Avec Augiéras, tant de poncifs menacent ! Anti-héros de la Gesta dei per sceleratos, Saint inverti d’une Légende dorée mal fagotée, anachorète d’un âge atomisé, fusée constellée du feu d’artifice de l’Enfer, scribe maudit de paroles foudroyées. Sacer esto !, disaient les Romains, les dieux t’ont frappé de leur langue de feu, tu es intouchable, ton crime dépasse les limites de l’humain et du droit ! Tel Rimbaud, ainsi François Augieras : mort sur [un] lit d’hôpital, à Périgueux, le 13 février 1971, à 46 ans, soûl de misère et de vapeurs d’encens, pathétique malade au cœur amputé.

J’aime sa tombe, un parterre nu, à même la glèbe, paré en son centre d’un cercle de cailloux entourant une touffe de fleurs racornies, lopin de terre scellé d’une stèle rompue à l’arête supérieure, avec une simple inscription, en lettres capitales, du ciseau maladroit, enfantin, de son ami Paul Placet : AUGI et dessous : ERA et encore dessous, comme une caresse : S. Sur le guide Michelin, à l’article Domme, bastide où il tenta, dans une solitude presque absolue, d’abriter sa vie usée, aucune mention de la sépulture. On dit qu’il avait été question, un temps, de supprimer cette dernière. Pour faire de la place. Sort ironique pour celui qui n’en eut jamais de son vivant… On la cherche, on longe des caveaux familiaux (familles, je vous hais !), on a du mal à la trouver, elle est là, enfin, en lisière du cimetière, ombre naufragée sur la grève cimmérienne. En bas, c’est la Dordogne à la longue mémoire, aux eaux noires. Derrière le muret de pierres sèches bordant le jardin du promontoire, on se prend à voir avec les mêmes yeux du chaman qui se perdait dans ses rêves solaires. Où se trouve la grotte dans laquelle il se recueillait durant de longs jours et de longues nuits ? Et, revenant au bourg, tournant résolument le dos au triste hospice, penché sur la barrière du belvédère, on suit des yeux la lente courbe des eaux, ondulant comme une longue et sentencieuse couleuvre, le ventre plein de songes, au sein de cette « terre d’enchantement que les poètes ont jalonné », ce « lieu saint », « l’approximation la plus voisine du Paradis » (1).

Terre de présence, donc, parousia. Augiéras éprouvera toute sa courte vie, au contact charnel de ce sol, les vibrations telluriques qui relient aux splendeurs constellées. Car l’art se nourrit d’un terroir et le rend à la lumière. Et cette lumière porte loin. Des remparts de Domme, le regard vole jusqu’aux belles falaises, à l’horizon, et devine, là-bas, beaucoup plus loin, à Limeuil, où François résida quelque temps, la rencontre vénérable de la Dordogne et de la Vézère, qu’il descendit sur un radeau de Moustier aux Eyzies, avec Paul Placet (2), Argos mal ficelé qui sombra doucement dans les eaux lustrales. Il y a du Jason chez Augiéras, mais qui n’aurait pas trouvé sa Médée (à moins qu’il ne fût Médée). Son existence est piquée de micro-épopées avortées : ainsi lors de son engagement dans des mouvements de jeunesse plus ou moins pétainistes, ou bien au sein d’une troupe de théâtre traversant le Centre d’une France bientôt entièrement occupée, ou alors sous un uniforme de marin réformé, égaré dans une attente sensuelle et spirituelle, ou plutôt dans les monastères d’un Mont Athos dont il arpentait les chemins brûlant avec la peur des vipères au fond du ventre, vipères toujours menaçantes, même dans le sein de la Terre, à Domme.

On ne le prit jamais bien au sérieux. Dans l’atelier de Bissière, à Boissierette, dans les Causses du Lot, on le soumit à des besognes domestiques, avant qu’il ne se livrât à de magiques bouffonneries. Et dans ses expérimentations d’artiste gyrovague, il s’essayait à des peintures brutes sur des matériaux tragiquement périssables, comme des étoffes, des draps, des bandes de jute, ou des surfaces murales mal préparées, parfois destinées à l’oubli éternel, comme dans le blockhaus d’El Goléa,… (3)

Le Périgord est terre d’épopée humaine, la grande. La Vézère porte la souvenance des ancêtres primordiaux. Les remous du fleuve préhistorique nous basculent l’âme, cette chose qu’on a en commun avec les dieux et les escarpements ocres. Elle porte avec elle, dans ses eaux glacées, l’écho de troupeaux bondissant sur des parois torses, dans les tripes de la Terre, de Lascaux, Rouffignac, Fond-de-Gaume, Combarelles …, ces noms envoûtés…Terre de « la plus ancienne humanité », disait Pierre Chaunu (4), « qui entretient un rapport religieux métaphysique avec le cosmos, les autres et l’être ». Ici, ajoute-t-il, dans le Sud de la France, « 15 milliard de tombes ont enrichi notre sol ».

