catuvolcos, le brave,

Cent autres, devant qui notre respect s’incline !

Puisqu’il vous plaît, vieillards, d’écouter le disciple,

Je chanterai les dieux de la terre et du ciel :

Salut à Teutatès, le Père Universel,

Ineffable unité qui n’a point de multiple ;

Salut aux dieux puissants des sphères éthérées :

Cobledulitavos, soleil d’Hyperborée,

Erca, Bélisama, reine du firmament,

Taranis, dur géant aux poings chargés d’orages,

Ségomon, jamais las de meurtre et de carnage,

Hu, Clavariatis à la harpe d’argent,

Sucellos, gouverneur de l’abîme béant,

Et Bélatucadros, seigneur des éléments !

Puisqu’il vous plaît, vieillards, d’écouter mes discours,

Je veux encor chanter la génèse des mondes :

Avant les soirs pourprés, avant les aubes blondes,

Avant l’ombre des nuits et la splendeur des jours,

Le Verbe créateur, époux de Kerridwen,

Apparut, flamboyant, aux yeux de Menou-Hen !

Et le fils des Trois Cris, le premier Ogmios,

Sur l’ombilic sacré grava les vieilles runes :

Il chanta le Chaos, le soleil et la lune,

Le gouffre originel et le triple cosmos,

Les transmigrations du pélerin des mondes,

Les cieux éblouissants et la terre féconde !

Vieillards, portant au front le sceau de Menou-Hen,

Accueillez, en ce jour, un porteur de l’Awen !

.

André Savoret

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Un recours aux racines – Une spiritualité pour notre temps

2710-AE_i« Entre le paganisme et le christianisme, quelles sont au fond les différences essentielles ? De nombreux historiens avaient avant moi retracé l’histoire de l’affrontement entre les systèmes religieux de l’Europe ancienne et la religion nouvelle qui, surtout à partir du IVe siècle, s’est peu à peu imposée sur le continent européen. De cet affrontement, quelles étaient véritablement les causes ? Sur quels points précis s’opposaient les façons de croire, les théologies, les conceptions du monde ? Les chrétiens, quant à eux, ont au fil des siècles adopté vis-à-vis du paganisme des attitudes assez contrastées. Après s’être attaquée frontalement au paganisme, qualifié d’“idolâtrie” diabolique, l’Église a réalisé qu’elle parviendrait mieux à ses fins en recourant à plus de souplesse. C’est alors que les évêques et les prêtres, suivant les instructions des papes, se sont employés à “récupérer” des lieux de culte traditionnels en leur affectant une destination nouvelle, à attribuer à des saints légendaires des attributs ou des hauts faits qu’on attribuait auparavant à des héros ou à des dieux, à donner aux pèlerinages qui se pratiquaient depuis la nuit des nuits une signification conforme à l’espérance de salut, à greffer sur l’ancien calendrier liturgique des commémorations ou des solennités d’un genre nouveau. Aujourd’hui encore, l’attitude des chrétiens reste ambivalente. D’un côté, le paganisme est à l’occasion toujours décrié et honni. De l’autre, il ne manque pas de bons esprits pour assurer que le christianisme a repris à son compte, et finalement mieux exprimé que lui, “ce qu’il y avait de meilleur” dans le paganisme. Cette idée que le christianisme européen est peu à peu devenu un “pagano-christianisme” n’est pas entièrement fausse, à condition de bien distinguer la théologie des pratiques populaires, mais elle n’est pas sans contribuer à entretenir l’équivoque. C’est pour dissiper cette équivoque que Comment peut-on être païen ? a été écrit ».

A.de B.

L’auteur

Paru pour la première fois en 1981, Comment peut-on être païen ? avait lancé un débat dont l’écho n’a cessé depuis lors de s’amplifier. L’ouvrage a d’ailleurs déjà été traduit en sept langues différentes. En France, en revanche, il était épuisé depuis de nombreuses années. Cette réédition, très attendue, est augmentée d’un nouvel avant-propos et du texte intégral d’un substantiel entretien avec Alain de Benoist sur le paganisme.

