J’ai longtemps considéré Jean de La Varende comme mon auteur préféré. En 5e, au lycée, je lisais « Pays d’Ouche » et plus tard à la fac, je parlais plus souvent de lui avec mon assistant en Histoire du droit, qui était de ses admirateurs, que des institutions féodales comme nous l’aurions du. Entretemps, j’avais rejoint l’association des « Amis de La Varende » ce qui donnait droit, chaque année, à un délicieux petit inédit dont s’enorgueillit encore aujourd’hui ma bibliothèque.

Je n’ai depuis que peu rencontré de personnages aussi romantiques que Nez de cuir, Man’d’Arc et autres Manants du roi pratiquant avec autant d’ardeur la noblesse, l’honneur et la fidélité. J’avais déjà envoyé loin promener la religion du désert, mais curieusement son catholicisme ne me gênait pas : avec Michel de Saint-Pierre et quelques rares autres, il est de ces auteurs chrétiens qui trouvent pourtant grâce à mes yeux… J’avais trouvé particulièrement émouvante , je m’en souviens encore, une nouvelle qui contait la longue nuit de réflexion d’un hobereau déchiré , à la suite de la condamnation papale du mouvement « l’Énergie Nationale », allusion claire à l’Action Française… et ce simple texte m’avait permis de prendre la mesure pitoyable de ce pauvre Maurras que devait, dans ses « Décombres », illustrer aussi parfaitement Rebatet,, éternel cocu, du Roi, de l’Eglise et du Coup de Force (*)…

J’aime aussi de La Varende que, n’ayant pu faire la carrière maritime à laquelle il aspirait, il s’évertua toute sa vie durant à réaliser une impressionnante collection de maquettes de bateaux et de navires composée de plus de 2000 éléments …

Jean de La Varende est né le 24 mai 1887 au château de Bonneville à Chamblac, dans l’Eure.

(*) Maurras :

– agnostique convaincu, il fait un compromis avec le catholicisme et se fait le chantre d’une Église-facteur d’union entre tous les Français pour voir son Action Française officiellement condamnée par le Pape en 1926;

– monarchiste, il est renié par le prétendant, le Comte de Paris qui rompt avec fracas tous liens avec l’AF en publiant une lettre définitive, pour se tourner vers des élites plus proches du régime républicain et davantage « fréquentables »;

– propagandiste du « coup de force » il rate l’opportunité, qui ne se représentera pas, du 6 février 1934, par manque total de prise en compte de la réalité

– inventeur du « nationalisme intégral » et germanophobe extrême, il s’engage derrière le Régime de Vichy pour se voir jeté en prison en 1945, et condamné à perpète, accusé de collaboration -un comble- avec les allemands …

—————————————————————————————————————————————-

Publicités