François Augiéras, lui, affirmait avoir, par sa mère, du sang slave, juif, mongol et hun. Barbare, se réjouissait-il. Son nom, vieux patronyme du Sud-Ouest viticole, remonte au latin médiéval adalgarius, « qui viendrait du germain adal garé, signifiant « noble lance » ». (5)

Jack Kerouac était homme de la route. Augiéras le fut, mais aussi homme de la poussière. Poussière des âges sur ses paupières émerveillées, lui qui se souvient avoir déjà vécu de nombreuses vies, poussière du désert algérien, d’où il ne s’achoppe, à El Goléa, limes paradisiaque d’un Empire suranné, qu’à un oncle-amant, terrible souverain d’« une sorte de bordj dans une oasis » (6), colonel, explorateur fameux, chroniqueur du Sahara, collectionneur d’antiquités africaines et de bêtes sauvages, féru d’études électromagnétiques et cosmologiques, prédateur féroce de chair fraîche, chasseur immoraliste, maître de volontés juvéniles qu’il ploie à ses impitoyables fantaisies sexuelles. Souffrance et jouissance …Poussière immémoriale de monastères orthodoxes, que des moines concupiscents et mystiques ouvrent pour découvrir des icônes aux regards tournés vers l’Un, au-delà de l’humain. Poussière du corps qui chute sur la terre avant de s’y mêler.

Car Augiéras recherche la Terre. Les étoiles qui dansent au-dessus des rondes adolescentes, sur les collines caniculaires, du temps d’un Maréchal cacochyme, s’enivrent des parfums terreux, engendrent les fleurs, les herbes et les corps fondus dans le feu qui sourd du centre pour se fondre avec la Lune. Nature vibrante, panique, riante. « Cet enlacement amoureux avec l’univers, physique et spirituel, Augiéras en a peu à peu approfondi l’expérience jusqu’à en faire l’aliment capital de son être. » (7). Par cette exaltation, il est bien plus grec que romain. Ses Géorgiques sont de l’ordre de la contemplation, non de l’action. Il ne sait pas chausser des sabots, ni jardiner, à peine sarcler les raves. Seulement inventer des rituels, des sortilèges. C’est un vates, un mage [revenant] « à la civilisation des astres, de la lumière et de l’or »(8), un brahmane, non un vaisya, encore moins un ksatriya. Un sectateur orgiaque du grand Tout.

Cependant, toute vie est un échec. Pindare le dit bien, que l’homme est l’ombre d’un rêve. Et il faut bien le rayon des dieux pour donner à son existence la douceur du miel. Toute génération est perdue. Depuis le Platonov de Tchékhov au moins, le problème central n’est-il pas celui des pères ? C’est qu’il y avait l’abîme, une immense flaque d’eau salée entre lui est son père. Celui d’Augiéras est mort avant que celui-ci fût né. 1925, Rochester. Le père, emporté soudainement, en pleine tournée de pianiste réputé, par une appendicite purulente avec perforation. Augiéras est posthume. Il recherche le père au pays des morts, au Mont Athos, parmi les rochers oubliés du Sahara, ou lové dans une grotte, au flanc broussailleux de Domme, comme les néanderthaliens ou les Cro-Magnon trouvés en position fœtale dans des tombes antédiluviennes, qui désiraient renaître, peut-être, comme Esprits, du sein de la Terre Mère, pour retrouver notre Père, le Ciel.

