« Nous ne sommes pas anarchistes par goût de la subversion : nous le sommes parce que nous ne trouvons plus devant nous que des bouffonneries qui exigent notre dérision. « Ils n’ont plus droit au respect -affirmait Jacques Laurent en nous mettant hors de jeu. Qui ? Tous autant qu’ils sont, d’hier, d’aujourd’hui et de demain, tous ces gens du Pouvoir qui pouvaient prétendre à notre respect. Nous savons, -et non plus comme jadis, par une exception qui confirme la règle,- que dans tout général, tout ministre, tout prélat, tout meneur d’hommes, tout savant, tout héros, militaire ou sportif, tout écrivain, il y a, sommeillant et qu’on réveille facilement, un détenu triste, prêt à mendier le rab de fayots, le sourire du gaffe, et à se frapper la poitrine dans un box pour expliquer ses intimes méandres au premier paquet venu de justiciers ». Nous ratifions cette profession de désespoir social et civique. Nous n’avons pas eu besoin de faire table rase; elle s’est faite toute seule. Nous avons fini par nous habituer à ce néant qui bafouille, qui jabote, qui se rengorge dans des poses avantageuses.

Pol Vandromme, Rebatet.

——————————————————————————————

Publicités