info trouvée ici

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brume

« Il n’y a pas de frontière entre ce qui est magique et ce qui ne l’est pas. Et la raison en est que chacun de nous est à la fois Eau, Feu, Terre, Vent et Brume.. Sentez-vous dans votre bouche, dans votre urine, le gargouillis de l’Eau ? L’ Eau qui coule dans vos veines est ce qui joint en vous toutes les extrémités; rendue vivante par le Feu qui l’anime, l’eau tient votre corps ainsi que fleuves et mers tiennent les extrémités de la Terre. Et le Feu qui chauffe votre cou sous le manteau ? Sentez vous sa chaleur ? Mais le Feu ne se limite pas à chauffer ; il donne à vos yeux la lumière qui leur permet de voir, ainsi qu’il l’offre au soleil, à la lune, aux étoiles. Et le Vent que vous soufflez par votre bouche ? Savez-vous qu’il transporte la voix ? Sans le Vent, point de respiration, point d’odeur, point d’audition, point non plus de paroles. Et la Terre ? Sentez-vous la Terre qui forme votre peau ainsi que vos organes ? Mouillée d’Eau, chauffée de Feu, elle devient limon qui engendre poils et cheveux comme autant de plantes, car ils sont en nous la part la plus végétale ; alors que, au-dedans du squelette, peu humide, elle est dure comme les minéraux. Quant à la Brume, elle est la matière de vos douleurs ainsi que de vos pensées. Elle est l’élément primitif qui contient tous les autres, en vous comme hors de vous.

La Brume est ce qui transporte les images, les agrandit,les rapetisse, les déforme. La Brume est maîtresse des images, elle crée l’empreinte des rêves. Tout ce qui est porte autour de lui un halo de Brume, à moins que ce halo de Brume, plus exactement, ne le porte. »

Cécile Guignard-Vanuxem : « Vercingétorix. Le défi des Druides ».

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J’ai regardé hier au soir « Robin des Bois, prince des voleurs », avec le fabuleux Alan Rickman dans le rôle du shérif de Nottingham.

On dit que les aventures de Robin des Bois sont une allégorie pour illustrer le combat entre paganisme et christianisme. En fait, plus précisément, on constate un parallèle entre Robin Hood, alias Robin des Bois et l' »Homme Vert » (Green Man) des fêtes païennes de Mai. Il semble bien en effet que la « légende de Robin » résulte d’un amalgame entre des faits historiques et des éléments mythiques incluant le personnage de Jack-in-the-Green.

Jack in the Green intervient dans le cycle des saisons : il représente la transition du printemps à l’été. Il s’agit d’un personnage disposant de pouvoirs de fertilité et de régénération. Dans les campagnes anglaises sa popularité est grande. C’est lui le « roi du mai » (May King) et à ce titre, il « épouse » chaque année la plus jolie fille du village, la « reine du Mai » (May Queen). Jack in the Green est invariablement revêtu de feuilles et de branchages et la tradition veut qu’il disparaisse complètement sous la verdure à l’exception de ses yeux. Au cours de la fête, Jack doit d’abord faire semblant d’être mort (à l’exemple de la terre qui parait morte pendant l’hiver). Puis il ressuscite brusquement et s’élance pour danser avec la reine du mai. On célèbre alors leur union en même temps que le retour annuel de la vie.

Le territoire de Robin des Bois est la célèbre forêt de Sherwood, dans le Nottinghamshire. C’est là, dans cette partie de l’Angleterre qui fut, au IXe siècle l’un des centres de la colonisation scandinave, même si de nombreux lieux-dits dans d’autres régions sont bâtis sur son nom, que Robin aurait défendu la veuve et l’orphelin contre le méchant shérif de Nottingham, sous le règne d’un souverain alternativement identifié à Richard Ier, Jean sans Terre, Edouard II ou Henri III.

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La première mention de Robin remonte à 1377 dans « the vision, of Piers the Plowman ». Mais à cette époque le héros est déjà connu par la tradition orale : le mythe de Robin semble être pleinement élaboré dès la première moitié du XIVe. Sa popularité ne fait que croître et Robin est le héros d’une quantité considérable d’aventures à l’époque élisabéthaine. Vers la fin du Moyen-Age, Robin Hood semble même avoir été le héros par excellence des paysans tout comme le roi Arthur était le héros des couches supérieures. Il est le « fermier idéal » tout comme Arthur est le chevalier idéal.

Il est très probable que le « mythe » de Robin des Bois ait eu une base historique et de nombreuses hypothèses ont été émises même si la version la plus courante en fait un grand seigneur dépossédé de ses terres par l’arbitraire royal.