Il traverse donc la vie comme un songe obscur en quête d’éveil. Il est de là et d’ailleurs, de Chaldée, d’Egypte, de Grèce ou de la vallée de la Beune, de ce Périgord, « si proche de l’Asie » (9). « Tu n’es qu’à demi-incarné », lui révèle un astrologue. « Ton aventure est un peu celle d’un esprit, ta vie est un voyage parmi les hommes […] » (10). Son indifférence à l’égard des frivolités sérieuses de l’existence, comme le travail, le mariage, la morale, est celle d’un voyageur qui regarde l’activité des hommes par les fenêtres d’un wagon halluciné. Il file vers un terminus qui ne peut être que tragique. Car la vraie vie est ailleurs. Son corps est d’autre part. Il le torture par un dérèglement irraisonné des sens, le livrant innocemment à la « suprême immoralité », comme le Guhyasamâja-tantra l’affirme (11) : « la perfection peut s’acquérir facilement moyennant la satisfaction de tous les désirs ». L’abandon érotique alors devient réception du flux vital, androgynie, « homosexualité » (qu’il faut entendre dans un sens éminemment socratique, loin des stupres décadentes du ghetto), « masochisme » écartelé en quête de désintégration absolue, par laquelle le cuivre s’éveille clairon, et parfois humiliation de l’Idiot dostoïevskien.

Dévoiler ses propres racines est une tâche qui demande quelque franchise, même si l’on sait depuis Rousseau qu’elle ne va pas sans torsion. Il est bien entendu aussi que le récit de soi-même a toujours quelque chose d’inconvenant, que deux siècles de narcissisme romantique et freudien ne sont pas parvenus à rendre propre. C’est que la réalité ne ressemble pas toujours à l’épopée, ni à la tragédie pure. Il s’y mêle toujours un peu de sordide.

Augiéras n’a été ni adulte, ni héros, si être adulte consiste à se ranger, à ordonner ses idées pour les fixer comme des papillons, si être héros, c’est figer son image dans le miroir. Il fut un fol païen, admirateur de Rimbaud, de Nietzsche et de Schopenhauer, anti-chrétien, simple d’esprit, épris d’absolu. Il est probablement le seul écrivain contemporain à s’être pris pour un mutant !

Augiéras a ignoré mai 68. Il avait d’autres délires, moins politiques, plus essentiels. Comme Baudelaire après 48, il était antipolitique. Genet, lui, a été canonisé très vite par le pape de la subversion médiatisée, Sartre, qui décréta : « Genet est un moraliste ». Non certes un moralisateur, on l’aura compris, mais quelqu’un qu’on soit en mesure de comprendre. L’inversion a ceci de commun avec la règle qu’elle entre dans la même grille de lecture. L’Eglise a besoin de Théophiles pour mener le pécheur jusqu’à la plus grande gloire de Dieu. Ce que l’on admirait chez Genet, le paria, on ne l’aurait guère admis, chez son propre domestique. La bourgeoisie éclairée de France, pour qui le mot morale était un gros mot, ne pouvait néanmoins absorber et digérer certains mets qu’à conditions qu’ils fussent cuisinés à la sauce idéologique, assaisonnés avec un lexique intelligible pour elle. On n’admet Genet que dans une fresque à la Rivera, comme Saint François peint par Giotto.

Sauf pour Le Vieillard et l’enfant, Augiéras n’a jamais mis beaucoup de coeur à se faire connaître, même s’il a souffert de ce manque de reconnaissance. Peut-être Gide est-il mort trop tôt (les rencontre de Taormina et de Nice sont quasi post-mortem) ou bien lui manquait-il une librairie accueillante, comme celle que Lawrence Ferlinghett, à San Francisco, proposait à William Burroughs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg. Et puis, vivre à Périgueux ou bien dans une maison perchée, louée par l’instituteur Paul Placet, en surplomb des Eyzies, haïr Paris le décadent, le refuser, l’exécrer, c’est, en France, un choix rédhibitoire quand, par quelque fatal destin, on se reconnaît écrivain.

Ses aveux étaient comme lui, trop clairs, trop primitifs, sans ces remords qui font excuser ou pardonner. Trop païen. Il était une matière trop brute, trop peu lavée au savon mondain, littéralement immonde, pas du tout stratège ni machiavélique, manquant d’entregent, un cynique au sens antique, un chien mal éduqué, l’un de ces cabots qui crottent au mauvais endroit, de ces malpropres comme le fut Arthur à Paris, au grand désespoir des gendelettres, ou Artaud le momo, celui qui gênait même les surréalistes.

