Les chrétiens sont des voleurs et des parasites, pour preuve, ces instructions envoyées par le pape Grégoire, en juin 600 à l’évêque Augustin, chargé de christianiser la Bretagne (l’actuelle Grande-Bretagne) :

 

« Les temples consacrés aux idoles chez cette nation ne doivent pas être détruits, mais seulement les idoles qui s’y trouvent. On fera de l’eau bénite, on en aspergera l’intérieur, on y construira des autels, on y déposera des reliques. En effet si ces temples sont bâtis solidement, il faut les soustraire au culte des démons et les affecter au service du vrai Dieu. De cette façon, cette nation, voyant que ses temples n’ont pas été détruits, extirpera l’erreur de son cœur, connaîtra et adorera le vrai Dieu et se rassemblera plus aisément aux lieux accoutumés.

D’autre part, comme les Bretons ont l’habitude de sacrifier beaucoup de bœufs à leurs démons, on doit transformer pour eux cet usage en une solennité religieuse : on placera en ces lieux les reliques des saints martyrs ; autour des temples transformés en églises, on élèvera des espèces de tabernacles faits de branches d’arbres et on célébrera cette fête d’une manière solennelle par un repas religieux. Ainsi, ils ne sacrifieront pas ces animaux au diable, mais ils les immoleront pour leur propre nourriture et à la louange de Dieu et ils rendront grâce de l’abondance dans laquelle ils se trouvent à celui qui est le dispensateur de toute chose. Et pendant qu’ils goûteront à des joies extérieures, ils consentiront plus aisément à se livrer aux joies intérieures.

En effet, et sans aucun doute, il est impossible de procéder à une extirpation totale des habitudes dans des âmes encore rudes par cette raison que celui qui veut gravir un lieu très élevé n’y parvient que par degrés, pas à pas, et non par bonds. C’est ainsi que le Seigneur s’est révélé en Égypte, aux Israélites : les sacrifices qu’ils avaient coutume de faire au diable, il les a réservés à son propre culte et il leur a commandé d’immoler leurs animaux pour son propre sacrifice ; afin que, par une transformation de leur cœur, ils abandonnent quelques éléments de leurs sacrifices tout en conservant certains autres. De la sorte, quoiqu’ils sacrifiassent les mêmes animaux qu’à l’ordinaire, ils les immolaient à Dieu et non à leurs idoles, et par conséquent ce n’était plus les mêmes sacrifices. »

 

(Patrologie Latine, tome 95, col 70-71, traduction de G. Lizerand, Lectures historiques, Delalain, 1939)

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