Dans le dernier numéro de la Nouvelle Revue d’Histoire, Dominique Venner raconte que « c’est en prison pour longue durée (comme Julien Sorel) après quelques frasques pendables qu’Ernst von Salomon découvrit par hasard « Le Rouge et le Noir », ce qui éveilla sa vocation d’écrivain et l’envie de raconter ses propres aventures. Ainsi naquit « Les Réprouvés », l’un des chef-d’œuvre du XXe siècle aventureux ».

« L’homme aux tatouages ouvrit la porte violemment (…) nous nous élançâmes tête baissée, les bras en avant, prêts à nous défendre; nous nous sentions comme projetés contre cette foule bestiale (…)

Les gardes courent à côté de nous. A l’arrière, des détonations éclatent, des cris retentissent, la foule s’agite. D’une rue latérale, une nouvelle foule surgit, surtout des femmes. Les femmes sont pires que les hommes. Les hommes cognent, les femmes crachent en plus du reste et piaillent et quelque chose vous retient tout de même de leur flanquer votre poing en plein dans la trogne. Et puis, voilà une émouvante figure au milieu de toute cette confusion : une vieille bonne femme qui s’appuie sur son parapluie … Quel regard de bonne vieille sous la capote garnie de jais. Elle a du mal à se tenir debout, sérieuse elle regarde de notre côté et puis, d’un bras tremblant, elle lève son vieux parapluie et elle tape sur moi, elle tape sur moi ! Seigneur ! »

(Ernst von Salomon, Les Réprouvés)

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