Il semble que ce soit lors de la révolte paysanne de 1381 contre l’administration royale anglaise que la légende prit corps sous la forme qu’on lui connait. Robin est alors le héros ,populaire, qui joue « de bons tours » aux représentants du roi considérés comme des envahisseurs (à l’instar de Till l’Espiègle aux Pays Bas).

Mais parallèlement à ces « traits historiques », Robin Hood possède bien une dimension mythique qui l’apparente directement à Jack in the Green.

Il est d’abord évident qu’il est lié à la végétation : son costume est traditionnellement vert, il est l’homme vert. Son terrain d’action, la forêt, joue plus qu’un simple rôle géographique et il en apparait, par son nom même, comme la véritable incarnation : le génie de la forêt de Sherwood. Il est un archer, un chasseur, un ami des animaux, le protecteur de la végétation (= fertilité), le protecteur des faibles et notamment des femmes (= fécondité), le protecteur du peuple (= productivité). C’est grâce à ses interventions que les biens matériels sont redistribués et plus justement répartis. Tous ces traits situent bien Robin dans le prolongement d’une ancienne divinité de « troisième fonction » (qui président à presque toutes les fêtes rurales saisonnières).

A cela s’ajoute les liens significatifs que le personnage entretient avec les éléments directement liés aux festivités du 1er mai : la « Morris Dance » et la « Maid Marian ».

Morris-Dance-C.-1475

La Morris Dance est une vieille danse populaire qui, sous Henry VIII constitue l’un des éléments essentiels de la célébration rurale du Mai. Sous une forme quasi rituelle elle est dansée sous forme de spectacle par cinq hommes auxquels s’ajoute un garçon habillé en fille qu’on appelle Maid Marian.

Or cette « Maid Marian » (damoiselle Marion) est une des héroïnes principales de la légende de Robin Hood et le nom de ce dernier se trouva associé, concurremment à celui de Jack-in-the-Green en tant que partenaire de Maid Marian à la fête du Mai : Robin des Bois devient ainsi le Roi du Mai en face de la Maid Marian, le reine. Au XVI e et XVIIe siècles Maid Marian était devenue, en association tantôt avec Robin, tantôt avec frère Tuck, un personnage clé de la fête du mai.

Une légende plus tardive raconte comment Maid Marian, ayant cherché Robin déguisé en page dans la forêt, se bat avec lui pendant une heure avant de le reconnaitre à sa voix. Il y a là aussi déguisement et donc, comme le garçon déguisé en fille de la Morris Dance, quête d’un personnage par l’autre, travestissement, (re) découverte, qui sont courants dans les contes populaires.

Enfin, dernier détail : Robin Hood apparait comme foncièrement antireligieux dans les récits dont il est le héros.Il est en particulier l’ennemi juré des moines et des abbés (Frère Tuck étant un « transfuge », ou, même, certaines théories le donnent comme représentant le paganisme ). Ce trait convient assez bien à une figure d’origine (au moins partiellement) païenne. En revanche, il est dit à plusieurs reprises que Robin honore grandement la Vierge Marie : on peut se demander si cette Vierge Marie n’est pas tout simplement la Maid Marian (Marion)…

(sources : « Les Traditions d’Europe« , sous la direction d’Alain de Benoist. Le Labyrinthe,

« Fêtes païennes des quatre saisons« , sous la direction de Pierre Vial. Editions de la Forêt)

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Encens

« Sortez délicatement une baguette de santal, allumez-la de la main droite, éteignez-en la flamme non en soufflant dessus , mais en secouant doucement la baguette, piquez la dans sa coupelle, asseyez-vous, faites silence. Elle est là, tremblotante, toujours près de se briser, grosse en sa gracilité de tous les miracles qu’elle va dérouler devant vous. Toute émue au seuil de l’offrande.

Légère, une fumée bleutée commence à s’élever dans l’air. Elle forme de len tes volutes qui s’embrassent, se déprennent, de capricieuses arabesques, des cortèges de profils changeants, des noeuds qui se dénouent d’eux mêmes.

