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« La brume se déchire sous les rayons d’un chaud soleil; elle s’évapore rapidement dans l’air bleu. Le monde des Hommes réapparaît; un pont sur la rivière, les peupliers, les routes reviennent à l’existence dans une lumière bleu-rose, délicate, pastel. Des colombes tournoient joyeusement, venant des pigeonniers du village de Cénac, qui me reste invisible sous les falaises; et tout compte fait le monde de Hommes me demeure lointain et me parvient surtout comme une sourde et vilaine rumeur, obstinée, assez puissante aujourd’hui, car c’est probablement le dimanche de Pâques, et de petites autos, chargées de familles ravies de profiter du beau temps, passent rapidement sur le pont, dont les arbres se reflètent maintenant dans une eau très bleue, parfait miroir du ciel.

A nouveau, je ressens intensément mon isolement, mon désaccord avec une race usée. Ces gens vont à leurs petites affaires qui ne sont pas les miennes; et s’il faut m’exaspérer davantage, une cloche sonne à toute volée, cette fois ci du côté de Vitrac. Là-bas, des gens iront adorer faiblement, car le christianisme s’achève…

Aussi ne puis-je que bénir le hasard qui me donne un pur sanctuaire sur une discrète prairie inconnue des humains, un autel de pierre où je peux adorer la Lumière, et, secrètement, rendre un culte à l’Energie Primordiale. Et pourquoi donc secrètement ? Le temps est venu de tenir tête aux Hommes, presque ouvertement ! Sur ma prairie persiste une exquise odeur d’encens; les stupides cloches de Pâques achèvent de me pousser à la provocation : ici même, chaque jour, j’adorerai l’Univers sans me cacher aucunement ! Des fumées monteront vers le soleil. »

François Augiéras, Domme ou l’essai d’ocupation.

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« Notre nationalisme, terme impropre encore une fois, était beaucoup plus qu’une doctrine de la nation ou de la préférence nationale. Il se voulait une vision du monde, une vision de l’homme européen moderne. Il se démarquait complètement du jacobinisme de l’Etat-nation. Il était ouvert sur l’Europe perçue comme une communauté de peuples. Il voulait s’enraciner dans les petites patries constitutives d’une « Europe aux cent drapeaux », pour reprendre l’expression de Yann Fouéré. Nous ne rêvions pas seulement d’une Europe de la jeunesse et des peuples, dont la préfiguration poétique était la chevalerie arthurienne. Nous imaginions cette Europe charpentée autour du noyau de l’ancien empire franc, un espace spirituel, politique et économique suffisamment assuré de soi pour ne craindre rien de l’extérieur.

Nous étions nécessairement conduits à une réflexion sur les sources de l’identité européenne. Celle ci était-elle réductible au christianisme ? L’ Eglise (ou les Eglises) avait elle même apporté la réponse. Pendant la guerre d’Algérie, à la fin surtout, dans la période cruciale, elle avait choisi son camp, soutenant le plus souvent nos ennemis sans avoir l’air d’y toucher, distillant sournoisement la gangrène du doute et de la culpabilité. Par réaction, nous aspirions à une religion nationale et européenne qui fut l’âme du peuple et non son fourbe démolisseur. L’ Eglise jouait de l’ambiguïté. Aux traditionnalistes, elle faisait valoir son empreinte profonde sur l’histoire et la culture européenne. Aux autres elle rappelait qu’étant universelle, étant la religion de tous les hommes et de chaque homme, elle ne pouvait être la religion spécifique des Européens. Et c’est bien en effet ce qu’enseignait son histoire.

Tout Européen soucieux de son identité en vient nécessairement à reconnaitre que les sources en sont antérieures au christianisme et que celui ci a souvent agi comme facteur de corruption des traditions grecques, romaines, celtes ou germaniques qui sont constitutives de l’Europe conçue comme unité de culture. Il n’était pas question de nier l’imprégnation chrétienne de l’Europe, mais d’en soumettre le bilan à la critique.

Cette discussion fit scandale. Elle n’était pas seulement la conséquence du traumatisme que nous venions de vivre. D’autres l’avaient entreprise avant nous. Elle était née de la crise du monde moderne, de la dislocation de la vieille armature chrétienne qui, pendant un millénaire, avait structuré l’Occident. Elle prenait sa source dans la « mort de Dieu » annoncée par Nietzsche.

