Pierre-Antoine Cousteau est mort le 17 décembre 1958.
« Cousteau – Toi et moi, nous sommes « étiquetés » fascistes. Non sans raison d’ailleurs. Et nous avons fait tout ce qu’il fallait pour justifier cette réputation…
Rebatet – Jusqu’à et y compris la condamnation à mort…
Cousteau – Or, pour le farfelu moyen … et même pour le farfelu supérieur – qu’est-ce qu’un fasciste ? C’est d’abord un énergumène éructant et botté, l’âme damnée de la plus noire réaction et le suppôt du sabre et du goupillon … Et de même qu’on attend d’un nihiliste qu’il ait des bombes dans sa poche, d’un socialiste qu’il ait les pieds sales et d’un séminariste qu’il soit boutonneux, on doit nous imaginer figés dans un garde à vous permanent devant les épinaleries déroulédiennes.
Rebatet – J’en connais en effet, sans aller les chercher très loin, qui sont au garde à vous vingt quatre heures sur vingt quatre, mais ça n’est pas notre cas.
Cousteau – Je crois même que nous sommes parvenus à un degré d’anarchie assez sensationnel. Nous sommes beaucoup plus anarchistes que les anarchistes homologués qui sont en réalité de pauvres types d’un conformisme pénible. Car c’est bien la peine de se débarrasser des vieux mythes pour donner dans le mythe du progrès, dans le mythe de la société sans Etat.
Rebatet – Il n’est pas douteux que nous sommes plus affranchis que ces gars là. Nos moindres propos l’attestent. »
P.A. Cousteau/ L. Rebatet, Dialogue de vaincus.

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