« Nous pourrions croire l’acte de naissance de l’écologie politique et sociologique signé par George Stapleton, avec l’écriture, entre 1946 et 1948 de Human ecology. Il n’en est rien. Cette écologie est née en Allemagne dans les années trente, sous la plume du biologiste Walther Schoenichen qui préconise la protection d’une nature libre de toute intervention humaine et oppose en cela la pensée national-socialiste d’inspiration germanique et romantique à l’esprit cartésien des pays d’inspiration gréco-latine. Elle trouve un premier aboutissement avec la loi sur la protection des animaux du 24 novembre 1933, rédigée par Giese et Kahler -traduisant les propos du Führer : « Dans le nouveau Reich, il ne devrait plus y avoir de place pour la cruauté envers les animaux . » Et suivie, quelques années plus tard, d’un imposant ouvrage, Le Droit allemand de la protection des animaux (1939). Cette loi est complétée par la loi sur la chasse du 3 juillet 1934 et surtout par l’imposante loi sur la protection de la nature du 1er juillet 1935. Ces trois lois portent, outre celle du Chancelier (qui en faisait une affaire personnelle) les signatures des ministres Göring, Gürtner, Darré, Frick et Rust. Elles sont les premières au monde à mettre en œuvre un véritable projet écologique d’envergure et à lui donner les moyens politiques et pratiques de sa réalisation. Elles sont aujourd’hui occultées. »

Thomas de Pieri, in Réfléchir & Agir n°37

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