La baguette de santal a pour page l’espace. Alors que jamais ne bouge sa plume de lumière, la phrase qu’elle trace n’est jamais la même. Vous regardez monter ces arborescences maniérées qui semblent enserrer d’invisibles colonnes d’air, ou comme les fins rinceaux de cornaline escaladent de leurs courses les neiges du Tâj-Mahal. Vous suivez l’évolution de ces flexibles déploiements, de ces subtils ballets de symboles. Et vous vous demandez quels peuvent être ces débris d’un mystère incohérent, dont vous ne saisissez pas l’évasive identité.

A peine une respiration plus forte, et toute l’architecture s’effare, se cabre, s’effondre, court se recomposer ailleurs. Vous regardez errer le rêve.

Vous découvrez bientôt cette danse insaisissable, toujours renouvelée, cette danse est un parfum. Vous devinez que toutes ces formes reproduisent les lettres de l’alphabet sanskrit, et sans doute de beaucoup d’autres -il suffit d’être assez vif pour savoir les lire au vol-, les centaines d’attitudes du corps humain durant l’amour, le jeu chorégraphique, la gymnastique sacrée, toutes les espèces de feuilles, toutes les corolles de la grande forêt, toutes sortes d’animaux, et tous les ornements des chapiteaux des temples.

Pour peu que vous observiez encore, vous vous direz que tous ces gracieux accidents de fumée miment et dansent les pensées, les songeries de l’esprit, que la tige odoriférante ressemble à un stylet tranquille ciselant le vide déroulé devant lui, dessinant dans leurs plus précis frémissements les rivages découpés, les méandres de l’imaginaire; mais qu’elle décrit aussi les fines métamorphoses du devenir humain, et que, s’attardant en nostalgies, passant par des phases d’exaltation et d’abattement, c’est votre vie qu’elle vous raconte.

Mais telle est bien aussi l’image du devenir universel. car tandis qu’elle se consume lentement, vous verrez la baguette inscrire les cycles de l’éternité, qui se développent, s’harmonisent, se défont aux angles du destin, se réinventent sans cesse sous l’immobile bourrasque de l’Esprit, renaissent de leur propre évanouissement.

Jusqu’au moment où, dans l’obscurité tombée, ne brille plus devant vous qu’une goutte de lumière imperceptible comme le trou d’une serrure donnant sur l’autre monde. Le dernier soupir du santal trace un point d’interrogation au-dessus d’une traînée de cendre, et la baguette s’éteint au même instant que s’achève la dissolution cosmique.

Il suffit d’en cueillir une autre pour y allumer un nouvel univers ».

Jean Biès : « Les chemins de la ferveur ».

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Daleks -

Bon allez, je vais encore me faire des copains dans les rangs des petits soldats de la Réaction, robots de chair asservis à la sacro-sainte Idéologie, mais je partage assez, une fois de plus, les vues de Robert Dun quand on lui demandait à quelle forme de société il rêvait :

« Je m’interdis de rêver. Je raisonne à partir des données de la situation contemporaine et suppute les moyens de survivre aux destructions en cours. Une société méritant ce nom ne peut être que culturelle, c’est à dire reposer sur une communauté d’instincts, c’est à dire de race ou au moins de races compatibles. Je tiens à réaffirmer ici que la révolution de 1789 n’a pas été qu’une destruction. Elle a liquidé une noblesse décadente et déshonorée par l’absolutisme de source chrétienne (…). A condition d’en limiter la portée à notre race, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen est bel et bien la résurrection de l’Europe antique ».

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Exilé volontaire en Argentine, Robert Le Vigan meurt le 12 octobre 1972. En 1943, il avait adhéré au Parti Populaire Français de Jacques Doriot et rejoint Louis-Ferdinand Céline à Sigmaringen en 1944. Cette fuite avec l’écrivain en Allemagne pour échapper à la sanglante Épuration est décrite en détails par Céline dans « Nord » et « Rigodon » dont Le Vigan est un des protagonistes aux côtés de Lili, la compagne de Céline, et du chat Bébert. Marginal et excentrique : « Il dormait » , rapporte Madeleine Renaud,  » avec une hache et un vélo, pour se défendre et s’enfuir« .

Il avait joué dans les remarquables « Disparus de Saint-Agil » , « Goupi Mains Rouges » et « L’assassinat du Père Noël », films adaptés des romans du charentais Pierre Véry qui mourut curieusement, jour pour jour, douze ans précisément avant lui, le 12 octobre 1960.

