Amis, nous devons avoir le courage de regarder les réalités en face : nous sommes acculés à la clandestinité, peut-être pour des siècles. Ce sera assurément pour des siècles si les masses déboussolées par la vie urbaine, le brassage racial, les déracinements, la permissivité ont le réflexe de se jeter dans le fanatisme islamique pour échapper à leur nihilisme. Nous l’avons déjà vu : l’islam fondamentaliste est le seul mouvement des temps modernes qui puisse prétendre à une dimension culturelle car il est le seul à exiger une parfaite identité de la loi religieuse, du mode de gouvernement et de la loi civile. Mais il n’en est pas moins intolérable pour d’authentiques Européens. Nous autres, les dépositaires de l’espérance nietzschéenne, les résurrecteurs d’une Europe antique lavée de ses infantilismes et naïvetés, sommes les seuls à avoir quelque chose de cohérent à opposer à l’islam. Mais nous sommes réduits au silence. Il nous serait certes infiniment plus facile de susciter des prises de conscience et de regrouper une élite si nous avions droit à la parole et accès à l’appareil médiatique. Mais ce dernier est totalement aux mains de nos pires ennemis et le restera. Nous ne pouvons recourir qu’au travail missionnaire, individuel et de groupuscules. Nous avons à traverser notre temps des catacombes.

Faut-il le regretter ? Cela ne changerait rien. Nous devons plutôt interpréter cette situation comme un signe des temps : de ceux du dernier homme si adéquatement décrit par Nietzsche dans le prologue de Zarathoustra.

Robert Dun, Les catacombes de la libre pensée.

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