Nous sentions qu’il fallait ouvrir des pistes nouvelles quels que fussent les périls. Dans notre monde où tout n’était plus que ruines et décombres, nous ne songions pas à gémir ni à rafistoler, mais à nettoyer pour bâtir. Certains, allant plus loin, progressaient résolument vers la zone dangereuse d’un dépassement du nihilisme préalable à toute renaissance. Nous sentions venir le temps du grand retour à l’authentique de nos sources et de nos origines. »

Dominique Venner, Le cœur rebelle.

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A la faveur d’un rangement dans mes étagères, je suis tombé sur ce vieux bouquin de Jean Plumyene et Raymond Lasierra, « Le complexe de droite » . Et je suis retombé sous le charme de ce petit trésor d’humour et de lucidité qui s’attache à dresser, comme son titre l’indique,  à partir d’un « groupe de représentations affectivement chargé, avec une tendance à la répétition », le portrait du jeune homme de droite archétypal … en 1969 (mais je ne suis pas sur que grand chose ait changé). Le choix du texte est arbitraire, il concerne les « Chevaleries »:

« On peut dire qu’il a fier allure, cet archétype . Sous le heaume le visage est impassible. Le regard est fixé au loin sur les sables du désert, guettant l’apparition tumultueuse des Sarrasins se ruant vers la Terre Sainte. Dans sa main droite il tient l’épée, symbole phallique de la civilisation occidentale, qu’il s’apprête à croiser avec le cimeterre dont la lame courbe évoque le croissant lunaire, emblème des lointaines civilisations maternelles des bords de l’Euphrate. Immobile, vigilant, ce chevalier mythique monte la garde à la frontière du royaume du Père.
Et toi Tristan, tu poses ton front contre la vitre de ta chambre de jeune homme dans l’appartement familial du XVIe arrondissement. Tu ne guettes rien. Tu viens d’être recalé à ton bac. Tu as peur d’être un raté. Ton père te méprise. Ta mère essaie de te consoler, ce qui est pire. Ta petite amie Iseult sort avec un futur polytechnicien.
Ne désespère pas.
Tu as l’âge de Perceval. Rater un examen, ce n’est pas une tragédie. Une peau d’âne, ça ne vaut rien comme armure. Engage-toi dans les paras. Rejoins la milice céleste. Tu seras accueilli par les trois saints de la chevalerie aéroportée : Saint Michel qui terrassa le démon, Saint Georges qui transperça le dragon et Saint Exupéry vainqueur du sirocco. Tu iras combattre l’ Infidèle, là où il se trouve, en Orient ou en Afrique. Tu protégeras ta patrie, la France, ta Mère.
Vous l’avez compris : ce chevalier archétypal représente le fils révolté contre l’autorité paternelle. Furieux de se sentir écrasé par son Père et de se voir interdire la possession de la Mère, il brandit son épée, symbole viril par excellence. Mais en même temps il admire ce Père. Il n’ose pas s’attaquer directement à lui. Il détourne son agressivité sur d’autres ennemis. Pour ne point tuer Arthur, les chevaliers de la Table Ronde se lancent dans la quête du Graal. Pour ne pas tuer son père, le Fils s’enrôle dans une phalange. Comme ces cadets de Gascogne qui entraient dans les Mousquetaires du Roi. Ce faisant, par un  étrange paradoxe, il se met encore au service du Père, qui pour s’en débarrasser, l’envoie à la mort dans quelque lointaine expédition. Tel Roland à Roncevaux .
La France d’aujourd’hui abonde en chevaliers imaginaires. Ils ne portent plus d’armure, seulement parfois un gilet, dernier vestige de la cotte de mailles. On les reconnait à je ne sais quoi d’un peu raide, d’un peu solennel dans leur allure ou dans leur prose. Ils n’ont pas le sens de l’humour. Ça se comprend. Il y a tant de choses qu’ils abhorrent dans le monde moderne. »