A découvrir, ce site sur la Vigue comme l’appelait Céline :

http://encinematheque.net/seconds/S43/index.asp

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Dans sa préface à sa Guerre des Boutons, Louis Pergaud abat les cartes d’entrée de jeu : « Foin des purs latins : je suis un Celte ». Et les enfants eux mêmes , en classe, retiennent sans problème « l’histoire des Gaulois qui étaient de grands batailleurs et qu’ils admiraient fort ».On nous décrit habituellement « la guerre des boutons » comme une chronique tendre de la France des années 60 où deux bandes de gamins, rivales, jouent à la guéguerre. C’est pas faux … mais est-ce qu’il ne serait pas possible d’aller un peu plus loin et d’y voir, aussi, une sorte de geste épique menée par des Gaulois d’aujourd’hui ?

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Les Velrans, qui sont des calotins, et les Longevernes, qui sont des rouges , entretiennent depuis des générations, et sans trop se rappeler pourquoi, un antagonisme permanent.

En fait, les gaulois ont toujours aimé se flanquer sur la gueule : c’est une véritable institution culturelle mais qui répond en même temps à des nécessités économiques. Les Gaulois qui pratiquent le commerce, et qui ont développé l’agriculture à force d’innovations techniques semblent pourtant leur préférer les vertus guerrières puisqu’ils se définissent eux-mêmes avant tout comme des guerriers. Cicéron, caricatural, affirme qu’ils «  trouvent honteux de se procurer du blé par le travail. Aussi vont-ils, les armes à la main, couper la moisson sur les champs d’autrui ».. Même l’artisanat, pour lequel ils sont réputés, se voit disputer son importance dans les bases de l’économie par le butin et le mercenariat et chaque expédition rapporte une masse considérable de richesse, même si une bonne partie est donnée en offrande pour les divinités.

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La guerre a été déclarée par des insultes, et ce sont encore les insultes qui président à la première confrontation , lancées par les chefs de chaque armée « revenant au mode antique ».

Les champions des armées gauloises (qui sont des troupes des pagi -c.a.d. approximativement des cantons- plutôt que des armées stricto sensu) se lancent des défis . Ils adressent les pires insultes à leurs adversaires et dressent la liste de leurs ancêtres en en vantant les exploits sur fond de cris de guerre, de sonneries de trompe et de martèlement des boucliers. Les Gaulois se livrent aussi à des danses guerrières pour impressionner l’ennemi et lui tirent ostensiblement la langue. Il est fort possible que Lebrac en montrant son cul à ses ennemis, ne fasse que retrouver un vieux geste déjà moult fois effectué par ses ancêtres, et inscrit dans ses gènes.

Pendant que les bardes font l’éloge des chefs.

Et que, parfois, les druides essaient de s’interposer pour proposer des solutions pacifiques.

Et quand rien n’a marché et que le combat général devient inéluctable, tout le monde se précipite à l’attaque.

Lebrac est le chef des Longeverne, l’Aztec des Gués celui des Velrans. Lebrac a un nom suffisamment parlant . Et on nous dit que l’Aztec doit son surnom à sa petite taille et à son apparence chétive, mais on sait que dans la littérature mythique irlandaise, le gué tient une place importante et qu’il est intimement lié aux héros. Cuchulainn notamment lors de la malédiction des Ulates à laquelle il est le seul à échapper, se positionne sur Ath Gabla (le Gué de la Fourche) de manière à repousser les troupes de la reine Medb (Razzia des Vaches de Cooley) …

Les Gaulois n’utilisaient pour désigner les personnes que des sortes de surnoms qui leur étaient attribués par la collectivité à la suite d’événements divers. C’est dire que ces désignations pouvaient changer au cours de la vie et qu’elles n’étaient pas héréditaires. Pour désigner des personnages influents, on avait ainsi tendance à utiliser des superlatifs flatteurs. L’exemple le plus significatif peut être et en tous cas le plus connu est celui de Vercingetorix :le roi des super-guerriers (Orgetorix « le roi des tueurs »,). On est ici gâté avec la profusion de surnoms et superlatifs : Migue la Lune, La Crique, Touegueule…

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Dès la première bataille, un prisonnier est fait par les Longevernes auquel on coupe tous les boutons de tous ses vêtements et la troupe rentre au bercail en chantant et brandissant les trophées. Pour les batailles suivantes, l’ennemi s’alignera sur cette mesure de rétorsion et les uns et les autres en arriveront à piquer carrément les vêtements des prisonniers.