Et il va de soi qu’en France écrire est un métier, une condition. Sous le Roi Soleil, Chapelain y avait mis bon ordre, et les salons ont fait le reste. Vivre de sa plume est devenu aussi acceptable que d’être universitaire, danseur titulaire à l’opéra, actionnaire à la Comédie française ou propagandiste. On a ses entrées, surtout quand on est d’une écurie ou d’un parti. Vivre sa plume sans pensée de derrière, c’est autre chose ! On appellerait cet écart, selon le canon classique, qui régit encore les métiers à main, le mélange des genres. Car la vie, c’est une chose, et la plume, c’est une autre…

Ce que l’on n’a pas pardonné à Augiéras, ce n’est pas tant d’avoir été en avance sur son temps (il est intempestif), mais d’avoir écrit sa vérité, sans fioriture, naïvement. Un sagouin ! Un Rousseau de la Vézère, en quelque sorte, aussi impudique que l’était l’écrivain suisse.

Il va de soi que nous avons plusieurs vies, pratiquement simultanées, ou parallèles. L’expression « Je est un autre » n’est pas une figure de rhétorique vaine. Les pulsions névrotiques de François, ses tendances sexuelles insolites, ses rapports haineux avec une mère (née Kaczinski, fille d’un comte polonais, qui, selon lui, porte trop les défauts de son origine : slave, donc esclave), sans oublier d’autres travers, comme ce complexe tenace de l’échec, qui le condamne à la marginalité comme un héros grec à son châtiment, tout serait pain béni pour les psychanalyses et les critiques un peu trop journalistiques (12). Il est nécessaire de jauger (de juger ?) Augiéras avec d’autres yeux moins contingents, délivrés par ailleurs de certains préjugés hérités de la weltanschauung judéo-chrétienne (qui, au demeurant, présente un corpus assez volumineux d’exempla sadomasochistes).

Il faut prendre Augiéras pour exactement ce qu’il est : un mystique, un être éminemment religieux, l’écrivain le plus pieux, le plus dévot de l’après-guerre, celui qui n’a cessé, au péril de sa santé, de son équilibre mental, de sa vie, de recueillir respectueusement dans son âme et son corps l’esprit de la Terre et du Cosmos, celui qui a pris au sérieux le lien que toute religion tente d’établir et de maintenir entre l’être de finitude que nous sommes et les forces universelles qui nous traversent. Augiéras a donné ses lettres de noblesse au paganisme. Ce n’était pas un païen de bibliothèque, ni un archéo-païen, adepte programmatique d’un tourisme nostalgique des hauts lieux de l’Antiquité grecque, romaine, celte et germanique. Partant cependant d’un passé doté de solides racines, il était résolument tourné vers l’avenir, mêlant vieilles pierres, champs de blé, astres aux édifices bétonnés à la géométrie futuriste, centrales électriques et hypothétiques plateformes d’écoutes des extraterrestres, ce « mythe moderne » (C.G. Jung). En plein cœur d’un siècle irréligieux, nihiliste, matérialiste, il a retrouvé le sacré hellénique, la pure sensation immédiate de l’Autre, du transcendant-immanent de la nature et du Cosmos. Ça et là, et même relativement souvent (car il faut aborder l’œuvre d’Augiéras comme un hymne), nous lisons, dans son style dépouillé, de longs passages lyriques, enthousiastes (dans son sens littéral), où toute l’intensité d’une fusion érotique entre le corps, l’esprit, le Tout du monde est exprimée avec un accent digne des plus grands mystiques et des plus profond poète. Il y a du Hölderlin, de l’Hypérion, chez Augiéras. Parfois jaillissent des éclats de ciel bleu, sidérations qui le ravissent comme des extases, comme aussi l’écume spermatique à la limpidité mouvante des eaux. (13)