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Robert Jay Mathews est né le 16 janvier 1953 à Marfa, Texas, États-Unis. Très tôt, il s’intéresse à l’histoire et à la politique. Il milite pour attirer des familles blanches dans le Pacific Northwest, appelé le Bastion Blanc Américain et fonde avec 8 autres membres, le groupe, connu plus tard sous le nom de The Order, qu’il appelle The Silent Brotherhood. Ils seront rejoints notamment par David Lane l’auteur d’une phrase de ralliement de groupes nationalistes blancs, les Fourteen Words (quatorze mots) appelant à l’unité de la race blanche : « Nous devons garantir l’existence de notre peuple et un futur pour les enfants blancs » (« We must secure the existence of our people and a future for White children »).

Pour financer l’action terroriste de The Order, le groupe se lance dans une série de braquages et l’émission de fausse monnaie.

Traqué par le FBI, Robert Jay Mathews meurt au combat, après avoir affronté seul soixante-quinze agents pendant plus de vingt-quatre heures, sous une pluie de balles, à Whidbey Island, le 8 décembre 1984. Les Fédéraux utilisent, en vain, des lacrymogènes (RJM possédait un masque à gaz) pour le contraindre à sortir de sa maison, à laquelle ils mettent, finalement, le feu par hélicoptère. Du bâtiment en flammes, RJM continue de les tenir en respect un moment – son cadavre, retrouvé dans les cendres le lendemain matin, avait encore son pistolet dans la main droite.

(merci à Sir Shumule pour m’avoir rappelé cette date, et qui est l’auteur du dernier paragraphe, dont j’ai simplement modifié le temps des verbes …)

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Le calendrier 2011 de l’association « Des Racines et des Elfes » peut être commandé dés à présent au prix de 8 € sur le site qui lui est dédié : http://calendrier.desracinesetdeselfes.com/product.php?id_product=12

Sur le thème « Paysages et monuments de France », il propose de découvrir 12 lieux méconnus de notre pays. Chaque photo est accompagnée d’un texte explicatif et d’une citation. Tout le contenu a été rassemblé par les adhérents et reflète un profond attachement à ce qui fait notre identité.

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Le mois de décembre est riche en fêtes romaines pré-chrétiennes. En voici une liste :
Nuit du 3 au 4 décembre : Bona Dea (la Bonne Déesse). Fête en l’honneur de la femme ou de la fille du dieu Faunus. Fête strictement résertvée aux femmes pour invoquer la fertilité et la santé féminines. Ce culte consistait en cérémonies nocturnes, organisées par l’épouse et dans la demeure d’un magistrat revêtu de l’imperium. On retirait de la salle où elles se tenaient toutes les représentations d’hommes ou d’animaux du sexe mâle. Des inscriptions trouvées dans un sanctuaire à Ostie laissent penser que les rites nécessitaient l’usage d’une cuisine .
5 décembre. Faunalia : fête paysanne en l’honneur de Faunus, dieu cornu de la forêt, des plaines et des champs. Protecteur des troupeaux, Faunus leur donne la fécondité et les défend contre les loups, d’où le nom de « Lupercus » qui lui est aussi souvent attribué (de Lupus : « loup »). C’est aussi un dieu prophétique dont la voix retentit dans le silence de la nuit pour prononcer des oracles.
11 décembre. Agonalia ou Agonia. Fête en l’honneur du dieu solaire Sol, parfois indentifié à Janus. Ce jour là, le roi puis, à partir de la République, le rex sacrorum immolait un bélier.
17 au 24 décembre. Saturnales : fête du solstice d’hiver. L’ordre des choses est inversé : les classes sociales se mêlent, les esclaves commandent à leurs maîtres, les maîtres servent leurs esclaves à table et la plus grande licence règne. Les tribunaux et les écoles étaient en vacances, les exécutions interdites. On fabriquait et on offrait de petits présents (saturnalia et sigillaricia), on donnait de somptueux repas. Les romains cessaient leurs travaux : la population se portait en masse vers le mont Aventin. On suspendait des figurines au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours.
18 décembre. Eponalia : fête en l’honneur de la déesse gallo-romaine Epona considérée comme la déesse des cavaliers et la protectrice des chevaux.
19 décembre. Opalia : fête en l’honneur de Ops, déesse romaine de l’abondance. Sa fête intervenant trois jours après les Saturnalia, elle était couramment associée à Saturne, et comme celui-ci était identifié au Cronos grec, elle fut identifiée à Rhéa, la compagne de Cronos. Son lieu de culte le plus ancien était une chapelle dans la Domus Regia, ou ancien palais royal, où n’étaient admis à célébrer son culte que le pontifex maximus accompagné des Vestales. La déesse possédait également sur le forum une area avec un autel sur lequel on sacrifiait lors des « Opalia » en décembre.
21 décembre. Divalia ou Angeronalia. Le jour de cette fête, les pontifes procèdent à des sacrifices dans le temple de Voluptia, déesse de la joie et du plaisir, assimilée à Angerona, supposée chasser toute la douleur et la tristesse de la vie.
23 décembre. Larentalia, en l’honneur d’Acca Larentia  déesse chtonienne de Rome (que certains identifient à à la déesse sabine Larenta ou Larunda) à qui l’on rendait un culte sur le Vélabre. Il existe plusieurs légendes contradictoires sur son compte. Selon l’une d’elles, Acca Larentia (ou Laurentia, ou même Larentina) était la femme du berger Faustulus, la nourrice de Romulus et Rémus et mère de douze enfants.
25 décembre. Dies Natalis Invicti Solis (fête du dieu Soleil Invincible). Fête en l’honneur de Sol Invictus.