A part la main droite que César fit couper à tous les rescapés gaulois d’Uxellodunum, dans l’Antiquité Celte, c’était plutôt la tête de celui qu’on venait de tuer qu’on coupait , et qu’on attachait à l’encolure du cheval : ce trophée était l’unique part de l’ennemi tué qui revenait à son vainqueur puisque ses armes et les restes de la dépouille étaient ramenés triomphalement et entreposés dans le sanctuaire en offrande aux dieux, mais le nombre qu’il en pouvait aligner témoignait de sa bravoure et lui donnait droit à une part du butin.

A l’issue du combat donc, les vainqueurs entamaient un chant de victoire, s’emparaient de tout ce qu’ils pouvaient sur le champ de bataille, dépouillaient les cadavres et prélevaient les têtes qu’ils ramenaient chez eux afin de les conserver.

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La bataille a lieu dans les bois et les belligérants se reconnaissent par des cris d’oiseaux, le tirouit de la perdrix grise…

La Gaule était réputée pour être recouverte de forêts (la Gaule chevelue), même si la surface qu’elles occupaient était sensiblement la même qu’aujourd’hui. Si les Gaulois s’y sentaient parfaitement à l’aise, les romains en revanche redoutaient la forêt. Il y a un texte où Lucain montre bien la terreur qu’elle pouvait leur inspirer (« … les rayons du soleil ne peuvent percer les épais feuillages et une obscurité glaciale règne en permanence dans cette forêt où, dit-on, chaque arbre a été arrosé par des flots de sang humain… »). On connait aussi le Kad Goddeu, ou Combat des Arbres, de Taliésin.

De même les oiseaux avaient une grande importance pour les Gaulois, ils étaient souvent divinisés. L’alouette (alauda) : avait donné son nom à une légion gauloise formée par César. Les chouans avait comme signe de ralliement le hululement de la chouette.

Ils décident de se battre nus mais vont rapidement y voir plus d’inconvénients que d’avantages. Décideront donc de garder leurs vêtements pour les affrontements mais décident aussi de constituer un trésor de guerre pour réparer les dommages (boutons, agrafes, bretelles, argent…)

On ne sait pas trop ce qu’il en est de cette histoire du combat nu : légende ou réalité ?… C’est peut être arrivé mais ça devait être tributaire de l’époque, des circonstances, etc… S’ils combattaient nus, c’était pour narguer les adversaires mais cette attitude devait surtout relever d’une raison religieuse : les guerriers offraient ainsi leur vie à leur tribu et aux dieux qui étaient censés les regarder combattre.Pourtant, ce n’est quand même pas très pratique et ça peut être douloureux (difficile de combattre efficacement avec une épine dans le pied) : ils portaient un casque, se protégeaient d’un bouclier, et dès le IIIe siècle avant notre ère ils avaient inventé la cote de maille. Avec naturellement de grandes disparités entre d’une part les princes, nobles et guerriers fortunés, et d’autre part les troupes à pied.

Comme pour toute armée en mouvement les gaulois établissaient de la même manière des bivouacs où il s’agissait de préparer la nourriture, réparer le matériel endommagé, panser d’éventuelles blessures.

Ils suivent une stratégie militaire et tendent des pièges subtils

On est habitué à entendre dire que les Gaulois étaient tout sauf disciplinés. On s’imaginerait donc, dans les batailles, une meute de brutes se précipitant vers l’ennemi, sans méthode et tout le monde en train de se taper dessus dans une mêlée indescriptible. Et pourtant les troupes gauloises ont une connaissance parfaite de manœuvres difficiles, telles que le combat de cavalerie, la phalange, et la tortue et César laisse deviner une image des Gaulois qui utilisent des tactiques militaires classiques. et se plient à une authentique stratégie, parfois calculée à long terme.

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Le trésor de guerre est constitué et sera entreposé dans une cabane construite au fond des bois, avec une « fougue joyeuse » et un « frénétique enthousiasme » surpassant ceux des Celtes, jadis « narguant le tonnerre à coups de flèches ». C’est Marie, la « femme » du chef, qui présidera aux réparations et aux pansements. Mais en attendant, tout le monde décide d’inaugurer la cabane par un festin somptueux.

