30 juillet 1998 : mort de Maurice Bardèche.

Maurice Bardèche (1907-1998), normalien, agrégé de lettres, écrivain de talent, beau-frère de Robert Brasillach (fusillé en 1945, après un procès bâclé), fut l’un des premiers à dénoncer l’imposture et les mensonges du procès de Nuremberg, dans un livre retentissant : Nuremberg ou la Terre Promise (1948), qui lui valut une condamnation à un an de prison. Après quelques semaines de détention, il fut finalement gracié par le président Coty, après l’intervention de nombreuses personnalités du monde des lettres. La même année, il fonda sa propre maison d’édition, « Les Sept Couleurs », d’après le titre du roman de Brasillach. Il se spécialisa alors dans l’édition d’ouvrages nationalistes ou révisionnistes, incluant ceux de Paul Rassinier. En 1952, Bardèche fonda la revue Défense de l’Occident, qui dura jusqu’en 1982 et qui publia de nombreuses études sur le fascisme et le nationalisme. En 1951, Bardèche fut aussi co-fondateur d’un éphémère parti néo-fasciste, le MSE (Mouvement Social Européen). En fait, Maurice Bardèche resta d’abord un intellectuel, même s’il inspira plusieurs futurs leaders d’extrême-droite. Ses livres, très riches sur le plan idéologique et d’une qualité d’écriture remarquable, restent des références pour la mouvance nationaliste.

Source : Magna Europa est Patria Nostra

Comme j’ai ses bouquins depuis de nombreuses années, je connaissais le Bardèche essayiste de « Sparte et les Sudistes » et de « Qu’est-ce que le fascisme », je connaissais le Bardèche polémiste de « Nuremberg » et de la « Lettre à François Mauriac », mais j’ai découvert le Bardèche romancier de « Suzanne et le taudis » il y a quelques jours seulement pour être sur le champ conquis par la langue élégante, la brillante écriture, l’humour tout en demi-teinte, empreint d’auto-dérision qui sont véritablement épatants !

extrait : « C’est dans cette rue du Bouloi que vint me dénicher le « fascisme international ». Dans l’imagination des journalistes officiels, le « fascisme international » est une ténébreuse association, ayant son siège à Buenos Aires, disposant de ressources immenses et envoyant dans le monde entier des émissaires tout-puissants dont la mission est d’étrangler dans l’ombre les pauvres démocraties sans défense. Je ne découragerai certainement aucun de ceux qui ont cette vision intéressante de la politique mondiale et je souhaite vivement, pour ma part, que cette association d’étrangleurs existe quelque part. Je dois reconnaître toutefois qu’elle ne s’est jamais intéressée à moi. J’ai reçu par contre, après la publication de mes livres, de nombreuses lettres de tous les pays du monde. Elles provenaient en général de gens pauvres et maltraités par les évènements qui me remerciaient d’avoir écrit ce qu’ils pensaient et que personne n’avait jamais osé dire tout haut, ce qui me consolait des articles de presse que je collectionnais, dans lesquels j’étais comparé par des rédacteurs imaginatifs aux animaux les plus hideux de la Création. Je rencontrais parfois certains de ces correspondants. Nous exprimions nos inquiétudes sur l’avenir et nous nous demandions comment rendre aux hommes le sens de la justice et de la raison ».

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