« Les premières armées de lansquenets avaient adopté une forme particulière de combat dans leurs engagements contre la chevalerie. Les premiers éléments de la phalange avançante se resserraient étroitement et pointaient leurs longues piques formant un mur infranchissable hérissé de lances contres lequel les chevaliers en armure chargeaient en vain. La piétaille conserva cette forme de combat même lorsqu’en campagne elle rencontrait d’autres armées de lansquenets qui avançaient dans le même ordre de bataille. Dans un fracas menaçant, les troupes se rapprochaient puis s’arrêtaient; car entre les deux masses hérissées, se déployaient alors les « troupes perdues », les hommes portant le Biedenhänder dont la mission était d’ouvrir la brèche dans les rangs ennemis. cependant l’épée peu maniable ne permettait qu’un seul coup. le combattant devait réussir sinon il tombait perforé par les piques. Mais si la brèche était ouverte, la troupe perdue avait alors rempli sa mission et apporté la première condition de la victoire.

Lorsque dans les anciens récits on racontait de quelqu’un qu’il était animé du plus haut courage ou du désespoir le plus grand, on disait de lui qu’il s’engageait dans la « troupe perdue ». »

Ernst von Salomon, Histoire proche.

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