On se retrouve là dans une « situation » de bivouac où les femmes attendent les guerriers à l’issue des combats (quand elles ne participent pas elles mêmes à ces combats). Mais il y a aussi le festin qui est également caractéristique du retour des batailles et il semble que la seule distraction que les textes accordent au peuple est « l’assemblée », de quelque nature que ce soit . Au plaisir matériel de la bonne chair et du repas proprement dit, s’ajoute le plaisir intellectuel du verbe où bavardages et vantardises sont la règle. Et où, l’alcool aidant, les susceptibilités sont toujours promptes à s’ exacerber.

Mais un jour, en rentrant à leur camp, ceux de Longeverne s’inquiètent de ce qu’ils sont survolés par une bande de corbeaux croassant et trouvent leur cabane dévastée et le trésor volé : Ils ont été trahis. Le renégat est rapidement démasqué, impitoyablement puni et un peu plus tard le trésor récupéré. Mais l’épopée est terminée, et le livre aussi

Le corbeau, oiseau d’Odin mais aussi oiseau de Lug. Oiseau du soleil et de la lumière en même temps que celui des ténèbres et des mystères. Symbole de connaissance. Il a toujours été plus ou moins considéré comme un augure. Il est dit qu’il était une fois (et par cette formule, on voit bien qu’on rentre de plain pied dans le mythe), sous le règne du grand roi Ambigatos… La Gaule était devenue si riche et si peuplée qu’il était devenu bien difficile de gouverner la masse de ses habitants. Ambigatos décida donc de faire partir ses neveux, en quête de nouveaux territoires (on dit aussi qu’ils étaient remuants et ambitieux et qu’il était donc plus prudent de les éloigner avant la mort du Roi). Acceptant de se soumettre au sort, ceux ci se rendirent chez un oracle, vivant à l’embouchure de la Loire, dont les deux corbeaux sacrés, par leur vol, leur assignèrent chacun une direction à prendre. Ségovèse partit vers l’est et la forêt hercynienne formant l’avant garde de ceux qui allaient en Asie Mineure fonder l’empire des Galates et Bellovèse vers l’Italie pour fonder la Gaule Cisalpine.

Les Gaulois n’étaient pas plus tendre que les autres peuples avec les déserteurs les traitres et les parjures et les moins coupables « n’étaient que » éborgnés ou essorillés…

Un dernier mot sur le titre que j’ai choisi : cet « à cul les Velrans« , le cri de guerre de ceux de Longeverne, correspond bien à cette exclamation gauloise « Cecos ac Caesar » : Merde à César !…. et donc par une analogie qui me tient, aujourd’hui, tout particulièrement à cœur (désolé pour le Hors Sujet apparent) : « Mort aux Cons !!! »

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Ralph SoupaultEncore un que j’ai raté à sa sortie, il y a 6 mois

Ralph Soupault, né en 1904 aux Sables d’Olonne et mort en 1962 à Cauterets, est  dessinateur .

Soupault fut nourri à la fois de l’histoire de la contre-révolution vendéenne, et d’idées socialistes et laïques (par son père, instituteur). Boursier au lycée Condorcet, il appartint au « Groupement universitaire des « amis du Populaire » ».

Après des études aux Arts Déco. et aux Beaux-Arts, il publia son premier dessin dans l’Humanité en 1921 avant de collaborer au Journal du Peuple, aux Hommes du Jour, au Petit Parisien, etc.

En 1924, il revint de son service militaire farouchement nationaliste et se rapprocha des maurrassiens (Courrier royal,l’Action Française, Le Charivari). Conjointement, il continua de collaborer à Gringoire, Le Rire…

À la suite de la réélection comme député de la Seine en 1936 de Jacques Doriot, dissident du parti communiste, et fondateur du Parti Populaire Français (PPF), de tendance fasciste, Soupault rallia ce mouvement. Il fut le dessinateur vedette de Je Suis Partout. Condamné en 1945 pour « intelligence avec l’ennemi », il devint, après sa libération, dessinateur à l’hebdomadaire Rivarol, sous le pseudonyme de Leno.

(Source: Wikipedia)

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Giono

Jean Giono figure en bonne place dans ma liste des auteurs importants et de mes « éveilleurs » au paganisme. Il savait que « ce qui importe, c’est d’être un joyeux pessimiste« . Il est mort d’une crise cardiaque dans la nuit du 8 au 9 0ctobre 1970.

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