Ce texte vient apporter un semblant de réponse à la question que je me posais au sujet des cours politiques, incluant la spiritualité païenne, dispensés aux volontaires de la Waffen SS . Car, pour les Français, si Saint-Loup et Robert Dun y faisaient souvent allusion, d’autres auteurs, acteurs des évènements, tel qu’André Bayle, qui a toujours revendiqué son christianisme, n’en parlait absolument pas …

« Les cours politiques ne souffraient pas de négligence. L’un des instructeurs disait :

« Une société nouvelle est née. Elle n’a, avec ce que nous Allemands connaissions auparavant et ce que vous, Français, connaissez encore, nul point de comparaison.

« Des rapports d’affection et de dévouement ont fondé la nouvelle grandeur de la patrie. Le fondement de notre lutte c’est une foi nouvelle. Elle unit les Allemands. Elle vous unira à nous. »

Il poursuivait:

« Le national-socialisme n’est pas une internationale. Il a pour limite la zone blanche de l’humanité et plus particulièrement le regroupement et le destin des peuples d’origine germanique. Le sentiment religieux nourrit et anime le national-socialisme. N’y voir qu’un moment de lutte politique serait un contresens. Vous n’ignorez pas que sous le placage chrétien subsiste le vieil et éternel paganisme, qui est l’expression volontairement méprisante pour désigner les forces venues de la terre.

« La foi chrétienne, en dépit de ses prétendues certitudes, est plus superficielle que ces croyances « païennes ». Cette foi chrétienne a précipité la chute du monde ancien. Elle a surtout apporté le trouble, l’inquiétude, l’angoisse et l’anarchie au nom d’un individualisme égoïste. Quoiqu’il voulut rendre à César ce qui lui appartenait, le christianisme, par les successeurs des Apôtres, fut le négateur de ce qui assurait et fortifiait la paix romaine. Plus on étudie les origines, plus en apparait l’apport néfaste. Il a miné, des siècles durant, le progrès des hommes.

« Cette tendance d’esprit n’a pas marqué que les prêtres et les clercs. La révolution française, quand elle se veut antichrétienne, ne sait pas se dégager de l’individualisme, fruit du christianisme égoïste. L’intellectualisme français du dernier siècle en a hérité son aspect artificiel, aucun de ses maîtres n’ayant jugé bon de reprendre l’enseignement qui l’avait formé pour en apprécier la valeur. »

Les premiers jours, l’adaptation s’était faite malaisément. Plusieurs des nôtres, surpris par cette mise en cause de tout un ensemble de convictions et de pensées, sentaient le sol se dérober sous eux. Leur engagement leur paraissait une fin en soi. Avoir rejoint l’Allemagne au combat était déjà une lourde décision. Elle valait par elle même, dans la limite où cette Allemagne luttait contre le bolchevisme. Aussi quand ils comprenaient que cet engagement et les motifs de leur décision n’étaient pas seuls à compter pour les Allemands, ils éprouvaient comme un ahurissement. Il fut même si insupportable pour deux des nôtres qu’ils reprirent le chemin de la France.

Mais il y avait ceux qui restaient. La foi religieuse fut un rude problème pour ceux qui loyalement chrétiens voyaient surgir sur le chemin de leurs convictions cette aspiration nouvelle qui bousculait leurs assises. le refus était toujours aussi possible. Il suffisait de faire savoir sa totale allergie aux thèmes proposés pour se retrouver libéré de la signature donnée.

Quels prestiges maintenaient la cohésion ? Le respect humain ? l’ascendant allemand ? personne n’était insensible à cette analyse nouvelle et passionnée. Elle ouvrait sur des horizons insoupçonnés. Elle révélait un approfondissement des problèmes. La place réclamée par les germaniques n’était plus l’outrecuidance d’une vanité sans fondement. Elle correspondait à la puissance qu’on devinait en eux. En même temps se dessinait peu à peu une perspective où les mythes, les pouvoirs mystérieux et secrets trouvaient vie et s’incluaient dans le système du monde. Il était sensible que nous approchions d’un autre univers que celui que nous connaissions. Une relation se laissait pressentir, avec une vie plus profonde, que nous n’avions pas soupçonnée jusqu’alors.

Pour la première fois la spiritualité n’était pas un terme d’usage aux contours imprécis. Elle existait comme élément de vie. Elle en pénétrait les manifestations. Nous accédions à un monde où l’être humain était pris en sa totalité. Il y avait foisonnement, compréhension et chaleur. Quelle était la cause de ce sentiment ? Comment en expliquer la présence et les effluves ? Il était impossible de nier qu’un surplus apparaissait en nous. »

Léon Gaultier, Siegfried et le Berrichon.

————————————————————————————————–

 

Advertisements