« Représentant de son peuple envers les dieux et les druides, chef politique et militaire et garant de la prospérité des différentes classes sociales placées sous son autorité, le rix celtique avait des attributions trifonctionnelles et constituait en fait le pivot de la société humaine, le lien entre les classes et le « moteur immobile de la société » (F.Leroux). Le rôle du roi était avant tout de régner et d’être au centre des activités sans réellement y participer. Les mythes irlandais, tout comme le personnage d’Arthur, d’origine galloise, illustrent parfaitement ce type de conception de la monarchie comme le noyau autour duquel gravitent les prêtres, les guerriers et les classes populaires. Si le roi incarnait la pérennité du peuple et de ses traditions, son union avec la reine était, elle, conçue comme le symbole de l’union du ciel et de la terre, garante de l’ordre et de la prospérité. Garantir la prospérité de ses sujets était d’ailleurs la première des obligations d’un roi, à laquelle il répondait en redistribuant biens de consommation courante et objets de prestige (produits par les artisans, échangés avec des commerçants ou dérobés à l’ennemi). En plus de ces dons directs, manifestant sa suzeraineté, le roi celtique exerçait également sa générosité en organisant des banquets dont la magnificence était l’un des principaux marqueurs de sa puissance et donc de sa souveraineté. Forcément riche, il avait le devoir de régaler, au sens étymologique du terme, ses sujets et ne pouvait avoir pire défaut que l’avarice (…); Garants des contrats, comme tous les rois indo-européens, les souverains celtiques avaient l’absolue interdiction de mentir et se devaient de respecter l’avis et les décisions juridiques des druides, dont le soutien était indispensable à leur survie politique. Le statut de roi, en effet, n’était que théoriquement définitif et les mythes irlandais, comme les sources classiques, ne manquent pas d’exemples de souverains déposés, ou assassinés, après une conspiration, un soulèvement ou une provocation en duel . »

Thierry Luginbühl, Cuchulainn. Mythes guerriers et sociétés celtiques

(si l’on s’avisait de rétablir la royauté celtique, j’en connais qui pourraient bien avoir quelques problèmes …)

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