Le 7 décembre 1932, Louis-Ferdinand Céline reçoit le prix Renaudot pour son « Voyage au bout de la Nuit ».

« Le colonel avait son ventre ouvert, il en faisait une sale grimace. Ça avait du lui faire du mal ce coup-là au moment où c’était arrivé. Tant pis pour lui ! S’il était parti dès les premières balles, ça ne lui serait pas arrivé.

Toutes ces viandes saignaient énormément ensemble.

Des obus éclataient encore à la droite et à la gauche de la scène.

J’ai quitté ces lieux sans insister, joliment heureux d’avoir un aussi beau prétexte pour foutre le camp. J’en chantonnais même un brin, en titubant, comme quand on a fini une bonne partie de canotage et qu’on a les jambes un peu drôles. « Un seul obus ! C’est vite arrangé les affaires tout de même, avec un seul obus » que je me disais. « Ah ! Dis donc ! Que je me répétais tout le temps. Ah ! Dis donc !… » »

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