Un moment clé mérite d’être signalé, qui soutient la comparaison avec la conversion de d’Augustin dans son jardin de Milan, un jour de juillet 386 : Tolle, Lege. Ici, ce n’est pas l’Ecriture sainte qui répond à la demande sollicitée, mais les signes qu’envoie la Nature. Il s’agit d’un épisode éruptif de son adolescence, lors d’un camp de jeunes organisé en Corrèze par la S.P.E.S. (Société Périgourdine d’Education Sportive, royaliste – 14). Les sensations qu’il rapporte, ses émotions, sa metanoïa rappellent irrésistiblement ce que l’on peut saisir de l’expérience brute et originelle de la religion grecque, pour laquelle toute manifestation de la nature est langage, rencontre avec le sacré : « Ah, tu existes, me dit [le petit bois]. – Eh oui, lui répondis-je sur le même ton, comme toi… » Les arbres, les ombres, les eaux son là et nous renvoient à notre présence. « Je reprenais un contact perdu. La peur de mourir s’effaça ce soir-là. » (15). Il se soumet alors à un rituel de passage, de conversion, il se déprend de la peau du « vieil homme » : « Humblement, […] j’appuyai mes lèvres contre l’écorce fraîche d’un arbre, et je bus à longs traits toute ma joie d’être au monde à nouveau. ». Puis, guidé par des jeune filles, qui sont autant de prêtresses initiatrices, [il descend] au ruisseau, […] [s]’y lav[e] le visage » : « Je m’y lavai de mon enfance triste, je m’y lavai du Christ ; et, plus que de l’eau, j’y puisai de l’âme, j’y puisai de l’amour et de l’envie de vivre ; j’y bus ma destinée quelques années parmi les forces de la Terre et du Ciel… » ; « Il y eut comme un silence, et je crus bien que l’on me répondit : -Toi aussi, je t’aime ; ne le savais-tu pas ? ». Un peu plus tard, dans la nuit, « mille pipeaux accompagnèrent nos jeux sous les étoiles dans la lueur de cent feux. » « Un grand cercle presque aussi vaste que le Ciel », noué par des mains fraternelles d’adolescents, tourne lentement « devant la Voie lactée », retrouvant « une bienheureuse éternité » et « l’unité primordiale ». (16)

notes

1 – H. Miller ; Le colosse de Maroussi; Editions du Chêne, Paris, 1958 ; p.10 et 11.

2 – F. Augiéras ; La Trajectoire; Fata Morgana ; Montpellier ; 1990.

3 – F. Augiéras ; Une adolescence au temps du Maréchal ; Editions de la Différence ; Paris ; p.339.

4 – Pierre Chaunu; La France; Editions Robert Laffont, Paris, 1982, p.37.

5 – in Serge Sanchez ; François Augiéras, le dernier primitif; Grasset, Paris ; 2006 ; p.15.

6 – F. Augiéras ; Une adolescence au temps du Maréchal; p. 177.

7 – Ph. Berthier; François Augiéras, l’apprenti sorcier; Champ Vallon, Seyssel ; 1994 ; p.47.

8 – F. Augiéras ; Les Barbares d’Occident; Fata Moragana ; Montpellier ; 1990 ; p. 42.

9 – F. Augiéras ; Un voyage au Mont Athos; Grasset ; Paris ; 1996.

10 – F. Augiéras ; Une adolescence au temps du Maréchal; p. 94.

11 – M. Elade; Le Yoga; Payot ; Paris ; 1983 ; p. 208.

12 – Ibid. « […] voir s’il existe encore quelque chose au-delà de ces conditionnements. »; p. 9.

13 – F. Augiéras ; Un voyage au Mont Athos; p. 176.

14 – F. Augiéras évoque souvent Pétain (« Comme je n’ai pas eu de père cela m’en faisait un, symbolique. » (Une adolescence au temps du Maréchal, p. 178). Il affirme plusieurs fois dans son autobiographie n’ « être [pas] entré vraiment » dans ce régime, ni dans une collaboration trop entachée par la férocité des brutes nazies. C’est bien possible, d’autant plus qu’il n’avait que 15 ans lors de l’Armistice. Cependant, outre que le paganisme germanique l’attirait, « comme un retour aux forces cosmiques, solaires » (p. 39) (de même que les jeunes soldats de la division Der Fürher, entrevus dans la neige, en gare de Limoges, à une heure et demie du matin, « en bras de chemise » (p. 91-92)), cet étrange régime occasionné par la défaite, cette parenthèse improbable de l’Histoire, avait soudain découvert les forces conservatrices d’une vieille France occultée par un Etat issu de 1789, un vaste mouvement provincialiste, proche de la Terre, paradoxalement accueillant pour maintes expériences artistiques (le Théâtre du Berger en faisant foi). Cette société sans pères (qui végétaient au Stalag), livrait les jeunes à eux-mêmes dans des communautés plus ou moins sauvages hantant les profondeurs des forêts, autour de feux et dans une étrange fraternité, société que d’aucuns ont vu comme les prémisses d’une civilisation d’avenir, « d’artistes et de poètes ». ( p.66).

15 – F. Augiéras; Une adolescence au temps du Maréchal ; p.47.

16 – Ibid. ; p.48.

reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur :

Claude Bourrinet

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