L’écrivain japonais Yukio Mishima est  né le 14 janvier 1925 et s’est suicidé par seppuku le 25 novembre 1970.


Il y a donc quarante ans, à 11 heures, ce matin-là, Yukio Mishima se présente à la caserne d’Ichigaya avec quatre jeunes membres de sa petite armée privée nationaliste, la Société du bouclier, la Tatenokai.
Le lieu n’était pas choisi au hasard puisque c’était dans ce même bâtiment qu’avait siégé le Tribunal militaire international de Tokyo, le « Nuremberg japonais », qui jugea comme des « criminels de guerre » les chefs militaires nippons en 1946.
Mishima à 45 ans est au faîte de sa gloire, et ne cesse de dénoncer la corruption spirituelle de son pays et son inféodation aux USA. Depuis plusieurs mois, il a résolu de mourir avec son plus proche disciple, un étudiant nommé Masakatsu Morita. Introduits auprès du général commandant la place avec qui ils avaient pris rendez-vous, les cinq hommes le ceinturent, le ligotent, et se barricadent dans la pièce. Mishima exige que la troupe se rassemble. Cintré dans l’uniforme à gros boutons de cuivre de la Tatenokai, en gants blancs, le front ceint d’un bandeau orné du Soleil-Levant, il se lance dans une harangue enflammée. Quelques journalistes ont été prévenus. Aux huit cents soldats réunis dans la cour, il demande de se soulever pour l’empereur et contre une Constitution «sans honneur», imposée par les États-Unis après la défaite. «Votre âme est pure, nous le savons ; c’est notre désir farouche que vous renaissiez de vrais hommes qui nous a conduits à ce geste…» déclame Mishima depuis le balcon du quartier général. Mais son discours est accueilli par des huées et des cris de dérision.  Sans achever sa proclamation, il rentre dans la pièce, après un dernier «Tenno Heika banzai !» («Vive Sa Majesté impériale !»). Puis, s’agenouillant sur le sol, il ouvre sa tunique et s’enfonce une dague dans l’abdomen. D’un signe, il demande à Morita de lui donner le coup de grâce, comme l’exige le bushido, le code d’honneur des samouraïs. Mais, tremblant, le jeune homme ne parvient pas à le décapiter. C’est un de leurs compagnons qui, d’un seul coup de lame, achève la besogne. Puis Morita s’ouvre le ventre à son tour.
(http://www.theatrum-belli.com/archive/2006/07/19/mishima-la-renaissance-du-samourai.html
et http://fr.altermedia.info/international/il-y-a-35-ans-yukio-mishima-donnait-sa-vie-pour-la-grandeur-de-lempire_8148.html )

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