Né le 18 mars 1906, les idées de Pierre Antoine Cousteau, journaliste polémiste politique et accessoirement frère aîné du célèbre océanographe, sont plutôt d’extrême gauche, parce que, comme il le dit lui même « j ‘avais poussé jusqu’à l’absurde les tendances naturellement critiques de mon tempérament » Mais il se détache de la gauche quand celle ci est gagnée par un bellicisme antifasciste qui lui hérisse le poil . Fondamentalement hostile au communisme et à la démocratie parlementaire il collabore au journal Je Suis partout en compagnie de Lucien Rebatet et de Robert Brasillach, y signant des articles à l’ ironie caustique et à la force de frappe remarquables de ses initiales PAC. Arrêté en 1945, condamné à une mort qu’il attend les chaînes aux pieds pendant cinq mois avant d’être gracié à Pâques 1947, il passe huit années à la centrale de Clairvaux et à celle d’Eysse. Libéré en 1954, il meurt le 17 décembre 1958. Dans les jours suivant, « Rivarol » publie le « testament » qu’il avait confié à son ami Lucien Rebatet :

«  Je tiens à ce qu’en aucune manière on ne laisse supposer que j’ai pu affronter la mort dans d’autres dispositions philosophiques que celles qui ont toujours été les miennes, c’est à dire un agnosticisme total (…) Je tiens essentiellement à n’être présenté ni comme une « victime des événements », ni comme un innocent. Si j’ai adopté, en 1941, une attitude de collaboration, ce ne fut pas pour limiter les dégâts, sauver les meubles ou par quelque calcul relevant du double jeu. C’est parce que je souhaitais la victoire de l’Allemagne, non pas parce qu’elle était l’Allemagne, mais parce qu’elle représentait à l’époque, « avec tous ses crimes », la dernière chance de l’homme blanc, alors que les démocraties, « avec tous leurs crimes », représentaient la fin de l’homme blanc. Dans l’acte d’accusation de mon procès, il est précisé « que Cousteau ne regrette qu’une chose, la défaite de l’Allemagne ». C’est la seule partie exacte de cet acte d’accusation. Et j’ai continué, jusqu’à mon dernier souffle, à déplorer la défaite de l’Allemagne. Dans un univers qu’elle avait soumis à sa domination, les Anglais seraient toujours aux Indes et à Suez, et dans toute l’Afrique franco-allemande, il n’y aurait pas un indigène qui oserait lever le petit doigt. »

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