En Suède on fête le temps du solstice d’hiver dès la sainte Lucie, le 13 décembre. Le rapprochement Lucie-lux-lumière semble assez évident pour expliquer ce choix. Pour fêter sainte Lucie, les jeunes filles revêtues d’une longue robe blanche, évoquant les antiques chemises de nuit de leurs aïeules, portent sur leurs blonds cheveux dénoués une couronne ornée de quatre bougies allumées. Cette couronne rappelle d’ailleurs singulièrement la couronne de l’Avent, par sa forme et son symbole. A l’aube de la Sainte-Lucie les jeunes filles ainsi parées font le tour des pièces de leur demeure, pour réveiller toute la maisonnée. Elles offrent à chacun des membres de leur famille une tasse de café et des petits pains. Dans ces gâteaux, d’une forme très particulière, on peut retrouver la roue du soleil, telle qu’elle figurait déjà sur les gravures rupestres des anciens Scandinaves de l’ère païenne.

Cette fête de la Sainte-Lucie, dont l’origine semble assez lointaine, a pris depuis la dernière guerre, une considérable et parfois regrettable extension : sainte Lucie est devenue dans certaines grandes villes une sorte de « Miss Lumière ». Élue à la suite d’un concours de beauté dans le pire style américain, elle reçoit les présents publicitaires des commerçants avant de faire le tour de la ville dans une luxueuse automobile décapotable. La robe virginale se trouve alors remplacée par une épaisse pelisse blanche, sous laquelle sainte Lucie se trouve en maillot de bain, si ce n’est pas en monokini. On ne peut mieux dénaturer une merveilleuse tradition. Néanmoins cette dégénérescence n’affecte nullement l’ensemble de la Suède.

On retrouve sainte Lucie en Alsace. Pendant la période de Noël, paraît une jeune fille vêtue de blanc, une couronne garnie de bougies sur la tête. Très souvent elle tient une clochette à la main et annonce par des sonnailles la période consacrée. A sa ceinture pendent parfois, de chaque côté de la robe, des rubans multicolores. Près d’elle se tient souvent un autre personnage : Hans Trapp. Cette coutume du Christkindel existe en Allemagne, particulièrement dans l’Odenwald (le « bois d’Odin »).

« Fêtes païennes des quatre saisons », sous la direction de Pierre Vial.

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