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« Ainsi donc, le Daghdha transportait sur son dos le cadavre de l’un de ses fils, Cearmaid Milbhéal, qui avait été tué par Lugh. Le Daghdha avait eu recours à sa grande science : le corps de Cearmaid avait été oint d’encens, de myrrhe et d’herbes, puis son père l’avait mis sur son dos et le transportant ainsi , il parcourait le monde [à la recherche d’un moyen de le rendre à la vie] […] Il rencontra trois hommes qui voyageaient en emmenant leur patrimoine. Le Daghdha leur adressa la parole et ils lui dirent :

-Nous sommes trois frères, fils de mêmes père et mère et nous profitons en commun de notre héritage.

– Quel est-il ? Interrogea le Daghdha.

– Une tunique, une massue et un sayon, répondirent-ils

– Quels pouvoirs ont-ils ? interrogea le Daghdha

– La massue que voilà possède un bout doux et un bout dur. Le premier ressuscite les morts et l’autre tue les vivants.

– Et la tunique et le sayon : quelles sont leurs vertus ? Questionna le Daghdha.

– Celui qui s’enveloppe du sayon peut prendre la forme la taille et la couleur qu’il désire, quelles qu’elles soient. Quant à la tunique elle préserve de tout chagrin et de toute maladie celui qui l’endosse.

– Montrez-moi la massue, demanda le Daghdha et ils la lui passèrent.

Aussitôt il les frappa tous les trois avec le mauvais bout et il les tua, puis il toucha le corps de son fils avec le bon bout et celui-ci se leva plein de vie. Il se passa la main sur les yeux et interrogea son père :

– Qui sont ces trois cadavres près de moi ?

– Ce sont trois frères que j’ai rencontrés ; ils possédaient trois trésors légués par leur père, dont cette massue qu’ils m’ont prêtée. Je les ai tués avec un bout et je t’ai ressuscité avec l’autre, répondit le Daghdha.

– Il ne serait pas bien de ne pas leur rendre la vie de la même façon qu’à moi, dit Cearmaid.

Le Daghdha les toucha alors du bon bout de la massue et ils se relevèrent aussitôt.

– Comprenez vous que je vous ai tués avec votre propre massue ? Leur demanda le Daghdha.

– Oui, et c’était une méchante ruse, rétorquèrent-ils.

– Je connais maintenant le pouvoir de votre massue et je m’en suis servi pour vous ramener à la vie : faites-m’en don, dit le Daghdha.

– D’accord, mais comment partager désormais notre héritage ?

– Vous établirez un tour de rôle, expliqua le Daghdha, de sorte que chacun de vous ait l’un de vos trésors, puis n’en ait plus jusqu’à ce que son tour revienne. »

 

(cité dans Claude Sterckx, Mythologie du monde Celte)

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