« Le cavalier de la mer apparut comme l’aube blanchissait sur la crête des vagues.

Il sortait de la nuit, la longue nuit d’Occident qui couvrait l’océan, où hennissait son cheval en ruant sur les flots.

Il se tenait très droit, les épaules en arrière, le tissu de sa saie, de son manteau bariolé, lui claquait dans le dos, ses cheveux gris et noirs s’envolaient dans le vent et avec un grand rire, comme il pressait sa monture, il hurlait à pleine bouche : « L’automne touche à sa fin ! Bientôt gel et froidure ! Les Fenians chassent les loups ! »

Et lui même, comme un loup qui hurlerait à la lune dans la vallée des Fantômes, il appelait un à un les noms de ses compagnons : « Ô Cailté ! criait-il, et Conan, toi le chauve ! Et tous ceux de Ronan ! Eogan au javelot ! Et Cainché l’invisible ! Où sont les meutes de chiens ? Ô Cailté, Eogan et Conan et Cainché ! »

Et le vent de l’octobre qui tournait sur la mer emportait les embruns par paquets qui giflaient son visage renversé, et le cavalier dépassait la grande fuite du vent, et dans sa course éperdue hors du sein de la nuit vers l’aurore qui venait du côté de l’Irlande, le tourbillon du galop l’emmenait en folie depuis les lames blanchissantes qui s’étendaient dans son dos, vers les lames blanchissantes qui défilaient au galop de son immense cheval blanc. »

Michel Cazenave, Les Guerriers de Finn.

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